Atelier de Tanagra

Atelier de Tanagra
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
64,4 × 91,1 cm

L'Atelier de Tanagra, ou Sculpturæ vitam insufflat pictura (« La peinture insuffle la vie à la sculpture »), est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1893 par le peintre français Jean-Léon Gérôme. De format horizontal, l’œuvre mesure 64,4 × 91,1 cm[1]. Elle est conservée dans une collection particulière à New York, à la suite d’une vente aux enchères organisée par Sotheby’s en 2013, au cours de laquelle elle est adjugée 125 000 $[2].

Les figurines de Tanagra

Danseuse voilée, figurine en terre cuite de Tanagra, vers 150-, Musée du Louvre.

En , sur le site de Tanagra, en Grèce, des archéologues mettent au jour un important ensemble de figurines hellénistiques en terre cuite portant des traces de polychromie. Cette découverte suscite un vif intérêt, car elle confirme l’hypothèse selon laquelle la sculpture antique était originellement peinte. Les figurines de Tanagra représentent non des divinités ou des héros, mais des personnages de la vie quotidienne, le plus souvent des femmes élégamment drapées. Présentées à l’Exposition universelle de 1878 à Paris, elles rencontrent un grand succès. Dans les décennies suivantes, leur popularité entraîne la production de nombreuses contrefaçons. Ces statuettes marquent également la culture littéraire de la fin du XIXe siècle. Elles sont évoquées dans Le Portrait de Dorian Gray (1891) et Un mari idéal (1895) d’Oscar Wilde, ainsi que dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust[3]. Fasciné par ces découvertes, Gérôme réalise la sculpture Tanagra en 1890, puis La Danseuse au cerceau en 1891, œuvres directement liées à cette redécouverte archéologique.

Description

Le tableau représente un atelier de fabrication de statuettes, tel que l’imagine Gérôme dans la cité antique de Tanagra, en Béotie. À gauche, une jeune femme assise — probablement artisane ou peintre — est entourée d’objets et d’œuvres d’art. Elle tient d’une main une petite statuette en terre cuite figurant La Danseuse au cerceau, et de l’autre un pinceau fin. Devant elle, sur une table, sont alignées cinq figurines peintes de couleurs vives. À droite de la composition, des femmes se tiennent près d’un étal sur lequel sont disposées de nombreuses statuettes de tailles, de formes et de couleurs variées. Les personnages féminins, coiffés de chapeaux et vêtus de draperies semblables à celles des figurines exhumées lors des fouilles, créent un effet de mise en abyme entre l’objet artistique et le monde vivant[4].

La signature de l’artiste figure en bas à droite, sur la contremarche.

Œuvres représentées dans le tableau

L’atelier est richement décoré de sculptures et d’objets antiques. Parmi les œuvres identifiables figurent :

  • La Danseuse au cerceau (1891)
  • Corinthe (1903), présentée sur une colonne ;
  • L’Oracle aux serpents (1899) ;
  • La Danse (Loïe Fuller).

Au sol, un panier contient des masques de théâtre, rappelant l’art dramatique antique. L’ensemble compose une réflexion sur l’Antiquité, la polychromie des sculptures grecques et le pouvoir illusionniste de l’art, thème récurrent dans l’œuvre de Gérôme.

Notes et références

Liens externes

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