Abeille impériale

L'abeille impériale, évocation plus ou moins stylisée de l'insecte, est un symbole du Premier et du Second Empire, adopté par Napoléon Ier en 1804. Inspiré par une supposée héraldique mérovingienne, l'emblème remplace la fleur de lys rattachée à la royauté des Capétiens et représente le pouvoir impérial français de 1804 à 1814, durant les Cent-Jours en 1815, et sous Napoléon III de 1852 à 1870.
À sa découverte en 1653 à Tournai, le tombeau de Childéric Ier, roi des Francs père de Clovis, révèle un ensemble de 300 bijoux zoomorphes en forme d'abeilles en or cloisonné et grenats. L'humaniste Jean-Jacques Chifflet pense alors que ces broches décoraient un vêtement d'apparat du roi, à la manière plus tard du manteau semé de fleurs de lys porté par les rois de France. Épris d'héraldique, il interprète ainsi l'abeille comme l'emblème royal des Mérovingiens, le plus ancien symbole de la monarchie française, et, au vu de sa forme, l'assimile à un potentiel ancêtre graphique de la fleur de lys, dérivant de signification au fil du temps. Auparavant, au XVIe siècle, le roi capétien Louis XII avait utilisé comme emblèmes l'abeille et la ruche, modèle d'une société à l'ordre parfait. Des monnaies d'Henri III et Henri IV figuraient aussi ces motifs. À la Révolution, la jeune Première République en quête de nouveaux attributs écarte l'idée de l'abeille car les ruches ont une reine.
Lors qu'il instaure l'Empire en , Napoléon Ier cherche à doter son nouveau régime de symboles capables de rompre avec la Révolution et l'Ancien Régime tout en s'ancrant dans une histoire prestigieuse. Après des débats au Conseil d'État, l'aigle est choisi comme emblème impérial, en référence à l'Empire romain et l'empire de Charlemagne. Parallèlement, l'abeille, proposée par Vivant Denon et Cambacérès, devient son symbole personnel, employé à la manière de la fleur de lys d'apparence similaire, sur les armoiries, costumes et décors officiels. Vue comme le plus ancien insigne de la monarchie française depuis les théories de Chifflet, l'abeille permet à Napoléon de se rattacher à l'ancienne royauté française tout en évitant le souvenir de la dynastie des Bourbons déchue seulement quinze ans plus tôt. L'abeille incarne aussi une vision politique : sous l'autorité d'un chef, une société disciplinée et hiérarchisée, travailleuse, combattante et féconde.
L'abeille impériale fait sa première apparition le lors du sacre sous une forme renouvelée aux ailes déployées, très stylisée, proche du dessin de la fleur de lys. L'empereur adopte ensuite un motif tiré de l'abeille de style mérovingien, aux ailes rabattues sur le dos, qui devient la forme traditionnelle de l'abeille impériale. Déjà employée par des familles aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'abeille, ou « mouche à miel » (soit Apis mellifera), devient un meuble héraldique rattaché à l'Empire français, présent dans les armoiries de ses personnalités et de ses villes. La Restauration revient à la fleur de lys. Sous le Second Empire, Napoléon III rétablit l'abeille impériale, symbole d'ailleurs parfaitement en accord avec cette époque de révolution industrielle.
L'abeille impériale subsiste sur des édifices construits ou modifiés sous le Premier ou le Second Empire. Les historiens contemporains réfutent que l'abeille aurait été le symbole de la royauté mérovingienne et que ce motif ait donné lieu par transformation à la fleur de lys. Les « abeilles » d'or du tombeau de Childéric, qui pourraient aussi bien être des mouches ou des cigales, représentaient pour les Mérovingiens la résurrection et l'immortalité.
Inspiration mérovingienne et précédent royal

Des notables de l'époque mérovingienne sont enterrés avec des bijoux représentant des mouches ou des cigales[1]. L'héraldiste Hervé Pinoteau explique que, pour cette civilisation, la cigale est « symbole de résurrection du fait de ses métamorphoses »[1]. L'archéologue Édouard Salin estime que « la cigale mérovingienne évoque l'idée d'immortalité et elle est, plus ou moins indirectement, un héritage de traditions venues d'Extrême-Orient et apportées par le monde des steppes »[1]. En 481, le roi des Francs Childéric Ier, père de Clovis Ier, est inhumé avec ce type de bijoux, parmi de nombreux autres objets précieux, témoins d'une culture mêlant les pratiques romaines et germaniques[1],[2]. S'ils sont longtemps décrits comme des abeilles, ces ornements sont tardivement interprétés par les historiens comme des mouches ou des cigales[1],[3],[2], des hannetons[4], voire un symbole phallique[5]. Michel Rouche soutient néanmoins qu'il s'agit bien d'abeilles : Childéric qui a séjourné en Thuringe (ou la reine Basine originaire de Thuringe) aurait importé de cette région une symbolique chère aux Thuringiens soumis aux Huns[6].
