Aristide Boullet-Lacroix

Aristide Boullet-Lacroix
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Pierre Aristide Boullet-Lacroix, né le à Château-Gontier[1] (Mayenne) et mort le à Deuil-la-Barre (Enghien-les-Bains)[2], est un érudit, voyageur, amateur d’art, mécène et collectionneur français. Il est surtout connu pour ses voyages en Europe et en Méditerranée, ses collections artistiques et scientifiques, ainsi que pour son legs à la ville de Château-Gontier, qui a permis la création d’une partie importante du musée local.

Biographie

Origine

Aristide Boullet-Lacroix naît le à Château-Gontier. Pierre Aristide Boullet-Lacroix est le fils de Julien-Pierre Boullet, avocat, intendant de l'Abbaye de Fontevrault, et d'Antoinette Vallée, parente de l'abbé François-Yves Besnard, un ami de Volney.

Ce dernier à Aristide Boullet-Lacroix lègue en 1842 les Souvenirs d’un nonagénaire, qui sera publié bien plus tard en 1880, en version amputée[3] et modifiée par Célestin Port, et dans leur intégralité par Martine Taroni en 2018 aux Presses universitaires de Rennes.

  • Julien-Pierre Boullet[4],[5] x Antoinette Vallée
    • Louis-Julien-François Boullet (1773-1853)[6],[5]
      • Damase-Antoine Boullet dit Boullet Bois-Renault (1812-1862)[7],[8],[5]
    • Pierre Aristide Boullet-Lacroix (1805-1848) x Amélie Louise Goussé-Delalande

Aristide Boullet-Lacroix épouse le [9], à Château-Gontier, Amélie Louise Goussé-Delalande qui meurt moins de cinq mois plus tard, dans cette même ville, le [10].

Formation

Aristide Boullet-Lacroix se distingue très tôt par son goût pour les études et les voyages. Après une scolarité brillante au Collège de Château-Gontier, il se forme à Paris, où il suit avec ardeur des cours de droit et de médecine[11], avant de se tourner vers les sciences naturelles, qu’il cultive avec prédilection[11].

Polyglotte, il maîtrise le sanskrit, qu’il considère comme une langue mère, ainsi que l’anglais, l’italien et l’allemand[11]. Cette maîtrise des langues, alliée à une solide éducation, lui permet de tirer le meilleur parti de ses nombreux voyages[11].

Voyages et passion pour les arts

Dès sa jeunesse, Aristide Boullet-Lacroix entreprend plusieurs voyages d’étude en Europe. Son premier voyage le mène en Suisse et dans le sud-ouest de l’Allemagne, où il se comporte en véritable naturaliste[11]. Il séjourne ensuite plusieurs années en Italie, où il se passionne pour les beaux-arts[11], parcourt la Sicile et la péninsule italienne, et rapporte de nombreux objets d’art qui constituent le noyau de ses futures collections. Il explore également l’Angleterre, où il puise des enseignements d'une toute autre nature[11].

Ses voyages en Grèce et en Italie lui permettent de se lier d’amitié avec les plus grands artistes de son époque, notamment Ingres, Eugène Delacroix, Paul Delaroche, Hippolyte Flandrin[12] et Guillaume Bodinier. Ces rencontres influencent profondément son goût artistique et renforcent sa réputation d’amateur éclairé.

C'est à Rome où il rencontre David d'Angers, Delacroix, Ingres, qu'il fait l'achat de plusieurs vases grecs et étrusques. Il rapporte presque 150 œuvres[13], principalement des sculptures antiques, de son voyage à Rome dans les années 1840. Il ramène une « précieuse collection de marbres, de tableaux, de médailles, de statuettes » qu’il lègue ensuite avec « des livres rares et des manuscrits » à sa ville natale, ce qui est à l'origine de la création du Musée d'art et d'archéologie - Hôtel Fouquet.

Collections et mécénat

De retour en France, Aristide Boullet-Lacroix se consacre à l’enrichissement de sa bibliothèque et de ses collections, qu’il rassemble dans son cabinet de Château-Gontier[11]. Il est également un bibliophile passionné, collectionnant les ouvrages rares[14] et les manuscrits[11].

En 1843, il devient l’exécuteur testamentaire de François-Yves Besnard, dont il rement un volumineux manuscrit sur l’agriculture[11], nommé Xénophon à Scyllonte[3] à la Société industrielle d'Angers et du département de Maine et Loire, qui sera détruit par un incendie, avec la destruction des archives par les Allemands en 1943[3]. Affilié à plusieurs sociétés savantes, il promet en 1845 de rédiger une notice biographique sur François-Yves Besnard à partir de ses Souvenirs d’un nonagénaire, mais la mort l’en empêche[11].

La République

Le , Pierre René Martinet est révoqué comme maire de Château-Gontier, ainsi que le Conseil municipal, et remplacé par des administrateurs provisoires, qui choisissent Alexandre Fournier comme président de la Commission municipale. Le , Émile Jamet proclame la République[15] sur la Place d'Armes avec la Commission municipale, et devant la Garde Nationale. Aristide Boullet-Lacroix est choisi parmi les membres de la Commission municipale[15].

