Charles Hossein Zenderoudi

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Shokouh Riazi (en) |
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Charles Hossein Zenderoudi, né Hossein Zenderoudi (en persan : حسین زندهرودی) à Téhéran le , est un peintre, calligraphe, graveur et sculpteur iranien, reconnu comme un pionnier de l'art moderne iranien et comme l'un des premiers artistes à avoir intégré des éléments de calligraphie persane dans son œuvre.
Il est un précurseur du mouvement Saqqa-Khaneh, un courant d'art moderne néo-traditionnel né en Iran et puisant ses racines dans l'histoire des peintures de café persanes et les motifs chiites persans. Il vit entre Paris et New York.
Ses œuvres figurent dans de grandes collections et musées tels que le Museum of Modern Art de New York, le Centre Pompidou à Paris, le British Museum à Londres. Il reçoit plusieurs distinctions à partir de 1959.
Biographie
Hossein Zenderoudi naît à Téhéran, en Iran, le [1].
Dans les années 1950, Zenderoudi étudie la peinture et la calligraphie au Lycée des Beaux-Arts de Téhéran, sous la direction de Parviz Tanavoli et Marcos Grigorian, et en ressort diplômé en 1958[2],[3].
Actif au sein de la scène artistique iranienne, il participe à des groupes artistiques entre 1958 et 1960. Aux côtés de Parviz Tanavoli, il devient l'une des figures majeures du mouvement Saqqa-Khaneh, qui est déterminant dans le développement de l'art moderne en Iran[4],[3]. Avec les artistes de ce mouvement, il explore l'utilisation des éléments visuels et de la calligraphie populaires chiites persans et en s'inspirant des motifs traditionnels des peintures de café persanes[a], dans l'art moderne[2],[5],[6],[7],[8]. Son influence s'étend sur plusieurs générations d'artistes à travers le monde. Tout en cherchant à développer un langage visuel typiquement iranien[9], Zenderoudi travaille sur l'universalité de son œuvre, comme dans son collage The Hand, où il réunit les trois principales religions monothéistes en représentant une main de Fatma, un baptistère et l'étoile de David[10].
Après avoir remporté un prix à la 2e Biennale annuelle de peinture de Téhéran en 1960, il obtient une bourse d'études et il s'installe en 1961 à Paris, en France, et devient plus tard un citoyen français[2]. Il est actif à Meaux et à New York à partir de cette époque[2],[11]. À Paris, il rejoint la mouvance des peintures gestuelles et du lettrisme[4]. Ses expositions se succèdent depuis les années 1970 dans des galeries et musées internationaux (Paris, New York, Londres, etc.)[2].
La petite-fille de Zenderoudi est l'auteure-compositrice-interprète française Barbara Pravi, qui a représenté la France au Concours Eurovision de la chanson 2021, terminant à la deuxième place[12].
Œuvre
Hossein Zenderoudi est cofondateur du mouvement Saqqa-Khaneh, qui mêle motifs décoratifs de l'art perse, calligraphie, amulettes et éléments de l'art populaire iranien (notamment la peinture de café) avec l'art abstrait occidental. Son style combine la liberté de l'art moderne et l'héritage iranien-oriental[2].
Artiste à la fois spirituel et formel, Zenderoudi a toujours visé à dépasser une simple approche décorative : l'usage de chiffres, de lettres, d'amulettes est un outil pour susciter une recherche métaphysique, l'unité derrière la multiplicité. Ses phases artistiques évoluent vers davantage de minimalisme et de maturité, ses compositions récentes étant plus épurées, géométriques, sereines[2].
Les œuvres d'Hossein Zenderoudi sont conservées dans les collections permanentes des musées :
- Danemark
- KUNSTEN Museum of Modern Art Aalborg, Aalborg
- ASM + AMM + DAD, acrylique sur toile (1969)[13]
- KUNSTEN Museum of Modern Art Aalborg, Aalborg
- États-Unis
- Museum of Modern Art, New York
- K+L+32+H+4. Mon père et moi (My Father and I), technique mixte sur panneau (1962)[14]
- Grey Art Museum (en) à l'Université de New York, New York
- Museum of Modern Art, New York
| Image externe | |
| Lien vers l'œuvre Tche-Tche (1970). Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
- France
- Centre Georges Pompidou, Paris
- Miuz Skfe, huile sur toile (1971)[4]
- Musée d'Art moderne de Paris, Paris
- Tche-Tche, peinture à l'acrylique (1970)[15]
- Musée Bertrand, Châteauroux
- Yee-Kga-Bas, huile sur toile
- Centre Georges Pompidou, Paris
- Royaume-Uni
- British Museum, Londres[3]
- Who is this Hossein the world is crazy about?, linogravure sur lin (1958)
- Al-Rahman Misericorde, estampe (1988)
- Sans titre, sérigraphie (1986)
- Illustrations pour le Coran, sérigraphies (1972)
- British Museum, Londres[3]
Hossein Zenderoudi a aussi créé de grandes tapisseries et peintures pour les aéroports de Riyad et Djeddah[3].
