Chio III de Géorgie

Chio III de Géorgie
Chio III de Géorgie en 2026.
Fonctions
Patriarche de Géorgie
depuis le
Métropolite
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
მიტროპოლიტი შიო
Nationalité
Formation
Activités
Évêque orthodoxe, métropolite, clerc
Statut
signature de Chio III de Géorgie
Signature.

Chio III de Géorgie, né Elizbar Mujiri le et surnommé Chio Mujiri, est un prêtre orthodoxe géorgien, catholicos-patriarche de toute la Géorgie à partir d'avril 2026. Il est auparavant évêque de Senaki et Tchkhorotskou de 2003 à 2026 et locum tenens du trône patriarcal de 2017 à 2026.

Biographie

Parcours ecclésiastique

Elizbar Mujiri naît le à Tbilissi en RSS de Géorgie[1]. Après avoir terminé ses études secondaires, il s'inscrit au Conservatoire d'État de Tbilissi, mais est finalement ordonné novice en 1991[2]. Il devient moine en 1993 au sein du monastère Chio-Mgvime, célèbre à l'époque pour être l'un de ceux en conflit avec le patriarcat de l'Église orthodoxe géorgienne. Il étudie à l'Académie théologique de Moscou et obtient un doctorat en historiographie religieuse de l'Université orthodoxe Saint-Tikhon (en), avec pour sujet de recherches le moine géorgien Alexi Chouchania[3].

Il est ensuite ordonné prêtre en 1996. En 2003, Mujiri est nommé évêque de la nouvelle éparchie de Senaki et Tchkhorotskou, et est également chargé des paroisses en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2009, obtenant en même temps le titre d'archevêque[2]. En août 2010, il devient métropolite[1]. Il se construit une réputation de hiérarque discret, prenant principalement davantage sur des questions exégétiques que politiques[3].

Le , Chio Mujiri est nommé locum tenens du trône patriarcal par Élie II de Géorgie[1]. Sa désignation soulève des questions en raison de sa faible notoriété à l'époque, des soupçons d'implication russe sont notamment évoqués en raison de ses études en Russie et de la visite d'Hilarion Alfeïev peu avant. Il profite de ses nouvelles fonctions pour augmenter sa renommée[3] et son influence sur le patriarche augmente avec l'âge et le déclin physique de ce dernier[2].

Patriarche de l'Église géorgienne

Après la mort d'Élie II le , il devient le chef temporaire de l'Église orthodoxe géorgienne, présidant notamment ses funérailles. Au sein du Saint-Synode réuni en avril 2026 pour désigner un successeur officiel, Chio est l'un des seuls à posséder un doctorat[3]. Il est vu comme le candidat préféré par le Rêve géorgien, parti pro-russe au pouvoir depuis 2012. Les partisans de Chio Mujiri le présentent comme le candidat évident car choisi par le patriarche Élie lui-même. Cependant, ses détracteurs l'accusent d'avoir bâti des « réseaux parallèles », de vouloir aligner l'Église orthodoxe sur l'État, ainsi que de soutenir trop fortement les politiques du Rêve géorgien et d'être sous l'influence de l'Église orthodoxe russe[2], partisans de plus fortes relations avec celle-ci[1].

Il arrive en tête lors de la sélection préalable des candidats par le synode le , avec 20 voix sur 39, devant les deux autres métropolites sélectionnés, Grigol Berbitchachvili et Iob Akiachvili, qui obtiennent 7 votes chacun[4]. Le , il est finalement élu patriarche, avec 22 voix contre respectivement 9 et 7 pour les métropolites Iob et Grigol et un vote invalide. Selon certains commentateurs, sa faible implication dans les scandales ayant secoué les sphères religieuses géorgiennes serait un facteur de son élection[2].

Prises de positions

Chio Mujiri est vu tout au long de sa carrière ecclésiastique comme plutôt pro-russe proche de l'Église orthodoxe russe. Il refuse de soutenir l'autocéphalie de l'Église orthodoxe d'Ukraine, qui s'est détachée du patriarcat de Moscou[1].

Durant ses prises de parole et sermons, il affiche des vues plutôt conservatrices, tant dans le domaine exégétique et liturgique qu'en matière de mœurs. Il décrit l'avortement comme une « forme d'agression » et du « fascisme naturalisé » et défend explicitement la famille traditionnelle en tant qu'union d'un homme et d'une femme. Il s'abstient aussi de commenter les violences à l'égard de manifestants ou les arrestations arbitraires[3] et est vu comme proche du parti Rêve géorgien. Il entretient également des liens forts avec Levan Vassadze, homme d'affaires ultraconservateur et pro-russe[1].

Notes et références

  1. (en) Giorgi Menabde, « The Battle for Political Influence in the Georgian Orthodox Church », Eurasia Daily Monitor, vol. 16, no 101,‎ (lire en ligne).
  2. (en) « Shio Mujiri elected Patriarch of Georgia », sur OC Media, (consulté le ).
  3. (en) Shota Kintsurashvili, « Metropolitan Shio Mujiri: Between Expectation, Authority, and Uncertainty », sur Public Orthodoxy, (consulté le ).
  4. ↑ (en) Mikheil Gvadzabia, « Georgian Orthodox Church shortlists three candidates for next Patriarch — who are they? », sur OC Media, (consulté le ).

Liens externes

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