Côtes-du-vivarais

Côtes-du-vivarais
Image illustrative de l’article Côtes-du-vivarais
Vignoble d'Orgnac-l'Aven.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1999
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée du Rhône
Sous-région(s) Vivarais
Localisation Ardèche et Gard
Saison deux sèches (hiver et été) et deux pluvieuses (automne et printemps)
Climat méditerranéen, avec influence montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 441 heures (à Montélimar)
Superficie plantée 145 hectares (en 2024)[1]
Cépages dominants grenache N[2], syrah N, grenache blanc B, etc.
Vins produits 59 % rouges, 28 % rosés et 12 % blancs
Production 4 552 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[loi 1]
Rendement moyen à l'hectare 31 hl/ha en rouge, 34 en rosé et 29 en blanc (en 2024)[1]

Un côtes-du-vivarais[3] est un vin français tranquille rouge, blanc ou rosé du sud-est du Massif central, couvrant neuf communes de l'Ardèche et cinq communes du Gard, sur la rive droite du Rhône, faisant face au vignoble de l'appellation grignan-les-adhémar. Il fait partie du vignoble de la vallée du Rhône méridionale.

Il bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) depuis 1999[loi 2]. Le dernier cahier des charges date du [loi 3]. Les côtes-du-vivarais sont des vins d'assemblage, avec comme cépages principaux le grenache N et la syrah N pour les vins rouges et les rosés, et le grenache blanc B pour les vins blancs, complétés éventuellement par des cépages accessoires et complémentaires[loi 1]. La production de rouge en 2020-2024 représentait 54 % du volume total de la production ; le rosé représentait 36 %, et le blanc 10 %[1].

Histoire

Antiquité et Moyen Âge

Les vins du Vivarais dans le sud-est du Massif central ont une origine assez ancienne qui remonte à l'époque romaine mais son implantation s'est réellement développée au Moyen Âge. Les chemins muletiers, dès le Moyen Âge et jusqu'à la fin du XIXe siècle, ont été utilisés pour monter le vin du bas-Vivarais vers les contrées du Gévaudan, de la Lozère et même vers les plateaux auvergnats (Le Puy). En retour, ils servaient à descendre du fourrage, de la viande, des céréales, etc. Ces axes est-ouest raccordant le Velay et le Gévaudan à la vallée du Rhône[4].

Il est à souligner que les chemins carrossables ou rouliers ne desservaient que le pied des montagnes. Pour traverser celles-ci s'imposait le portage à dos d'hommes ou de mulets. Seuls ces derniers pouvaient acheminer des charges lourdes pendant de longues heures et sur de longues distances[4].

Se substituant aux drailles, les chemins utilisés étaient parfois pavés (camin ferra, chemin ferré) et parfois taillés dans le roc. Pour économiser sur la construction de ponts, ils évitaient au maximum les vallées et couraient sur les crêtes. Ils ne desservant donc que peu de villages ou de hameaux. Leur entretien était donc très aléatoire, et la remise en état incombait aux utilisateurs et se faisait à prix d'argent[4].

Époque moderne

Vendange dans le Vivarais en 1908.

Albin Mazon, dans son ouvrage Les muletiers de Vivarais et du Gévaudan indiquait, en 1888 : « Les dernières routes muletières, par lesquelles montait le vin du Bas-Vivarais et descendaient les céréales des hauts plateaux, étaient au nombre de cinq. La plus méridionale partait des Vans et, par le Folclierand, la Rousse, Villefort et le Bleymard, arrivait à Mende. Une autre partait de Payzac et, par la Croix-de-Fer, aboutissait à Peyre, où elle se confondait avec une troisième voie venant de Joyeuse. De Peyre, la voie continuait vers Saint-Laurent-les-Bains, où l'on a trouvé la trace de thermes romains, et vers le col de la Felgère, qui est à deux pas de l'Allier et de l'antique voie Regordane. Les deux voies restantes partaient de Largentière et se dirigeaient vers le Puy : la première par Tauriers, Valgorge et Loubaresse, et la seconde par Prunet, la Souche et la Croix-de-Bauzon. Elles se rejoignaient au Bès, et de là on continuait par Saint-Elienne-de-Lugdarès, Champlonge, la Verrerie, la Chavade, la Narce, Peyrabeille, Pradelles, la Sauvetat et l'oratoire de Tareyres. C'était la grande strade publique dont le baron de Monllaur faisait hommage à l'évéque du Puy en 1295[4]. ».

Chabrot en Vivarais.

Ces chemins muletiers été supplantés par les deux grandes routes à roulage qui empruntaient la côte de Mayres, pour l'une, et la côte de la Rousse, pour l'autre. Elles furent utilisées jusqu'à la construction des chemins de fer et périclitèrent car non rentables[4].