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Entretemps, Louis XII emploie cet insecte comme emblème au XVIe siècle : la cinquième enluminure de Jean Bourdichon pour le récit Le Voyage de Gênes de Jean Marot, épisode des guerres d'Italie, représente le roi vêtu d'une cotte d'armes brodée de ruches et d'abeilles d'or[1],[7]. Sa devise est « Non utitur aculeo rex cui paremus », soit « le roi qui nous commande n'utilise pas son aiguillon »[7],[8]. L'historien-apiculteur Jean-Paul Burdy évoque une « vieille tradition de la chrétienté occidentale et de la monarchie française de la « ruche anthropomorphique » : la société des hommes est une ruche, dont l'ordre parfait est assuré par un roi tout-puissant, juste, équanime, et aimé de tous. Celui-ci n'a pas besoin d'utiliser son dard (son épée), car sa seule présence témoigne de sa toute-puissance, mais aussi de sa magnanimité à l'encontre de ses ennemis ou adversaires vaincus. Sur sa cotte d'armes (ou tabard) et sur le caparaçon de son destrier bai, c'est ce qu'entend signifier la devise »[7]. La ruche et des abeilles figurent également sur des monnaies d'Henri III et Henri IV[9].

En 1653, des travaux près de l'église Saint-Brice de Tournai mettent au jour le tombeau de Childéric Ier[1],[10],[11]. Un chanoine de la cathédrale de Tournai, Jean Chifflet, parvient à récupérer une partie du trésor archéologique et l'envoie à la cour de l'archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas espagnols, à Bruxelles[2]. Le père du chanoine, Jean-Jacques Chifflet, médecin personnel de l'archiduc, passionné d'histoire, entame l'inventaire et l'étude de ce trésor, qu'il dévoile en 1655 dans son ouvrage Anastasis Childerici I. Francorum regis, sive Thesaurus sepulchralis Tornaci Nerviorum effossus et commentario illustratus (« Résurrection du roi des Francs Childéric Ier, ou le trésor funéraire des Nerviens de Tournai »), comportant des dessins du mobilier archéologique[1],[2],[11],[note 1]. Parmi plusieurs bijoux zoomorphes, un ensemble de 300 « abeilles »[note 2] en or cloisonné et grenats — la tête et le thorax en or, les ailes incrustées de grenats, les bords décorés en grènetis et, au revers, un anneau d'attache pour l'accrocher à un tissu épais ou du cuir — est sujet à interprétation[1],[11],[15],[note 3].
L'historien Frédéric Masson relate qu'à la vue de la disposition des bijoux dans la tombe, « [Chifflet] avait jugé [ces abeilles métalliques] s'être détachées de sa robe ou de son manteau royal », laissant penser à l'origine des manteaux semés de fleurs de lys des rois ultérieurs[3]. Féru d'héraldique, discipline historique alors en plein essor, Chifflet interprète ainsi l'abeille comme l'emblème royal mérovingien, ce qui serait le plus ancien symbole de la monarchie française, et l'assimile à un potentiel ancêtre graphique de la fleur de lys, déformé au fil du temps dans son allure et sa signification[1],[17],[18]. Dans l'effervescence de la « République des Lettres », Chifflet correspond avec divers érudits à travers l'Europe sur la botanique, la numismatique ou l'héraldique franque, échangeant notamment des manuscrits médiévaux et contemporains ainsi que des dessins de plantes ou de monnaies.[17]. Il compare avec des pièces antiques grecques sur lesquelles le motif de l'abeille ressemblait à la fleur de lys[17]. Il approfondit son idée dans Lilium francicum veritate historica, botanica, et heraldica illustratrum (« Le Lys de France, éclairé par la vérité historique, botanique et héraldique »), paru en 1658, qui a surtout pour dessein de prouver que la monarchie française a pour symbole le lys depuis bien moins longtemps qu'elle n'essaie de le faire croire (l'historiographie officielle et l'iconographie de la maison de France laisse penser que le lys était là dès Charlemagne voire Clovis)[1],[17]. En effet, en pleine rivalité entre les puissances espagnoles et françaises, Chifflet met ses recherches en histoire au service de la propagande pro-Habsbourgs d'Espagne, en les reliant à de glorieuses traces du passé, tandis qu'il amoindrit le prestige historique de l'ennemi français[17].
