Vignoble de la vallée du Rhône

Vignoble de la vallée du Rhône
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Vignoble de la vallée du Rhône.

Appellation(s) principale(s) côtes-du-rhône[note 1], châteauneuf-du-pape, crozes-hermitage, vacqueyras, saint-joseph, gigondas, etc.
Type d'appellation(s) AOC / AOP régionales et locales, IG, IGP et VSIG
Pays Drapeau de la France France
Région parente bassin viticole Vallée-du-Rhône-Provence
Sous-région(s) vallée septentrionale et vallée méridionale
Localisation Rhône, Loire, Ardèche, Gard, Drôme et Vaucluse
Climat méditerranéen avec influences montagnarde et continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
de 1 823 (Mercurol) à 2 835 heures (Carpentras)
Superficie plantée 64 467 hectares (en 2023)[1]
Nombre de domaines viticoles 7 038 exploitations, dont 2 000 sont indépendantes
Cépages dominants grenache N[note 2], syrah N, carignan N, mourvèdre N, cinsault N, grenache blanc B, viognier B, muscat à petits grains B, clairette B, roussanne B, etc.
Vins produits 74 % rouges, 14 % rosés et 12 % blancs (y compris des mousseux et vins doux naturels)
Production 2 426 215 hectolitres (en 2023)[1]
Rendement moyen à l'hectare variant selon l'appellation

Le vignoble de la vallée du Rhône est une expression désignant la région viticole française s'étendant de part et d'autre du Rhône, de Vienne au nord jusqu'à Avignon au sud, sur un total de 1 317 communes[2]. En sont habituellement exclus les vignobles bordant le fleuve plus en amont, que ce soit en France (Bugey et Savoie) comme en Suisse (Genève, Vaud et Valais).

C'est le deuxième vignoble en France[3],[4] quant au volume de production de vins d'appellation d'origine contrôlée, après le vignoble de Bordeaux. Il s'étend sur six départements : Rhône, Loire, Ardèche et Gard, sur la rive droite du Rhône, Drôme et Vaucluse, sur la rive gauche. Ces départements font partie des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Du nord au sud, ce vignoble se divise en deux ensembles d'appellations :

S'y rajoutent les vallées des affluents du Rhône, d'abord celle de la Drôme qui forme le Diois (appellations clairette de Die, crémant de Die, coteaux-de-die et châtillon-en-diois), ensuite celle entre le mont Ventoux et la rive droite du Calavon (appellation ventoux), celle entre la rive gauche du Calavon et la rive droite de la Basse-Durance, englobant le massif du Luberon (appellation luberon) et enfin une partie du Gard (appellations costières-de-nîmes et clairette de Bellegarde).

Historique

Antiquité

Par vocation la vallée du Rhône a toujours été un passage privilégié entre le monde méditerranéen et l'Europe septentrionale ou atlantique. Dès l'Antiquité, les Grecs s'infiltrent au cœur de la Gaule, où ils pratiquent des échanges commerciaux. La culture de la vigne et du vin se poursuit avec l'arrivée des Romains en 125 avant notre ère. Dès le Ier siècle, la concurrence entre les vignes reprend entre l'Italie et la Gaule narbonnaise. C'est dans ce contexte qu'il convient de dater la construction de la villa gallo-romaine du Mollard, à Donzère et les ateliers d'amphores de la région.

Les quatre tonneaux de Saint-Pierre-de-Colonzelle.

La plus importante unité viti-vinicole antique de la région, la villa du Mollard a été mise à jour au sud de Donzère. Elle s’étendait sur deux hectares. L’entrepôt des vins de 70 × 15 m contenait deux travées abritant 204 dolia disposés en six alignements ayant chacune une contenance de 1,2 hectolitre. À chaque extrémité, un grand fouloir de 18,5 m2, y étaient adjoints deux pressoirs[5]. L’exploitation, qui a été datée entre 50 et 80 de notre ère, produisait 2 500 hectolitres de vin par an. Le rendement des vignes romaines ayant été estimé à 12 hl/ha, le domaine possédait 300 hectares ce qui nécessitait le travail de 150 esclaves. Tout ou partie de sa production était expédiée par le Rhône en tonneaux, à l’exemple de la scène représentée sur la stèle de Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle (Ier siècle) toute proche. Située sur le porche d’un prieuré clunisien, elle représente le levage de quatre tonneaux et leur embarquement sur un navire marchand[5]. Ces amphores fabriquées sur place, servaient au transport des vins et des sauces de poisson. Ces découvertes archéologiques, alliées à une étude historique déjà ancienne, permettent de situer l'origine des Côtes du Rhône comme antérieure à bien d'autres régions viticoles françaises.

Les Romains créent Vienne, puis le vignoble correspondant dont la renommée était grande. Ils mettent en valeur la campagne viennoise avec d'immenses travaux de défonçage, de plantation de la vigne et de construction de murettes protégeant les terrasses. Les coteaux très accidentés de la rive droite séduisent les Romains — de la Côte Rôtie à Saint-Joseph — et s'annexent plus tard ceux de la rive gauche — Hermitage. Ils font de cette région une des plus belles de la Gaule narbonnaise. Dès le Ier siècle ils ont donné l'impulsion d'un vignoble commercial.

Moyen Âge

En 611 est fondé le monastère de Prébayon, réservée aux moniales. La charte accordée par Artemius, évêque de Vaison, à l'abbesse Rusticule, de Saint-Césaire d'Arles et compagne de la reine Radegonde, mentionne la présence de vignes dans ses domaines. C'est la plus ancienne trace écrite d'un vignoble lié à une appellation « Sablet » dans la région.

À Saint-Péray, le vignoble est attesté depuis 936. Le Cartulaire de Saint-Chaffre mentionne la donation à cette abbaye d'une villa et de ses vignes sise sous le castrum de Crussol.