Les vins du Vivarais, pendant longtemps ne furent que de petite qualité et servaient au coupage des vins du Midi : la production assez abondante était vendue en vrac aux grossistes ou consommée localement (« l'horrible piquette » dont parle Jean Ferrat). Les cépages nombreux et rustiques résistant bien aux maladies et au gel étaient alors économiques à produire.

Époque contemporaine

Jeune vignoble du Vivarais.

Dès la fin des années 1950 des vignerons ardéchois choisissent une politique nouvelle de production de qualité en implantant des cépages nobles et obtiennent le une appellation de vin de qualité supérieure (VDQS). Le débouché nouveau que constitue le tourisme qui se développe à l'époque en Ardèche et les incitations à la restructuration vinicole comme le « plan Chirac » de 1972 et les aides de la Communauté européenne vont permettre la transformation du vignoble du Vivarais et son amélioration qui justifieront le classement en AOC le . Le dernier cahier des charges date du [loi 3].

Vignoble

L'appellation d'origine contrôlée côtes-du-vivarais a été reconnue par le décret du [loi 2] et couvre 14 communes de l'Ardèche et du Gard, de part et d'autre des gorges de la rivière Ardèche et représente une surface de 750 hectares, dont approximativement 180 hectares sont destinés à la production de l'AOC[1]. Le premier cahier des charges[loi 4] a suivi de peu la création de l'appellation. Le dernier cahier des charges de l'appellation date de 2011 (décret du [loi 3] et cahier des charges déposé sur le site du ministère de l'Agriculture)[loi 1].

Aire de l'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation
Les côtes-du-vivarais, vignoble de la vallée du Rhône.

L'aire d'appellation concerne un total de 14 communes :

Orographie

Région de la basse Ardèche couvrant une partie des côtes-du-vivarais.
Le vignoble en terrasse de Ribes.

L'altitude est faible mais cependant variée. Les plateaux calcaires urgoniens ont assez fortement résisté à l'érosion tandis que les bandes de marnes, où s'étalent les champs de vigne ou d'arbres fruitiers, ont été déblayées par les eaux. La rivière Ardèche se développe jusqu'au Rhône, suivant une pente générale Sud-Est. Cette région présente des dépressions mollement ondulées au profil aigu. Le bassin de l'Ardèche y creuse des gorges spectaculaires. Les eaux souterraines sont nombreuses, caractéristiques des milieux karstiques: l'Aven d'Orgnac, grotte de Saint-Marcel. Les collines et plateaux (Dent de Rez 719m, plateau de Gras/Saint-Remèze ou Bois de Ronze 300 ou 400m) se rattachent géomorphologiquement aux Grands Causses.

Géologie

L'essentiel du domaine de l'appellation se trouve sur le plateau des Gras, formé d'une dalle de calcaire très dure (urgonien) sur laquelle seuls des îlots d'argiles de décalcification permettent la culture. D'autres substrats sont rencontrés localement, notamment des grès siliceux sur les contreforts des Cévennes (Vinezac), ainsi que des alluvions dans la vallée du Rhône (Saint-Montan).

Bouteilles de côtes-du-vivarais.

Climatologie

Ce terroir viticole est caractérisée par un climat chaud et sec méditerranéen. Les températures sont douces en hiver (+3 °C à +4 °C en janvier). Les vents du Nord-Est sont dominants mais ceux du Sud (vent du midi) et de l'ouest, chargés d'humidité, amènent des précipitations réparties sur un petit nombre de jours. C'est le pays de la vigne, de la garrigue, des céréales, avec quelques plantations fruitières[5].

Le climat de ce terroir est soumis à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches (une brève en hiver, une très longue et accentuée en été), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps. Les traits méditerranéens dominent nettement : été chaud, avec de longues périodes sèches, interrompues par des manifestations orageuses parfois violentes ; automne marqué par des épisodes de pluies abondantes appelés épisodes cévenols, dont le risque principal s’étend de début septembre à mi-décembre avec un maximum en octobre ; hiver en général assez sec et doux car protégé par des hautes pressions assez souvent présentes en Méditerranée et par les reliefs du Massif central à l’ouest, avec très peu de neige (mais lorsqu'elle tombe, c'est souvent sous forme de neige abondante, collante et dense qui n'en devient que plus dangereuse), printemps assez bien arrosé, surtout en avril. La durée d'insolation annuelle avoisine les 2 600 heures. Le vent du nord (mistral) peut être violent, principalement en vallée du Rhône, et occasionne des abaissements de température soudains et durables. La moyenne pluviométrique annuelle se situe autour de 900 mm (854 mm à Bourg-Saint-Andéol)[6].

