Côte-de-beaune-villages

Côte-de-beaune-villages
Désignation(s) Côte-de-beaune-villages
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Beaune
Localisation Côte-d'Or et Saône-et-Loire
Climat océanique à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 266 heures[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie plantée 0,48 hectare (en 2022)[2]
Cépages dominants pinot noir N[n 1]
Vins produits rouges
Production 31 hl (moyenne 2017-2021)[2]
Pieds à l'hectare minimum 9 000 pieds/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 64 hl/ha (moyenne 2017-2021)[2]

Un côte-de-beaune-villages[n 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée, qui peut être produit sur seize communes des départements de la Côte-d'Or et de Saône-et-Loire, tous dans le vignoble de la côte de Beaune.

Histoire

Jusqu'à la création des appellations d'origine, les négociants avaient l'habitude de vendre sous le nom générique de « vins de Beaune » celui des villages voisins moins réputés. Pour cet usage et pour permettre l'assemblage de plusieurs provenances, l'appellation d'origine contrôlée (AOC) « Côte de Beaune Villages » est reconnue par un des décrets du , concernant la production de tous les villages viticoles de la côte de Beaune.

Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué durant la seconde moitié du XXe siècle (apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.). Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[4]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [5], puis en [3].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Cartes de l'aire de production du côte-de-beaune-villages
partie nord
partie sud-1
partie sud-2
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Cette AOC désigne des vins rouges produits sur le territoire des communes de la côte de Beaune. Les aires parcellaires de production sont celles définies dans les cahiers des charges de chacune des appellations communales. Comme ces appellations sont bien plus prestigieuses, donc plus vendeuses, et que le cahier des charges est identique, l'appellation côte-de-beaune-villages n'est utilisée que dans le cas d'assemblage de vins provenant de plusieurs communes. Sont concernés toutes les communes de la côte de Beaune, mis à part quatre exceptions que sont Aloxe-Corton, Beaune, Pommard et Volnay, spécialisés dans la production de rouges de qualité. La récolte des raisins, la vinification, l'élaboration et l'élevage doivent être assurés sur le territoire des seize communes suivantes :

En 2022, la surface déclarée en production pour cette appellation était de seulement 48 ares[2]. En 2008, cette surface était de 2,91 ha[6].

Lieux-dits

Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 3] sur lequel le vin a été produit. Aucun de ces climats n'étant classé comme premier cru, le nom d'un de ces lieux-dits cadastrés doit être inscrit en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation[3].

Géologie et orographie

En conséquence de cet assemblage, les types de sol sur lesquels poussent les différentes vignes sont très variés.

Climatologie

Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météo de Savigny-lès-Beaune (à 237 puis à 246 mètres d'altitude : 47° 02′ 40″ N, 4° 50′ 36″ E jusqu'en 2011, puis 47° 03′ 23″ N, 4° 50′ 12″ E )[7] ci-dessous en rendent compte.

En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[8].

Relevés à Savigny-lès-Beaune de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 5,8 8 12,7 17,7 20,6 24,7 27 26 22,7 16,4 10,2 7,1 16,6
Moyenne 2,8 4 7,7 11,6 14,9 18,3 20,5 19,5 16,8 11,4 6,5 4 11,4
Minimale moyenne −1 0 2,6 5,5 9,2 13 14,7 13,9 11 7 3,4 0,9 6,8
Nombre de jours avec gel 13,6 11 7,5 2,1 0 0 0 0 0 2 6 10,6 52,8
Précipitations
Hauteur (mm) 32,5 27,1 35,8 41,2 37,8 43,3 24,3 29,5 30,4 38,8 27 38 405,7
Ensoleillement
Heures 24,3 60,3 112,5 139,1 155 162,3 164,5 182,4 144,9 73,4 29,9 17,4 1 266
Source : www.infoclimat.fr : Savigny-lès-Beaune (1991-2020)[1].
5,8
−1
32,5
20 mm
40 mm
jan.
8
0
27,1
fév.
12,7
2,6
35,8
mars
17,7
5,5
41,2
avril
20,6
9,2
37,8
mai
24,7
13
43,3
juin
27
14,7
24,3
jui.
26
13,9
29,5
août
22,7
11
30,4
sep.
16,4
7
38,8
oct.
10,2
3,4
27
nov.
7,1
0,9
38
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Pour le côte-de-beaune-villages, selon le cahier des charges, le cépage principal est le pinot noir N, qui peut être complété jusqu'à 15 % avec du chardonnay B, du pinot blanc B et du pinot gris G (appelé localement pinot beurot). Dans la pratique, le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[9] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[9].