Dès le XIVe siècle, installés à Avignon, les papes firent appel aux vignobles de proximité pour leurs besoins. Clément V s’installa au pied du Ventoux, à Malaucène, près de la fontaine du Groseau, où il fit planter le premier vignoble pontifical[6]. Jean XXII, le deuxième pontife avignonnais, fit bâtir le château de Châteauneuf-du-Pape. Il avait amené avec lui à Avignon des banquiers et des vignerons de Cahors dans le but de renforcer les richesses de la papauté. Les Cadurciens récupérèrent à Châteauneuf d’anciennes parcelles laissées par les templiers chassés par Philippe le Bel et plantèrent les premiers vignobles pontificaux. Au tout début, le vignoble de Châteauneuf ne fournit que quatre puis six tonneaux par an de vin papalin. Dès 1325 la production atteignit douze tonneaux. Trois ans plus tard Jean XXII pouvait partager sa récolte avec son neveu Jacques de Via, le cardinal-évêque d’Avignon. Les spécialistes ont calculé que le vignoble pontifical devait alors couvrir huit hectares[7]. Ce pape fit venir son vin nouveau de Tournon (Hermitage), des Costières (Saint-Gilles, Nîmes, Beaucaire avec son cru renommé de Cante-Perdrix), de la Côte du Rhône (Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres), du Comtat Venaissin (Carpentras), de l’État d’Avignon (Bédarrides) et de l’Enclave des Papes (Valréas). Son vin vieux provenait de Malaucène dont le vignoble fournissait chaque année sept saumées[note 3] de vin liquoreux[7].

Benoît XII, son successeur, ancra encore plus radicalement la papauté en Avignon en décidant la construction du premier palais des papes dominé par la Tour du Trouillas (du pressoir). Homme austère et sévère, il garnit sa table uniquement des vins de la rive droite du Rhône[7].

Ce fut sous le pontificat de Clément VI, en 1344, que le premier terroir connu de Châteauneuf-du-Pape fut répertorié. Il était dit Vieille Vigne (de nos jours Bois de la Vieille). Innocent VI apprécia fort le Châteauneuf autant blanc que rouge comme en témoignent les comptes de la Révérende Chambre Apostolique, au cours de son pontificat. Aux vins de ses prédécesseurs, il ajouta ceux de Pont-Saint-Esprit, Bellegarde, Rochefort-du-Gard, Villeneuve-lès-Avignon et Tavel (Prieuré de Montézargues)[8].

Urbain V donna une nouvelle impulsion au vignoble de Châteauneuf en ordonnant qu’y fut planté du raisin muscat[9]. Ce qui n’empêcha point le pontife et sa Cour de découvrir et d’apprécier le vin d’Apt lors du concile qui s’y tint en juin 1365[note 4]. De plus il donna une nouvelle impulsion au vignoble de Châteauneuf en ordonnant qu’y fut planté du raisin muscat[8].

Afin de préparer son départ à Rome, il fit passer un accord avec Marco Cornaro, le doge de Venise, pour le libre passage des vins pontificaux dans les ports vénitiens[note 5]. Ce qui lui permit, lors de son séjour italien, de 1367 à 1369, d’approvisionner la Cour romaine de vin de Saint-Gilles[note 6],[10].

Grégoire XI resta fidèle aux muscats de Beaumes-de-Venise, Velorgues et Carpentras, dans le Comtat Venaissin, continua à commander des vins d’Apt, de Saint-Gilles et de la Côte du Rhône (Laudun, Bagnols-sur-Cèze)[10]. Et lors de son retour à Rome « Les vins paraissent avoir tenu une grande place et, à la veille du départ, on s’occupa tant d’assurer le service de la bouteillerie durant le voyage, que de garnir, en prévision de l’arrivée, les caves du Vatican »[11]. Le retour de la papauté à Rome n’empêcha point les différents pontifes qui se succédèrent sur le trône de Saint-Pierre de conserver l’habitude de se fournir en vins de Provence et du Comtat Venaissin[note 7].

Période moderne

Les XVIIe et XVIIIe siècles marquent le progrès de la viticulture rhodanienne. Au XVIIe siècle, la « Côte du Rhône » est le nom d'une circonscription administrative de la Viguerie d'Uzès (département du Gard) dont les vins sont réputés. Une réglementation intervient en 1650 pour protéger leur authenticité de provenance et garantir leur qualité.

Un édit du roi de France prescrit, en 1737, que tous les fûts destinés à la vente et au transport doivent être marqués au feu par les lettres « C.D.R. ». Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que la Côte du Rhône devient les Côtes du Rhône en s'étendant aux vignobles situés sur la rive gauche du Rhône. Cette notoriété, acquise au fil des siècles, est validée par les Tribunaux de Grande Instance de Tournon et d'Uzès en 1936.

Période contemporaine

Appellations locales des côtes-du-rhônes septentrionales au Palais du vin de Courthézon

Au XXe siècle dans les années 1930, sous l'impulsion du Baron Le Roy — homme audacieux et visionnaire — cette notoriété s'accentuera et prendra forme en 1937 par la consécration de l'AOC — appellation d'origine contrôlée — côtes-du-rhône.

L'AOC, c'est la reconnaissance d'une réalité et d'une tradition rassemblant plusieurs éléments : un ou plusieurs cépages, un terroir, un savoir-faire viti-vinicole.

Un organisme officiel national, l'INAO, fixe et contrôle les règles qui garantissent que les produits d'AOC sont conformes aux critères de : production, délimitation parcellaire, cépages, méthodes culturales, récoltes, vinification. Pour avoir droit à l'AOC, un vin doit de plus être soumis obligatoirement à une analyse et à une dégustation qui contrôlent sa typicité et sa qualité.

Dans la basse vallée du Rhône, et en Provence, la production de raisin de table est également un élément caractéristique. En 1970, la production nationale était de 300 000 t, dont 54,4 % était provençaux. Parmi ceux-ci, 4/5 était concentré dans le Vaucluse, soit 40 % de la production nationale[12]. En 2025, la production française est de 46 000 t, dont 70 % provient du Sud-Est[13].

AOC, dénominations et IGP

Appellations régionales

L'appellation côtes-du-rhône, créée par un décret de 1937, se répartit sur 29 000 hectares (en 2024)[14] sur les départements du Rhône, de la Loire, de l'Ardèche, de la Drôme, du Vaucluse et du Gard.

