Allocation touristique en Algérie
L'allocation touristique en Algérie est le montant maximal annuel de devises étrangères qu’un Algérien peut obtenir au taux de change officiel pour voyager en dehors de l'Algérie.
Depuis , l'allocation touristique est fixée à 750 euros par adulte (19 ans révolus), et 300 euros par enfants de plus de 12 ans. En , Saïd Sayoud, ministre de l'Intérieur et des Transports, dénonce une fraude dans ce dispositif, aussi les conditions d’obtention de cette allocation sont renforcées par la Banque d'Algérie.
Définition
L'allocation touristique permet aux Algériens, résidant en Algérie et désirant voyager à l'étranger, d'obtenir des devises étrangères en contrepartie de dinars algériens et ce au taux de change officiel[N 1]. Le montant et les règles d'obtentions de cette allocation varient dans le temps[2].
Par ailleurs, il existe une prime allouée pour le Hadj fixée à 1 000 dollars pour un quota de 41 300 pèlerins négocié en 2025 avec l'Arabie saoudite[3].
Historique
La demande obligatoire de sortie du territoire algérien est supprimée en et à l'époque l'allocation touristique est de 300 dinars algériens (400 francs)[4].
En 1986, l'économie algérienne est en difficulté à la suite de la baisse du prix du pétrole conjuguée à celle du dollar. Aussi l'allocation touristique équivalente à 1 000 dinars (1 600 francs) permise annuellement pour chaque membre d'une famille est ramenée à 1 000 dinars tous les deux ans et uniquement pour les Algériens de plus de dix-huit ans[5].
De 1997 à 2025, l'allocation touristique reste stable[6] avec un montant de 15 000 dinars algériens annuel soit environ 102 euros en 2022[7].
À partir de , à la suite de la décision du président Abdelmadjid Tebboune, l'allocation touristique est fixée à 750 euros, ou dans une autre devise, pour les Algériens de 19 ans et plus. Pour les enfants de plus de 12 ans l'allocation est de 300 euros, ou dans une autre devise, mais au maximum pour deux enfants par famille. La durée minimum du voyage à l'étranger doit être de sept jours[2].
En , Saïd Sayoud, ministre de l'Intérieur et des Transports, dénonce une fraude importante dans ce dispositif avec 100 000 cas constatés pour une période d'un mois et demi[8]. La fraude permet d'obtenir des devises au taux de change officiel soit 150 dinars pour un euro. Puis ces euros sont échangés sur le marché noir des devises où les cours en sont supérieurs à 282 dinars pour un euro. Ainsi pour 750 euros, la fraude permet de réaliser un bénéfice de 91 500 dinars, équivalent à cinq fois le salaire minimum algérien[9]. Saïd Sayoud annonce maintenir l'allocation touristique mais indique que le cadre juridique de celle-ci est conforté pour éviter des détournements[10]. C'est pourquoi, la Banque d'Algérie renforce les conditions d’obtention de cette allocation. Le bénéficiaire de l'allocation, ou un membre de sa famille, doit effectuer lui-même les démarches, ce qui exclut de fait les agences de voyage. Par ailleurs le passeport original doit être présenté et un compte bancaire doit être ouvert dans la banque où la demande est effectuée. De plus il est interdit de régler l'opération en argent liquide et il faut présenter un justificatif de revenus[11].
Comparaison
En 2019, le média Jeune Afrique réalise une comparaison entre les trois pays du Maghreb à savoir l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. L'étude s'effectue, à titre d'exemple, pour un couple avec un enfant. En Algérie l'allocation touristique permet d'obtenir 280 euros, en Tunisie l'allocation est de 4 300 euros et enfin le Maroc octroie 12 300 euros. Jeune Afrique précise qu'avec la dépréciation du dinar tunisien par rapport à l’euro le pouvoir d'achat du tunisien à l'étranger a eu tendance à baisser depuis trois ans. Pour les touristes algériens, ces derniers doivent acheter des monnaies étrangères sur marché noir des devises[12].
Notes et références
Notes
- ↑ En octobre 2025, le taux de change officiel est de l'ordre de 150 dinars pour un euro, alors qu'avec le marché noir des devises il se rapproche des 270 dinars pour un euro[1].
Références
- ↑ Ali Idir, « Devises : l’euro se rapproche de la barre des 270 dinars algériens. », sur TSA, (consulté le )
- Mokrane Aït Ouarab, « La Banque d’Algérie fixe les conditions de son application : L’allocation touristique effective dès demain », sur El Moudjahid, (consulté le )
- ↑ Assia Boucetta, « L’ONPO prête à assurer le succès du HADJ 2025. », sur Horizons, (consulté le )
- ↑ Daniel Junqua, « Les nationaux se rendant à l'étranger disposent désormais d'une « allocation touristique » en devises. », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Frédéric Fritscher, « La chute des recettes en devises contraint le gouvernement à des mesures d'austérité. », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ (ar) « هادف: رفع المنحة السياحية خطوة نحو تنظيم سوق الصرف وتحفيز الاقتصاد », sur Radio algérienne, (consulté le )
- ↑ Ali Aomar, « Allocation touristique : Que peut faire un touriste algérien avec 100 euros ? », sur ObservAlgérie, (consulté le )
- ↑ Ali Aomar, « Fraude à l’allocation touristique de 750 € : le gouvernement fait de graves révélations. », sur ObservAlgérie, (consulté le )
- ↑ Ali Idir, « Allocation touristique de 750 € : une nouvelle règle de la Banque d’Algérie. », sur TSA, (consulté le )
- ↑ « La décision d'attribution de l'allocation touristique demeure applicable. », sur Algérie Presse Service, (consulté le )
- ↑ Ali Idir, « Octroi de l’allocation touristique : nouvelle exigence de la Banque d’Algérie. », sur TSA, (consulté le )
- ↑ Wided Nasraoui, « Algériens, Marocains et Tunisiens : allocation touristique et fortunes diverses des touristes maghrébins. », sur Jeune Afrique, (consulté le )
Articles connexes
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