C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[10]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[10]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque.

Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[11]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Méthodes culturales

Pied de vigne taillé en Guyot simple.

Travail manuel

Ce travail commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[12]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[12]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[12]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[12]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements

Le rendement visé par le cahier des charges est de 50 hl/ha et le rendement butoir est de 58 hl/ha[3].

Vins

Volumes

Selon le site du BIVB, la production annuelle de vin sous l'appellation côte-de-beaune-villages a été en moyenne sur la période 2017-2021 de 31 hectolitres[2] (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl). Sur la période 2003-2007, cette production était de 181 hl[6]. Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[13] :

Année Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)
2017 0,7437 36 49
2018 0,8637 43 50
2019 0,7437 18 24
2020 0,7437 14 19
2021 2,4848 42 17
2022 données confidentialisées[n 4]
2023 données confidentialisées
2024 données confidentialisées

Titre alcoométrique volumique

AOC Rouge Rouge
Titre alcoométrique volumique minimal maximal
Côte-de-beaune-villages[3] 10,5 % vol 13,5 % vol

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[12]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[12]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[12]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[12]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[12] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Gastronomie

Économie

Structure des exploitations

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[14]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Commercialisation

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (C.H.R), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S).

Producteurs de l'appellation

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom d'un vin étant un nom commun (créé par antonomase), il ne porte donc pas systématiquement une majuscule ; cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. ↑ Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
  4. ↑ Quand les statistiques concernent moins de trois opérateurs ou qu'un seul en représente l'essentiel, la DGDDI ne les publie pas pour garantir la confidentialité des données dans le cadre du RGPD.

Références

  1. « Normales et records 1991-2020 de la station de Savigny-lès-Beaune », sur infoclimat.fr.
  2. « Côte de Beaune-Villages », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
  3. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CÔTE DE BEAUNE-VILLAGES » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1584 du publié au JORF du .
  4. ↑ « Le millésime 2003 en Bourgogne », La Revue du vin de France, no 482,‎ , p. 109.
  5. ↑ « Décret n° 2009-1175 du 2 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Corton », « Corton-Charlemagne », « Charlemagne », « Côte de Beaune-Villages », « Chambertin », « Chambertin-Clos de Bèze », « Chapelle-Chambertin », « Charmes-Chambertin », « Griotte-Chambertin », « Latricières-Chambertin », « Mazis-Chambertin », « Mazoyères-Chambertin », « Ruchottes-Chambertin », « Romanée-Saint-Vivant », « Romanée-Conti », « La Romanée », « La Tâche », « Richebourg », « La Grande Rue », « Echezeaux », « Grands-Echezeaux », « Puligny-Montrachet », « Saint-Romain », « Volnay », « Vosne-Romanée » », publié au JORF no 0230 du .
  6. « Côte de Beaune villages »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) [PDF], sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
  7. ↑ « 21590001 – SAVIGNY LES BEAUNE – ROUTE DE BEAUNE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  8. ↑ Malika Madelin, Benjamin Bois et Jean-Pierre Chabin, « Modification des conditions de maturation du raisin en Bourgogne viticole liée au réchauffement climatique », EchoGéo, no 14,‎ (lire en ligne).
  9. Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12.
  10. Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur.
  11. ↑ Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 13.
  12. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  13. ↑ « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  14. ↑ Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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