Ses thèses sont relayés dans l'historiographie de l'époque[1],[19]. Bien plus tard, les historiens contemporains réfutent tout autant que l'abeille aurait été le symbole de la royauté mérovingienne et que ce motif ait donné lieu par transformation à la fleur de lys[1],[19]. Au XXe siècle, l'historienne Colette Beaune date l'apparition de la fleur de lys comme symbole de la royauté française au XIIe siècle (comme l'estimait Chifflet[17]) et démontre la difficulté d'en retrouver l'origine précise parmi de nombreuses hypothèses émises[20],[21]. Dans les années 1980, des archéologues allemands débattent de la nature même du support auquel étaient accrochées ces « abeilles »[2],[13]. Kurt Böhner (de), en prenant exemple sur une tombe princière exhumée en Roumanie (en) (où un coffre contenait le harnais du cheval du prince), estime qu'une partie des bijoux, dont les « abeilles », ornaient l'harnachement de cuir du cheval de Childéric, le roi étant enterré non loin de sa monture selon un rite germanique[13],[14]. Joachim Werner (en) soutient, comme Chifflet en son temps, que ces joyaux étaient plutôt attaché au manteau d'apparat en brocart du roi[13].
Invention d'un nouvel emblème d'État
Lors qu'il instaure l'Empire en , Napoléon Ier cherche des symboles pour le nouveau régime[1],[22],[3],[23]. Une rupture doit être marquée avec la Révolution et l'Ancien Régime[23]. Il pense que sa dynastie nouvelle doit puiser dans des racines historiques illustres et incontestables[3]. Les premières discussions à ce sujet ont lieu à partir de juin, au Conseil d'État[23]. Des conseillers lui proposent le chêne, symbole de sagesse et de réconciliation, ou la fleur de lys, insigne de la royauté disparue quinze ans auparavant[23],[22]. Ce second motif est évité car il renvoie trop à la dynastie des Bourbons et à Louis XVI[23],[22]. Le prince-architrésorier Lebrun déclare y voir l'emblème de la France et non des Bourbons, sans convaincre[23].
Le directeur général des musées Vivant Denon et l'archichancelier Cambacérès soumettent à l'empereur le symbole de l'abeille[23],[22],[24],[25]. Cambacérès l'estime approprié à « une république qui a un chef », Lacuée complète en remarquant qu'« elles sont à la fois l'aiguillon et le miel » mais Ségur le considère davantage comme le symbole du travail plutôt que de la puissance[23],[24],[5],[26]. D'autres animaux sont proposés comme l'éléphant, le coq déjà parfois utilisé depuis 1789, l'aigle rappelant l'Empire romain ou le lion pour concurrencer le léopard des armoiries de l'Angleterre[23],[22],[24]. Après de longs débats, le décret du 21 messidor an XII () établit le choix de l'aigle : les armes sont « d'azur à l'aigle à l'antique d'or, empiétant un foudre du même »[23],[24]. Napoléon exhume ainsi un prestigieux symbole rattaché à la gloire militaire romaine — l'antiquité romaine étant omniprésente dans tous les domaines depuis la fin du XVIIIe siècle — mais aussi repris par Charlemagne, roi des Francs et empereur d'Occident, figure importante de son ancrage dans l'histoire, à laquelle il désire être assimilé[3],[23].
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L'abeille est néanmoins choisie comme emblème personnel de Napoléon Ier[1],[3],[24]. Employée à la manière de la fleur de lys d'apparence similaire, l'abeille est utilisée sur les costumes et décors officiels et d'autres évocations de Napoléon et la famille impériale[1],[3],[24],[26]. Depuis la découverte en 1653 du tombeau de Childéric Ier avec des abeilles ornant son manteau , cet insecte est pris pour le symbole des Mérovingiens[3],[22],[23],[24],[27]. Elle est alors considérée comme le plus ancien emblème de la monarchie française[23],[27]. En faisant référence aux Mérovingiens, Napoléon relie dès lors son pouvoir impérial à celui de la royauté abolie par la Révolution, tout en passant outre au souvenir négatif des Bourbons, sa dernière incarnation[1],[23],[22]. Puisque les Mérovingiens sont la « première race » des rois de France, Napoléon se proclame de la « quatrième race »[3]. Par ses choix de symboles, Napoléon s'accapare à la fois le prestigieux passé de Rome, des Mérovingiens fondateurs de la royauté française et de Charlemagne, bâtisseur d'un empire à partir d'un royaume franc[1],[3],[25].
