Animaux dans l'Égypte antique

Dès la préhistoire, la plupart des animaux vivant dans l'Égypte antique furent sacralisés et idolâtrés. Ils étaient considérés comme des incarnations vivantes de principes divins et furent associés à des divinités[1].

Animaux

Le taureau sacré Apis représenté sur un cercueil égyptien de la XXIe dynastie.

Les temples élevaient dans des enclos sacrés des animaux en rapport avec les dieux qui y étaient vénérés. Les animaux morts (du moins, les plus importants) avaient droit à une momification et à un enterrement cérémonial. On a retrouvé de grandes quantités d'animaux momifiés (chat, taureau, crocodile, oiseau, etc)[2],[3].

C'est un idéogramme dans le terme kȝ
kA
D52
E1
« taureau, bœuf »[4].

Il faut cependant bien différencier deux types de dévotion autour des animaux : le culte des Uniques et celui des Multiples :

  • Les Uniques : certains animaux étaient, en effet, considérés comme des hypostases du dieu sur terre, un équivalent des statues de culte, réceptacles terriens de la divinité. Après sa mort naturelle, l'animal était momifié et inhumé avec tous les honneurs, puis on recherchait son successeur. L'animal devait, en effet, répondre à des critères physiologiques précis (pour un bœuf par exemple, couleur du pelage, certaines taches précisément disposées sur le corps…). Le nouvel « élu » allait alors passer sa vie au sein du temple, dans un enclos luxueux. L'Unique le plus célèbre est sans nul doute le taureau Apis au Sérapéum de Memphis dont le culte a perduré de l'époque thinite jusqu'à l'époque ptolémaïque et qu'Hérodote décrit dans son Enquête. Mais il en existe d'autres comme les taureaux Mnévis et Boukhis ou les béliers de Banebded (dieu de la fécondité et de la génération) et d'Éléphantine.
Ibis sacré, version hiératique et hiéroglyphique.
  • Les Multiples : les animaux momifiés en « masse » sont un phénomène qui se développe surtout pendant les époques tardives[5]. Les temples élèvent dans leurs enceintes des centaines d'animaux qui sont destinés à être offerts par des particuliers en « ex-voto » (cadeau votif) à la divinité, ce qui entraîne le développement d'immenses catacombes animalières (comme à Saqqarah). On possède des témoignages illustrant notamment l'existence de grandes volières à ibis (Tounah el-Gebel), ou encore des traces archéologiques de « couveuses » pour les œufs de crocodile (Médinet Mâdi)[6].

Les études pratiquées sur ces momies démontrent que les animaux pouvaient être abattus (on a par exemple découvert des momies de chats qui étaient en fait remplies de plusieurs chatons) ou que l'on pouvait sélectionner seulement une partie du corps de l'animal (comme des « momies » constituées exclusivement de pattes d'ibis)[7]. Ce véritable commerce, sans doute très rentable pour les temples, a d'ailleurs entraîné des abus et on a des attestations de procès contre des prêtres qui avaient vendu de fausses momies. La demande d'animaux destinés à cet usage, bien plus élevée que l’élevage ne pouvait en offrir (plus de soixante-dix millions auraient été embaumés)[8], conduisit les embaumeurs à se contenter de « parties » de l'animal, ou même d'objets s'y rapportant (seule une momie sur trois contenait un animal complet, et un autre tiers ne contenait qu'un morceau de l'animal)[9]. Le soin apporté à ces momies prouve qu'il n'y avait pas grande différence entre elles aux yeux des Égyptiens, malgré leur différence de contenu.

Momie de chat (Musée du Louvre).

Animaux dans l'écriture égyptienne

L'écriture des Égyptiens de l'Antiquité, les hiéroglyphes, utilisent de très nombreux animaux dans un sens figuratif, mais également symbolique et phonétique, environ cent-soixante-dix hiéroglyphes proviennent du monde animal[10].

Animaux et mythologie égyptienne

Le prêtre Renpetmaa prie Rê-Horakhty. Bois enduit et peint, vers 900 av. J.-C. (XXIIe Dynastie)[11].
Hiéroglyphes représentant des créatures mythologiques.

La mythologie égyptienne démontre un fort lien de cette civilisation avec la nature, les dieux sont mi-animaux : Hathor (déesse à corps de vache), Thot (dieu à tête d'ibis), etc. Ils représentent leur réalité géographique (Seth pour le désert), cosmique (Rê la course du soleil[12],[note 1]) etc.[13].

Les douze heures du jour et de la nuit étaient chacune associées à l'un des douze animaux sacrés que sont :

Sauterelle - Tombeau de Horemheb.

Notes et Références

Notes

  1. ↑ Homme à tête de faucon sur laquelle est posé le disque solaire protégé par le cobra dressé.

Références

Bibliographie

  • Sylvie Albou-Tabart, Dominique Antérion et Jean-Claude Demory, Dieux de l'Égypte, Hachette, (ISBN 978-2846343497). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (ca) Hélène Guichard (directrice du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre) (trad. Animaux et Pharaons - Le règne animal dans l'Égypte antique : Édition en catalan), Animals i faraons - El regne animal a l'antic Egipte, Coédition Somogy/Louvre éditions, , 352 p. (ISBN 978-2757209004).
  • (en) Gene Kritsky (trad. Les Larmes de Rê : l'apiculture dans l'Égypte antique), The Tears of Re : Beekeeping in Ancient Egypt, Oxford University Press Inc, , 160 p. (ISBN 978-0199361380).
  • (en) Salima Ikram (trad. Créatures divines : momies animales dans l'Égypte antique), Divine Creatures : Animal Mummies in Ancient Egypt, The American University in Cairo Press, , 296 p. (ISBN 978-9774166969). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Nadine Guilhou et Janice Peyré, La mythologie égyptienne, Marabout, , 480 p. (ISBN 978-2501150415). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Cet ouvrage rassemble toutes ces histoires fabuleuses et passionnantes, il présente les dieux qui en sont les héros, explicite leurs aventures et aide à décrypter les codes qui les sous-tendent.
  • Philippe Charlier, Alain Froment et Armelle Charrier, Momies : Les chemins de l'éternité, In Fine éditions d'art, , 224 p. (ISBN 978-2382030677)
    Catalogue très didactique fait le point sur les dernières connaissances autour des momies, et permet de mieux comprendre la richesse et la variété de ces chemins vers l’éternité.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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