Au sein de l'aire d'appellation du côtes-du-rhône, sont produits plusieurs appellations plus restrictives, formant ainsi une hiérarchie :

Crus des côtes du Rhône

Départements AOC des côtes du Rhône septentrionales Départements AOC des côtes du Rhône méridionales
Rhône côte-rôtie Drôme vinsobres
Loire château-grillet Vaucluse cairanne
Rhône, Loire & Ardèche condrieu Vaucluse rasteau
Ardèche & Loire saint-joseph Vaucluse gigondas
Drôme hermitage Vaucluse beaumes-de-venise
Drôme crozes-hermitage Vaucluse vacqueyras
Ardèche cornas Vaucluse châteauneuf-du-pape
Ardèche saint-péray Gard laudun
Gard lirac
Gard tavel

Auxquels s'ajoute le muscat de Beaumes-de-Venise qui n'est réglementairement pas reconnu comme un côtes-du-rhône.

Dénominations des côtes-du-rhône-villages

L'appellation côtes-du-rhône-villages, créée par un décret de 1966, concerne 95 communes de l'aire géographique des départements Ardèche, Drôme, Vaucluse et Gard, regroupés dans 21 dénominations géographiques:

Départements Dénominations
Drôme & Vaucluse puyméras
Drôme saint-maurice
Drôme saint-pantaléon-les-vignes
Drôme suze-la-rousse
Gard chusclan
Gard saint-gervais
Gard signargues
Vaucluse séguret
Vaucluse roaix
Vaucluse gadagne
Vaucluse valréas
Vaucluse visan
Vaucluse vaison-la-romaine
Vaucluse sablet
Vaucluse sainte-cécile
Vaucluse & Drôme massif-d'uchaux
Drôme nyons
Vaucluse plan-de-dieu
Drôme rochegude
Drôme rousset-les-vignes
Ardèche saint-andéol

Autres appellations

Par ailleurs, existent une série d'AOC qui ne peuvent bénéficier de l'appellation côtes-du-rhône, mais font partie intégrante du vignoble de la vallée du Rhône:

  • dans la vallée du Rhône septentrionale, les AOC du Diois : clairette de Die, crémant de Die, coteaux-de-die, châtillon-en-diois
  • dans la vallée du Rhône méridionale, les AOC sous-régionales : ventoux, lubéron, grignan-les-adhémar, côtes-du-vivarais, costieres-de-nismes, duché d'uzés et la clairette de Bellegarde.
Département AOC
Drôme clairette de Die
Drôme crémant de Die
Drôme coteaux-de-die
Drôme châtillon-en-diois
Drôme grignan-les-adhémar
Vaucluse ventoux
Vaucluse luberon
Ardèche & Gard côtes-du-vivarais
Gard clairette de Bellegarde
Gard costières-de-nîmes
Gard duché-d'uzès

IGP

En plus de ces appellations, les vignerons de la vallée du Rhône peuvent produire sous plusieurs IGP (indication géographique protégée, ex vins de pays) : méditerranée, collines-rhodaniennes, comtés-rhodaniens, ardèche, drôme, vaucluse, gard, coteaux-des-baronnies, comté-de-grignan ou coteaux-de-montélimar.

Vignoble

Le vignoble de la vallée du Rhône s'étend sur une partie de sept départements, dont quatre partagés avec d'autres bassins viticoles : le Gard (partagé avec le bassin Languedoc-Roussillon)[note 8], l'Isère (dont une seule commune, Chapareillan, est dans le vignoble de Savoie)[note 9], la Loire (partagé avec le bassin Val-de-Loire Centre)[note 10] et le Rhône (partagé avec le bassin Bourgogne Beaujolais Savoie Jura)[note 11]. Avec le vignoble de Provence, ils forment ensemble le « bassin viticole Vallée-du-Rhône Provence ».

Surfaces

À l'échelle de chacun des départements, la part des surfaces en vigne sur le total de la surface agricole utilisée varie considérablement : elle est de 8,8 % en Ardèche et dans la Drôme, mais de 44,4 % en Vaucluse, selon le recensement agricole 2020[15].

Superficies 2024 produisant du vin, en hectares[16]
Départements Vignes en AOP Vignes en IGP Vignes en VSIG Total
Ardèche 2 717 7 109 458 10 284
Drôme 13 458 2 338 448 16 244
Gard 17 948 29 547 50 141 2 646
Isère 131 86 50 268
Loire 698 317 85 1 100
Rhône 13 999 155 470 14 624
Vaucluse 34 405 9 101 1 242 44 748

Géologie et orographie

Le vignoble septentrional s’étend de Vienne à Valence au sud. Deux unités se distinguent au sein de ce vignoble. L’une se situe de Vienne à Montélimar. Ses vignes dominent le fleuve, c’est le secteur des Côtes du Rhône. L’autre se situe sur les versants face à la Drôme, c’est le secteur du Diois.

Le vignoble méridional est regroupé autour de la ville d'Orange entre Montélimar au nord et Avignon au sud. Il débute après le défilé de Donzère. Il repose sur des terroirs complexes et variés. Ce vignoble est délimité par des hauts reliefs :

  • Le plateau ardéchois avec ses garrigues à l’ouest,
  • Les chaînons subalpins des Baronnies et du Ventoux à l’est,
  • Le massif des Alpilles au sud.
  • Le Luberon au sud-est qui marque la limite avec le vignoble provençal[17].

Climatologie

Le climat est tempéré, avec des nuances : si la partie méridionale est clairement en climat méditerranéen (avec des étés arides et chauds : classe « Csa » de Koppen-Geiger), plus on va vers le nord dans la moyenne vallée du Rhône plus ces caractéristiques s'altèrent (l'ensoleillement reste bon, mais l'amplitude thermique annuelle est plus forte, avec plus de précipitations : classe « Cfa »), tandis que les contreforts du Massif central et des Alpes du Sud sont sous influence montagnarde (l'été reste chaud, avec plus d'amplitude thermique : classe « Cfb »), rajoutant de fortes précipitations à l'automne. Le vent principal est le mistral, dont la vitesse peut aller au-delà des 110 km/h. Il souffle entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne. Il souffle depuis le nord vers le sud de la vallée du Rhône. En Provence et dans le Comtat Venaissin aucun vigneron ne se plaint du mistral – même violent – car celui-ci a des avantages bénéfiques pour le vignoble. Appelé le mango-fango, le « mangeur de boue », il élimine toute humidité superflue après les orages, dégage le ciel et lui donne sa luminosité, préserve les vignes de nombre de maladies cryptogamiques et les débarrasse d'insectes parasites.

