Bataille de Guadiaro

Bataille de Guadiaro

Informations générales
Date
Lieu Rives du Guadiaro, près de Ronda, Espagne
Issue Victoire des rebelles berbères
Belligérants
Rebelles berbères Califat de Cordoue
Mercenaires catalans
Commandants
Sulayman ben al-Hakam
Zawi ibn Ziri
Muhammad II
Wadih al-Siqlabi
Odón, évêque de Girona
Abbé de Sant Cugat del Vallès
Arnulfo, évêque de Vic
Aecio, évêque de Barcelone
Forces en présence
Inconnues 30 000 Cordouans
9 000 Catalans
Pertes
Inconnues Cordouans: Inconnues
Catalans: 3 000 morts

Guerre civile en al-Andalus

Coordonnées 36° 18′ 01″ nord, 5° 18′ 08″ ouest

La bataille de Guadiaro, se déroule le sur les rives du Guadiaro, près de Ronda, entre les troupes du calife Muhammad II de Cordoue, fortes de 30 000 combattants [1] et 9 000 mercenaires catalans [2], face aux forces berbères de son rival, Sulayman ben al-Hakam. Les rebelles remportent la victoire et Muhammad II bat en retraite vers Cordoue [3],[4].

Contexte

Profitant de l'absence d'Abd al-Rahman Sanchuelo, qui est parti à la guerre contre le Royaume de Léon, Muhammad II s'empare du trône califal au détriment d'Hicham II. Le Hadjib déchu décide de reprendre le pouvoir à Cordoue mais nombre de ses soldats font défection, ce qui entraîne sa défaite puis son exécution par les partisans de Muhammad II.

Le nouveau monarque de Cordoue attaque ses opposants Berbères, qui ont élu Sulayman ben al-Hakam comme calife et se sont alliés aux Castillans, mais il est défait à la bataille de Qantish. Muhammad II s'enfuit à Tolède, où il reçoit le renfort de 9 000 mercenaires catalans et reprend sa marche sur Cordoue. Il défait l'armée de Sulayman ben al-Hakam, à la bataille d'Aqbat al-Bakr, qui prend la fuite vers le sud. Muhammad II entre triomphalement dans Cordoue, où les habitants le proclament « Vengeur et Libérateur », et se prépare à l'assaut final contre les rebelles [5],[6].

Bataille

Trois semaines après sa victoire à la bataille d'Aqbat al-Bakr et avant que ses troupes ne se soient remises d'une marche forcée, Muhammad II décide d'attaquer les Berbères. Il poursuit les rebelles, qui se sont repliés dans le sud de l'Andalousie, où Sulayman ben al-Hakam profite de l'épuisement des troupes du calife. Il conclut son discours par ces mots : « Aujourd’hui, nous devons combattre jusqu’à la victoire, jusqu’à ce que nous restions sur le champ de bataille. Il n’y a pour nous d’espoir que dans la force de nos épées. C’est pourquoi, que nul ne plie la nuque sous le cimeterre de son ennemi ! Mais si nous ne pouvons être victorieux, mourons au moins vengés. »

Le , Sulayman ben al-Hakam affronte les forces cordouanes menées par Muhammad II sur les rives du Guadiaro, près de la ville de Ronda, et les défait lors d'une contre-attaque. De nombreux soldats catalans se noient, accablés d'or et d'argent rapportés de leur expédition. Environ 3 000 d'entre eux sont tués, dont des évêques tels que l'abbé de Sant Cugat del Vallés, Aecio de Barcelone, Odón de Gérone et Arnulfo de Vic (certaines sources indiquent qu'Odón et Arnulfo sont mortellement blessés et meurent plus tard) [7],[8]. Les forces catalanes restantes, voyant tant d'hommes périr dans leurs rangs, se replient vers leurs foyers, refusant de participer à la défense de Cordoue, et le calife Muhammad II se retire dans la capitale.

Conséquences

Le calife entreprend le renforcement des fortifications de Cordoue et réquisitionne la population pour les travaux. Il restaure les tours, répare les parties délabrées et fait creuser des tranchées autour de la ville. Cependant, les partisans de Muhammad II commencent à l'abandonner et son Hadjib, Wadih al-Siqlabi, le fait assassiner afin de restaurer Hicham II sur le trône califal.

Par ailleurs, les rebelles berbères décident de se partager le sud de l'Andalousie plutôt que de se précipiter vers Cordoue. Les Sanhadja, menés par Zawi ibn Ziri, conquièrent Grenade, tandis que de plus petits groupes zénètes prennent possession d'Arcos de la Frontera, de Jaén et de Morón de la Frontera. Quatre mois plus tard, ils commencent le siège de Cordoue [9].

Notes et références

  1. Scales, The Fall of the Caliphate of Córdoba: Berbers and Andalusis in Conflict, BRILL, , 77–78 p. (ISBN 978-90-04-61082-8, lire en ligne)
  2. Hugh Kennedy, Muslim Spain and Portugal: A Political History of al-Andalus, Routledge, (ISBN 978-1-317-87041-8, lire en ligne), p. 127
  3. Fukuzo Amabe, Urban Autonomy in Medieval Islam: Damascus, Aleppo, Cordoba, Toledo, Valencia and Tunis, BRILL, (ISBN 978-90-04-31598-3, lire en ligne), p. 104
  4. José Antonio Conde, History of the Dominion of the Arabs in Spain. Translated ... by Mrs. Jonathan Foster, Henry G. Bohn, (lire en ligne), p. 67
  5. José Antonio Conde, History of the Dominion of the Arabs in Spain, (lire en ligne), p. 66
  6. Aḥmad Ibn-Muḥammad al- Maqqari, The History of the Mohammedan Dynasties in Spain: Extracted from the Nafhu-t-Tib Min Ghosni-l-Andalusi-r-Rattib ... by Aḥmad B. Muḥammad Al Makkari, Oriental Translation Fund, (lire en ligne), p. 547
  7. ERMESSENDA DE CARCASSONA, dona d'estat
  8. (es) Victor Balaguer, Historia De Cataluña Y De La Corona De Aragon,
  9. Fukuzo Amabe, Urban Autonomy in Medieval Islam: Damascus, Aleppo, Cordoba, Toledo, Valencia and Tunis, BRILL, (ISBN 978-90-04-31598-3, lire en ligne), p. 105
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