Bataille de Saint-Lô
| Date | au |
|---|---|
| Lieu | bocage normand et Saint-Lô |
| Issue | Victoire américaine |
| 29e division 30e division 35e division |
Notes
500 civils tués
Batailles
Opérations de débarquement (Neptune)
Secteur anglo-canadien
Secteur américain
Fin de la bataille de Normandie et libération de l'Ouest
Mémoire et commémorations
| Coordonnées | 49° 07′ 12″ nord, 1° 05′ 24″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Saint-Lô est un des trois épisodes de la bataille des Haies qui eut lieu du au , juste avant l'opération Cobra.
Contexte historique (L'occupation)
La France est envahie en 1940 et la 7e Panzerdivision, commandée par Rommel, entre en Normandie. L'objectif étant la prise du port de Cherbourg, le centre manchois est épargné et Saint-Lô se rendra dans la nuit du . Pendant l'occupation, la statue de la Laitière normande, réalisée par Arthur Le Duc est déboulonnée et fondue, dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux, malgré l'opposition des élus locaux.
En , les Allemands décident de creuser un souterrain sous le rocher. À ce jour, personne ne sait quelle aurait été l'utilité de ce souterrain, ni de celui creusé au même moment sous l'Institut d'Agneaux. Des ouvriers issus du STO seront requis jusqu'au début de la bataille de Normandie.
Ensuite, le souterrain, en chantier, accueillera les malades de l'hôtel-Dieu situé juste en face et une partie de la population saint-loise[Note 1]. Un soldat allemand est abattu en et plusieurs Saint-Lois sont arrêtés ; cinéma, théâtre et bars sont fermés, les postes de TSF confisqués et le couvre-feu est avancé à 20 heures[Note 2].
Bombardements
Le soir du débarquement, dans la nuit du au , les Américains bombardent la ville, située à un carrefour stratégique mais de relative importance.
Le premier bombardement de 19 h 55 touche plusieurs établissements et services publics : banque de France, prison, mairie, gendarmerie, les archives et l'hôpital Bon Sauveur[1], ainsi que le bas de la rue Dagobert, la rue de la Marne et la rue Havin[2].

Le raid est alors concentré sur la gare ferroviaire et la centrale électrique[3].
Il faut empêcher les renforts allemands stationnés en Bretagne de pouvoir remonter sur le front. Des tracts d’avertissement largués la veille sont dispersés par le vent sur les communes voisines. À la prison, plus de 200 prisonniers dont 76 patriotes périssent enfermés (de nos jours, seule subsiste la porte de l'édifice). On compte plus d’un millier de morts[4].
Le , onze personnes du réseau de résistance P.T.T. de Saint-Lô tombent sous les balles allemandes sur la petite commune de Beaucoudray[5].
Capture de la ville
La conquête de Saint-Lô est confiée au XIXe corps de la première armée américaine, placé sous le commandement du général Corlett. Le , elle regroupe :
- La 29e division placée sur la route de Bayeux, près de Martinville. Elle a à sa tête le général Charles H. Gerhardt.
- La 30e division placée sur la route de Périers, près du Mesnil-Durand commandée par Leland Hobbs.
- La 35e division placée sur la route d'Isigny, éprouvant des difficultés à Pont-Hébert, commandée par Paul W. Baade (en).
En face, deux corps d'armée allemande sont sur le front de Saint-Lô : la 352e division d'infanterie commandée par le général Dietrich Kraiß et la 3e division du 2e corps de parachutistes commandée par le général Eugen Meindl.
La 29e division attaque le secteur Nord-Est de Saint-Lô, près de la Madeleine. Un bataillon dirigé par le major Bingham, dit le « bataillon perdu », se retrouve isolé pendant toute une journée sans munitions et avec peu de nourriture. On compte 25 blessés et seulement trois infirmiers alors que les forces allemandes sont toutes proches. Des avions ont même dû larguer des poches de plasma. La colline de Martinville est quant à elle « arrosée » continuellement par l'artillerie allemande. Le , le 3e bataillon du major Thomas D. Howie rejoint vers 4 h 30 le bataillon perdu. Caché sous la végétation, le 3e bataillon a pour ordre de ne pas riposter aux tirs ennemis et de ne se servir que de la baïonnette. La jonction est réussie, mais un obus de mortier éclate près du major Howie, le touchant mortellement. La position est alors lourdement attaquée, empêchant un quelconque mouvement dans la journée.