Comme ailleurs, le changement climatique est notable dans les moyennes, avec des températures en hausse, moins de jours de gel, des printemps plus doux, des canicules plus précoces, un assèchement des sols et des précipitations tombant plus souvent lors d'évènements météorologiques brutaux ; la vigne débourre plus tôt, la rendant très sensible aux quelques gelées tardives ; la maturation est trop rapide ; un stress hydrique sévère entraîne une défoliation et des petits grains ; les moûts sont très sucrés et manquent d'acidité[18]. Comme éléments d'adaptation au changement climatique, il y a le paillage, jouer sur le rognage et l'effeuillage, plus de hauteur pour le pied, une taille tardive (retarde le débourrement), l'enherbement, l'ombrage (sous des filets ou du photovoltaïque ; l'agroforesterie), l'irrigation, les vendanges nocturnes, l'acidification et/ou la désalcoolisation partielle, et le refroidissement des cuves. Sur le plus long terme, le changement d'encépagement (avec des VIFA, « variétés d'intérêt à fin d'adaptation »), le choix de sites moins exposées ou en altitude, le changement d'orientation des rangs, la diminution de la densité de plantation, ou la préparation du sol en profondeur pour avoir plus de volume d'enracinement[19].

Trois stations météorologiques permettent de rendre compte des différences climatiques : Tupin-et-Semons tout à l'amont (près de Condrieu) ; Tournon-sur-Rhône au milieu (face à Tain-l'Hermitage) ; et Avignon tout à l'aval (entourée par Tavel, Lirac et Châteauneuf-du-Pape).

Tupin-et-Semons

Le climat de Tupin-et-Semons (à 150 mètres d'altitude : 45° 28′ 18″ N, 4° 46′ 36″ E)[20] est de type océanique dégradé[21] avec des influences méditerranéennes : les étés sont chauds et ensoleillés et les hivers plutôt froids, la sensation de froid étant renforcée par la bise. Le cumul annuel moyen de précipitations a été sur la période 1971-2000 de 752 mm.

Moyennes des relevés à Tupin-et-Semons de 1978 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6,3 8,8 13 15,9 20,4 24,3 28 27 23,9 18 10,9 7,8 17
Moyenne 2,9 4,8 7,9 10,7 14,7 18,2 21,4 20,6 17,9 13,3 7,1 4,5 12
Minimale moyenne −0,4 −0,8 2,9 5,4 9 12,2 14,8 14,2 11,9 8,6 3,4 1,4 7
Nombre de jours avec gel 17,4 12,2 7,1 1 0 0 0 0 0 0,2 5,8 11,8 55,5
Précipitations
Hauteur (mm) 46,9 41,9 59,2 77,9 98,9 67,9 41,1 65,1 60,2 91,2 58,5 59 767,9
Source : www.infoclimat.fr : Tupin-et-Semons (1961-1990)[22].


Moyennes des relevés à Tupin-et-Semons de 1991 à 2008
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 7,6 9,7 15 17,8 22,4 26,3 28,6 28,3 23,3 18,2 11,6 7,7 18
Moyenne 4,5 5,7 9,6 12 16,5 20 22,2 21,9 17,8 13,8 8,1 5 13,1
Minimale moyenne 1,4 −1,6 4,2 6,3 10,5 13,8 15,8 15,6 12,2 9,5 4,6 2,2 8,1
Nombre de jours avec gel 11,5 10,9 4,5 0,5 0 0 0 0 0 0,5 4,5 9,4 41,8
Précipitations
Hauteur (mm) 52,9 40,7 49,7 73,6 82,6 71,9 53,5 60,9 94 104,8 103,1 52,2 839,8
Source : www.infoclimat.fr : Tupin-et-Semons (1991-2008)[23].
7,6
1,4
52,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
9,7
−1,6
40,7
fév.
15
4,2
49,7
mars
17,8
6,3
73,6
avril
22,4
10,5
82,6
mai
26,3
13,8
71,9
juin
28,6
15,8
53,5
jui.
28,3
15,6
60,9
août
23,3
12,2
94
sep.
18,2
9,5
104,8
oct.
11,6
4,6
103,1
nov.
7,7
2,2
52,2
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Tournon-sur-Rhône

Tournon-sur-Rhône (station à 123 mètres d'altitude : 45° 04′ N, 4° 51′ E) bénéficie d'un climat dont la principale caractéristique est un vent quasi permanent qui souffle et assèche l'air le long du couloir rhodanien. Nommé mistral lorsqu'il vient du nord, il apporte beau temps et fraîcheur en été, mais une impression de froid glacial en hiver. Lorsqu'il provient du sud, il annonce généralement l'arrivée de perturbations orageuses. Il s'appelle alors « le vent du midi » ou « le vent des fous » car, pour certaines personnes, il rend l'atmosphère pénible à supporter, surtout en été.

À partir de cette latitude, l'influence du climat méditerranéen se fait directement sentir. L'ensoleillement annuel est élevé (environ 2 400 heures à Valence (estimation de Météofrance). Les étés y sont chauds et secs. La température moyenne du mois de juillet est de 21,5 °C (Montélimar 23 °C). Les hivers froids sans excès s'inscrivent plutôt dans un climat de type semi-continental dégradé. La température moyenne du mois le plus froid (janvier) est ainsi de 3,5 °C. La pluviométrie annuelle est modérée : environ 430 mm. Les pluies sont particulièrement importantes à la fin de l'été (particulièrement en septembre à cause des épisodes cévenols ou orages cévenols qui déversent des trombes d'eau).

Moyennes des relevés à Tournon de 1961 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6 8 12 15 20 23 26 26 22 17 10 6 15,9
Moyenne 3,5 4 7 8,5 14,5 17,5 21,5 21,3 16,5 12,5 6,5 3,5 11,1
Minimale moyenne −1 0 2 4 9 12 14 14 11 8 3 1 6,4
Précipitations
Hauteur (mm) 42,7 34,7 39,5 61,8 63,9 44,4 42,3 43,6 70,9 78,6 63,2 43,5 431,5
Source : « Données de Tournon 1961 à 1990 », sur meteo.msn.com.


