Charlemagne (AOC)

Charlemagne
Désignation(s) Charlemagne
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Beaune
Localisation Côte-d'Or
Climat océanique à tendance continentale
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 62 hectares et 94,03 ares[1]
Superficie plantée 6,13 ha (en 2023)[2]
Nombre de domaines viticoles 4 (en 2023)[3]
Cépages dominants chardonnay B[n 1]
Vins produits blancs
Production 330 hectolitres (en 2023)[4]
Pieds à l'hectare minimum 9 000 ceps/ha[5]
Rendement moyen à l'hectare 53 hl/ha (en 2023)[4]

Un charlemagne[n 2] est un vin blanc français d'appellation d'origine contrôlée produit notamment sur deux climats voisins : le Charlemagne sur la commune d'Aloxe-Corton et En Charlemagne sur celle de Pernand-Vergelesses, en Côte-d'Or.

Il est classé comme grand cru de Bourgogne, mais comme son cahier des charges[5] est identique à celui de l'appellation corton-charlemagne et que l'aire d'appellation du premier est compris dans celle du second, il s'agit d'une appellation qui n'est plus guère revendiquée (les producteurs ne produisent presque jamais sous ce nom).

Historique

L'usage du nom « Corton » sur l'étiquette d'un vin a été le sujet d'un conflit juridique entre d'une part les producteurs d'Aloxe-Corton et d'autre part ceux de Pernand-Vergelesses et de Ladoix-Serrigny, les premiers voulant en interdire l'usage aux deux autres. L'appellation fut créée par le décret du , en même temps et par le même texte que les appellations corton et corton-charlemagne[6]. À cette époque, la différence entre les trois était notamment l'aire de production :

  • pour le corton :
    • sur Aloxe-Corton : le Corton (proprement dit), le clos du Roi, les Renardes, les Bressandes, les Maréchaudes (en partie), Pauland (en partie), les Chaumes, la Vigne-au-Saint, le Meix-Lallemand, les Meix, les Combes (en partie), le Charlemagne (en partie), les Pougets (en partie), les Languettes (en partie), les Chaumes et Voirosses, les Fietres, les Perrières et les Grèves ;
    • sur Ladoix-Serrigny : les Vergennes, le Roguet et Corton (en partie) ;
  • pour le corton-charlemagne :
    • sur Aloxe-Corton : le Corton, le Charlemagne, les Pougets et les Languettes ;
  • pour le charlemagne :
    • sur Aloxe-Corton : le Corton, le Charlemagne, les Pougets et les Languettes ;
    • sur Pernand : le Charlemagne.

Les propriétaires sur Aloxe-Corton obtenaient ainsi que ceux de Pernand ne pouvaient utiliser les noms « Corton » ou « Corton-Charlemagne », l'INAO leur laissant l'AOC charlemagne en guise de consolation. Les choses évoluèrent ensuite : l'aire de production de l'appellation corton-charlemagne a finalement été étendue en (sous le régime de Vichy)[7] sur Pernand-Vergelesses (17 ha et 25,89 a), sur Aloxe-Corton (total de 48 ha et 57,06 a) et sur Ladoix-Serrigny (5 ha et 59,99 a).

Aire d'appellation

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du charlemagne
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Ce grand cru de Bourgogne est implanté sur les communes d'Aloxe-Corton et de Pernand-Vergelesses, son aire étant partiellement incluse dans les aires d'appellation des AOC communales aloxe-corton et pernand-vergelesses.

L'aire d'appellation du charlemagne a une surface totale de 62 ha et 94,03 ares[1], constituée de :

  • 48 ha & 57,06 ares sur Aloxe-Corton :
    • 16,9472 ha sur le climat « Le Charlemagne » ;
    • 9,824 ha sur « Les Pougets » ;
    • 7,2375 ha sur « Les Languettes » ;
    • et 11,6727 ha sur « Le Corton » ;
  • 17 ha & 25,89 ares sur Pernand-Vergelesses :
    • le tout sur « En Charlemagne ».

L'aire d'appellation du charlemagne est incluse dans l'aire d'appellation du corton rouge. Cependant, l'aire d'appellation du corton blanc (plus petite que celle du corton rouge) exclut les parcelles appartenant au charlemagne[8]. L'aire de l'appellation du charlemagne est par ailleurs incluse dans celle du corton-charlemagne.

La surface déclarée en production en 2022 était de 6,13 ha[2], l'appellation corton-charlemagne étant beaucoup plus marchande (valorisation du nom de corton) que celle de charlemagne.

Volumes de production

Les vins produits sur l'aire d'appellation du charlemagne peuvent être repliés[n 3] en appellation aloxe-corton premier cru ou pernand-vergelesses premier cru (en fonction de la localisation de la ou des parcelle·s).

La production annuelle de vin sous l'appellation charlemagne en moyenne sur la période 2017-2021 était de 82,4 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl)[2]. Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[4] :

Année Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)
2022 données confidentialisées[n 4]
2023 6,13[2] 330,18 53
2024 d. c. 88,06

Producteurs

En 2023, quatre opérateurs ont déclaré produire cette appellation :

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .
  4. Quand les statistiques concernent moins de trois opérateurs ou qu'un seul en représente l'essentiel, la DGDDI ne les publie pas pour garantir la confidentialité des données dans le cadre du RGPD.

Références

  1. Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 249.
  2. « Charlemagne », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
  3. Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne : Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Paris, Éditions de Monza & Éditions du Meurger, , 4e éd. (1re éd. 2012), 418 p. (ISBN 978-2-916231-58-7), p. 143.
  4. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CHARLEMAGNE » » [PDF] p. 53-65, homologué par le « décret no 2011-1688 du 28 novembre 2011 », publié au JORF du .
  6. « Décret du 31 juillet 1937 relatif aux appellations contrôlées « Corton », « Corton-Charlemagne » et « Charlemagne » », publié au JORF du p. 9077-9078.
  7. « Décret n° 3818 du 30 décembre 1942 concernant les vins à appellations contrôlées « Corton », « Corton Charlemagne » et « Charlemagne » », publié au Journal officiel de l'État français du p. 249-250.
  8. « Le portail des plans officiels de délimitation | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le ).

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

  • icône décorative Portail de la vigne et du vin
  • icône décorative Portail de la Côte-d’Or