Bourgogne le chapitre
| Bourgogne le chapitre | |
| Appellation(s) principale(s) | bourgogne |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | dénomination au sein d'une AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1993 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Nuits |
| Localisation | Côte-d'Or |
| Climat | océanique dégradé, à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 890 heures (à Dijon-Longvic) |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 8,66 hectares[1] |
| Superficie plantée | 5,34 ha (en 2018)[2] |
| Nombre de domaines viticoles | 0 (depuis 2019) |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] |
| Vins produits | rouges |
| Production | 260 hectolitres (en 2018)[2] |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 pieds/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 48 hl/ha en rouge[2] |
Un bourgogne le-chapitre[n 2], ou plus simplement un le-chapitre, est un vin rouge de Bourgogne. Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation d'origine contrôlée bourgogne.
Il peut être produit sur le climat Le Chapitre (47° 17′ 46″ N, 5° 00′ 00″ E) à Chenôve, à l'extrémité nord de la côte de Nuits, dans le département de la Côte-d'Or. Depuis 2019, ce climat fait aussi partie de l'aire d'appellation du marsannay ; les rares producteurs sur le lieu-dit préfèrent désormais vendre leur vin sous cette dernière appellation.
Histoire
En 653, l'évêque Léger d'Autun[n 3] lègue ses biens aux chanoines de son chapitre ; son don comprend notamment une terre familiale à Canavis villa (Chenôve), à condition qu'ils y construisent une habitation et la mettent en culture. En l'an mil, le domaine comprend un clos de 130 ouvrées (5 ha), ceinturé d'un mur de pierres sèches, ainsi que quelques parcelles dispersées sur le finage, pour un total de 220 ouvrées (9,5 ha)[5].
En , le clos du Chapitre est saisi comme bien national, puis vendu le (pour 34 500 livres tournois)[6]. En 1816, André Jullien, dans sa Topographie de tous les vignobles, ne met que deux climats de Chenôve parmi les vins rouges de sa troisième classe (avec les crus de Gevrey, Chassagne, Alox, Savigny, Blagny et Santenay) : « Chenove, à une lieu de Dijon. Les crus qui peuvent figurer dans cette classe sont, le Clos du Roi et le Chapitre ; ils donnent des vins d'une couleur foncée, d'un bon goût, très solide, et qui acquièrent en vieillissant beaucoup de qualité et un bouquet agréable ; on les assimile à ceux des secondes cuvées de Nuits. »[7].
Au cours du XIXe siècle, les vignobles de la côte dijonnaise voient leur réputation disparaître progressivement. En 1855, Jules Lavalle en fait le constat : « Comme Dijon, Chenôve a perdu peu à peu ses grands vignobles. Le gamet, à qui les bas de cette commune avaient été cédés depuis longtemps, a monté peu à peu sur le coteau, et le Clos-du-Roi lui-même est aujourd'hui son domaine. C'est à peine si on peut trouver encore sur le territoire de cette commune 10 à 12 hectares de vignes en plants fins dans les climats dits le Clos-du-Roi, les Chenevary, en Seloncourt, le Chapitre, le Bas-du-Chapitre, les Valandons »[8].

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, range Le Chapitre (6 hectares et 7,94 ares) dans sa 2e classe, aux côté d'En Sélencourt (9 ha et 79,8 a), de la moitié haute du clos du Roi (14 ha et 76,7 a) et d'une petite partie des Chenevary ; sont en 3e classe Valandons, la moitié basse du clos du Roi (12 ha et 31,6 a), la majeure partie des Chenevary et les Vignes du Piquon, pour un total de 62 hectares de « vignes en vins fins »[10].
Au XXe siècle, c'est l'urbanisation qui a raison du vignoble, les lotissements grignotant rapidement les vignes. La dénomination géographique « Le Chapitre » est officiellement créée au sein de l'appellation bourgogne le (désormais, cette mention peut être rajoutée juste à côté du nom de l'appellation, et de la même taille)[11]. Le cahier des charges de la dénomination est celui de l'appellation bourgogne, modifié dernièrement en [12], puis en [13] et en [3].
Vignoble
Aire de production
Le petit vignoble de ce lieu-dit se trouve sur l'ouest de la commune de Chenôve, au nord-ouest de l'ancien village. La surface totale de ce climat est de 8 hectares et 66,85 ares[1]. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée avant 2019 sous la dénomination variant selon l'année entre 5 et 6 ha[2].
Les auteurs anciens en faisait une partie de la côte dijonnaise[14], ou « côte de Dijon »[15] (avec les vignes de Dijon, Perrigny-lès-Dijon, Longvic, Fleurey-sur-Ouche, Corcelles-les-Monts, Lantenay, Talant, Plombières, Fontaine-lès-Dijon, etc.)[16] ; aujourd'hui on peut le décrire comme une des deux dénominations (avec le montrecul) les plus septentrionales du vignoble de la côte de Nuits.
Géologie et orographie
Le climat du Chapitre a la particularité d'être couvert d'éboulis appelés des grèzes litées[17].
Climatologie
Encépagement
Pour produire du vin rouge, l'appellation n'autorise que le pinot noir N[n 1] comme cépage principal, mais le cahier des charges autorise en cépages accessoires (limités à 15 % en assemblage) les chardonnay, pinot blanc, pinot gris, césar (limité à 10 %, uniquement dans l'Yonne), gamay (limité à 30 %, uniquement dans les crus du Beaujolais).