Moyennes des relevés à Tournon de 2015 à 2025
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 8,9 12,2 15,4 19 22,5 28,3 30,5 30,4 25,5 20 12,8 9,8 19,6
Moyenne 6 8,3 10,8 13,9 17,4 22 24,3 24,2 20,2 15,7 9,6 6,9 15
Minimale moyenne 3,3 4,5 6,1 9 12,6 17,3 18,9 18,7 15 11,5 6,8 4,1 10,7
Nombre de jours avec gel 5,4 3,3 1,8 0 0 0 0 0 0 0 1 4 15,5
Précipitations
Hauteur (mm) 36,4 29,9 61,8 53,1 74,3 55,9 59,9 49,9 58,5 139,7 76,4 62 757,7
Ensoleillement
Heures 66,8 107,2 148,1 178 186,5 207,2 253,2 237,5 200,1 140,4 70,1 65,1 1 860,2
Source : www.infoclimat.fr : Tournon (2015-2025)[24].
8,9
3,3
36,4
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
12,2
4,5
29,9
fév.
15,4
6,1
61,8
mars
19
9
53,1
avril
22,5
12,6
74,3
mai
28,3
17,3
55,9
juin
30,5
18,9
59,9
jui.
30,4
18,7
49,9
août
25,5
15
58,5
sep.
20
11,5
139,7
oct.
12,8
6,8
76,4
nov.
9,8
4,1
62
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Avignon

Avignon, ville située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[25].

Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à 2,5 litres par mètre carré est de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de 660 litres par mètre carré. Les températures moyennes oscillent entre 0 et 30 °C selon la saison. Le record de température depuis l'existence de la station de l'INRA est de 40,5 °C lors de la canicule européenne de 2003 le 5 août (et 39,8 °C le ). Les relevés météorologiques ont lieu à l'Agroparc d'Avignon (à 32 mètres d'altitude : 43° 55′ N, 4° 53′ E).

Moyennes des relevés à Avignon de 1961 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,5 11,4 14,4 17,7 22 25,7 29 28,1 24,7 19,6 13,4 9,7 18,8
Moyenne 5,5 7 9,4 12,4 16,3 20 22,9 22,1 19,2 14,6 9,2 5,9 13,7
Minimale moyenne 1,4 2,7 4,5 7,1 10,6 14,3 16,8 16,1 13,6 9,6 5 2,1 8,6
Nombre de jours avec gel 11,6 7,2 3,3 0,3 0 0 0 0 0 0,1 3,5 10,6 36,6
Précipitations
Hauteur (mm) 45,6 55,9 51 57,7 57,2 44,5 28,1 51,6 64,7 97,3 58 52,3 663,9
Source : www.infoclimat.fr : Avignon-INRA (1961-1990)[26].


Moyennes des relevés à Avignon de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 10,7 12,2 16,4 19,5 23,8 28,3 31,3 30,9 25,8 20,6 14,5 11 20,4
Moyenne 6,5 7,5 11 13,7 17,8 22 24,7 24,4 20 15,8 10,5 7,1 15,1
Minimale moyenne 2,4 2,7 5,5 8 11,8 15,8 18,2 17,8 14,3 10,9 6,4 3,1 9,7
Nombre de jours avec gel 9,2 7,1 2 0,1 0 0 0 0 0 0,1 2 7,9 28,4
Précipitations
Hauteur (mm) 52,3 36,7 37,1 64,3 55,6 39 29,4 38,4 100,2 89,9 94,1 42,7 679,7
Source : www.infoclimat.fr : Avignon-INRA (1991-2020)[27].
10,7
2,4
52,3
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
12,2
2,7
36,7
fév.
16,4
5,5
37,1
mars
19,5
8
64,3
avril
23,8
11,8
55,6
mai
28,3
15,8
39
juin
31,3
18,2
29,4
jui.
30,9
17,8
38,4
août
25,8
14,3
100,2
sep.
20,6
10,9
89,9
oct.
14,5
6,4
94,1
nov.
11
3,1
42,7
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Le cahier des charges de chaque appellation précise quels sont les cépages autorisés pour produire le vin. Par exemple l'appellation régionale côtes-du-rhône autorise l'utilisation d'un total de 32 cépages, trois à titre principal pour produire du rouge (le grenache N[note 2], le mourvèdre N et la syrah N), les autres à titre accessoire[28]. Comme autre exemple on peut prendre l'appellation muscat de Beaumes-de-Venise, qui ne peut être produit qu'avec le muscat à petits grains B pour le VDN blanc, ou la variété rouge pour le VDN rosé (en assemblage) ou rouge[29].

Depuis 2024, se sont rajoutées les « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (les VIFA, limitées à 5 % de l'encépagement) dans les appellations côtes-du-rhône et côtes-du-rhône-villages : le carignan blanc (de) B, le floréal (de) B, le rolle B et le vidoc (de) N.

Dans la pratique, l'encépagement pour produire du rouge en 2023 était constitué principalement du grenache N (35 671 hectares sur un total de 64 467), de la syrah (23 518 ha), du carignan N (4 104 ha), du mourvèdre (2 871 ha) et du cinsault (2 215 ha) ; pour le blanc, du grenache B (2 060 ha), du viognier B (1 549 ha), du muscat à petits grains B (1 480 ha), de la clairette B (1 336 ha) et de la roussanne B (1 164 ha)[1].

Vins

Le volume produit en 2023 sous l'ensemble des AOC de la vallée du Rhône (sans compter les IGP et les VSIG) est de 2 426 215 hectolitres, dont 1 798 823 hl de rouge (74 %), 329 839 hl de rosé (14 %) et 297 553 hl de blanc (12 %)[1].

Vinification

C'est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) et à l'élaboration du vin. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).

En rouge

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation ait commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[30].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[30]. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[31].

En blanc

Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[32].

L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évités par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[32]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toute particule en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20° et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[33].

En rosé

La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. La première se fait par saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - entre 20 et 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. La seconde est le pressurage. Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[33]. La troisième méthode implique une courte macération à froid. Puis sont assemblés jus de goutte (première méthode) et jus de presse (seconde méthode). Obtenu par ses trois types de vinification, où la maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[34].

Des vins effervescents

La vinification des vins effervescents (champagne, mousseux, crémant) a pour but de permettre d'embouteiller un vin dont les sucres et les levures vont déclencher une seconde fermentation en bouteilles. Celle-ci et son bouchon doivent pouvoir résister au gaz carbonique qui se forme sous pression. C'est lui au débouchage qui provoquera la formation de mousse[35].

