Siège de Charleroi (1794)

Siège de Charleroi

Informations générales
Date au
Lieu Charleroi, Pays-Bas autrichiens
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau des Pays-Bas à cette époque Provinces-Unies
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne
Drapeau de l'Électorat de Hanovre Électorat de Brunswick-Lunebourg
Commandants
• Jean-Baptiste Jourdan et Armand Samuel de Marescot • Général-Major de Reygnac
Forces en présence
100 000 hommes 2 800 hommes

Première Coalition

Coordonnées 50° 25′ 00″ nord, 4° 26′ 39″ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Siège de Charleroi

Le siège de Charleroi est un épisode de la guerre de la Première Coalition entre les coalisés (Royaume-Uni, Saint-Empire, électorat de Brunswick-Lunebourg) et la France qui a eu lieu entre le 28 mai et le [1].

Contexte

En , le gouvernement du roi Louis XVI, en pleine période de réformes institutionnelles et de crise politique, prend l'initiative d'un conflit en déclarant la guerre « au roi de Bohême et de Hongrie », c'est-à-dire à l'Autriche[2], le . La Prusse intervient rapidement à ses côtés[3].

Au début de 1793, la première coalition est formée par plusieurs États européens contre la France, devenue une république en et qui a exécuté Louis XVI le . Cette coalition prolonge l'alliance entre l'Autriche et la Prusse, en guerre contre la France depuis .

Déroulement du siège

Armand Samuel de Marescot.

À Charleroi, les Autrichiens travaillent hâtivement à refortifier la place du au en réquisitionnant ses habitants. Pendant plusieurs mois, les terrassiers, maçons et charpentiers s'activent, les habitants hébergent les renforts de soldats, les vivres sont entreposés, les animaux acheminés dans la place et les outils et matériaux réquisitionnés. Les batteries comprennent 45 canons[3].

Le 28 mai, les Français sous le commandement du général Louis Charbonnier investissent la place après avoir chassé les Autrichiens qui s'étaient postés sur les hauteurs de Marcinelle. L'assaut est sous la responsabilité de l'officier du génie Armand Samuel de Marescot. L'artillerie est mise en place et une première sommation à la reddition est envoyée au colonel de Reygnac, commandant la place de Charleroi. Cette sommation est repoussée[3].

Le bombardement débute le auquel l'artillerie de la place de Charleroi répond. Dans la nuit du 1 au , la tranchée et la première parallèle est ouverte bientôt suivie par une deuxième parallèle. Ces travaux sont suspendus au soir car les Français doivent faire face à l'arrivée de l'armée de secours austro-hollandaise. Au cours de la bataille qui s'ensuit, la garnison autrichienne de Charleroi fait une sortie qui transforme la défaite française en déroute[3].

Les Français ramènent alors en direction de Charleroi l'armée de la Moselle constituée de 96000 hommes. L'artillerie est renforcée par des mortiers et des canons amenés de la place de Rocroi. Le , les travaux d'investissement reprennent sous le commandement de Marescot. De nouvelles parallèles sont ouvertes sur la hauteur de Dampremy. Le , l'armée des coalisés livre une nouvelle bataille aux Français à proximité de Charleroi qui se solde par une nouvelle défaite de ces derniers. La garnison a de nouveau participé à cette défaite par une sortie qui a pris à revers la division Championnet.

Les coalisés se retirent ensuite, estimant les Français affaiblis, et laissent les Français reprendre le siège de Charleroi le . Une ligne de circonvallation est établie sur l'ordre du général Jean-Baptiste Jourdan qui donne la priorité à la prise de la place de Charleroi. Les 19 et , Marescot reprend les travaux de siège avec le creusement de parallèles à Montignies-sur-Sambre à l'est et Dampremy au nord. Des sorties et l'artillerie de la place ralentissent ces travaux. L'artillerie français parvient toutefois à éliminer l'artillerie de la place le . Le feu de l'artillerie française se poursuit dans la nuit du 24 au . Les sapes gagnent du terrain, les échelles sont préparées pour l'assaut la nuit suivante[3].

Plan-relief de la place de Charleroi.

Le , le colonel de Reygnac, jugeant sa situation désespérée, décide de capituler sans conditions et livre la place de Charleroi aux Français[3].

Bilan

La prise de Charleroi le a un impact majeur sur la victoire française sur les coalisés à la bataille de Fleurus. Les Autrichiens ont en effet perdu le point d'appui qui avait joué en leur faveur lors de leurs deux premiers succès à Charleroi. Pour ses faits d'arme et sa belle conduite devant Charleroi, Armand Samuel de Marescot reçoit le titre de colonel le .

À Charleroi, presque toutes les maisons de la ville sont endommagées et de nombreuses habitations ont été incendiées par les boulets rouges des assaillants.

Notes et références

  1. ↑ « Les quinze grandes batailles "belges" qui ont changé l'Europe », sur levif.be, (consulté le ).
  2. ↑ La déclaration de guerre n'est pas adressée à l'archiduché d'Autriche, celui-ci n'étant pas alors un État souverain, mais une des possessions de la maison d'Autriche, faisant partie du Saint-Empire, ni à François II en tant qu'empereur du Saint-Empire car il n'est élu empereur des Romains que le 7 juin 1792, puis couronné à Francfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792. Notons cependant que pour beaucoup de Français, la reine Marie-Antoinette était (défavorablement) surnommée « l'Autrichienne ».
  3. Jean Louis Delaet, Le siège de Charleroi et la bataille de Fleurus, Bruxelles, Crédit Communal de Belgique,

Annexes

Bibliographie

  • Jean Louis Delaet, Libre-sur-Sambre : Charleroi sous les révolutions, 1789-1799, éd. Crédit communal de Belgique, Bruxelles, 1989.
  • Jean Louis Delaet, Le siège de Charleroi et la bataille de Fleurus, éd. Crédit Communal de Belgique, Bruxelles, 1994.
  • Allain Bernède, Aux avant-postes de Charleroi : Fleurus 1794, éd. Cénomane, 1994.

Articles connexes

Liens externes

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