Bobi Wine

Bobi Wine
Illustration.
Bobi Wine, en 2024.
Fonctions
Président de la Plateforme de l'unité nationale
En fonction depuis le
(5 ans, 10 mois et 8 jours)
Prédécesseur Moses Nkonge Kibalama
Biographie
Nom de naissance Robert Kyagulanyi Ssentamu
Date de naissance
Lieu de naissance Nkozi (Ouganda)
Nationalité Ougandaise
Parti politique NUP
Diplômé de Université internationale d'Afrique de l'Est
Profession Musicien
Acteur

Robert Kyagulanyi Ssentamu, né le , connu sous son nom de scène Bobi Wine, est un homme politique[1], chanteur[2], acteur et homme d'affaires ougandais. Il est député pour la circonscription de Kyadondo dans district de Wakiso, en région centrale de l'Ouganda et dirige également la Plateforme de l'unité nationale, un parti en opposition au président Yoweri Museveni. Il est candidat aux élections présidentielles de 2021 et 2026 mais quitte le pays après des menaces des dirigeants.

Jeunesse et études

Robert Kyagulanyi Ssentamu est né le à l'hôpital de Nkozi, où sa mère travaillait. Il grandit dans le bidonville Kamwookya, situé au nord-est de Kampala, la capitale de l'Ouganda. Kyagulanyi a fréquenté l'école de Kitante Hill, où il a obtenu son certificat en 1996, ainsi que l'école secondaire supérieure de Kololo, où il a obtenu son certificat supérieur en 1998. Il a ensuite fréquenté l'université Makerere à Kampala, où il a étudié la musique, la danse et l'art dramatique, obtenant un diplôme en 2003. En 2016, Kyagulanyi est retourné étudier le droit à l'université internationale d'Afrique orientale, où il a pris contact avec le professeur David Lewis Lubongoya, devenu depuis secrétaire général du mouvement People Power, Our Power, une organisation de la jeunesse ougandaise.

Carrière musicale

Kyagulanyi a commencé sa carrière musicale au début des années 2000 et a adopté le nom de scène Bobi Wine. Ses premiers singles Akagoma, Funtula et Sunda (avec Ziggy D), lui ont valu le succès sur la scène musicale d'Afrique de l'est. Sa musique a été caractérisée de reggae, dancehall et afrobeat par ses fans, souvent avec un message socialement conscient. Il était le leader du groupe Fire Base Crew jusqu'à sa dissolution, avant de commencer un nouveau groupe connu sous le nom de Ghetto Republic of Uganda. En 2016, sa chanson Kiwani figurait sur la bande originale du film Queen of Katwe.

Carrière cinématographique

Kyagulanyi est également un acteur de cinéma, jouant principalement dans des films ougandais locaux. En 2010, il a travaillé dans le film dramatique de Cleopatra Koheirwe, Yogera. En 2015, il a joué le rôle principal du film Situka, avec Hellen Lukoma. Il a également travaillé sur de nombreux autres films, dont Divizionz.

Carrière politique

En , Kyagulanyi annonce sa candidature lors des élections législatives dans la circonscription de Kyadondo. Sa campagne, caractérisée par le porte-à-porte, a attiré l'attention à la fois des Ougandais et des étrangers. Il remporte ensuite l’élection avec une large victoire, battant deux candidats puissants : Sitenda Sebalu du parti au pouvoir, le NRM et Apollo Kantinti du principal parti d'opposition, le FDC. Après sa victoire, il publie une lettre publique adressée au président Yoweri Museveni qui critique les politiques de jeunesse de ce dernier et qui suscite l'attention des médias et du public[3].

En 2018, Kyagulanyi acquiert une renommée internationale, défendant les droits des plus pauvres à travers son programme politique qui s'oppose directement au régime en place du président Yoweri Museveni. Le , Kyagulani est détenu par les autorités pendant son arrivée à un concert dans un club privé dans le sud de la ville de Kampala[4].

Kyagulanyi (Bobi Wine) annonce son intention de briguer la présidence en [5]. Cela vient un an après l'abolition dans la constitution de la limite d'âge de 75 ans pour des candidats aux élections présidentielles, par le Parlement d'Ouganda, ce qui permet au président Yoweri Museveni, alors 74 ans, de briguer un sixième mandat[6]. Cette réforme est critiquée par un ancien juge de la Cour suprême d'Ouganda et l'auteur même de la constitution ; Kyagulani (Bobi Wine) attire l'attention médiatique en rendant visite à ce juge peu avant sa déclaration de briguer la présidence en [7].

Devenu le porte parole de la jeunesse ougandaise et principal opposant à Museveni (parmi les 40 candidats), Kyagulani est arrêté le au lendemain du dépôt de sa candidature à la présidentielle de janvier 2021 sous le prétexte d'une violation des directives sanitaires contre la pandémie de Covid-19[8]. Son arrestation provoque d'importantes manifestations anti gouvernementales dont la répression fait plusieurs dizaines de morts[9]. Entre autres, le lauréat nobel nigérien Wole Soyinka appuya Kyagulani dans les élections[10].

