Charles-François-Xavier Müller

Charles-François-Xavier Müller
Biographie
Naissance
Décès
(à 74 ans)
Bœrsch
Nationalité
Activité
Rédacteur à

Charles-François-Xavier Müller, né le à Bœrsch où il est mort en , est un journaliste, politologue, polémiste et écrivain catholique français. Il est une figure du légitimisme et de la presse catholique au XIXe siècle[1].

Biographie

Jeunesse et formation

Fils de notaire, Charles Müller reçoit une éducation littéraire et scientifique au collège de Sélestat et au Petit Séminaire de Strasbourg[1]. Destiné à reprendre l’étude paternelle, il se tourne rapidement vers le journalisme, attiré par un champ d’action plus vaste[1].

Carrière journalistique

Très jeune, il publie des articles littéraires dans Le Constitutionnel[2]. Dès l’âge de seize ans, il collabore au journal L'Alsace à Strasbourg, passée momentanément aux mains de l'opposition[2] ; il s'y spécialise dans les affaires d'outre-Rhin, ce qui lui valut d'être qualifié de Français enragé par la Gazette d'Augsbourg[2]. C'est sans doute, pour Michel Denis[3], lui qui déclenche, sous une signature anonyme, la colère du docteur Wirth en novembre 1840. Après la dislocation de l'équipe rédactionnelle du Journal, il écrit D'une alliance entre la France et l'Allemagne[3].

En 1841, il s’installe à Paris. Il y fait connaissance de Maximilien Magnier de Maisonneuve, alors directeur au ministère du Commerce, et grâce à lui s'initie au système des douanes prussiennes, ce qui lui permet de publier des articles sur le Zollverein dans La Presse[3]. Il devient ensuite collaborateur de La Gazette de France, dirigée par Antoine Eugène Genoud[1]. Il collabora aussi à La Nation[4]. Avec l'influence d'Antoine Eugène Genoud, il affirme ses convictions politiques en défendant avec verve les idées légitimistes[3].

La Mayenne

Il prend en 1844 la direction du Journal de la Mayenne. Il est emprisonné en 1845, sur décision du gouvernement de la monarchie de Juillet, par le procureur Théophile Grosbois.

« Ce fut au mois d'octobre 1845, que nous comparûmes devant la Cour d'assises de la Mayenne, pour notre premier procès, sous le règne de Louis-Philippe. C'est au mois d'octobre 1848 que nous devons comparaître devant la Cour d'assises de la Mayenne, pour notre premier procès sous la République. En 1845, nous avons été poursuivis à la requête de M. Grosbois, procureur du roi ; en 1848, nous sommes poursuivis à la requête de M. Grosbois, procureur de la République »

[L'Indépendant de l'Ouest, et cité par Léon Goupy][5].

Pour éviter des condamnations à l'amende et à l'emprisonnement[6], le journal devient L'Indépendant de l'Ouest, dont le premier numéro parut le [4]. C'est là qu'ardent polémiste et écrivain distingué, il tint tête pendant seize ans à tous les adversaires du légitimisme[7]. Il publiait en outre des pamphlets pleins de verve[4].

On chercha à le ruiner en procès. Souvent acquitté, quelquefois "gratifié" de mois de prison, il ne se découragea pas[4]. Des dix-neuf poursuites judiciaires dont il fut l'objet, celle de 1847 fait suite à l'arrestation de Mme d'Hauteville et aux perquisitions faites en son château de Hauteville en juillet 1847. Paul Boudet monta à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer les menées légitimistes dans les arrondissements de Laval et de Mayenne. Pressé par Théodore de Quatrebarbes de citer un fait, il répondit en disant qu'il n'était pas pourvoyeur des tribunaux. Cette accusation fut l'occasion d'une polémique violente menée contre lui par Charles-François-Xavier Müller dans le journal L'Indépendant. Il s'ensuivit un procès, terminé par la condamnation de Charles-François-Xavier Müller à trois mois de prison, 1 500 francs d'amende et 5 000 francs de dommages et intérêts au profit de Paul Boudet, qui donna cette somme pour la fondation de l'école des sœurs de Louverné, où il avait sa maison de campagne.

Engagement politique et religieux

Légitimiste convaincu, Charles Muller reste fidèle à ses idées toute sa vie, refusant les offres de Napoléon III après le coup d'État du 2 décembre 1851[1]. Il est également un ardent défenseur de l’Église catholique et des droits du pape, ce qui lui vaut plusieurs condamnations à des amendes et à la prison[1].

