Al-Khisas (Gaza)

Al-Khisas (Gaza)
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Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
6,27 km2
Coordonnées
31° 39′ N, 34° 34′ E
Carte topographique d‘Al-Khisas (vers 1940).
Démographie
Population
150 hab. ()
Densité
23,9 hab./km2 ()
Carte

Al-Khisas (خربة الخِصاص ou Khirbat al-Khiṣāṣ est un village palestinien du sous-district de Gaza, situé à 18,5 kilomètres au nord-est de Gaza, près d‘Al-Majdal et de l’actuelle ville d’Ashkelon[1]. Comme des centaines d’autres villages palestiniens, il a subi un nettoyage ethnique lors de la guerre de Palestine en novembre 1948, lors de l’opération Yoav.

Étymologie

D’après Palmer, le nom de Khisas signifie les ruines des gradins ou les huttes de roseau[2].

Géographie

Le village d’Al-Khisas était construit dans la plaine côtière, à 18 kilomètres au nord de Gaza[3]. Des dunes entouraient le village au nord et à l‘ouest (entre la mer Méditerranée et le village)[3]. Il était voisin de Ni'ilya et se situait au sud d’Al-Jura, à l’ouest d’al-Jiyya et de Barbara, au nord d’Hiribya[3]. Une route secondaire le reliait à la route côtière et par là, à Gaza et Al-Majdal[3].

En 1945, la superficie totale des terres du village était de 6269 dounams (6,3 km²)[4]. Près de la moitié des terres étaient publiques (2969 dounams), le reste, 3300 dounams (330 hectares), appartenaient à des Arabes[3]. 2984 dounams (298 hectares) étaient incultivables (la quasi-totalité des terres publiques). Sur les terres cultivées, 191 dounams (19 hectares) étaient plantés en agrumes et bananiers, 419 dounams (42 hectares) étaient utilisés pour les céréales et 2671 dounams (267 hectares) étaient classés comme terres irrigables ou vergers[5].

Histoire

Al-Khisas, appelé khirbet Khisas, était habité au XVe siècle. Des archives mameloukes indiquent qu‘en 1459, le village appartenait à un waqf (fondation pieuse)[6].

Empire ottoman

En 1838, à la fin de l‘Empire ottoman, el Khusas est noté comme village en ruines du district de Gaza[7].

Une liste de villages ottomane datée d’environ 1870 recense à Chasas 6 maisons et 35 hommes, les femmes n’étant pas recensées par ce document[8],[9].

En 1883, le rapport du Palestine Exploration Fund ne trouve que quelques tas de pierres et un puits à Khurbet el Khesas[10].

Mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d‘Al-Khisas est conquise fin 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Le village est classé comme hameau dans le Palestine Index Gazetter. Sa construction est postérieure à la Première Guerre mondiale[11]. Les paysans du voisinage ont d’abord construit des huttes temporaires pour s’abriter pendant les moissons, puis se sont progressivement installés et ont construit des maisons d‘adobe[11]. Les habitants se déplaçaient à Al-Jura et Ni'ilya pour les soins médicaux, les démarches administratives et l‘éducation[11].

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Khesas a une population de 102 habitants, tous musulmans[12], augmentant au recensement de 1931 à 133 habitants, toujours musulmans, dans 26 maisons[13].

Les statistiques de Village de 1945 estiment la population d’Al-Khisas à 150 musulmans[14],[15].

Guerre de 1948, nettoyage ethnique et Israël

Carte de 1940 avec en surimpression le développement de la ville d‘Ashkelon sur les terres d’Al-Khisas.

Le village est dépeuplé durant la guerre israélo-arabe de 1948 vers les 4–5 novembre, à la fin de l’opération Yo'av selon Walid Khalidi[11]. Selon Benny Morris, elle a lieu le 30 novembre. Khisas est cité (Khazaz) dans les ordres aux bataillons et aux pelotons du génie de l‘armée israélienne : les ordres étaient d‘expulser les villageois vers Gaza et « d‘empêcher leur retour en détruisant leurs villages ». Le chemin menant au village devait aussi être miné[16]. L’armée israélienne trouve environ 150 personnes à Al-Khisas et Ni'ilya, qui sont expulsées vers Beit Hanoun dans la bande de Gaza[16],[17].

En 1949, S. Yizhar, ancien soldat de la brigade Guivati qui a expulsé les habitants d’Al-Khisas, publie le roman Khirbet Khizeh. En 1978, son supérieur identifie le village du roman avec Al-Khisas[18].

En 1992, le village est gagné par le développement de la ville israélienne d’Ashkelon[11]. Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Des maisons construites de ciment et de plâtre sont démolies. Des touffes de cactus, palmiers doums, sycomores et six très grands eucalyptus poussent sur le site. Les terres du village sont cultivées par une agence de développement gouvernementale »[3].

Annexes

Bibliographie complémentaire

  • Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
  • Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)

Articles connexes

Liens externes

Notes

  1. « al-Khisas », Palestine Remembered (consulté le )
  2. Palmer, 1881, p. 361.
  3. « al-Khisas — الخِصاص », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consultée le 18 mai.
  4. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 46
  5. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 87.
  6. Roy Marom et Itamar Taxel, « Ḥamāma: The historical geography of settlement continuity and change in Majdal 'Asqalan's hinterland, 1270–1750 CE », Journal of Historical Geography, vol. 82,‎ , p. 49–65 (ISSN 0305-7488, DOI 10.1016/j.jhg.2023.08.003 Accès libre)
  7. Robinson, Smith, 1841, vol. 3, Appendix 2, p. 119.
  8. Socin, 1879, p. 149.
  9. Hartmann, 1883, p. 149.
  10. Conder, Kitchener, 1883, SWP III, p. 252.
  11. Khalidi, 1992, p. 123
  12. Barron, 1923, Table V, Sub-district of Gaza, p. 8.
  13. Mills, 1932, p. 5.
  14. Department of Statistics, 1945, p. 32.
  15. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 46.
  16. Morris, 2004, p. 517-518.
  17. Morris, 2004, p. xix, village #308.
  18. (en) Nathan Thrall, « ‘Dirty Work’ », The New York Review of Books, vol. 73, no 5,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

  • Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • C.R. Conder et H. H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, vol. 3, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
  • Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne [archive du ])
  • M. Hartmann, « Die Ortschaftenliste des Liwa Jerusalem in dem türkischen Staatskalender für Syrien auf das Jahr 1288 der Flucht (1871) », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 6,‎ , p. 102–149 (lire en ligne)
  • W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
  • Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
  • E. H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
  • E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 3, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
  • A. Socin, « Alphabetisches Verzeichniss von Ortschaften des Paschalik Jerusalem », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 2,‎ , p. 135–163 (lire en ligne)
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