Danseuse au cerceau

La Danseuse au cerceau, également appelée La Joueuse de cerceau, est une sculpture réalisée à partir de 1890 par l’artiste français Jean-Léon Gérôme. L’œuvre est réalisée en plusieurs versions et matériaux, notamment en plâtre, en bronze et en marbre. Elle s’inscrit dans l’intérêt de l’artiste pour l’Antiquité et les figurines de Tanagra.
Conception et inspiration
La sculpture est initialement imaginée comme un élément de l’œuvre Tanagra, représentant une jeune femme nue assise tenant dans la paume de sa main gauche ouverte une petite figurine de danseuse au cerceau. Cette composition s’inspire des découvertes archéologiques réalisées à partir de 1870 dans la cité antique de Tanagra, en Grèce, qui révèlent de nombreuses figurines en terre cuite appelées « figurines de Tanagra ». La petite danseuse devient rapidement une œuvre autonome. Gérôme en décline le motif dans plusieurs sculptures ainsi que dans diverses peintures.
Description
La sculpture représente une danseuse gracieuse en mouvement. La figure tournoie et virevolte dans une cascade de robes d’inspiration grecque aux plis souples et fluides. Sa tête passe à travers un anneau d’or qu’elle tient d’une main, tandis que l’autre main porte une petite boule dorée. Par la délicatesse de ses couleurs et la souplesse de sa pose, l’œuvre illustre les recherches esthétiques de Gérôme sur la sculpture polychrome et sur la représentation du mouvement[1].
Production et diffusion
Après la création du modèle original, Gérôme produit et commercialise de nombreuses versions de la figurine, en collaboration avec le marchand d’art Adolphe Goupil. L’œuvre est éditée en deux formats, dans différents matériaux et parfois en version polychrome. Pour certaines commandes, l’artiste réalise également des moulages en plâtre destinés à ses proches ou à des collectionneurs. Bien qu'issus du même moule que les bronzes, ces exemplaires sont souvent décorés ou personnalisés afin de constituer des œuvres uniques.
La fonte des bronzes est confiée à la fonderie Siot-Decauville[2].
Interprétation
La Danseuse au cerceau synthétise plusieurs aspects majeurs de l’œuvre de Gérôme. Elle reflète à la fois son intérêt pour le classicisme et l’archéologie, son goût pour la reconstitution historique et ses préoccupations commerciales liées à l’édition d’œuvres en série. En produisant de multiples versions de cette figurine, Gérôme réinterprète pour l’époque moderne le principe des figurines antiques produites en série.
Dans l’œuvre de Gérôme
La figurine apparaît également dans la peinture Sculpturæ vitam insufflat pictura, où une femme peint une série de douze figurines en terre cuite représentant toutes une danseuse au cerceau. Cette mise en scène souligne le dialogue entre peinture et sculpture, thème récurrent dans l’œuvre de Gérôme.
Localisation
Plusieurs exemplaires de la sculpture sont conservés notamment dans des collections muséales :
- Le Haggin Museum aux États-Unis : version en bronze ;
- Le Musée Jean-Léon Gérôme en France : version en bronze doré 22,5 × 10 × 13 cm sur socle d'onyx ;
- Le Phoenix Art Museum : version en bronze doré[3] ;
- La collection de Jon Swihart, version en plâtre de 23 cm dédicacé à Albert Dawant[4] ;
- Collection Dr Edward T Wilson : version en marbre polychrome et doré sur piédouche onyx de 27,5 cm (24 cm sans socle)[5].
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Version du musée de Vesoul. -
La peinture de poterie antique : Sculpturæ vitam insufflat pictura (« la peinture insuffle la vie à la sculpture »), 1893, Art Gallery of Ontario. -
Atelier de Tanagra (atelier Tanagra), 1893, collection particulière ; vendu aux enchères par Sotheby's en 2013 pour 125 000 $. -
L'Artiste et son Modèle, 1894, Haggin Museum ; Gérôme se représente en train de sculpter Tanagra. -
Le Travail du marbre, 1890, Dahesh Museum of Art ; Gérôme se représente en train de sculpter Tanagra. -
Tanagra, version du musée de Vesoul. -
Gros plan sur la Danseuse au cerceau, polychrome endommagée dans la main de Tanagra, musée d'Orsay.
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Gérôme et Tanagra, détail.
Notes et références
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