Ambroise Janvier (dramaturge)
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| Décès |
(à 52 ans) Boulevard Haussmann (9e arrondissement de Paris) |
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| Nom de naissance |
Edouard Ambroise Henri Janvier de la Motte |
| Pseudonyme |
M. Beauvallon |
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Ambroise Janvier, né le à Angers où il est mort le à Paris 9e, est un dramaturge français.
Biographie
D’une vieille famille d’Anjou[1], fils du préfet bonapartiste Eugène Janvier de La Motte, il était, au point de vue des opinions politiques ou sociales, un esprit tout à fait éclairé et avancé, qui avait très tôt su se dégager de toute attache réactionnaire et rompre avec tous les préjugés, pour marcher avec les idées de son temps et faire preuve, en maintes circonstances, de l’esprit le plus large et du jugement le plus droit. Pendant l’affaire Dreyfus, notamment, il s’est mis résolument du côté des défenseurs de la justice et de la vérité, n’hésitant pas à dire très haut ce qu’il pensait[2].
Passionné d’art dramatique, héritier d’une grosse fortune, il s’est senti attiré tout jeune vers l’art dramatique, auquel il s’est adonné exclusivement, n’ayant jamais écrit que des pièces de théâtre, d’abord sous le pseudonyme de « Beauvallon », soit seul, soit en collaboration avec son ami Marcel Ballot, ou Albert Guinon. Les principales sont : les Respectables, les Amants légitimes, la Bonne Hôtesse, Mon Enfant, Marraine, les Âmes en peine, Francine ou le respect de l’Innocence, les Appeleurs, le Patrimoine… Il a fait jouer, en moins de quinze ans, douze pièces, à la Comédie-Française, où il a fait ses débuts avec les Âmes en peine, à l’Odéon, au Vaudeville, au Gymnase, à l’Athénée, souvent avec succès[3].
Esprit original, curieux, chercheur d’idées neuves et d’observations inédites, ses succès étaient motivés par ses qualités d’observation aiguë, quelquefois même un peu amère, de dialogue vif et acéré[2]. Estimé de tous les lettrés, il était très répandu dans le monde des théâtres, où il ne comptait que des amis[3]. Dans la vie privée, homme de relations sûres, ami dévoué et camarade serviable, il s’était attiré de nombreuses sympathies et de solides amitiés[2].
Sujet à de fréquents accès de mélancolie, des crises de neurasthénie et devenu, dans les derniers temps, d’une misanthropie aigüe, il parlait souvent de sa mort prochaine, initialement rapportée comme due à un transport au cerveau subit[4], mais ses amis, qui s’inquiétaient des progrès de son état nerveux, ont aussitôt pensé au suicide, dès que leur est parvenue la brusque nouvelle de sa mort. Ils ne se trompaient pas, une voisine ayant entendu, à l’heure précise de la mort, la détonation d’une arme à feu. La famille n’a laissé pénétrer personne, même les plus intimes, dans les appartements du boulevard Haussmann. Une enquête a été aussitôt ouverte, qui a forcé de retarder les obsèques[5], lesquelles n’ont eu lieu que le , malgré tout en l’église Saint-Louis-d'Antin[6], en présence de Jules Claretie, Paul Hervieu, Paul Ginisty, Paul Porel, Marcel Prévost, Abel Hermant, Paul Adam, Reynaldo Hahn, Arthur Meyer, Paul Bilhaud, Jacques Normand, Jean Pellerin, Armand d'Artois, Émile Abraham[2]. Le cercueil a été déposé, dans les caveaux de l’église, dans l’attente de l’inhumation à Seiches-sur-le-Loir[7].
Publications
- Sous le nom de Beauvallon, Il ne sait pas lire !, comédie en 1 acte, créé au théâtre du Palais-Royal, le , Paris, Tresse, 1876, in-18, le 31 p.
- Sous le nom de Beauvallon, Un mari sans l'être, comédie-vaudeville en 1 acte, créé au théâtre du Palais-royal, , Paris, Tresse, 1877, in-18, le 32 p.
