Centenarium

Centenarium
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Statut

Un centenarium (au pluriel centenaria) est un type de ferme fortifiée de la Rome antique[1],[2], dotée d'installations agricoles et gardée par des Limitanei, située dans le Limes Tripolitanus (limes de la Libye romaine)[3]. Le Limes Tripolitanus comptait plus de 2 000 de ces fortifications, reliées entre elles pour former un système défensif contre les raids des tribus du désert[4].

Vestiges du centenarium de Suq al-Awty.

Il pourrait y avoir un lien étymologique avec les fermes fortifiées locales appelées gasr (en), fermes fortifiées de l'arrière-pays de Tripolitaine, construites et utilisées entre le Ier siècle av. J.-C. et la conquête musulmane du Maghreb (647-709) ; et même avec le ksar, village fortifié d'architecture berbère que l'on trouve en Afrique du Nord[5]. Son nom latin provient probablement du fait que cent hommes (cent en latin se dit centum) travaillaient dans chaque ferme fortifiée, sous le commandement d'un ancien centurion[6].

Historique

Les premiers centenaria sont construits sous le règne de Trajan (98-117) et lors de l'expansion de la Libye romaine et de l'Afrique proconsulaire sous Septime Sévère (193-211), lorsque le Limes Tripolitanus est établi[7], pour réprimer les troubles parmi les tribus locales et développer des villes.

Gasr Banat.

À partir de la dissolution de la Legio III Augusta vers 238 apr. J.-C., les légionnaires construisent environ 2 000 centenaria dans les environs de Leptis Magna et de Sabratha. On en trouve encore des exemples comme centenarium de Tibubuci en Tunisie, Centenarium Gasr Duib et Gasr Banat en Libye. En effet, Leptis Magna, principale ville de la Tripolitaine romaine, prospère surtout grâce à la lutte de Rome contre les bandits qui pillent la campagne. Le système de production des centenaria, basé sur des Berbères autochtones partiellement latinisés et souvent même christianisés, connaît un grand succès et fonctionne très bien jusqu'à l'époque byzantine.

Les centenaria restent en usage pendant plusieurs siècles après la conquête arabe de l'Afrique du Nord dans la seconde moitié du VIIe siècle, jusqu'à l'effondrement du système au XIe siècle.

Références

  1. Jean-Pierre Callu, « Le centenarium et l'enrichissement monétaire au Bas-Empire », Ktèma, no 3,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. (en) Massimiliano Munzi, Giancarlo Schirru (de) et Ignazio Tantillo, « Centenarium », Libyan Studies, vol. 45,‎ , p. 49-64 (ISSN 0263-7189, DOI 10.1017/lis.2014.10, lire en ligne, consulté le ).
  3. (en) David K. Mattingly, Tripolitania, Londres, B. T. Batsford, , 265 p. (ISBN 978-0-7134-5742-1).
  4. (en) G. W. Clarke, « Barbarian Disturbances in North Africa in the Mid-Third Century », Antichthon, no 4,‎ , p. 78–85 (ISSN 0066-4774).
  5. « Entrée "ksar" dans le dictionnaire de langue française », sur Éditions Larousse (consulté le ) : « 
    Nom masculin
    (arabe qşar, pluriel qşur)
    Village fortifié de l'Afrique du Nord pré-saharienne, le long des oueds, au débouché des torrents montagnards. »
  6. (en) G. Barker, Farming the Desert : The UNESCO Libyan Valleys Archaeological Survey, Paris, Unesco, .
  7. « Frontières de l'Empire romain : Limes du Sud tunisien », sur Unesco (consulté le ).
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