Siège de Cordoue (1013)

Siège de Cordoue
Description de cette image, également commentée ci-après
La péninsule Ibérique en 1000
Informations générales
Date Novembre 1010 – Mai 1013
Lieu Cordoue, Espagne
Issue

Victoire des rebelles Berbères

Belligérants
Rebelles Berbères Califat de Cordoue
Commandants
Sulayman ben al-Hakam
Zawi ibn Ziri
Ali ben Hammud al-Nasir
Al-Qasim al-Ma'mun [1]
Hicham II †
Wadih al-Siqlabi †
Forces en présence
Inconnues Inconnues
Pertes
Inconnues Lourdes (morts ou fugitifs), ville détruite et pillée

Guerre civile en al-Andalus

Coordonnées 37° 53′ 00″ nord, 4° 46′ 00″ ouest

Le siège de Cordoue, de à , est mené par une rébellion berbère face au calife omeyyade Hicham II. La partie de la ville située au-delà des remparts romains est entièrement détruite.

Contexte

La ville de Cordoue est la capitale administrative du califat de Cordoue. Sulayman ben al-Hakam a brièvement régné sur la ville en 1010 mais il est expulsé par un usurpateur rival, Muhammad II, qui est restauré avec l'aide des Catalans. Le calife légitime, Hicham II, est finalement rétablit sur le trône suite à l'assassinat de Muhammad II par son Hadjib le [2]. Cependant, les Berbères ne le reconnaissent pas comme calife et, quatre mois après la bataille de Guadiaro, ils commencent le siège de Cordoue [3],[4].

Siège

Le siège de Cordoue est précédé de la prise de Madinat al-Zahra, capitale politique située à 10km à l'ouest, où les troupes berbères installent leur camp:

« de 1011 à 1013, les rebelles prennent le contrôle de Madinat al-Zahra et établissent une base pour les troupes berbères de Sulayman [5]. »

Ils engagent des raids dans la région de Cordoue et maintiennent un blocus de la capitale à partir de Madinat az-Zahra[5].

En , le Hadjib Wadih al-Siqlabi tente de faire la paix avec les rebelles mais il est exécuté par ses alliés alors qu'il essaie de fuir [6]. Les habitants de Cordoue manquent de nourriture et risquent leur vie en s'aventurant hors de la ville qui est ravagée par les épidémies et les crues du Guadalquivir [7]. Les Cordouans écrivent deux lettres à Sulayman et les envoient avec une délégation. La première lui propose le gouvernement du califat, sous la souveraineté d'Hisham II. La seconde lettre concerne l'abdication du calife et le serment d'allégeance à Sulayman. Cependant, les deux lettres sont déchirées et la délégation retourne à Cordoue [8].

Le , la garnison cordouane tente une ultime sortie qui échoue et entraîne la capitulation de la ville [9].

Avant la reddition de Cordoue, l'historien Richard Fletcher rapporte:

« Les alliés berbères de Sulayman ont déjà détruit le palais de Madinat az-Zahra, saccagé et pillé la ville[10]. »

Lors de la chute de la capitale du Califat, les troupes de Sulayman pillent également la ville et massacrent ses habitants, dont de nombreux Juifs qui sont expulsés [11],[12]. Samuel ibn Naghrela, célèbre juif de la ville, a été contraint de fuir en 1013 à Malaga puis à Grenade[13]. Des notables musulmans, tels qu'Ibn Hazm, prennent également la fuite [14]. Sulayman est restauré sur le trône califal au détriment d'Hisham II qui est tué et Cordoue, incendiée, plonge dans le chaos pendant deux mois[15],[16],[17].

Conséquences

De 1009 à 1013, Cordoue est attaquée et conquise deux fois par les armées de Sulayman ibn al-Hakam, le rival Omeyyade du calife Hicham II. Cet événement marque le début de la guerre civile en al-Andalus. La victoire de Sulayman est suivie de saccages et de massacres qui ont entraîné le déclin du règne Omeyyade[18]:

« Vers 1013 le pouvoir de Cordoue est brisé et, de 1013 à 1031, les prétendants Omeyyades au titre de Calife n'ont ni l'expérience militaire ni les ressources pour appuyer leur pouvoir temporaire[19]. »

Les partisans de Sulayman reçoivent des villes et des terres en récompense. Les Zirides avec Zawi ibn Ziri prennent Elvira et régnent à Grenade, les Banu Ifran à Ronda, les Banu Khazrun à Arcos de la Frontera, les Banu Birzal à Carmona et Jaén, les Banu Dammar à Morón de la Frontera, les Hammudites à Malaga, Algeciras, Ceuta et Tanger[20],[21],[22], ce qui mène à la période des Taïfas.

