Centre dramatique occitan

Centre dramatique occitan
Histoire
Fondation

Le Centre Dramatique Occitan est une compagnie de Théâtre professionnelle fondée par André Neyton, engagée dans une démarche militante d’éducation populaire. C'est l'une des rares compagnies de Théâtre professionnelles centrée sur le Théâtre d'Oc.

La création

Le Centre Dramatique Occitan[1] de Provence né à l'initiative d'André Neyton, Homme de Théâtre, comédien, metteur en scène, auteur et directeur de Théâtre[2] et de deux rencontres majeures. Celle de Guy Martin[3], historien, linguiste et analyste de la culture d’Oc, qui lui fait découvrir au début des années soixante une autre façon de valoriser la langue d’Oc, bien différente des dérives folklorisantes connues jusque là. André Neyton crée alors dans un premier temps le groupe « Rencontres », une association qui promeut l’éducation populaire à travers le Théâtre. Puis celle en 1966 de Robert Lafont qui sera décisive. Elle aboutit à la création d'un premier spectacle, Per jòia recomençar, que Robert Lafont écrit pour André Neyton qui le mettra en scène. Le spectacle traite de l’histoire occitane, des troubadours jusqu’aux luttes contemporaines des occitanistes. Mais ce n'est qu'en 1971, après Lo darnier moton, pièce de Gaston Beltrame qui porte sur le très controversé camp militaire de Canjuers dans le Haut-Var, que l'association « Rencontres » débouchera sur la création du Centre Dramatique Occitan (CDO)[4]. Il faudra toutefois encore quatre années supplémentaires pour qu’André Neyton transforme ce Centre Dramatique en véritable Compagnie professionnelle de Théâtre[5].

Les créations

Alors que Per jòia recomençar de Robert Lafont n'est pas encore à proprement parler une création du CDO, Lo darrier moton de Gaston Beltrame, sera le premier vrai spectacle du le Centre Dramatique Occitan, créé en 1971[6]. En 1972, ce premier spectacle est invité aux Journées du Théâtre des Nations[7] organisées par Jean-Louis Barrault et Jack Lang[8]. Il sera joué à la Sorbonne,[9] aux côtés du Teatro Campesino de Californie et la Cuadra de Séville[10].

En 1973, le Centre Dramatique Occitan présente Dòm Esquichòte ò lo torn de Provença de Bautesar de Robert Lafont au Festival occitan créé à Avignon par André Benedetto. Le spectacle est salué par Colette Godard, qui préfére alors le Quichotte occitan du Off à celui présenté au Festival In à la Cour d'Honneur[11]. C'est une reconnaissance inattendue pour le Théâtre Occitan de l'époque.

Après Le chant général de Pablo Neruda[12], Martin Bidoret ò lo còp d’Estat de 1851 de Gaston Beltrame[6] conduit le CDO à participer au Festival Mondial du Théâtre de Nancy en 1975[13], festival dirigé à l'époque par Jack Lang[14]. En 1976, il présente Poupre et Compagnie[15] de René Merle au Centre Dramatique National de Nice[16]. En 1977, il crée Mon bèu pais tot estrifat. Robert Lafont écrit pour le CDO La révolte des cascavèus[6] en 1977. Cette création sera présentée au Festival de Carcassonne dirigé par Jacques Echantillon[13].

Puis le Centre Dramatique Occitan monte une série de pièces en Oc de Florian Vernet : Proprietat privada, Radassa e companhia, et L’asili[5]. Operacion Chòla Babau et Es enebit d’intrar conduira le CDO à Barcelone[13] pour la Semaine occitane du Palau Güell à l'occasion de l’exposition Mille ans de littérature occitane[16]. Il présente alors Mon bèu païs tot estrifat, spectacle de poésie en Oc à l’Institut del Teatre Catalá[16]. Operacion Chòla Babau est également programmé à la Maison de la Culture de Rennes[13]. En 1980, il adapte M7 Catalunya d'Albert Boadella, créant Rapport Wallace Müller, qui sera présenté au Centre Dramatique National de Rennes[16].