La Liberté

Le , Müller prenait congé de ses lecteurs mayennais, affirmant de nouveau ses convictions monarchiques. Il fonde en janvier 1865 La Liberté, qu’il abandonne à Émile de Girardin après la Guerre franco-allemande de 1870[1].

Charles Muller fonde à Angers L’Étoile, journal dans lequel il défend avec ardeur la cause d'Henri d'Artois, comte de Chambord, dernier espoir du légitimisme, qui faillit monter sur le trône de France[1]. Il y combat pour la restauration de la monarchie légitime et pour les droits du Saint-Père, s’attirant de nombreuses condamnations à des amendes et à la prison. Malgré les persécutions, il ne renonce jamais à ses convictions, gagnant l’estime de personnalités comme Mgr Charles-Émile Freppel, Alfred de Falloux, Émile de Girardin, Auguste Nefftzer, François-René de Chateaubriand, ou le général Auguste du Vergier de La Rochejaquelein[1]. À Angers, il se lie d’une étroite amitié avec Mgr Charles-Émile Freppel, son compatriote et ancien camarade d’école. Ses voyages à l’étranger, notamment à Vienne et à Saint-Pétersbourg, lui permettent de rencontrer Henri d'Artois, comte de Chambord et Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulême,à Frohsdorf où il passe des journées mémorables[1].

Retraite et fin de vie

Après la mort d'Henri d'Artois en 1883, il se retire en Alsace, où il vit dans la discrétion, s’adonnant à la lecture et à la charité envers les pauvres[non neutre][1]. Philosophe chrétien et catholique convaincu, il préférait un chapitre du Nouveau Testament ou de l'Imitation à des volumes entiers d'écrits. Il appréciait particulièrement d'aborder des questions exégétiques et savait disserter en véritable théologien sur des sujets tels que l'œuvre des six jours (livre biblique de la Genèse), le Déluge (ibidem) et l'Apocalypse[1]. Malade depuis plusieurs années, il meurt le .

Publications

  • Où est le mal ? question résolue. Paris : Ledoyen, 1839. In-8 ̊ , 22 p. ;
  • D'une alliance entre la France et l'Allemagne. Paris : Royer, 1841, 51 p. (cette brochure eut un certain retentissement) ;
  • De l'avenir de la France Paris : Dentu, 1844. In-8 ̊ , 32 p. ;
  • les Petits livres du peuple mayennais, Godbert, 1845 [1] ;
  • le P. Jean-Baptiste, paysan manceau, ex-maréchal de logis, ex-marguillier de sa paroisse, 1847 ;
  • Projet de déclaration en faveur de la candidature de Louis Bonaparte, présenté par Charles Müller au Congrès de la droite. Laval : impr. de H. Godbert, 1848, in-fol. plano ;
  • Frohsdorf, 1851 ;
  • La Légitimité. Paris : Dentu, 1857. In-8 ̊ , 291 p. ;
  • L'Appel au peuple, en faveur de la Papauté. Paris : Douniol, 1860. In-8 ̊ , 47 p. ;
  • L'Empire et la Légitimité, publié le . Paris : E. Dentu, 1864. In-8 ̊ , 160 p. ;
  • Nos frontières du Rhin. Paris : E. Dentu, 1868. In-8 ̊ , 159 p. ;
  • Réforme électorale. Le vote à deux degrés substitué au vote direct pour l'élection des députés. Paris : impr. d'A. Lainé, 1870. In-8 ̊ , 8 p. ;
  • Pétition adressée à l'Assemblée nationale (signé Charles Muller, ). Paris : impr. d'A. Laîné, 1871. In-4 ̊ , 3 p.

Pour approfondir

Bibliographie

  • « Charles-François-Xavier Müller », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. III, p. 151-152 Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, F. Sutter, Rixheim, 1909-1910, (VIII-874, 1105 p.) Charles Müller Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Liens externes

Notes et références

  1. Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, F. Sutter, Rixheim, 1909-1910 (VIII-874, 1105 p.).
  2. Journal de la Mayenne, 12 juin 1845. Autobiographie.
  3. Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne (XIXe-XXe siècles), Paris, Klincksieck, 1977, p. 302.
  4. « Charles-François-Xavier Müller », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne).
  5. ↑ Le Coup d'État dans la Mayenne. Paris, L. Goupy, juin 1870, in-18°.
  6. ↑ L'Indépendant de l'Ouest, 1er janvier 1846.
  7. ↑ Jacques Duchemin des Cépeaux, bien que royaliste, écrivait de L'Indépendant de Charles Müller : Je désavoue tout à fait la marche et le ton de ce journal.
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