Antoine de Perrin-Brichambault

Antoine-Charles de Perrin Brichambaut
Naissance
Nancy (Meurthe)
Décès (à 63 ans)
Paris
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France (1792)
Drapeau français République française (1792-1794, 1796-1804)
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Armée de terre
Unité Génie militaire
Grade Maréchal de camp
Années de service 1792 – 1826
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Expédition d'Espagne
Faits d'armes Bataille de Fleurus (1794)
Bataille de Bailén (1808)
Siège de Pampelune (1823)
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Légion d'honneur (Officier)
Ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne (Chevalier)

Antoine-Charles de Perrin Brichambaut (également orthographié Brichambault ou Brichambeau), né le à Nancy et mort le à Paris, est un ingénieur militaire, officier et poète français.

Biographie

Jeunesse et origine

Antoine-Charles naît le à Nanci en Meurthe. Il est le second fils de Charles-François-Xavier de Perrin Brichambaut, un noble officier, ayant combattu pour le royaume de France jusqu'à sa mort en 1789, alors qu'Antoine-Charles n'a que douze ans. Sa famille tire ses racines du duché de Lorraine, où elle se démarque en servant la cour. Apportant différents fonctionnaires, notamment un proche conseiller d'État du duc. En 1654, ses descendants sont naturalisés français et intègrent le royaume[1].

Carrière militaire

1792-1794 : débuts militaires dans le Nord

En 1786, il entre à l'école royale militaire de Pont-à-Mousson en qualité d'élève du roi. Il en sort diplômé en , peu après le début des guerres révolutionnaires. Il rentre dans l'armée en tant que soldat volontaire d'artillerie, et est directement envoyé au combat, lors de la campagne de 1792 sur le front de l'ouest. En 1794, désormais adjoint du génie sous le commandement du général Marescot, il sert dans l'armée du Nord et de Sambre. Il participe aux sièges victorieux de Charleroi, de Landrecies, du Quesnoy avant d'être admis à l'école militaire de Metz à la toute fin de l'année 1794. Un an après, il est néanmoins destitué par le comité de salut public à cause du mésaventure. En effet, lors d'une soirée d'un festivale à Metz, en permission, il sort son épée lors d'une altercation face à des hommes ivres. Alors que ces derniers avaient entonné la Marseillaise, alors que s'en était défendu, un officier municipal appela de l'aide pour les calmer ; appelle que le jeune Brichambaut répond positivement, avant d'attaquer ces irrévérencieux[1].

1796-1810 : retour dans la Grande Armée

Malgré cette expulsion, arbitraire et injuste selon le tribunal militaire, Brichambaut est finalement réintégré avec le grade de lieutenant dans le corps du génie, en . En 1799, il intègre l'état-major de l'armée du Rhin, alors sous les commandes du général Marescot. Ce dernier apprécie son talent dans le génie militaire et le conserve dans ses différentes campagnes, que cela soit avec l'armée d'Helvétie, en Bavière, en Autriche, ou encore en Prusse. Néanmoins, les deux hommes se séparent après que Marescot soit tombé en disgrâce aux yeux de l'empereur après avoir signé la capitulation de Baylen. Alors capitaine, il sert quinze mois supplémentaires avant de solliciter sa mise à la réforme. Sa demande est acceptée par le ministre de la guerre Henri Clarke en 1810, l'invitant cependant à indiquer ultérieurement si son état de santé lui permet de combattre à nouveau[1].

1810-1814 : pause dans ses services

En 1813, il affronte en duel le capitaine d'état-major Alexandre d'Estourmel à Montrouge. Bien que la cause de l'affrontement soit inconnu, Brichambaut est blessé au talon gauche et son adversaire est traversé d'une balle. À la suite de cet épisode, Brichambaut est exilé à Nancy après avoir séjourné quelques semaines dans l'une des geôles de la préfecture de police de Paris. Lors de l'invasion de la ville par les Russes le , il se déclare monarchiste, et pour les Bourbons. Il se rend ensuite à Vesoul et propose ses services au comte d'Artois qui le nomme lieutenant-colonel[2].

1814-1826 : reprises des services avec les monarchistes

Il rédige peu après un essai, sur « le danger d'accorder la paix à Bonaparte, et sur la nécessité de rétablir les Bourbons pour assurer le repos de la France et de l'Europe » et le fait imprimer en masse à Paris, en , alors que l'empereur marche sur la capitale[2]. Cet écrit lui permet de rentrer dans les grâces de Louis XVIII, devenant par la même occasion un de ses hommes rapprochés lorsqu'il se rend à Gand, en 1815[3]. Il organise ensuite le siège de Bouchain et obtient la reddition de la ville, ce qui lui permet d'être promu colonel en . Il devient ensuite directeur du génie de Lorient et de Nantes et œuvre à mater la sédition dans cette dernière ville, jusqu'en 1820. Il est alors nommé directeur du génie de Montpellier ; avant d'être appelé par le roi à participer à l'expédition d'Espagne trois ans plus tard. Il participe à la bataille de Pampelune en secondant la brigade de siège, victorieuse. En 1826, il est mis à la retraite contre son grés, à cause de son âge[4].

Fin de vie

En 1833, il demande de réintégrer l'armée, mais sa requête est refusée, une nouvelle fois sous le prétexte de son âge[4]. Alors, il se met à l'écriture de poèmes. Cependant, il détruit une grande partie de son œuvre, n'en publiant que huit. Le talent de Antoine-Charles pour la poésie lui vaut les compliments de Charles Nodier :

« Le nom de l'auteur recommanderait bien mieux ses poésies que toutes les analyses et tous les suffrages, si, en vrai chevalier français, il n'était pas aussi discret sur les succès de sa plume que sur ceux de son épée »[5]

Vie privée

Brichambaut se marie le à Paris, avec Claire-Sophie de La Fage, la fille unique et héritière du marquis de Saint-Huruge. Cependant, ils vont entretenir une relation froide et conflictuelle. Dès le mois d'avril suivant, elle demande une première fois le divorce ; demande refusée en . Quelques années plus tard, lors des Cent-Jours, alors qu'Antoine-Charles est absent, elle demande la séparation des biens et du corp, mais cette fois-ci l'obtient par défaut. Au début de l'année 1816, la nullité de cette décision et prononcée, puis en mars, c'est au tour d'Antoine-Charles de demander le divorce, pour mettre fin aux attaques de sa femme. Finalement, le , le mariage est rendu nul[4].

Décorations

Publications

  • Discours sur le danger d'accorder la paix à Buonaparte, et sur la nécessité de rétablir les Bourbons pour assurer le repos de la France et de l'Europe, Nancy, Mame frères, , 88 p. (lire en ligne)
  • Ode sur la Religion, Paris, Hachette Livre, (1re éd. 1819), 18 p. (ISBN 978-2011262202, lire en ligne)

Notes et références

  1. Sarrut 1855, p. 9.
  2. Sarrut 1855, p. 10.
  3. Sarrut 1855, p. 11.
  4. Sarrut 1855, p. 12.
  5. Sarrut 1855, p. 13.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Sarrut 1855] Germain Sarrut, « Perrin Brichambault ou Brichambeau (Antoine-Charles de) », dans Biographie des hommes du jour, (lire en ligne), p. 8 - 13. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 (Biographie), Paris, Poignavant, , 2 vol. ; in-8 [détail des éditions] (BNF 30995024)

Liens externes

  • icône décorative Portail de la Révolution française
  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail du Premier Empire
  • icône décorative Portail de Nancy