L'abeille évoque une certaine organisation de la société : l'autorité d'un chef, la vie en communauté parfaitement réglée et hiérarchisée, la natalité forte, le travail par la production disciplinée et collective du miel, et la puissance armée par l'aiguillon[1],[22],[25],[26]. De plus, l'abeille incarne l'immortalité et la résurrection depuis l'Antiquité (son système de reproduction n'est compris qu'au XVIIIe siècle, laissant longtemps croire que l'abeille meurt et revient à la vie chaque année)[23],[22],[28],[27]. Dans les années 1790, à la recherche d'un emblème pour la jeune Première République, la Convention nationale avait écarté l'idée de l'abeille car les ruches ont une reine[1].
Usage sous le Premier et le Second Empire et après

L'abeille fait partie de la symbolique d'État de 1804 à 1814 puis durant les Cent-Jours en 1815[1]. Le nouvel emblème recouvre à peu près les fonctions et usages de la fleur de lys, en étant d'ailleurs stylisé de manière similaire[26],[27]. Un semis d'abeilles d'or remplace ainsi le bleu semé de fleur de lys remontant aux Capétiens[1]. Le symbole de l'abeille apparaît à partir du sacre de Napoléon Ier, le [1],[3],[22],[24]. Avec ce supposé emblème mérovingien, il relie son sacre au baptême de Clovis, point de départ de l'histoire de France[19],[note 4] Les artistes concevant l'esthétique impériale, dirigés par Vivant Denon, élaborent à l'origine des abeilles d'or de style mérovingien, les ailes rabattues sur le dos ; cette version, jugée trop archaïque, est abandonnée pour un dessin d'abeille aux ailes déployées, très stylisé, de forme similaire à la fleur de lys[1],[19]. Ce motif modernisé est ainsi semé sur le manteau du sacre, la tenue de l'Impératrice ou encore les tentures décorant la cathédrale Notre-Dame de Paris et enfin les armoiries du pays[1],[24]. Plus tard, l'empereur revient au motif précédent des abeilles aux ailes rabattues[19].
L'abeille impériale orne dès lors des décorations honorifiques, les meubles, les tapisseries, les intérieurs et extérieurs des bâtiments publics et de monuments[28],[27]. Ce thème décoratif est aussi usité que l'aigle impérial ou le « N » entouré de lauriers[19]. La chaîne du Grand collier de la Légion d'honneur comporte des abeilles[23]. Déjà employée par des familles aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'abeille, ou « mouche à miel » (soit Apis mellifera), devient un meuble héraldique rattaché à l'Empire français[29],[30],[27]. Le manteau héraldique impérial, inspiré de celui des pairs de France de l'Ancien Régime, est de velours pourpre semé d'abeilles d'or[23]. Les princes grand dignitaires et quelques autres privilégiés peuvent faire figurer les abeilles impériales sur leur blason[29]. Les armoiries de plusieurs communes de l'Empire, à travers l'Europe, en particulier les plus importantes, sont modifiées pour arborer les abeilles impériales[29],[4]. En particulier, les lys du blason de Paris sont remplacés en 1811 par trois abeilles d'or[4]. La Restauration revient à la fleur de lys. Sous la monarchie de Juillet, l'abeille est réutilisée lors des cérémonies du « retour des cendres » de l'Empereur en 1840, notamment sur le colossal char funèbre[31],[32],[33],[34].
