Marcos Grigorian

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(à 81 ans) Erevan |
| Nom dans la langue maternelle |
Մարկոս Գրիգորյան ou مارکو گریگوریان |
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Citoyen d'honneur d'Erevan (d) |
Marcos Grigorian (en arménien : Մարկոս Գրիգորեան ; en persan : مارکو گريگوريان), également connu sous le nom de Marco Grigorian, né à Kropotkine le et mort à Erevan le , est un artiste et galeriste irano-arménien.
Pionnier de l'art moderne iranien, il est le fondateur du Musée d'Art du Moyen-Orient (en) à Erevan et est citoyen d'honneur d'Erevan et de Garni.
Biographie
Jeunesse et formation
Marcos Grigorian naît le à Kropotkine, dans le kraï de Krasnodar, en République socialiste fédérative soviétique de Russie, dans une famille arménienne originaire de Kars qui avait fui cette ville pour échapper au génocide arménien en 1920. La même année de sa naissance, la mère de Marcos meurt de l'appendicite et son père décide d'emmener la famille à Téhéran, en Iran[1].
Après avoir étudié au lycée Alborz puis à l'école Kamāl-al-Molk, Grigorian part en 1950 étudier à l'Académie des Beaux-Arts de Rome. Il étudie auprès du sculpteur cubiste Roberto Melli (it) et obtient son diplôme en 1954[1].
Promoteur de l'art à Téhéran
À son retour en Iran en 1954, Marcos Grigorian ouvre la Galerie Esthétique, l'une des premières et plus importantes galeries d'art moderne iranien à Téhéran[2],[3],[4].
Pionnier de l'art moderne iranien, Marcos Grigorian contribue à introduire en Iran l'art occidental novateur[1],[5],[2],[3]. En parallèle, il promeut une forme d'art populaire communément appelée peinture de café (naqqāši-ye qahvaḵāna, des peintures murales religieuses que l'on trouve dans les cafés)[a]. La collection qu'il a faite de ces peintures sera achetée et conservée par le musée Negārestān du palais de Saʿādatbād[2]. Il a une grande influence sur plusieurs artistes de Téhéran dont Mohammed Ehsai[6]
En 1955, Marcos Grigorian épouse Florā Ādāmiān à Téhéran et retourne à Rome, où naît sa fille Sabrina l'année suivante[7]. Il participe à la Biennale de Venise cette année-là puis repart s'installer à Téhéran, où il devient responsable du département graphique du ministère de la culture et de l'art[1]. En 1958, il organise pour le ministère la première Biennale de Téhéran, espérant développer un art iranien mélangeant modernisme et tradition locale[1],[3],[4],[8].
Il devient également un professeur influent au Département des Beaux-Arts de l'Université de Téhéran, où il diffuse son enthousiasme pour la culture populaire locale, notamment les peintures de café[3], introduit auprès de ses étudiants de nouvelles techniques de gravure[9] et joue un rôle essentiel dans la promotion du dessin comme un concept à part entière, distinct de la peinture[10],[4].
En 1960, Marcos Grigorian divorce et commence vers cette année-là à jouer comme acteur dans des films iraniens, sous le nom de « Gregory Mark » ou « Marc Gregory » (en persan : گریگوری مارک)[1],[11].
Carrière aux États-Unis
Marcos Grigorian vit aux États-Unis dans les années 1960 : il s'installe d’abord à New York en 1962, puis à Minneapolis pour devenir professeur au Minnetonka Center for the Arts[1],[12]. À Minneapolis, il expose au Walker Art Center et fonde Universal Galleries[1], qui est devenu un centre influent pour l’art iranien dans la ville. Ce centre coexiste avec une collection d’art iranien moderne en pleine expansion, conservée chez Abby Weed Grey (en)[12].
Grigorian rentre à New York en 1964 et y demeure jusqu'en 1970[1].
À son retour en Iran, il reprend un poste de professeur au département d'Art de l'université de Téhéran, puis initie le Groupe d'Artistes indépendants (en) avec Massoud Arabshahi (en), Sirak Melkonian (en), Morteza Momayez (en) et Gholam-Hossein Nami (fa) ainsi que Faramarz Pilaram et Mir Abdolreza Daryabeigi (en)[13],[11]. L'Iran-America Society organise une importante rétrospective sur Grigorian à la fin des années 1970[1].
Marcos Grigorian retourne à New York en 1980 et crée la Arshile Gorky Gallery (en hommage au peintre arménien Arshile Gorky) pour y exposer des œuvres d'artistes iraniens et américains[1].
Abandon de la peinture pour la tapisserie
La mort de sa fille d'un arrêt cardiaque en 1986 chamboule profondément Grigorian, qui se reconnecte avec ses origines arméniennes. Il abandonne la peinture pour se consacrer à l'art populaire arménien et au tissage de tapis[14] et effectue plusieurs voyages en Arménie. Il y fonde le Sabrina Near East Museum (en) (Musée d'Art du Moyen-Orient) d'Erevan, où il conserve ses propres œuvres et ses propres collections[1],[15].
Dernières années
Désormais insallé à Erevan, il organise plusieurs expositions et ateliers dans cette ville, dont il devient citoyen d'honneur d'Erevan, ainsi qu'à Garni, où il a une résidence d'été[15].
