Achoura en Algérie
Achoura en Algérie (arabe : يوم عاشوراء), célébrée le 10 du mois de mouharram, est une fête islamique et un jour férié officiel. Selon les régions, elle est marquée par le jeûne, le versement de la zakât, des visites aux cimetières et diverses pratiques festives[1],[2],[3],[4]. Dans certaines zones, les célébrations peuvent inclure des chants, des danses, de la musique et des mascarades populaires.
Statut juridique et date
Le jour de l’Achoura fait partie des douze[5],[6] jours fériés et payés en Algérie. Ce statut est consacré par la loi depuis 1963[7], peu après l’indépendance, et demeure en vigueur aujourd’hui[8].
Le statut de l’Achoura comme jour férié en Algérie contraste avec la situation observée dans certains autres pays musulmans, tels que l’Arabie saoudite ou l’Indonésie, et reflète l’importance traditionnelle de cette célébration dans la culture algérienne.
La fête de l’Achoura, comme les autres fêtes islamiques, est célébrée selon le calendrier hégirien, qui repose sur une année lunaire plus courte de onze jours que l’année solaire. Sa date dans le calendrier grégorien, de nature solaire, varie donc d’une année à l’autre.
Aspects religieux
Au sein de la majorité sunnite en Algérie, conformément à la tradition sunnite, l’Achoura est considérée comme la commémoration de plusieurs événements bénis de l’histoire sacrée, tels que le salut du prophète Moussa et de son peuple face à Pharaon, celui de Nouh et de sa famille lors du Déluge, ainsi que le repentir d’Adam[9].
Dans de nombreuses régions, la tradition populaire en fait une occasion de célébration et de réjouissance, à la différence de la tradition chiite, où l’Achoura est associée au deuil. Cette interprétation demeure toutefois controversée au sein de l’islam sunnite, en Algérie comme ailleurs ; des courants tels que le salafisme s’appuient notamment sur les positions d’Ibn Taymiyya, qui condamnait les pratiques festives liées à l’Achoura — comme la préparation de plats spécifiques, l’usage du khôl ou du henné — en les qualifiant de innovation religieuse[10].
Bien que l’islam ne prescrive pas le versement de la zakât à une date déterminée, il est d’usage en Algérie de l’acquitter le jour de l’Achoura[11],[12],[13]. Cette pratique peut s’accompagner de dons matériels aux personnes démunies ou d’initiatives commerciales à caractère solidaire[14],[15].
Les confréries soufies et les zaouïas organisent fréquemment des activités spécifiques à l’occasion de l’Achoura, notamment des séances de dhikr[16]. Ces pratiques peuvent inclure des visites de tombeaux ; à Bouzeguène, des femmes se rendent traditionnellement au mausolée d’un marabout le jour de l’Achoura[17], tandis que, dans la région de Timimoun, cette date correspond à une visite annuelle (ziyara) au tombeau du saint local Sidi El Cherif[18].
Célébration
En Algérie, l’Achoura occupe une place importante en tant que moment de solidarité et d’entraide sociale. La tradition du versement de la zakât aux personnes démunies, associée à l’organisation de repas collectifs, renforce la dimension communautaire de cette célébration religieuse[19],[20],[21],[22].
Dans plusieurs villes algériennes, notamment à Tlemcen, l’Achoura donne lieu à des activités commerciales spécifiques, caractérisées par des ventes promotionnelles organisées dès le premier jour du mois de Mouharram. À cette occasion, les centres-villes se transforment en marchés temporaires où sont proposés divers produits, y compris des marchandises conservées de longue date, attirant une forte affluence et contribuant à l’animation urbaine[23].. Les ménages les plus modestes, bénéficiant de la zakât distribuée pour la fête, utilisent fréquemment cette aide pour effectuer leurs achats liés à l’événement[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30].
Charité
La tradition consistant à verser la zakât aux personnes démunies et à organiser des repas collectifs à l’occasion de l’Achoura contribue au rôle de cette fête en Algérie en tant que moment de solidarité et d’entraide sociale[31],[32],[33],[34].