Le fils du président sortant Yoweri Museveni, le lieutenant général Muhoozi Kainerugaba, qui dirige les forces spéciales, une unité de la Force de défense populaire ougandaise, a critiqué Kyagulani pour sa tenue et ses vêtements militaires, ce qui a par la suite attiré des critiques sur les réseaux sociaux pour le népotisme au sein de régime de Museveni[11].

Le résultat du scrutin est proclamé par la commission électorale, contrôlée par le régime. Elle déclare élu le président sortant, Yoweri Museveni, avec 58,6 % des voix. Robert Kyagulanyi, obtenant 34,8 % des votes, dénonce « l’élection la plus frauduleuse de l’histoire de l’Ouganda »[12].

En , Bobi Wine est grièvement blessé par balle, au niveau de la jambe, lors d'une fusillade avec les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) à l'extérieur de la capitale de Kampala[13].

En , Bobi Wine annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2026[14]. Quelques jours avant le scrutin, il est assigné à résidence. Yoweri Museveni est finalement réélu pour un septième mandat avec 71,65 % des suffrages exprimés selon les résultats officiels, contre 24,72 % pour Bobi Wine, dans un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées (avec notamment des arrestations et des enlèvements de dirigeants de l’opposition, de candidats, de partisans, de médias et d’acteurs de la société civile)[15]. Bobi Wine dénonce des fraudes lors de cette élection[15].

Le , au lendemain de l'élection présidentielle dont il est déclaré perdant, sa résidence est encerclée par les forces armées. Il réussit à s'échapper[15],[16],[17]. Wine vit caché en Ouganda pendant deux mois avant d'annoncer, en , avoir quitté l'Ouganda. Il déclare aussi toujours chercher à « promouvoir la liberté et la démocratie » en Ouganda[18].

Controverses

Au début des années 2010, Kyagulani attire la notoriété des médias occidentaux pour les propos homophobes diffusés sur les réseaux sociaux. Par exemple, pendant la visite de président américain Barack Obama en Afrique en 2013 lors des funérailles de Nelson Mandela, Kyagulani publie sur Facebook un commentaire dans lequel il critique Obama pour sa promotion de l'homosexualité en Afrique[19]. En 2014, un concert à Birmingham au Royaume-Uni est annulé en raison des propos homophobes apparaissant également dans ses chansons[20].

Notes et références

  1. Bras de fer entre Bobi Wine et Yoweri Museveni, le rappeur militant et l’ancien « freedom fighter »
  2. L'opposant ougandais Bobi Wine en appelle à la CPI
  3. (en-US) Moses Kakeeto, « Bobi Wine to M7: Ugandans have no guns, May be feeling as oppressed as you felt in 1980 » (consulté le )
  4. (en) « Ugandan police detain Bobi Wine and fire teargas at supporters »
  5. Présidentielle en Ouganda : l'opposant Bobi Wine arrêté après avoir déposé sa candidature
  6. (en) « Uganda's Bobi Wine Formally Announces Presidential Bid », sur www.voanews.com (consulté le )
  7. (en-US) Moses Kakeeto, « Justice Kanyeihamba to Bobi Wine: Keep your eyes on the prize » (consulté le )
  8. « Présidentielle en Ouganda : l'opposant Bobi Wine arrêté après avoir déposé sa candidature », sur France 24, (consulté le ).
  9. « En Ouganda, la campagne présidentielle démarre par des violences », sur Le Monde, (consulté le ).
  10. (en-US) Moses Kakeeto, « Nobel laureate Wole Soyinka on why he is backing Bobi Wine ‘am fed up with Africa’s leadership of “sick old men.” » (consulté le )
  11. (en-US) Moses Kakeeto, « Gen. Muhoozi: we are going to beat Bobi Wine very badly in the 2021 elections » (consulté le )
  12. Joan Tilouine, « Ouganda : réélu président pour la sixième fois, Museveni veut éviter toute contestation », Le Monde Afrique,‎ (lire en ligne)
  13. (en-US) Rodney Muhumuza, « Ugandan opposition figure Bobi Wine is shot and wounded in a confrontation with police » (consulté le )
  14. (en-US) « Uganda elections: Bobi Wine to run for president again » (consulté le )
  15. « Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un septième mandat dans un climat marqué par une répression et une intimidation généralisées », sur Le Monde,
  16. « Ouganda : le chef de l’opposition, Bobi Wine, dit avoir réussi à « échapper » à un raid de la police sur sa résidence », sur Le Monde,
  17. « Ouganda : le candidat de l’opposition emmené de force par l’armée au lendemain de la présidentielle », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  18. « Ouganda: l'opposant Bobi Wine annonce avoir quitté le pays », Radio France internationale, .
  19. (en-GB) Joe Morgan, « Uganda rapper that wants all gays murdered to perform in UK », sur Gay Star News, (consulté le )
  20. (en-GB) « ‘Burn the gays’ rapper axed from UK venues », sur Gay Star News, (consulté le )

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

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