Pour produire du vin blanc, les cépages principaux autorisés sont le chardonnay et le pinot blanc, avec en cépage accessoire le pinot gris.
Pour produire du vin rosé, les cépages principaux sont le pinot noir et le pinot gris, avec en cépages accessoires les pinot blanc, chardonnay et césar (ce dernier uniquement dans l'Yonne)[3].
Rendements
Les rendements maximum autorisés par le cahier des charges sont de l'ordre de 58 hectolitres par hectare pour les vins rouges et rosés, et 66 hectolitres par hectare pour les vins blancs[3]. Depuis le millésime 2019, la dénomination n'est plus revendiquée[2] :
| Année | Superficie (ha) | Production (hl) | Rendement (hl/ha) |
|---|---|---|---|
| 2017 | 5,0705 | 221,1 | 43 |
| 2018 | 6,3474 | 260,74 | 48 |
| 2019 | 0 | 0 | – |
| 2020 | 0 | 0 | – |
| 2021 | 0 | 0 | – |
| 2022 | 0 | 0 | – |
| 2023 | 0 | 0 | – |
| 2024 | 0 | 0 | – |
Producteurs
La dénomination bourgogne le chapitre n'est plus produite depuis 2019, les vignerons préférant vendre ce vin sous l'appellation marsannay (certains en rajoutant le nom du climat – en plus petit – à la suite du nom de l'appellation : marsannay Le Chapitre). Auparavant, les producteurs étaient :
- domaine René Bouvier, à Gevrey-Chambertin ;
- domaine Jean Fournier, à Marsannay-la-Côte ;
- domaine Gagey (maison de négoce Louis Jadot), à Beaune ;
- domaine Sylvain Pataille, à Marsannay-la-Côte.
Notes et références
Notes
- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ Bien que la limite entre les anciens diocèse d'Autun et celui de Langres se situe entre Vougeot et Morey-Saint-Denis, le chapitre d'Autun était possessionné à Chenôve ; ses autres vignes étaient à Sampigny, Volnay, Aloxe, Échevronne et Perreuil[4]. Jusqu'en 1731 (quand Dijon obtient son évêché), l'évêque de Langres a autorité sur le Dijonnais, le Châtillonnais et le Tonnerrois.
Références
- Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne : Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Paris, Éditions de Monza & Éditions du Meurger, , 4e éd. (1re éd. 2012), 418 p. (ISBN 978-2-916231-58-7), p. 36.
- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne » », homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du .
- ↑ Jacques Madignier, « Le chapitre cathédral d’Autun du XIe au XIVe siècle », Bulletin du centre d'études médiévales Auxerre, no 11, (lire en ligne) (thèse de doctorat).
- ↑ Guillaume Grillon, Jean-Pierre Garcia et Charlotte L'Hermitte, « Les Climats et les ordres religieux » [PDF], sur vins-bourgogne.fr.
- ↑ « Bourgogne Le Chapitre », sur abcduvin.com.
- ↑ André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, suivie d'une classification générale des vins, Paris, Mme Huzard : L. Colas, , 566 p. (BNF 30667644), p. 115, lire en ligne sur Gallica
- ↑ Jules Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier, Histoire et statistique de la vigne et des grands vins de la Côte-d'Or, Paris, Dusacq, , 244 p. (BNF 30753866, lire en ligne), p. 80-81.
- ↑ Casper, Marc et Bonnamas 1861, p. 57. carte au 1/20 000, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ A. Casper et E. Marc (ill. Lucien Bonnamas), Plan statistique des vignobles produisant les grands vins de Bourgogne : classés séparément pour chaque commune de l'arrondissement de Beaune suivant le mérite des produits par les soins du comité d'agriculture de cet arrondissement, Beaune, Ed. Batault-Morot, , 50 p. (BNF 33540009), p. 49, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ « Décret n° 93-499 du 26 mars 1993 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne » », publié au JORF no 73 du .
- ↑ « Décret n° 2009-1252 du 16 octobre 2009 » relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bourgogne », « Bourgogne grand ordinaire », « Bourgogne ordinaire », « Bourgogne Passe-tout-grains » et « Bourgogne aligoté », publié au JORF no 0242 du .
- ↑ « Décret no 2011-1615 du », publié au JORF no 0272 du .
- ↑ C'est encore le cas dans l'ouvrage de Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 264 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 64.
- ↑ Raoul Mortier (dir.), Dictionnaire encyclopédique Quillet, vol. 6 : S-Z, Paris, Librairie Aristide Quillet, (BNF 31164348), p. 5033.
- ↑ Denis Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, Dijon, Victor Lagier, , 286 p. (BNF 30979367), p. 60 à 67, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Françoise Vannier-Petit, « Carte géologique de l'aire de production du marsannay » [PDF], sur vins-bourgogne.fr.
Voir aussi
Bibliographie
- Jacky Rigaux, Le réveil de la côte dijonnaise, Terres en Vues, , 61 p. (ISBN 978-2-916935-23-2).
Liens externes
- « BOURGOGNE MAPS – Atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .
Articles connexes
- Chenôve
- Pressoirs des ducs de Bourgogne
- Côte dijonnaise
- Route des Grands Crus
- Vin français bénéficiant d'une AOC
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