Legs et postérité

Aristide Boullet-Lacroix meurt prématurément le , à l’âge de 42 ans. Par testament, il lègue à sa ville natale de Château-Gontier l’ensemble de ses collections artistiques (marbres, tableaux, médailles, statuettes) et sa bibliothèque[16], composée d’ouvrages choisis[11]. Ce legs, d’une grande valeur culturelle, permet la création d’une partie importante du Musée d'art et d'archéologie - Hôtel Fouquet et contribue à perpétuer sa mémoire[17]. Une rue porte son nom à Château-Gontier.

Bibliographie

  • Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de Château-Gontier contenant ensemble les livres de l'ancienne bibliothèque et ceux donnés par M. Aristide Boullet-Lacroix... Château-Gontier, 1866, in-8, 107 p.

Notes et références

  1. Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Château-Gontier, acte No93 de l'an XIV.
  2. Archives départementales du Val-d'Oise, état-civil numérisé de Deuil-la-Barre (dont dépendait Enghien-les-Bains avant son érection en commune en 1850), acte de décès No79 de l'année 1848.
  3. François-Yves Besnard, Martine Taroni, Un prêtre en Révolution, Souvenirs d'un nonagénaire, 2018. Voir en ligne
  4. Julien-Pierre Boullet est né le à Fontevraud-l'Abbaye, il était avocat au Parlement et succéda à son père dans les fonctions d'intendant de l'Abbaye Notre-Dame de Fontevraud, de secrétaire ordinaire de l'Abbesse de Fontevraud et de sénéchal, rôles qu'il exerçait encore durant la Révolution française. Élu membre du Directoire du département de Maine-et-Loire, il fut réélu le et nommé procureur général syndic le . Par la suite, il occupa le poste de commissaire du pouvoir exécutif près le Tribunal criminel (septembre 1792), puis devint juge au Tribunal civil en l’an V, juge au Tribunal de cassation, maintenu lors du renouvellement de la magistrature (9 floréal an VIII), et conseiller à la Cour impériale (). Il décéda à Château-Gontier le .
  5. Célestin Port, Dictionnaire historique géographique, et biographique de Maine-et-Loire, 1878.
  6. Né à Fontevraud-l'Abbaye le , il s'embarque le en tant que pilote sur le navire de commerce La Ville de Marseille. Le , il s'enrôle comme volontaire au 1er bataillon de Maine-et-Loire et devient sous-lieutenant le au 19e régiment de dragons. Il est promu lieutenant le 18 prairial an IV et, en 1798, rejoint la gendarmerie de Maine-et-Loire, où il reçoit un sabre d'honneur le 5 nivôse an IX pour ses exploits contre les Chouans. Cependant, le 10 du même mois, un coup de feu lui brise les côtes. Il est promu capitaine le , mis en non-activité le , puis placé à la retraite le . Il reprend du service en 1832 avec le grade de chef d'escadron () jusqu'au . Il décède à Angers, Officier de la Légion d'honneur, le .
  7. Du nom de son domaine.
  8. Né à Segré le , il s'inscrit au barreau d'Angers en 1840 et décède le à l'hospice de Sainte-Gemmes-sur-Loire, où il avait été amené à deux reprises en raison de l'exaltation de ses idées libérales. Il a publié un recueil de poésie en trois parties, chacune avec son propre titre et faux titre, mais avec une pagination continue : Far Niente, Forget Me Not et Passé (Angers, 1835, in-8°), accompagné d'une préface signée A. M. C[hasteau]. Il avait également contribué à La Gerbe de 1834 avec des Souvenirs de France sous les initiales A. B.-R. et avait produit diverses œuvres anonymes pour la presse et la polémique, dont Stabat doctrinaire, des stances sur l'air de la Rifla (Angers, Cornilleau-Maige, in-80, 3 pages, 1847, deux éditions). A partir du , il était gérant du journal affiche La Renommée, imprimé à Angers chez Maige et Cornilleau.
  9. Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Château-Gontier, acte No416 de l'année 1837.
  10. Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Château-Gontier, acte No129 de l'année 1838.
  11. Pierre-Constant Guillory, Discours prononcé à la Société industrielle d'Angers et du département de Maine et Loire, dans sa séance du 4 février 1850, 1850.
  12. Revue historique, littéraire et archéologique de l'Anjou, 1911.
  13. Site du musée de Jublains, juin 2015
  14. Berille Louveau, « Les bêtes, ces curiosités exposées », sur Ouest-France, (consulté le ).
  15. « Discours du maire de Château-Gontier à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution de 1848 », Ouest-France, édition de la Mayenne,‎ (lire en ligne Accès payant)
  16. Emilie Ginestou, « Découvrez les trésors cachés de la médiathèque de Château-Gontier », sur Ouest-France, (consulté le ).
  17. Camille Ravasio, « Château-Gontier. Les réserves du musée se dévoilent », sur Ouest-France, (consulté le ).

Source partielle

Liens externes

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