Références

  1. ↑ (en) Fukuzo Amabe, Urban Autonomy in Medieval Islam: Damascus, Aleppo, Cordoba, Toledo, Valencia and Tunis, BRILL, (ISBN 978-90-04-31598-3, lire en ligne)
  2. ↑ (en) Suzanne Pinckney Stetkevych, The Poetics of Islamic Legitimacy: Myth, Gender, and Ceremony in the Classical Arabic Ode, Indiana University Press, (ISBN 978-0-253-21536-9, lire en ligne)
  3. ↑ Amabe 2016, p. 105.
  4. ↑ Kennedy 2014, p. 127.
  5. ((en) Richard Fletcher, Moorish Spain, University of California Press, , 189 p. (ISBN 978-0-520-24840-3, lire en ligne), p. 40)
  6. ↑ (en) Roger Collins, Caliphs and Kings: Spain, 796-1031, John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-118-73001-0, lire en ligne)
  7. ↑ (en) The Taifa Kingdoms: Reconsidering 11th-Century Iberia, BRILL, (ISBN 978-90-04-73549-1, lire en ligne)
  8. ↑ (en) Scales, The Fall of the Caliphate of Córdoba: Berbers and Andalusis in Conflict, BRILL, (ISBN 978-90-04-61082-8, lire en ligne)
  9. ↑ (en) Seymour Rossel, Journey Through Jewish History: The Age of Faith and the Age of Freedom, Behrman House, Inc, (ISBN 978-0-87441-366-3, lire en ligne)
  10. ↑ (Richard Fletcher, Moorish Spain, University of California Press, , 189 p. (ISBN 978-0-520-24840-3, lire en ligne), p. 40
  11. ↑ Máttis Kantor, Codex Judaica : Chronological index of Jewish history, covering 5,764 years of Biblical, Talmudic & post-Talmudic history, Zichron Press, , 393 p. (ISBN 978-0-9670378-3-7, lire en ligne), p. 176
  12. ↑ Benny Morris cites the killing of approximately two thousands Jews Benny Morris, Righteous Victims : A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-2001, Random House, Inc., , 784 p. (ISBN 978-0-679-42120-7, lire en ligne), p. 184
  13. ↑ Ross Brann, Power in the Portrayal : Representations of Jews and Muslims in Eleventh- and Twelfth-Century Islamic Spain, Princeton University Press, , 208 p. (ISBN 978-0-691-14673-7, lire en ligne)
  14. ↑ (en) Simon Sebag Montefiore, The World: A Family History of Humanity, Knopf Doubleday Publishing Group, (ISBN 978-0-525-65954-9, lire en ligne), p. 301
  15. ↑ (en) Theodore Pulcini, Exegesis as Polemical Discourse: Ibn Ḥazm on Jewish and Christian Scriptures, Scholars Press, (ISBN 978-0-7885-0395-5, lire en ligne)
  16. ↑ (en) Pascual De Gayangos, The History of the Mohammedan Dynasties In Spain: Vol. II, BoD – Books on Demand, (ISBN 978-3-385-11557-6, lire en ligne)
  17. ↑ (en) Camilla Adang, Maribel Fierro et Sabine Schmidtke, Ibn ?azm of Cordoba: The Life and Works of a Controversial Thinker, BRILL, (ISBN 978-90-04-23424-6, lire en ligne)
  18. ↑ (es) Enrique Aguilar Gavilán, Historia de Córdoba (lire en ligne), p. 38
  19. ↑ (en) David Luscombe, The new Cambridge medieval history : P. 1, 2 : c.1024-c.1198, Cambridge University Press, , 940 p. (ISBN 978-0-521-41410-4, lire en ligne), p. 601
  20. ↑ (en) Nabil Boudraa et Joseph Krause, North African Mosaic: A Cultural Reappraisal of Ethnic and Religious Minorities, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-4438-0768-5, lire en ligne)
  21. ↑ (en) Harold Livermore, A History of Spain, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-040-25910-8, lire en ligne)
  22. ↑ (en) Timothy M. Flood, Rulers and Realms in Medieval Iberia, 711-1492, McFarland, (ISBN 978-1-4766-3372-5, lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

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