On utilise un vin tranquille auquel est ajoutée une liqueur de tirage, constituée de levures, d'adjuvants de remuage (pour faciliter la récupération et l'éjection du dépôt au dégorgement) et de sucre (de 15 à 24 g/l) selon la pression finalement désirée. La bouteille est rebouchée hermétiquement et déposée sur des clayettes afin que les levures transforment le sucre en alcool et en gaz carbonique[36].

Des vins doux naturels

La vinification des vins doux naturel se fait à partir de moûts de raisins frais auxquels est rajouté de l'alcool. C'est le mutage. Il doit être fait pendant la fermentation pour obtenir des vins doux naturels. Avec cette façon de procéder, les vins sont d'une grande richesse alcoolique (15° acquis minimum) et d'un fort taux de sucre[37].

Titre alcoométrique volumique

Les titres alcoométriques volumiques (TAV) sont exprimés en pour cent volume (ou : % vol). Ce sont les degrés du vin.

Types de vins

  • Rouges
  • Blancs
  • Rosés
  • Effervescents
  • Vins doux naturels

Millésimes

Ils sont notés : année exceptionnelle Article de qualité, grande année Bon article, bonne année ***, année moyenne **, année médiocre *.

Décennie 2010
2019 2018 2017 2016 2015 2014 2013 2012 2011 2010
Caractéristiques Bon article Bon article Bon article Bon article Article de qualité ** ** Bon article *** Article de qualité
Décennie 2000
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Caractéristiques Article de qualité *** *** Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Bon article
Décennie 1990
1999 1998 1997 1996 1995 1994 1993 1992 1991 1990
Caractéristiques *** *** ** *** Bon article ** ** ** *** Article de qualité
Décennie 1980
1989 1988 1987 1986 1985 1984 1983 1982 1981 1980
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Bon article *** Article de qualité ** Bon article *** Bon article Article de qualité
Décennie 1970
1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 19722 1971 1970
Caractéristiques Bon article Article de qualité Bon article ** *** Bon article *** ** ** Article de qualité
Décennie 1960
1969 1968 1967 1966 1965 1964 1963 1962 1961 1960
Caractéristiques ** * Article de qualité Article de qualité *** *** ** ** *** Article de qualité
Décennie 1950
1959 1958 1957 1956 1955 1954 1953 1952 1951 1950
Caractéristiques Bon article Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Article de qualité ** Article de qualité
Décennie 1940
1949 1948 1947 1946 1945 1944 1943 1942 1941 1940
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Article de qualité Bon article Article de qualité ** Article de qualité Bon article ** **
Décennie 1930
1939 1938 1937 1936 1935 1934 1933 1932 1931 1930
Caractéristiques * Bon article Bon article *** ** Article de qualité Article de qualité ** ** **
Décennie 1920
1929 1928 1927 1926 1925 1924 1923 1922 1921 1920
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité ** Bon article ** Bon article Bon article ** Bon article Bon article
Sources : Yves Renouil (sous la direction), Dictionnaire du vin, Éd. Féret et fils, Bordeaux, 1962 ; Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, Les millésimes de la vallée du Rhône & Les grands millésimes de la vallée du Rhône

Soit sur 90 ans, 24 années exceptionnelles, 26 grandes années, 16 bonnes années, 22 années moyennes et 2 années médiocres.

Gastronomie

Économie

Il y a un total de 7 038 exploitations produisant en 2023 une AOC de la vallée du Rhône (en comptant les non-professionnels et les non-spécialisés, mais sans compter celles produisant que des IGP ou VSIG)[1].

Commercialisation

En dépit d'une conjoncture économique mondiale difficile, les ventes se maintiennent à un niveau élevé[38]. Il a été commercialisé 376 millions de bouteilles de vins de la Vallée du Rhône. Toutes appellations confondues, la production a mis en marché[39] :

Metteurs en marché Valeur (en %) Volumes (hL)
Caves coopératives 63,2 2 130 441
Producteurs indépendants 33,8 1 138 665
Négociants-vinificateurs 2,9 99 369

Dans ce cadre les ventes sont assurées par trois grands secteurs[39] :

Secteurs Valeur (en %) Nombre de bouteilles
(en millions de cols)
Embouteillage régional (négoce ou union de caves) 40 168
Commercialisation directe par les producteurs 33 138
Embouteillage extra-régional 27 113

Le marché intérieur

Sur le marché français la demande reste forte avec 75, 8 % des ventes, soit 282 millions de bouteilles commercialisées. La restauration absorbe 47 millions de cols, soit 14, 7 %, tandis que la consommation par ménage représente 271 millions, soit 85, 3 % des ventes. Les principaux secteurs de distributions sont[39] :

Distribution Valeur (%) Nombre de bouteilles
(en millions de cols)
Grande et moyenne distribution (GMS) 69 187
Magasins spécialisés et autres circuits 16 43
Vente directe par les producteurs 15 41

L'exportation

Ce marché absorbe 24,2 % des ventes soit 101 millions de bouteilles. L'Union européenne reste le plus important client avec une demande qui dépasse 50 %. Les principaux pays acheteurs sont[39] :

Pays Valeur (en %)[40]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 24
Drapeau des États-Unis États-Unis 19
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 11
Drapeau de la Belgique Belgique 11
Drapeau du Canada Canada 8
Drapeau du Danemark Danemark 6
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 6
Drapeau de la Suisse Suisse 6
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 5
Drapeau du Japon Japon 3
Drapeau de la Suède Suède 3
Drapeau de la Norvège Norvège 3
Autres pays exportateurs 11

Hiérarchie des prix

Le prix de vente des vignes ayant droit à l'appellation régionale côtes-du-rhône est officiellement en 2023 dans la Drôme de 15 000 euros l'hectare en moyenne (variant entre 10 000 et 18 000 €) ; c'est un peu plus cher pour la même appellation dans le Vaucluse avec 23 000 €/ha (entre 16 000 et 28 000 €). Les prix sont du même ordre pour les AOC voisines que sont les grignan-les-adhémar (14 000), costières-de-nîmes (15 000), côtes-du-vivarais (17 000), côtes-du-rhône-villages (18 000 ; 20 000 pour une dénomination) et luberon (24 000 €/ha).

