Centenarium Gasr Duib

Centenarium de Gasr Duib
Plan du rez-de-chaussée de Gasr Duib
Période d'activité
milieu du IIIe siècle au début du Ve siècle
Localité moderne
Unité présente
Dimension du fort
0,02 ha
Coordonnées
31° 39′ 09″ N, 12° 28′ 03″ E
Localisation sur la carte de Libye
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Le centenarium Gasr Duib est un ancien fortin romain de l'Antiquité tardive dont le site archéologique se trouve sur le territoire du district de Al Djabal al Gharbi, Tripolitaine en Libye[1],[2].

Historique

Limes Tripolitanus.

La garnison de ce burgus (en), qui servait de résidence et de tour du guet, était chargée de la sécurité et de la surveillance du Limes Tentheitanus, une section du Limes Tripolitanus[3] située dans la province d'Afrique proconsulaire, devenue plus tard la Tripolitaine[4]. Les fortifications frontalières formaient ici un système complexe de forts et de postes militaires. Les vestiges archéologiques se trouvent à environ 39 km au sud-ouest de la ville d'az-Zintan et à environ 28 km à l'ouest de l'oasis de Wames.

Gasr Duib était un poste frontière avancé, probablement administré depuis le fort arrière de Thenteos. Cependant, la localisation exacte de Thenteos demeure inconnue. Lors de la construction du centenarium, vers , le tribun militaire Numisius Maximus, probablement en poste à Thenteos, exerçait le commandement suprême du Limes Tentheitanus en tant que commandant de section[5]. Cet ouvrage servait à prévenir des incursions barbares et il est possible que cet édifice ait remplacé une fortification plus ancienne située au même endroit.

Description

Plan du 1er étage.

Le burgus rectangulaire , mesurant 16,25 × 15 m, présente un agencement intérieur bien défini. En son centre se trouve un atrium autour de laquelle sont disposées plusieurs pièces[6]. Les vestiges indiquent que le centenarium devait comporter au moins un étage[7]. L'unique entrée de ce bâtiment est située au centre du mur sud-est. On y trouve le linteau cintré, taillé dans un monolithe, portant une inscription. Il est brisé en deux morceaux. Dans la zone d'entrée, le côté gauche d'une autre tablette d'inscription rectangulaire, réutilisée comme spolia, a été mis au jour. Le décor sculpté sur son côté étroit prend la forme d'une console courbe pointant vers l'inscription. Ce motif se retrouve également sur l'inscription du centenarium. Cette dernière est actuellement illisible, car elle est recouverte de nombreux graffitis[8]. À l'intérieur du gazomètre, quelques voûtes en berceau d'origine ont été conservées.

Utilisation post-romaine

Durant la période islamique, le bâtiment fut rendu de nouveau habitable. Certains plafonds romains endommagés furent réparés, tandis que dans d'autres, les structures en bois d'origine furent remplacées. Les nouveaux propriétaires renforcèrent également le mur sud-est du bâtiment. Plus tard, un nouvel enduit fut appliqué, orné de stucs décoratifs tels que l'Étoile de David.

Fouilles archéologiques

Le site était déjà connu durant les premières années de l'occupation italienne de la Libye (1934-1943). Après l'expulsion des Italiens lors des combats en Afrique du Nord, la province de Tripolitaine passa sous administration britannique. Les Britanniques créèrent un service des antiquités. En 1948, les premières fouilles scientifiques de Gasr Duib furent entreprises par les archéologues Richard George Goodchild (1918-1968) et John Brian Ward-Perkins (1912-1981). À cette époque, la première documentation de l'inscription du bâtiment, importante pour la région, fut également réalisée[9]. Une nouvelle étude de la fortification eut lieu en 1981 dans le cadre de la campagne archéologique des vallées libyennes de l'UNESCO, menée entre 1979 et 1995[10].

Voir aussi

Références

  1. (en) « Gasr Duib (Digital Archive from Ghirza: A Libyan Settlement in the Roman Period, 1953-1984) », sur archaeologydataservice.ac.uk.
  2. « Gasr Duib », sur fr.getamap.net.
  3. Michael Mackensen, Kastelle und Militärposten des späten 2. und 3. Jahrhunderts am „Limes Tripolitanus“. In: Der Limes 2 (2010), p. 20–24.
  4. David Mattingly, Tripolitania. Batsford, London 2005 (ISBN 0-203-48101-1), p. 131.
  5. David J. Mattingly, The constructor of Gasr Duib, Numisius Maximus, Tri(unus cohortis I Syrorum sagittariorum). In: Antiquités africaines, 27 (1991), p. 75–82.
  6. Richard Goodchild, Libyan studies. Select papers of the late. London, 1976 (ISBN 0-236-17680-3), p. 28.
  7. David J. Mattingly, Farming the Desert. The UNESCO Libyan Valleys Archaeological Survey. Gazetteer and pottery, Band 2, Unesco, 1996 (ISBN 92-3103273-9), p. 76.
  8. (en) « Fragmentary Libyan text (Gasr Duib », sur Inscriptions of Roman Tripolitania (IRT).
  9. Richard Goodchild, The Limes Tripolitanus II in The Journal of Roman Studies 40, 1950, p. 30-38.
  10. (en) « UNESCO Libyan Valleys Survey », sur Heritage gazetteer of Libya/SLS Archives.

Bibliographie

  • Richard Goodchild, John Bryan Ward-Perkins, The Limes Tripolitanus in the Light of Recent Discoveries in The Journal of Roman Studies. 39, 1949, p. 81–95.
  • Philip M. Kenrick, Tripolitania. Libya Archaeological Guides. Silphium Press, London, 2009 (ISBN 978-1-900971-08-9).
  • John Nigel Dore, Settlement Chronology in the Pre-desert Zone: the Evidence of the Fineware in David J. Buck, David J. Mattingly, Town and Country in Roman Tripolitania. Papers in Honor of Olwen Hackett (British Archaeological Reports International Series. 274, Society for Libyan Studies occasional papers. 2). BAR, Oxford, 1985 (ISBN 0-86054-350-1).
  • Michael Mackensen, Die Grenze in Nordafrika am Beispiel der Provinzen‚ Africa Proconsularis et Numidia in Gerhild Klose, Annette Nünnerich-Asmus, Grenzen des römischen Imperiums, von Zabern, Mainz, 2006 (ISBN 3-8053-3429-X).

Articles connexes

Liens externes

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