Dans de nombreuses villes algériennes, telles que Tlemcen, l’Achoura donne lieu à des opérations de ventes promotionnelles, dès le premier jour du mois de Mouharram, attirant une forte affluence[35]. Les centres urbains se transforment alors en vastes marchés temporaires où sont proposés divers produits, notamment des articles restés longtemps en stock[36],[37],[38],[39],[40].
Les ménages les plus modestes ayant perçu leur part de zakât profitent de cette ressource pour effectuer leurs achats à l’occasion de l’Achoura[41],[42].
Traditions et coutumes
Traditionnellement, un enfant algérien né le jour de l’Achoura ou à une date proche recevait fréquemment le prénom Achour en hommage à cette occasion[43],[44]. De nombreux parents préfèrent également réserver la première coupe de cheveux du nourrisson au jour de l’Achoura.
Références
- ↑ « Le repas de l'Achoura, un moment de grande convivialité », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « L'Achoura, de la pure tradition », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Les senteurs de Achoura », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Fête de l’Achoura : La journée du samedi chômée et payée », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ (en) « Algeria Public Holidays », sur PublicHolidays.africa (consulté le )
- ↑ « Fête de l’Achoura : La journée de jeudi chômée et payée », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Journal officiel de la République algérienne, 2 août 1963, loi n° 63-278 », sur Joradp.dz (consulté le )
- ↑ « Fête de l’Achoura : la journée de jeudi chômée et payée », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Une portée multidimensionnelle », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ Ibn Taymiyyah, Kitab Majmuʿ al-Fatawa, sec. Suʾila ʿamma yafʿaluhu al-nas fi yawm ʿAshura min al-kuhl wa-l-hinna; extraits traduits dans Islam Q & A
- ↑ « Coutumes & Traditions », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « 'Achoura et Aïd Al-Adha », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « L'Achoura : Une signification spirituelle et sociale », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Les préparatifs de la fête de l'Achoura ont commencé », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Tlemcen », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Saïda : la zaouïa Moulay Tayeb fête Achoura », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Célébration de l'Achoura à Bouzeguène », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Biyanou, célébration de Achoura chez les populations sahariennes », sur Babzman, (consulté le )
- ↑ « Achoura, une fête de communion et de solidarité », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Le bon geste », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « TRAIT D'UNION : Achoura, la fête des démunis », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « La population se prépare pour la fête de l'Achoura », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Une culture ancestrale », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Le nombre de démunis se maintient à Bouira », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Grande affluence pour Achoura : entre mendiants et « professionnels » », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Célébration typique de la fête de l'Achoura à Laghouat », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Un rite à réimprégner dans la société », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Quand les riches se dérobent », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Achoura à Larbaâ Nath-Irathen », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « SIDI-BEL-ABBES : Achoura : Un rite religieux d'espoir et de tolérance », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Achoura, une fête de communion et de solidarité », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Le bon geste », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Trait d'union : Achoura, la fête des démunis », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « La population se prépare pour la fête de l'Achoura », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Une culture ancestrale », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Le nombre de démunis se maintient à Bouira », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Grande affluence pour Achoura : entre mendiants et « professionnels » », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Célébration typique de la fête de l'Achoura à Laghouat », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Un rite à réimprégner dans la société », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Quand les riches se dérobent », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Achoura à Larbaâ Nath-Irathen », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « SIDI-BEL-ABBES : Achoura : Un rite religieux d'espoir et de tolérance », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Achour et Achoura », sur Djazairess (consulté le )
- ↑ « Les délires du jeudi », sur Djazairess (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Fêtes et jours fériés en Algérie
- Islam en Algérie
- Zaouïas en Algérie
- Soufisme en Algérie
- Culture algérienne
Liens externes
- Portail des fêtes et des traditions
- Portail de l'islam
- Portail de l’Algérie