Par contre, les prix s'envolent quand il est question des crus des côtes du Rhône : 40 000 € pour l'hectare de vigne produisant du lirac et du vinsobres, 55 000 pour le muscat de Beaumes-de-Venise, 60 000 pour le tavel, 75 000 pour le cairanne, 80 000 pour le beaumes-de-venise et le rasteau, 100 000 pour le vacqueyras, 140 000 pour le saint-joseph, 150 000 pour le crozes-hermitage, 215 000 pour le gigondas, 500 000 pour le cornas, 510 000 pour le châteauneuf-du-pape et 1 250 000 pour le côte-rôtie[41].

Pour une comparaison entre les appellations, on peut aussi prendre le cours moyen des vins en vrac (à l'hectolitre) servant officiellement au calcul des fermages (la valeur locative) :

  • Rhône :
    • 880 €/hl pour du condrieu ;
    • 1 357 €/hl pour du côte-rôtie[42] ;
  • Loire :
    • 116 €/hl pour du côtes-du-rhône ;
    • 694 €/hl pour du saint-joseph ;
    • 1 350 €/hl pour du condrieu[43] ;
  • Ardèche :
    • 38 €/hl pour du VSIG ;
    • 57 €/hl pour de l'IGP ;
    • 71 €/hl pour du côtes-du-vivarais ;
    • 80 €/hl pour du côte-du-rhône ;
    • 170 €/hl pour de l'IGP en viognier ;
    • 230 €/hl pour du saint-péray ;
    • 431 €/hl pour du saint-joseph ;
    • 737 €/hl pour du cornas ;
    • 979 €/hl pour du condrieu[44] ;
  • Drôme :
    • 43 €/hl pour du VSIG ;
    • 69 €/hl pour de l'IGP ;
    • 87 €/hl pour du grignan-les-adhémar ;
    • 94 €/hl de côtes-du-rhône ;
    • 141 €/hl pour du côtes-du-rhône-villages ;
    • 455 €/hl pour du crozes-hermitage[45] ;
  • Vaucluse :
    • 35 €/hl pour du ventoux ou du luberon ;
    • 60 €/hl pour du côtes-du-rhône ;
    • 90 €/hl pour du côtes-du-rhône-villages ;
    • 130 €/hl pour du côtes-du-rhône-villages + dénomination ;
    • 160 €/hl pour du cairanne ;
    • 165 €/hl pour du muscat de Beaumes-de-Venise ;
    • 190 €/hl pour du beaumes-de-venise ;
    • 200 €/hl pour du rasteau ;
    • 232 €/hl pour du vacqueyras ;
    • 454 €/hl pour du gigondas ;
    • 634 €/hl pour du châteauneuf-du-pape[46] ;
  • Gard :
    • 34 €/hl pour du VSIG ;
    • 39 €/hl pour de l'IGP ;
    • 50 €/hl pour du coteaux-du-vivarais ;
    • 64 €/hl pour du côtes-du-rhône, du côtes-du-rhône-villages, ou du costières-de-nîmes ;
    • 134 €/hl pour du lirac ;
    • 180 €/hl pour du tavel[47].

Les prix dans le commerce sont évidemment bien plus élevés, variant considérablement en fonction du nom du producteur.

Œnotourisme

Vinothèque des vins de la vallée du Rhône au palais des papes d'Avignon

L'œnotourisme recouvre de nombreuses activités de découverte : dégustation des vins, visite de caves, rencontre avec les propriétaires, découverte des métiers et techniques de la vigne, connaissance des cépages, des terroirs, des appellations, de la gastronomie locale. À cet aspect festif s'ajoutent les activités sportives et de loisirs : promenades et randonnées dans les vignobles.

Caveaux

Pour les touristes, une charte de qualité des caveaux de dégustation a été mise en place dans la vallée du Rhône pour l'ensemble des vignobles par Inter Rhône[48]. Elle propose trois catégories différentes d'accueil en fonction des prestations offertes par les caves[49].

La première - dite accueil de qualité - définit les conditions de cet accueil. Un panneau à l'entrée doit signaler que celui-ci est adhérent à la charte. Ce qui exige que ses abords soient en parfait état et entretenus et qu'il dispose d'un parking proche. L'intérieur du caveau doit disposer d'un sanitaire et d'un point d'eau, les visiteurs peuvent s'asseoir et ils ont de plus l'assurance que locaux et ensemble du matériel utilisé sont d'une propreté irréprochable (sols, table de dégustation, crachoirs, verres)[48].

L'achat de vin à l'issue de la dégustation n'est jamais obligatoire. Celle-ci s'est faite dans des verres de qualité (minimum INAO). Les vins ont été servis à température idéale et les enfants se sont vu proposer des jus de fruits ou des jus de raisin. Outre l'affichage de ses horaires et des permanences, le caveau dispose de fiches techniques sur les vins, affiche les prix et offre des brochures touristiques sur l'appellation[48].

La seconde - dite accueil de service - précise que le caveau est ouvert cinq jours sur sept toute l'année et six jours sur sept de juin à septembre. La dégustation se fait dans des verres cristallins voire en cristal. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il est chauffé l'hiver et frais l'été, de plus il dispose d'un éclairage satisfaisant (néons interdits). Sa décoration est en relation avec la vigne et le vin, une carte de l'appellation est affichée. Il dispose d'un site internet et fournit à sa clientèle des informations sur la gastronomie et les produits agroalimentaires locaux, les lieux touristiques et les autres caveaux adhérant à la charte. Des plus les fiches techniques sur les vins proposés sont disponibles en anglais[50].

La troisième - dite accueil d'excellence - propose d'autres services dont la mise en relation avec d'autres caveaux, la réservation de restaurants ou d'hébergements. Le caveau assure l'expédition en France pour un minimum de vingt-quatre bouteilles. Il dispose d'un site Internet en version anglaise et le personnel d'accueil parle au moins l'anglais[51].

Fêtes du vin

Les fêtes de la vigne et du vin en basse vallée du Rhône *
Domaine Pratiques festives
Lieu d'inventaire Vaucluse
Gard
Rhône
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

Les fêtes de la vigne et du vin en vallée du Rhône sont des festivités inscrites à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019[52].

