Charles Vincent (1851-1920)

Charles Vincent
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonymes
Pierre Maël, Symmias
Nationalité
Activités
Mère
Caroline de Gervain (d)
Enfants
Henri Vincent-Anglade (en)
René Vincent

Charles Vincent, né le à Najafgarh, près de Kanpur (Indes orientales britanniques), et mort le à Paris, est un homme de lettres français, connu pour sa collaboration avec Charles Causse (1862-1905) sous le pseudonyme collectif de Pierre Maël, nom de plume que Vincent réutilisa après la mort de Causse.

Biographie

Né le , Charles Louis Claude Vincent est l'un des enfants de Caroline Vincent (1819-1862), née de Gervain, et de William Vincent († 1873), un fabricant d'indigo établi à Najafgarh (aujourd'hui Biposi Najafgarh, lieu-dit de Kharaoli), une localité située près des rives du Gange, au Sud-Est de la ville de Kanpur. Caroline de Gervain était la veuve du poète Maurice de Guérin du Cayla[1].

Les affaires de William Vincent ayant décliné, la famille dut quitter les Indes et s'installer près de Bordeaux en . Mme Vincent y mourut six ans plus tard. Âgé de onze ans à la mort de sa mère, Charles bénéficia ensuite de la protection de l'abbé Buquet, un proche de Maurice de Guérin[2]. Élève du collège de Bazas, Vincent y remporta de nombreux prix entre 1864[3] et 1868[4] avant d'obtenir son baccalauréat en 1869[5].

En 1872, alors qu'il était encore étudiant, Charles Vincent collaborait déjà au Courrier de la Gironde, un journaliste orléaniste. Le de la même année, il épousa la jeune Marie Anglade (1854-1896)[6]. De cette union naquirent les futurs artistes Henri Vincent-Anglade (1876-1956) et René Vincent (1879-1936)[1].

En 1879, Vincent devint l'un des principaux rédacteurs de L'Union de Sainte-Foy, un nouveau journal royaliste et catholique. Le de cette année, il affronta en duel un journaliste républicain, Charles Gilbert-Martin, qu'il avait offensé dans l'un de ses articles[7]. Selon son ami Oscar Havard, ce duel lui aurait coûté son poste de professeur de philosophie au collège jésuite de Tivoli à Bordeaux[8].

En 1883, alors qu'il collaborait encore à L'Union de Sainte-Foy[9], il fut embauché par Gustave Janicot à La Gazette de France.

En 1884, Vincent devint le collaborateur de son confrère Charles Causse. Sous le pseudonyme collectif de « Pierre Maël », les deux écrivains rédigèrent ensemble de nombreux romans pour la jeunesse pendant près de vingt ans.

Veuf depuis 1896, Vincent épousa en secondes noces Cécile Moyse (1859-19..) le [10].

Si Charles Causse était connu du public, de la presse et des éditeurs comme Pierre Maël, Vincent restait quant à lui dans l'ombre, malgré une contribution littéraire plus importante que celle de son confrère. Une convention, conclue entre les deux hommes le , pérennisait cette situation mais réservait à Vincent le droit exclusif de reprendre le pseudonyme en cas de décès de son associé[11]. Ainsi, après la mort de Causse, survenue le , Vincent signa plusieurs romans du pseudonyme de Pierre Maël tout en publiant des œuvres plus personnelles sous son vrai nom. Cependant, quand il considéra qu'il ne pouvait plus gagner dignement sa vie avec ses seules publications, il accepta un emploi de secrétaire auprès du comte Sélim Cressaty, directeur de la Banque française d’Égypte[12], puis celui de professeur de latin dans une institution d'Auteuil[13].

Charles Vincent mourut à l'âge de 69 ans le à son domicile du no 42 de la rue des Perchamps[14]. Il fut inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine[15]. Son confrère Charles Maurras lui rendit hommage dans L'Action française : « Peu d'hommes étaient plus sensibles, plus facilement soulevés par l'imagination, la fantaisie, le goût ardent de l'honnête et du vrai, jusque dans le pays des fables. [...] Sa haute intelligence, son âme de feu tendaient par-dessus tout à servir la cause de sa foi, de son pays et de son roi »[16].

Notes et références

  1. Havard, p. 291.
  2. ↑ Émile Barthès, Eugénie de Guérin : d'après des documents inédits, t. II, Paris / Albi, 1929, p. 237.
  3. ↑ Le Glaneur (Bazas), 28 août 1864, p. 1.
  4. ↑ Le Glaneur (Bazas), 30 août 1868, p. 2.
  5. ↑ Le Glaneur (Bazas), 22 août 1869, p. 2.
  6. ↑ Archives municipales de Bordeaux, état civil de la première section, registre des mariages de 1872, acte no 523 (vue 179 sur 262).
  7. ↑ La Petite Gironde, 6 novembre 1879, p. 3.
  8. ↑ Havard, p. 297.
  9. ↑ La Gazette de France, 16 janvier 1883, p. 2.
  10. ↑ Archives de Paris, état civil du 17e arrondissement, registre des mariages de 1900, acte no 1462 (vue 16 sur 31).
  11. ↑ Gazette des tribunaux, 27 août 1924, p. 599-600.
  12. ↑ Havard, p. 299.
  13. ↑ L'Œuvre, 29 juin 1920, p. 2.
  14. ↑ Archives de Paris, état civil du 16e arrondissement, registre des décès de 1920, acte no 1161 (vue 8 sur 31).
  15. ↑ La Libre Parole, 4 juillet 1920, p. 2.
  16. ↑ L'Action française, 29 juin 1920, p. 1.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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