Lorsqu'il proclame l'Empire en 1852, Napoléon III réinstaure les symboles et les armoiries de Napoléon Ier, dont l'abeille, dans sa forme traditionnelle aux ailes repliées[1],[23],[19]. Il convoque cependant moins le souvenir de Clovis et des Mérovingiens que le faisait son oncle ; le nouvel empereur cultive plutôt la mémoire de la Rome antique, de Jules César et des Gaulois[19]. Toutefois, ce symbole de travail industrieux s'accorde pertinemment avec cette époque de révolution industrielle[26],[30]. Il évoque les « classes laborieuses » protégées par l'empereur, selon les mots de l'écrivain Jean-François Demange, « l'infatigable travailleuse travaillant au profit de la communauté »[30]. L'Abeille impériale est d'ailleurs le titre d'une revue mondaine entre 1852 et 1862[27]. Opposant à l'empereur, Victor Hugo ordonne aux abeilles d'attaquer l'empereur dans « Le Manteau impérial », l'un de ses poèmes virulents envers Napoléon III parus dans Les Châtiments en 1853[27],[35]. Le parfumeur Guerlain s'approprie le symbole de l'abeille à partir de 1853, lorsqu'il crée l'Eau de Cologne Impériale pour Eugénie de Montijo à l'occasion de son mariage avec Napoléon III, une fragrance ensuite objet d'un succès commercial européen[36]. Soixante-dix ans après la fin du Second Empire, le symbole réapparaît en 1940 lors de la cérémonie du retour des cendres de Napoléon II dans la France occupée[37]. Il subsiste sur des bâtiments construits ou modifiés sous le Premier ou le Second Empire, notamment sur des façades du palais du Louvre remanié par Napoléon III[28]. L'abeille est l'élément incontournable des armoiries de la maison Bonaparte, de Letizia Bonaparte aux descendants actuels[27].
Notes et références
Notes
- ↑ Cette étude est considérée de nos jours comme la première publication archéologique scientifique au monde[12].
- ↑ En 1988, au détour d'un article faisant un état des lieux de la recherche sur la tombe de Childéric, les archéologues Michel Kazanski (en) et Patrick Périn mentionnent, au regard du travail de Chifflet, que « les célèbres abeilles [sont] au nombre d'une trentaine et non de trois cents, comme on l'a cru durant longtemps »[13]. Raymond Brulet, qui a fouillé l'emplacement de la tombe dans les années 1980, rappelle que l'« on ignore si la publication du XVIIe siècle présente toutes les pièces que contenait la sépulture ; il n'est pas impossible que des objets aient été dispersés au moment de la découverte. (…) un certain nombre de renseignements précieux font défaut »[14].
- ↑ Ces 300 « abeilles » en or sont pour la plupart dispersées[1],[15]. Une partie du trésor de la tombe, dont vingt-sept « abeilles », est transmise au gouverneur des Pays-Bas espagnols, l'archiduc Léopold-Guillaume, à Bruxelles ; il reçoit quelques « abeilles » supplémentaires lors d'une visite à Tournai[15]. Chifflet dessine une trentaine d'« abeilles » dans son étude du trésor[13]. Neveu de l'archiduc, Léopold Ier de Habsbourg, empereur du Saint-Empire, offre le trésor, dont une trentaine d'« abeilles » au roi de France Louis XIV en 1665[1],[15],[16]. En 1831, le trésor de Childéric, gardé Cabinet des médailles et antiques, est volé pour son or et fondu[15],[2]. Il ne subiste que deux « abeilles » d'or[15].
- ↑ Néanmoins, dans Le Mémorial de Sainte-Hélène, tout en évoquant les Mérovingiens et Clovis comme le début de l'histoire de France, Napoléon préfère insister sur la comparaison entre son sacre et l'avènement de Hugues Capet en 987, qu'il considère comme le premier monarque français[19].
Références
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Voir aussi
Articles connexes
- Abeille (héraldique)
- Héraldique napoléonienne
- Armorial du Premier Empire
- Aigle de drapeau
- Emblèmes de la France
- Liste des meubles héraldiques
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jean Tulard, « Abeille », dans Dictionnaire amoureux de Napoléon, Paris, Plon, coll. « Dictionnaire amoureux », , 600 p. (ISBN 9782259211994, lire en ligne), p. 17-19.

- Xavier Martin, « L'animal institutionnalisé et symbolisé : l'abeille impériale napoléonienne, 1804-1815 », dans Sophie Lambert-Wiber et François Hourmant (dir.), L'Animal et le pouvoir, Presses universitaires de Rennes, coll. « Essais », , 190 p. (ISBN 978-2-7535-4758-2), p. 85-98.

- Jean-René Mestre et Gaby Roussel (préf. Alain Delabos et Élise Duclos), Ruches et abeilles : architecture, traditions, patrimoine, Créer, coll. « Métiers, techniques et artisans », , 204 p. (ISBN 9782848190365)
- Serge Martin, L'abeille et la ruche : symboles et armoiries, Paris, auto-édition, , 133 p. (BNF 41178385).
- Thomas Grison, Le symbolisme de l'abeille, MdV, coll. « Les symboles maçonniques » (no 87), , 122 p. (ISBN 2355992924, lire en ligne).
Lien externe
- Abeille impériale sur le site de l'Encyclopædia Universalis
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