Après Nini Polyphème de Florian Vernet[17], Robert Lafont écrit pour le CDO La Croisade[18], ainsi que La Révolte des cascavèus qui sera portée à l'écran en 1983 par une adaptation et réalisation d'André Neyton, devenant la première pièce occitane à être produite et diffusée nationalement par FR3[19],[13].

En 1985 le CDO produit Le venin du théâtre, du Catalan Rodolf Sirera, puis Odyssée 86, Contes de la Méditerranée, en collaboration avec la chanteuse grecque Nena Venetsanou, sur des musiques de Miquèu Montanaro. Le spectacle sera joué plus de 400 fois, de Perpignan à Athènes[20]. En 1987, il monte également Bloody Mary show de Rodolf Sirera[12].

Le CDO produit ensuite plusieurs « sons et lumières », comme Gaspard de Besse en 1988, Le siège de Mons l'année suivante ainsi qu'une adaptation de Maurin des Maures de Jean Aicard[21]. En 1991, la compagnie traite de l'immigration italienne avec le spectacle Il viaggio, puis un spectacle tiré de poèmes de René Char. Suivront alors les spectacles historiques, avec La farandole de la liberté en 2001 traitant du coup d'état de 1851 et Barras, le Vicomte à l’ail en 2003[5]. En 2004, le CDO crée un spectacle sur L'affaire du XVe corps et le racisme anti-méridional avec La légende noire du Soldat O[22]. Ce spectacle obtient le label de la Mission du Centenaire 14-18[23]. L’affaire de la Belle Cadière, qui alimenta la chronique de toutes les grandes capitales européennes au XVIIIe siècle, sera crée en 2006[24], puis la Résistance en Provence sera le sujet du prochain spectacle Du beurre dans les rutabagas en 2008[21]. Enfin, le CDO créé en 2010 un hommage à Robert Lafont qui vient de s'éteindre, intitulé Occitania for ever[17].

Dès 2011, le CDO développe un concept novateur de randonnées-théâtre, un parcours théâtral dans les collines ponctué de scènes de Thèâtre, d'abord sur Maurin des Maures, puis sur Gaspard de Besse, le bandit au grand cœur[21].

Le problème de la langue est abordé en 2016 dans Moi, Gaston Dominici, assassin par défaut, puisque Gaston Dominici, fut un coupable tout désigné par manque de vocabulaire français[25],[26]. En 2023, Duel Républicain (Les trompe-la-mort de l'An)[27], traite du conflit entre Jacobins et Girondins[28].

Les lieux de résidence

En 1973, André Neyton héberge le Centre Dramatique Occitan au « Local » rue St Cyprien, premier lieu qu'il transfomre en Théâtre de fortune, et dans lequel il compose déjà un début de programmation, et des cours de langue occitane[29]. En 1975, la Compagnie réside en un second lieu, le Théâtre de la Porte d'Italie, créé également par son Directeur André Neyton[30]. En 1984, le CDO investit enfin un lieu d'envergure, une structure originale unique en France sous forme d'un Théâtre Régional Mobile[31] de 450 places, qui lui permet de répéter et présenter ses créations au public[32]. Ce lieu est destiné à abriter le Centre des Cultures Régionales de l’Espace Méditerranéen dont le but est de promouvoir les échanges culturels internationaux[33]. Il devient le Théâtre de la Méditerranée, dont André Neyton sera alors nommé directeur l'aval du Ministre de la Culture[34]. En 1991, le CDO devient la compagnie résidente de l'Espace Comedia, Théâtre né de la transformation d'un des plus anciens cinémas de France[2],[35].