Le , le capitaine Puntenney demande l'appui de l'artillerie et de l'aviation pour disperser les troupes allemandes. Les GI, à court de munitions, prennent tout de même le carrefour de La Madeleine grâce à un dépôt de mines, abandonné des Allemands. Le 115e, quant à lui, contourne La Luzerne pour se déployer dans le bas de la vallée de la Dollée. Le , une compagnie du 116e rétablit la jonction avec la position de La Madeleine et les Allemands se replient à l'Ouest vers Rampan. Un groupe d'opération est placé sous la direction du général Norman Cota pour former la Task Force C. Vers 15 heures, les blindés longent la route d'Isigny, suivis des rangs de soldats. Ils arrivent à Saint-Lô par le quartier de la Bascule, près de l'église Sainte-Croix. L'armée se regroupe sur la place du Champ-de-Mars et contrôle les points stratégiques de l'Est de Saint-Lô (route de Carentan, route de Torigni, route de Bayeux) vers 18 heures. Surpris par la rapidité, les Allemands n'opposent que peu de résistance. Repliée sur le versant d'Agneaux, l'artillerie allemande pilonne les carrefours saint-lois, notamment celui de La Bascule, blessant plusieurs officiers dont le général Cotta. Ainsi, le major Glover S. Johns, commandant le 1er bataillon du 115e, décide d'installer le poste de commandement dans le cimetière, dans le sous-sol du caveau funéraire de la famille Blanchet. On dépose la dépouille du major Howie sur les restes du clocher de Sainte-Croix pour rendre hommage à son courage, lui qui s'était promis d'être le premier soldat à entrer dans la ville. Le lendemain, les soldats arpentent les rues pour débusquer les tireurs allemands, qui tentent sans succès une contre-attaque dans la nuit du 20. À 4 h 40, la 29e division laisse la ville au contrôle de la 35e division.
La ville est totalement libérée le [2].
Postérité
En souvenir de cette dure bataille, le nom de Saint-Lô a été donné le à un porte-avions d'escorte de l'US Navy, l'USS Midway. À son entrée en service le , il est le plus grand porte-avions américain de l'époque et il est baptisé du nom de la grande victoire aéronavale de Midway. Renommé USS St. Lo, il connaît un destin funeste : quinze jours plus tard, le , lors de la bataille du golfe de Leyte, il est le premier porte-avions coulé par une attaque kamikaze.
La chapelle de la Madeleine abrite un mémorial des 29e et 35e divisions de l'armée américaine qui ont libéré la ville[2].
Notes et références
- Notes
- Références
- ↑ Sébastien Brêteau, « Durant l'été 1944, l'hôpital du Bon-Sauveur de Saint-Lô détruit, l'exode des malades et religieuses », sur Ouest-France, (consulté le ).
- Alain Brion, « 6 juin au 19 juillet 1944 : Saint Lô », sur beaucoudray.free.fr, (consulté le ).
- ↑ « Normandie : La campagne du 7 juin au 25 août 1944 et la bataille de Saint-Lô », sur normandie44.canalblog.com, (consulté le ).
- ↑ « 6 juin 1944 : de la liesse à la catastrophe pour des milliers de civils », sur France 3 Normandie, (consulté le ).
- ↑ « Beaucoudray, l'histoire, la vie… », sur beaucoudray.free.fr, (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- Ouvrages
- [1945] M. Bertot (Abbé), La Bataille aux environs de Saint-Lô : Récits vécus des deux premiers mois de la guerre…, Avranches, Société d'Archéologie d'Avranches, , 23 p., 24 cm (OCLC 493191844, SUDOC 095513922, présentation en ligne).
- [1950] Joseph Toussaint (d) (Abbé) (préf. Raoul Dautry), La Percée américaine à l'ouest de Saint-Lô : La Chapelle-Enjuger dans la bataille, Coutances / Marigny, Ed. Notre-Dame / Eurocibles, coll. « Inédits & introuvables (ISSN 1764-934X) » (no 1) (réimpr. 1957, 2000 et 2004) (1re éd. 1950), 157 p., in-8o (ISBN 2-9145-4100-7, OCLC 800566473, SUDOC 154119105, présentation en ligne).
- [1951] Jacqueline Bernard (Abbé) (éd. scientifique), Division historique du Département de la guerre américain (trad. R. Feuardent et l'abbé Goutière, Lettres d'Henri-Bernard sur le bombardement de Saint-Lô), La Bataille de Saint-Lô : 7-19 juillet 1944, Saint-Lô, impr. de R. Jacqueline, , 200 p., 20 cm (OCLC 493586827, BNF 33895083, SUDOC 095721347, présentation en ligne).
- [1961] (fr) Paul Carell (trad. Raymond Moreigne, ill. Roger Grosjean), Ils arrivent ! [« Sie kommen! »], Paris, Robert Laffont / Éditions Tallandier, coll. « Texto (ISSN 1957-9322) » (réimpr. 1962/63/66, 1974, 1994/98, 2011 et 2019) (1re éd. 1961), 380 p., 20 cm (ISBN 979-10-210-3815-8, OCLC 800754643, BNF 32940682, SUDOC 189965878, présentation en ligne).
- [1994] Maurice Lantier, 44 jours en 1944 pour libérer Saint-Lô : 6 juin-19 juillet 1944, Saint-Lô (Hôtel de ville, Association Saint-Lô 44, , 139 p. (ISBN 978-2-950-80903-2).

- [2001] (en) Leo J. Daugherty, The battle of the hedgerows : Bradley's First Army in Normandy, June-July 1944, St. Paul, MN, MBI Pub. Co, , 224 p. (ISBN 978-0-760-31166-0).
- [2004] Jacques Petit, Au cœur de la bataille de Normandie : souvenirs d'un adolescent, de Saint-Lô à Avranches, été 1944, Louviers, Ysec, , 127 p., 24 cm (ISBN 2-8467-3037-7, OCLC 420004111, BNF 39271267, SUDOC 089459202, présentation en ligne).
- [2007] Didier Lodieu, Mourir pour Saint-Lô : juillet 1944, la bataille des haies, Paris, Histoire & Collections, , 176 p. (ISBN 978-2-352-50034-6).

- [2019] Jérémie Halais, Saint-Lô 39-45. Une ville normande dans la seconde guerre mondiale, Bayeux, Orep éditions, 2019, 128 p. (ISBN 978-2-8151-0489-0).
- Article
- [1952] Robert Patry (d), « La Bataille de Saint Lô : Clef de la libération de la France (3-25 juillet 1944). 1, Résistance allemande de la mer à Saint-Lô (3-18 juillet 1944) », Études normandes, Rouen, Association d'études normandes / éditions OREP, no 6, , p. 49-64 (ISSN 0014-2158, OCLC 495351722, SUDOC 136514081, présentation en ligne).
Liens externes
- (en) La bataille de Saint-Lô du 7 au 19 juillet 1944.
- (en) La bataille des Haies et la capture de Saint-Lô.
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