La station météorologique d'Orgnac-l'Aven (à 230 mètres d'altitude : 44° 17′ 17″ N, 4° 25′ 18″ E)[7] se situe à la limite entre l'Ardèche et le Gard.

Relevé à Orgnac-l'Aven de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,7 11,2 15,4 18,4 22,7 27,2 30,2 29,8 24,6 19,1 13,4 10,1 19,3
Moyenne 5,9 6,7 10,3 13 17 21 23,7 23,4 19 14,7 9,6 6,5 14,2
Minimale moyenne 2,1 2,3 5,1 7,7 11,2 14,9 17,2 16,9 13,5 10,2 5,7 2,8 9,1
Nombre de jours avec gel 8,9 8,1 2,2 0,1 0 0 0 0 0 0,1 2,4 7,4 29,2
Précipitations
Hauteur (mm) 77,9 49,9 55,7 77,6 79,5 49 44,4 64,8 132 132 136,8 71,5 971,1
Source : Météo-France[8].
Bouteilles de côtes-du-vivarais.

Cépages autorisés

Les vins des côtes-du-vivarais sont obligatoirement composés d'assemblage de différents cépages :

  • vins rouges et rosés :
    • cépages principaux : grenache N[2] (au moins 30 % en rouge, 60-80 % en rosé) et syrah N (au moins 40 % en rouge, au moins 10 % en rosé) ;
    • cépages accessoires : cinsaut N, marselan N (moins de 10 %) ;
  • vins blancs :

Vins

La production approche 6 000 hectolitres par an pour une surface d'environ 180 hectares (en en moyenne sur les années 2020-2024). Il s'agit surtout de vins rouges (54 %) et de rosés (36 %). La production de vins blancs est quant à elle marginale (10 %)[1].

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont[1] :

Année côtes-du-vivarais rouge côtes-du-vivarais rosé côtes-du-vivarais blanc
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2020 124 3 840 31 82 2 772 34 19 741 24
2021 105 3 455 33 65 2 261 35 16 546 34
2022 102 3 117 31 63 2 201 35 15 470 31
2023 86 3 188 37 60 2 204 36 18 623 35
2024 88 2 714 31 39 1 301 34 19 537 29

Le rendement visé par le cahier des charges est de 52 hl/ha et le rendement butoir est de 60 hl/ha pour les trois couleurs[loi 1].

Types de vins et gastronomie

AOC côtes-du-vivarais rosé.

Les vins rouges présentent selon les terroirs et les vinifications des variations de robe (rouge soutenu, rouge violet) et d'arômes. Les rosés ont pour leur part une robe soutenue. Les côtes-du-vivarais constituent des vins assez charpentés qui expriment la minéralité rocailleuse des sols et les vins rouges s'associent bien avec le gibier ou les viandes rouges et les magrets de canard alors que les rosés se marient agréablement avec la cuisine méridionale[9].

Le côtes-du-vivarais blanc, très souvent élaboré sur la base d'un assemblage de roussanne et de marsanne, s'accorde parfaitement avec les poissons et les fromages. Il accompagne, en entrée, les soufflés au fromage, les mousses ou les tartares à base de fruits de mer, les soupes de poissons ; en plat principal, les volailles, les viandes blanches ou les mets à base de pommes de terre (bombine) et de salaisons ardéchoises ; les fromages comme la féta, le picodon local (Ardèche ou Drôme), le gouda et tous les chèvres ; les desserts comme les mousses de marron, les crèmes et les glaces tout parfum et les beignets[10].

Économie

Structure des exploitations

Domaine de Vigier à Lagorce.

La production est assurée très majoritairement par de petites exploitations (10-15 hectares) regroupées en caves coopératives qui vinifient et commercialisent plus de 80 % des côtes-du-vivarais. Il y a 23 caves coopératives et 70 caves indépendantes[11].

Commercialisation

La consommation se fait surtout dans l'aire régionale mais aussi par les touristes qui apprécient ces vins expressifs au coût modéré. La diffusion reste plus limitée sur le plan national mais l'exportation commence vers les pays européens proches.

Notes et références

  1. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris.
  3. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  4. Le chemin du vin de la basse Ardèche au Puy 0
  5. Conseil général de l'Ardèche
  6. Météo MC
  7. « 07168001 – ORGNAC AVEN – BRUGUIER » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  8. « Fiche 07168001 Orgnac Aven » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  9. 2000 Vins d'Ardèche // La sélection
  10. Que manger avec un côtes-du-vivarais blanc ?
  11. Les vignobles de l'Ardèche méridionale sur le site winetourisminfrance.com

Textes législatifs :

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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