Également illustrateur, Zenderoudi réalise la couverture et la sérigraphie qui accompagne le texte du Coran (éd. Ph. Lebaud, 1972), qui a reçu le prix international du Plus Beau Livre de l'Année de l'UNESCO[3], et illustre plusieurs autres éditions du Coran[b]. On connaît aussi de lui d'autres illustrations comme celle du Livre des célébrations de Chams Nadir (Publisud, 1983)[16].
Prix et reconnaissance
- 1958 : Prix à la Biennale de Paris[8],[3]
- 1959 : Prix de la Société Iran-Amérique, Téhéran[2]
- 1960 : Deuxième prix à la Biennale de Téhéran[2]
- 1961 : Lauréat de la Biennale de Paris, France[2],[3]
- 1962 : Lauréat de la Biennale de Venise, Italie[2]
- 1964 : Prix Cagnes-sur-Mer[2]
Il reçoit par ailleurs des prix honorifiques à la Biennale de São Paulo (Brésil) en 1963, de la part du Centre international de recherche esthétique de Turin (Italie) en 1970[2].
En 1971, le magazine français Connaissance des arts le cite parmi les dix artistes vivants les plus importants, auprès notamment de Frank Stella, Mark Tobey, Andy Warhol et Zao Wou-Ki[3],[2].
Notes et références
Notes
- ↑ À ce sujet, voir :
- Soraya Dabiri, La peinture de cafés (thèse de doctorat), (OCLC 1136498425)
- (fa + en) Hadi Seyf, "Coffee-house" painting (cat. exp.), Téhéran, Reza' Abbasi Museum, (OCLC 1112810465).
- ↑ Voir notamment les notices des éditions Club du livre, 1972, Lebaud, 1979, Lebaud, 1988, Lebaud, 1994, Félin, 1994, sur catalogue.bnf.fr.
Références
- ↑ (en) Abbas Milani, Eminent Persians: The Men and Women Who Made Modern Iran, 1941-1979, Volumes One and Two, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-0907-0, lire en ligne), p. 1042.
- (en) « Biography: Iranian Artist Charles Hossein Zenderoudi », Tavoos Art Magazine, sur payvand.com, via Internet Archive, Payvand Iran News, Tavoos Art Magazine, (consulté le ).
- (en) « Charles-Hossein Zenderoudi », sur britishmuseum.org, British Museum (consulté le ).
- (en) Charles Hossein Zenderoudi, « Miuz skfe », sur centrepompidou.fr, Centre Pompidou (consulté le ).
- ↑ (en) Shahram Khosravi, Young and Defiant in Tehran, University of Pennsylvania Press, (ISBN 978-0812206814), p. 50.
- ↑ (en) Hamid Keshmirshekan, « SAQQĀ-ḴĀNA SCHOOL OF ART », dans Encyclopædia Iranica, (lire en ligne).
- ↑ (en) Maryam Ekhtiar et Julia Rooney, « Artists of the Saqqakhana Movement (1950s–60s) », The Met’s Heilbrunn Timeline of Art History, sur metmuseum.org, Metropolitan Museum of Art, (consulté le ).
- (en) W. Ali, Modern Islamic Art : Development and Continuity, University of Florida Press, , p. 156.
- ↑ (en) Fereshteh Daftari, « Another Modernism: An Iranian Perspective : Art, Society and Revolution », dans Lynn Gumpert and Shiva Balaghi, Picturing Iran, Londres, I. B. Tauris, , 143 p. (ISBN 9781860648830), p. 74.
- (en) Charles Hossein Zenderoudi, « Mah Motassel Naboud Be Merikh (The Moon is Not Linked with Mars) [formerly "The Hand"] », sur greyartgallery.nyu.edu, Grey Art Museum (en) (consulté le ).
- ↑ « Charles Hossein Zenderoudi », sur centrepompidou.fr, Centre Georges Pompidou (consulté le ).
- ↑ (en) Thomas Erdbrink, « Eurovision, Celebrating the Sounds of a Postpandemic Continent », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (da) Hossein Zenderoudi, « ASM + AMM + DAD », sur kulturarv.dk (consulté le ).
- ↑ (en) Charles Hossein Zenderoudi, « K+L+32+H+4. Mon père et moi (My Father and I) », sur moma.org, Museum of Modern Art (consulté le ).
- ↑ Hossein Zenderoudi, « Tche-Tche », sur parismuseescollections.paris.fr (consulté le ).
- ↑ Livre des célébrations (BNF 34725984).
Annexes
Bibliographie
- (en) Layla Diba, « The Formation of Modern Iranian Art: From Kamal-al-Molk to Zenderoudi », Iran Modern, , p. 45-65 (lire en ligne).
- (en) V. Porter, Word into Art: Artists of the Modern Middle East, BMP, , p. 142 ; et 2008, p. 157.
- (fa) Ḥusayn Zindahʻrūdī, Pioneers of Iranian modern art : Charles-Hossein Zenderoudi (cat. exp.), Téhéran, Tehran Museum of Contemporary Art : Mahriz Publications, (ISBN 9789647049955).
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- (en) Collection iranienne, dont des œuvres de Charles Hossein Zenderoudi, sur greyartmuseum.nyu.edu, site du Grey Art Museum (en).
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