Clémence Aïssatou Baré
| Clémence Aïssatou Baré | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ambassadrice du Niger aux États-Unis | |
| Première dame du Niger | |
| Biographie | |
| Nationalité | |
| Conjoint | Ibrahim Baré Maïnassara |
| Profession | Médecin, spécialisée en parasitologie et VIH/sida |
Clémence Aïssatou Baré (née vers 1959) est une médecin nigérienne spécialisée en parasitologie et dans le traitement du VIH/sida. Elle fut Première dame du Niger de 1996 à 1999 pendant le règne militaire de son époux, le président et dirigeant militaire Ibrahim Baré Maïnassara[1].
En , elle est nommée ambassadrice du Niger aux États-Unis[2],[3].
Depuis 1999, Baré et ses enfants mènent campagne pour que soient poursuivis en justice les responsables de l'assassinat de son mari lors du coup d'État au Niger de 1999[4],[5].
Biographie
Formation et carrière médicale
Clémence Aïssatou Baré est médecin de profession, spécialisée en parasitologie et dans les traitements contre le VIH/Sida[1]. Elle était médecin-chef d'une clinique médicale privée au Niger et ancienne universitaire et chargée de cours à la Faculté de médecine de Niamey[1]. Elle dirigeait notamment la clinique médicale privée Pasteur à Niamey[2],[3].
Première dame du Niger
Elle épouse Ibrahim Baré Maïnassara, un officier militaire nigérien, avec qui elle a trois enfants[1]. En 1996, Ibrahim Baré Maïnassara et d'autres officiers militaires renversent le président Mahamane Ousmane, le premier président démocratiquement élu du Niger[6]. À la suite du coup d'État, Maïnassara gouverne le Niger de 1996 à 1999, sa femme, Clémence Aïssatou Baré, assumant le rôle de première dame du pays[1].
Son mandat de première dame prend fin lorsque son mari est assassiné dans des circonstances mystérieuses lors du Coup d'État de 1999 au Niger le [1].
Exil et combat pour la justice
Clémence Aïssatou Baré fuit le Niger avec ses enfants à la suite du meurtre de Maïnassara et du coup d'État de 1999[1]. La famille vit à Paris et à Genève, avant de s'installer à Dakar, au Sénégal, au début des années 2010[1]. Dans des entretiens, Baré a refusé de se qualifier d'exilée, déclarant plutôt que « des circonstances malheureuses m'ont simplement amenée à faire d'autres choix professionnels et familiaux à un certain moment de ma vie »[1]. Elle vivait en France depuis l'assassinat de son mari[2].
Une nouvelle constitution adoptée à la suite du référendum de accordait l'amnistie aux participants tant au coup d'État au Niger de 1996 qu'au coup d'État de 1999 qui a tué le président Maïnassara. Une enquête sur la mort de Maïnassara avait été lancée en , mais à la suite de la mise en œuvre de l'amnistie, l'enquête fut interrompue en [7].
Depuis 1999, l'ancienne première dame Clémence Aïssatou Baré et ses enfants mènent campagne pour que soient poursuivies en justice les personnes responsables du meurtre de son mari[4]. Les gouvernements nigériens successifs ont refusé d'arrêter ou de poursuivre quiconque soupçonné du meurtre de Maïnassara, invoquant l'immunité générale de 1999 pour les « auteurs, co-auteurs et complices » liés au coup d'État de 1999[4],[5]. Une demande d'abrogation de la loi d'amnistie a été rejetée par l'Assemblée nationale en [5].
Recours juridiques
Baré et d'autres familles affectées par le coup d'État de 1999 ont déposé plusieurs demandes et poursuites juridiques au Niger, mais n'ont obtenu aucune réparation[5]. Elle s'est tournée vers la Cour de justice de la CEDEAO d'Abuja, citant une enquête similaire sur l'assassinat en du président Thomas Sankara dans le Burkina Faso voisin[4].
En , la Cour de justice de la CEDEAO a ordonné au gouvernement nigérien de payer 435 millions de francs CFA de compensation à Clémence Aïssatou Baré et à sa famille pour le meurtre du président Ibrahim Baré Maïnassara et la violation du droit à la vie de feu le président[5],[4].
Retour diplomatique
Le , le gouvernement nigérien nomme Clémence Aïssatou Baré ambassadrice du Niger aux États-Unis[2],[3]. Cette nomination marque son retour sur la scène diplomatique internationale après de nombreuses années d'absence de la vie publique depuis la mort tragique de son époux en 1999[2],[3]. Cette désignation constitue un geste hautement symbolique qui traduit la reconnaissance d'un parcours marqué par la résilience et le sens du devoir, ainsi que la volonté des autorités nigériennes de confier une mission stratégique à une personnalité qui incarne à la fois la mémoire d'une période charnière de l'histoire nationale et l'ouverture vers l'avenir[3].
Références
- « Que sont devenues les veuves des anciens présidents africains? » [archive du ], sur Bamako Hebdo, (consulté le )
- « Niger : Clémence Aïssatou Baré, veuve de l'ex-président Ibrahim Baré Mainassara, nommée ambassadrice aux Etats-Unis », sur Sahel Intelligence (consulté le )
- « Mme Clémence Aïssatou Baré, veuve de l'ancien président Ibrahim Baré Maïnassara, nommée ambassadrice du Niger aux États-Unis », sur Niger Diaspora, (consulté le )
- « Au Niger, la famille de l'ex-président Baré Maïnassara réclame justice » [archive du ], sur BBC News, (consulté le )
- « Clémence Baré Maïnassara: "La balle est maintenant dans le camp de l'État du Niger" » [archive du ], sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ « Niger's First Democratically Elected President Is Ousted », sur Los Angeles Times, (consulté le )
- ↑ « Niger: Conditions of the amnesty granted to the perpetrators of the coups d'état of 27 January 1996 and of 9 April 1999; possibility that some of the guilty, in particular the former director of national security and the head of the special unit, were imprisoned following the coup d'état of 9 April 1999, then released without conditions after the amnesty », sur Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada,
Liens externes
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