Château de la Mignarde

Château de la Mignarde
Façade principale du château
Présentation
Type
Patrimonialité
Localisation
Localisation
Coordonnées
43° 33′ 59″ N, 5° 28′ 33″ E
Carte

Le château de la Mignarde est une vaste bastide provençale située à Aix-en-Provence, sur la route des Pinchinats. Véritable palais en Provence en raison de ses dimensions exceptionnelles, ce domaine du XVIIe siècle réaménagé au XVIIIe siècle se distingue par une envergure architecturale rare pour la région.

Intimement liée à l'histoire d'Aix-en-Provence. Elle est célèbre pour avoir accueilli les séjours de la princesse Pauline Borghese (née Pauline Bonaparte), sœur de l'empereur Napoléon Ier. La demeure fut également la propriété ou le refuge de personnalités marquantes, telles que le maire d'Aix-en-Provence, Émile Rigaud et le royaliste Jean Joseph Pierre Pascalis

Localisation

Le château est situé sur la route des Pinchinats à la périphérie nord d'Aix-en-Provence.

Historique

Le château est construit vers 1670[1].

En 1766, le confiseur (et gouverneur de la province) Gabriel Mignard l'achète et en transforme l'intérieur[1]. Son fils, Sauveur Mignard, confiseur et inventeur des « mignardises »[2], la rénove pour en faire une demeure à l'italienne[3]. Le parc est réaménagé à la française[4] au XVIIIe siècle[1].

Jean Joseph Pierre Pascalis, un partisan de la monarchie, s'y cache au cours de la Révolution française. Il y est arrêté lors des émeutes de décembre 1790 par 80 hommes en armes[4],[5].

En 1807, Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon Ier, y a une liaison avec Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin[6],[3]. Au cours de son séjour, on raconte qu'elle demande à son personnel de faire taire les grenouilles et les cigales avec de longues perches[7], ou prend des bains dans du lait d'ânesse[3],[6]. Les amants y reviennent en 1813[4].

En 1850, la bastide est achetée par Émile Rigaud, maire d'Aix-en-Provence de 1849 à 1863[2]. Il y meurt, le [8],[9].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le château sert à mettre à l'abri des œuvres d'art provenant des musées départementaux[10].

En 1969, la propriété est au centre du site inscrit intitulé la « vallée des Pinchinats »[11],[1]. La bastide, ainsi le parc incluant l'orangerie, la serre et le système hydraulique, font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. La ferme et de son chais, qui datent du XIXe siècle[12], ne sont pas concernés par le classement[1].

Le château appartient toujours à l'une des descendantes d’Émile Rigaud, Sabine Sechiari[2], qui a fondé l'Association des bastides et des jardins de Provence et du Sud-est. Un financement de l'organisation à but non lucratif pour la restauration de bâtiments anciens en France "Vieilles Maisons Françaises" a permis de le restaurer. La propriété se visite, par des visites guidées sur réservation[13].

Description

Le bâtiment principal, dont la façade monumentale est percée de vingt-sept fenêtres, déploie à lui seul une superficie de plus de 1 200 m2. Il s'inscrit au cœur d'un complexe tentaculaire comprenant de nombreuses dépendances qui lui sont directement connectées : de vastes caves, une chapelle privée, une petite et une grande orangerie, un immense garage, d'anciennes porcheries, ainsi que des chais couvrant historiquement plus de 1 000 m2 (dont une partie, incluant des maisons annexes, a depuis été détachée du domaine).

Le domaine historique s'étendait à l'origine sur 40 hectares, avant d'être divisé en deux au XXe siècle siècle. Pour conserver la demeure principale, l'héritier dût alors racheter les parts de ses sœurs, ce qui entraîna le détachement d'une partie des terres et la création du très luxueux parc Rigaud attenant.

Aujourd'hui, le château s'ouvre sur une majestueuse terrasse surélevée d'un hectare. Celle-ci surplombe un parc paysager d'un hectare, aménagé en pente et à la française. Ce dernier est richement orné de dizaines de statues, de fontaines et d'une perspective remarquable formée par trois immenses bassins en enfilade.

La bastide, son parc (incluant l'orangerie, la serre et le système hydraulique) font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [14].

Références

  1. Notice no PA00080990, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Les Sechiari », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  3. Deux siècles d'Aix-en-Provence, 1808-2008, éd. Académie des sciences, agriculture, arts et belles lettres d'Aix-en-Provence, 2008, p. 32-35.
  4. « La Mignarde : une bastide aixoise classée », sur Détours en France, (consulté le ).
  5. Charles de Ribbe, Pascalis : Étude sur la fin de la Constitution provençale, 1787-1790,Dentu, 1854, p. 256
  6. Dannery Letizia, Les grandes familles d'Aix-en-Provence : Les Sechiari, publié le 14/11/2002 dans l'express
  7. Martin Garrett, Provence: A Cultural History, Oxford: Oxford University Press, 2006, p. 107 [1]
  8. « Les Pinchinats », M. Constantin, in Les paroisses du diocèse d'Aix, leurs souvenirs et leurs monuments, t. I, impr. Makaire, Aix-en-Provence, 1890-1898, p. 318-320.
  9. « Le Petit Parisien : journal quotidien du soir », sur Gallica, (consulté le ).
  10. Guiraud, Jean-Michel., La vie intellectuelle et artistique à Marseille à l'époque de Vichy et sous l'Occupation : 1940-1944, Marseille, J. Laffitte, , 356 p. (ISBN 2-86276-340-3 et 9782862763408, OCLC 41566087, lire en ligne)
  11. « Aix en Provence, Venelles, vallée des Pinchinats » [PDF], sur basecommunale.paca.developpement-durable.gouv.fr, Dreal Paca (consulté le ).
  12. Michel de LaTorre, Le guide des châteaux de France : Provence, Côte d'Azur : Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Paris, Hermé, , 129 p. (ISBN 2-86665-065-4 et 9782866650650, OCLC 311251931, lire en ligne)
  13. « Château de la Mignarde ».
  14. Notice n° PA00080990, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi

Articles connexes

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