Notes et références

  1. « Centre Dramatique Occitan », sur cdoc.fr (consulté le )
  2. José Lenzini, « Neyton, le rebelle », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Denis Roux, « Martin, Guy (1933-2008) », sur vidas.occitanica.eu, (consulté le )
  4. François Courtray, Revue Socio-linguistique / Jòrgi Reboul, un parcours singulier vers l’occitanisme à travers l’histoire du XXe siècle (lire en ligne)
  5. François Courtay, Thèse Université Paul-Valéry Montpellier III / Jòrgi Reboul : itinéraire d’un poète et militant d’oc à travers le XXe siècle. Parcours personnel, analyse littéraire et édition de textes,, (lire en ligne)
  6. Jean Rambaud, En Provence avec "Le Monde" (lire en ligne)
  7. « Huit troupes au mini festival de Nancy », Le Figaro,‎
  8. Lucien Attoun, « Théâtre ou combat ? », Les nouvelles littéraires,‎ (lire en ligne)
  9. Valérie Pala, « Le comedia : 30 ans de culture régionale », Var Matin,‎ (lire en ligne)
  10. Françoise Kourilsky, « Avignon et après ? », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  11. Colette Godard, « Les deux Quichotte au Festival d’Avignon », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. « Centre dramatique occitan », sur occitanica1.rssing.com (consulté le )
  13. Jean Rambaud, « L'occitan sur les tréteaux », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. Patrick de Rosbo, « Trois rituels de sang », Le Quotidien de Paris,‎ (lire en ligne)
  15. Dorothée Aquino-Weber, Sociolinguistique historique du domaine gallo roman
  16. André Neyton, Il fallait être fou, Les Cahiers de l’Égaré, , 206 p. (ISBN 978-2-35502-124-4)
  17. "Andrieu Neyton par Magali Bizot", Aquò d'aquí, 2018. lire en ligne.
  18. Robert Lafont, La Croisade, Edisud,
  19. Anne Lanchon, « La révolte des cascavèus », Télérama,‎ (lire en ligne)
  20. Dorian Vidal, « Décès d'André Neyton, un pilier de la culture toulonnaise », Var Matin,‎ (lire en ligne)
  21. Jean François Principiano, « Toulon : André Neyton lauréat du Grand Prix littéraire de Provence », TV83 info,‎ (lire en ligne)
  22. André Neyton, La Légende Noire du Soldat O, Rencontres-CDO, (ISBN 2-9523091-0-8)
  23. Jean François Principiano, « La légende noire du soldat O », TV83 info, by tv83.info - nov 22, 2018
  24. L'Affaire de la belle cadière - André Neyton, sur le site espaci-occitan.com.
  25. « André Neyton, Moi Gaston Dominici », L'impact,‎
  26. « André Neyton retrace l'histoire de l'affaire Dominici », La Provence,‎ (lire en ligne)
  27. André Neyton, Duel Républicain (Les trompes-la-mort de l'an II), Rencontres-CDO
  28. « Festival Off d'Avignon : Duel républicain, une pièce qui nous plonge au cœur de la Révolution française », La Provence,‎ (lire en ligne)
  29. Martine Gozlan, « Un soir en occitanie : le Centre Dramatique Occitan a ouvert ses portes à Toulon », La Dépêche,‎ (lire en ligne)
  30. « Café-théâtre de la Porte d’Italie, 44 ans d’histoire », Var Matin,‎ (lire en ligne)
  31. « Unique en France : le Théâtre Mobile Régional d'André Neyton est né sur le campus de l'Université », Var Matin,‎ (lire en ligne)
  32. Éliane Tourtet, "Andrieu Neyton nos a laissats", Aquò d'aquí, 2025. lire en ligne.
  33. « "La ville de Toulon mérite davantage de théâtre": André Neyton plaide pour la culture à la portée de tous », Var Matin,‎ (lire en ligne)
  34. « Situation de l'Espace Comédia »
  35. Virginie Martin, Toulon la noire: Le Front national au pouvoir, FeniXX, (ISBN 9782207127131, lire en ligne)
  • icône décorative Portail de la France
  • icône décorative Portail du théâtre
  • icône décorative Portail des arts du spectacle