- Sous le nom de Beauvallon, L'Indiscrète, comédie en 1 acte, créé au théâtre du Gymnase, , Paris, Tresse, 1882, in-18, le 31 p.
- Sous le nom de Beauvallon, La Parole de Birbansac, comédie en 1 acte, créé au théâtre du Palais-royal, le , Paris, Tresse, 1882, in-18, le 44 p.
- Les Respectables, comédie en 3 actes, créé au théâtre du Vaudeville, le , Paris, Tresse et Stock, 1890, in-18, 107 p.
- Cinq mille quatre… !, comédie bouffe en 3 actes, créé au théâtre Déjazet, le , avec Albert Guinon, Paris, Tresse et Stock, 1891, in-18, 157 p.
- Mon nom !, comédie en 3 actes (2e éd.), avec Marcel Ballot, Paris, P. Ollendorff, 1893, 270 p. ; 19 cm.
- Les Petits côtés du divorce. Mon nom !, comédie en 3 actes, avec Marcel Ballot, créé au Théâtre Moderne, , Paris, P. Ollendorff, 1893, in-18, 270 p.
- Les Amants légitimes, comédie en 3 actes, Paris, Ollendorff, 1894, in-8º.
- Les Petits côtés du divorce. Les Amants légitimes, comédie en 3 actes, avec Marcel Ballot, créé au théâtre du Gymnase, le , Paris, P. Ollendorff, 1894, in-18, 302 p.
- Les Petits Côtés du divorce. Les Jocrisses du divorce, comédie en 3 actes, Paris, théâtre des Menus-Plaisirs, le , avec Marcel Ballot, préface d’Alfred Naquet, Paris, P. Ollendorff, 1896, in-18, xx-309 p.
- Marraine, comédie en 3 actes, 1898.
- La Bonne Hôtesse, comédie en 3 actes, avec Marcel Ballot, Paris Librairie théâtrale, 1899, 172 p., in-12.
- Mon enfant, comédie en 3 actes, créé au théâtre de l’Odéon, , Paris, Librairie théâtrale, 1901, in-16, 133 p.
- Les Âmes en peine, comédie en 3 actes, avec Marcel Ballot, 1903.
- Les Appeleurs, pièce en 3 actes, créé au théâtre de l’Odéon, le , Paris, Librairie théâtrale, 1903, in-16, 107 p.
- Francine, ou le Respect de l'innocence, comédie en 3 actes, créé au théâtre de l'Athénée, le , Paris, Librairie théâtrale, 1900, in-16, 143 p.
- La Meurine, comédie en 3 actes, 1905, p. 5-55, in-8º.
- Le Patrimoine, comédie-vaudeville en 3 actes, 1905.
- Théâtre, avec Marcel Ballot, préface Henri Lavedan, Paul Hervieu, Catulle Mendès, Paris, Librairie théâtrale, 1905-1906, 4 vol, in-18, t. 1 sur Gallica, t. 2 sur Gallica, t. 3 sur Gallica, t. 4 sur Gallica.
Notes et références
- ↑ « Nécrologie », La Gazette de France, Paris, vol. 264, , p. 4 (ISSN 2540-4962, lire en ligne sur Gallica).
- « Nécrologie », Le Radical, Paris, vol. 25, no 147, , p. 2 (lire en ligne sur Gallica).
- « Nécrologie », Le Monde artiste, vol. 45, no 22, , p. 351 (ISSN 2725-9390, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Nécrologie », Le Temps, Paris, vol. 45, no 16047, , p. 3 (ISSN 2420-2789, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Suicide d’Ambroise Janvier », Le National, Paris, 3e série, no 76, , p. 1 (ISSN 2533-9249, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « À onze heures… », Journal des débats politiques et littéraires, Paris, no 149, , p. 4 (lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Nécrologie », La Gazette de France, Paris, vol. 275, , p. 2 (ISSN 2540-4962, lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
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