Notes et références

Notes

  1. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris.
  3. ↑ Une saumée correspondait à 110 litres.
  4. ↑ Ce fut le que Jean XXII acheta à Giraud Amic de Sabran son vignoble de Séoule (aujourd’hui Sylla), sur le terroir de Saint-Saturnin d’Apt. Après le concile qui se tint à Apt en , Urbain V se rendit dans cette cité où était enterré son parrain Elzéar de Sabran. Le pontife, accompagné des cardinaux limousins Hugues de Saint-Martial et Pierre Roger de Beaufort, découvrit et apprécia le vin de Séoule et les confitures sèches d’Apt.
  5. ↑ Le doge se vit remettre le bref pontifical par le légat Androin de la Roche. Pour préparer le retour du pape, le cardinal demanda à Marco Cornero le libre passage dans tous les ports de la Sérénissime République d’un convoi de deux cents amphores de vin devant transiter par les marches d’Ancône. Les nefs étaient jaugées par amphore et vingt amphores correspondaient à environ douze tonneaux métriques.
  6. ↑ Le vin de Saint-Gilles, à l’égal de celui de Beaune, touchait le cœur des cardinaux, ces oiseaux blancs à large gorge d’Avignon, engloutisseurs de vin. Les archives d’Arles possèdent une commande de la Cour pontificale pour l’année 1369 concernant des vins de Beaune et de Saint-Gilles, des plants de vigne et des… harengs. Cf. L. Stouff, La table provençale : boire et manger en Provence à la fin du Moyen Âge, Avignon, 1996. Le vignoble de Saint-Gilles en Languedoc appartenait alors au Grand Prieuré des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dont Juan Fernandez de Heredia avait la charge. Il devait sa célébrité à un seul cépage, le mourvèdre, dit d’ailleurs plant de Saint-Gilles. Il donnait des vins rouges de qualité équivalente à ceux de Beaune.
  7. ↑ En 1654, Honoré Bouche, dans sa Chorographie de la Provence signalait que parmi les vins bus au Vatican : « Il y en a de blancs, de rouges, de paillets, de clairets, de muscat, de malvoisie, et tous extrêmement bons, forts et généreux, dont les uns sont portés en divers endroits de France et d’Italie, et j’ai vu à Rome qu’on conservait quelques pièces de vin provençal, comme le meilleur pour la table du Saint-Père ».
  8. ↑ Le Gard rhodanien, c'est-à-dire la partie du Gard intégrée au vignoble de la vallée du Rhône, est composé des communes suivantes : Aiguèze, Aimargues, Aramon, Argilliers, Aubord, Bagnols-sur-Cèze, Beaucaire, Beauvoisin, Bellegarde, Belvézet, Bernis, Bezouce, Bouillargues, Cabrières, Caissargues, Carsan, Castillon-du-Gard, Cavillargues, Chusclan, Codognan, Codolet, Collias, Comps, Connaux, Cornillon, Domazan, Estézargues, Fons-sur-Lussan, Fontarèches, Fournès, Fourques, Gallargues-le-Montueux, Garons, Gaujac, Générac, Goudargues, Issirac, Jonquières-Saint-Vincent, La Bastide-d'Engras, La Bruguière, La Roque-sur-Cèze, Laudun-l'Ardoise, Laval-Saint-Roman, Le Cailar, Lédenon, Le Garn, Le Pin, Les Angles, Lirac, Lussan, Manduel, Marguerittes, Meynes, Milhaud, Montclus, Montfaucon, Montfrin, Mus, Nîmes, Orsan, Pont-Saint-Esprit, Pougnadoresse, Poulx, Pouzilhac, Pujaut, Redessan, Remoulins, Rochefort-du-Gard, Rodilhan, Roquemaure, Sabran, Saint-Alexandre, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-André-d'Olérargues, Saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Christol-de-Rodières, Saint-Étienne-des-Sorts, Saint-Geniès-de-Comolas, Saint-Gervais, Saint-Gervasy, Saint-Gilles, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saint-Julien-de-Peyrolas, Saint-Laurent-de-Carnols, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Laurent-la-Vernède, Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire, Saint-Paulet-de-Caisson, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Pons-la-Calm, Saint-Victor-la-Coste, Salazac, Sauveterre, Saze, Sernhac, Tavel, Théziers, Tresques, Uchaud, Vallabrègues, Vallérargues, Valliguières, Vauvert, Vénéjan, Verfeuil, Vergèze, Vers-Pont-du-Gard, Vestric-et-Candiac et Villeneuve-lès-Avignon.
  9. ↑ La partie de l'Isère intégrée au vignoble de la vallée du Rhône correspond aux communes suivantes : Agnin, Anjou, Assieu, Auberives-sur-Varèze, Bougé-Chambalud, Chanas, Chasse-sur-Rhône, Cheyssieu, Chonas-l'Amballan, Chuzelles, Clonas-sur-Varèze, Estrablin, Eyzin-Pinet, Jardin, La Chapelle-de-Surieu, Le Péage-de-Roussillon, Les Côtes-d'Arey, Les Roches-de-Condrieu, Luzinay, Moidieu-Détourbe, Pont-Évêque, Reventin-Vaugris, Roussillon, Sablons, Saint-Alban-du-Rhône, Saint-Clair-du-Rhône, Saint-Lattier, Saint-Maurice-l'Exil, Saint-Prim, Saint-Romain-de-Surieu, Saint-Sorlin-de-Vienne, Salaise-sur-Sanne, Septème, Serpaize, Seyssuel, Sonnay, Vernioz, Vienne, Ville-sous-Anjou et Villette-de-Vienne.
  10. ↑ La partie de la Loire intégrée au vignoble de la vallée du Rhône est composée des communes suivantes : Bessey, Cellieu, Chagnon, Châteauneuf, Chavanay, Chuyer, Dargoire, Genilac, La Chapelle-Villars, Lupé, Maclas, Malleval, Pélussin, Roisey, Saint-Appolinard, Saint-Joseph, Saint-Martin-la-Plaine, Saint-Michel-sur-Rhône, Saint-Pierre-de-Bœuf, Tartaras, Véranne et Vérin.
  11. ↑ La partie du Rhône intégrée au vignoble de la vallée du Rhône correspond aux communes suivantes : Ampuis, Beauvallon (commune déléguée de Saint-Jean-de-Touslas), Chabanière, Condrieu, Échalas, Les Haies, Loire-sur-Rhône, Longes, Rontalon, Saint-Cyr-sur-le-Rhône, Saint-Romain-en-Gal, Sainte-Colombe, Soucieu-en-Jarrest, Trèves et Tupin-et-Semons.

Références

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Annexes

Bibliographie

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Liens externes

Articles connexes

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