Le , Grigorian est agressé et roué de coups à la tête par deux cambrioleurs masqués qui se sont introduits par effraction à son domicile. Après un appel anonyme à la police, Grigorian est retrouvé blessé et transporté à l'hôpital. Il meurt d'une crise cardiaque présumée le , au lendemain de sa sortie de l'hôpital[15].
Œuvres
Dans les années 1950, les œuvres de Marco Grigorian peuvent se rattacher à l'expressionnisme occidental.
| Image externe | |
| Lien vers l'œuvre Midsummer Night #10 (1991). Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
À partir des années 1960, il abandonne la tradition de la peinture et même le modernisme et produit des œuvres en utilisant des matériaux du désert iranien : de la terre desséchée, de la boue, du kahgel (mélange d'argile utilisé pour les habitations villageoises), de la paille et du foin, ce qui ajoute une tridimentionnalité à l'œuvre. Ces séries sont appelées earthworks (œuvre en terre) ; elles « célèbrent la pureté et la simplicité de la vie villageoise iranienne »[4],[16],[17],[18].
Conservation
- Arménie
- États-Unis
- Metropolitan Museum of Art, New York[17]
- Museum of Modern Art, New York[16]
- Grey Art Museum (en), New York[4]
- Royaume-Uni
- British Museum, Londres[20]
- Tate Modern, Londres[21]
Publications
- (en + fa) Marcos Grigorian et Ehsan Yarshater, Biennal-e Tehran, Kāḵ-e Abyaż, 1337 (cat. exp. de la première Biennale de Téhéran), Abyaz Palace, .
- (en) Marcos Grigorian, Earthworks, New York, Gorky Gallery, .
- (en) Marcos Grigorian et Mania Gazarian, The Contemporary Armenian Carpet, Designed and Woven by Marcos Grigorian, Erevan, .
- (en) Marcos Grigorian, The Gates of Auschwitz, Erevan, .
Postérité
En 2010, l'écrivaine iranienne Janet D. Lazarian (fa) réclame la création d'un musée consacré à Marcos Grigorian. La même année, le Centre d'art de Téhéran accueille une cérémonie commémorative et une exposition en l'honneur de Grigorian[2].
Notes et références
Notes
- ↑ À ce sujet, voir :
- Soraya Dabiri, La peinture de cafés (thèse de doctorat), (OCLC 1136498425)
- (fa + en) Hadi Seyf, "Coffee-house" painting (cat. exp.), Téhéran, Reza' Abbasi Museum, (OCLC 1112810465).
Références
- Fouladvand 2000.
- (en) « Artist Appeals to Create Marco Grigorian Museum », sur asbarez.com, (consulté le ).
- (en) « Iranian Painting and Sculpture of the 1960s and '70s », sur nyu.edu, via Internet Archive (consulté le ).
- (en) « Grigorian, Marcos », sur greyartmuseum.nyu.edu, Grey Art Museum (en), université de New York (consulté le ).
- ↑ (en) Marika Sardar et Maryam Ekhtiar, « Modern and Contemporary Art in Iran », sur metmuseum.org, Metropolitan Museum of Art, (consulté le ).
- ↑ (fa) « احصایی: مارکو گریگوریان در خلق آثارم نقشی ارزنده داشت » [« Ehsaei : Marco Grigoryan a joué un rôle précieux dans la création de mes œuvres »], sur hamshahrionline.ir, (consulté le ).
- ↑ Kalāntari 2004, p. 134-137.
- ↑ (en + fa) Marcos Grigorian et Ehsan Yarshater, Biennal-e Tehran, Kāḵ-e Abyaż, 1337 (cat. exp. de la première Biennale de Téhéran), Abyaz Palace, .
- ↑ Abramian 1990, p. 80.
- ↑ (en) Rueen Pakbaz, First Tehran International Drawing Exhibition (cat. exp.), .
- Milani 2008, p. 1000-1001.
- (en) « Abby Weed Grey and Parviz Tanavoli - Grey Gallery », sur greyartgallery.nyu.edu, université de New York, (consulté le ).
- ↑ (en) Layla S. Diba et Fereshteh Daftari, Iran Modern (cat. exp.), The Asia Society Museum/Yale University Press, (ISBN 978-0300197365).
- ↑ (en) Charles Kriebel, « Marco’s Hand-woven Rugs », Home Furnishing Daily, , p. 22.
- (en) Vahe Sarukhanyan, « Marcos Grigorian Had Suspicions Regarding Those Around Him », sur hetq.am, (consulté le ).
- (en) « Notice d'une œuvre », sur moma.org, Museum of Modern Art (consulté le ).
- (en) « Notice de l'œuvre Midsummer Night #10 », sur metmuseum.org, Metropolitan Museum of Art (consulté le ).
- ↑ (en) Marcus Grigorian, Earthworks, New York, Leila Heller, , p. 15.
- ↑ (hy) « Notice de l'œuvre Արմենիանա N2 », sur gallery.am (consulté le ).
- ↑ (en) « Marcos Grigorian », sur britishmuseum.org, British Museum (consulté le ).
- ↑ (en) « Marcos Grigorian », sur tate.org.uk, Tate Modern (consulté le ).
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Jackie Abramian, « Marco Grigorian », dans Conversations with Armenian Artists, .
- (en) Hengameh Fouladvand, « GRIGORIAN, Marcos », dans Encyclopædia Iranica, (lire en ligne).

- (fa) Parviz Kalāntari, Nietzsche na! faqaṭ begu mašd Esmāʿil, Téhéran, , p. 129-137.
- (en) Abbas Milani, « Marcos Grigorian », dans Eminent Persians: The Men and Women Who Made Modern Iran, 1941-1979, vol. II, Syracuse University Press, (ISBN 9780815609070, lire en ligne), p. 997-1001.

Liens externes
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