Collège Sévigné

| Fondation |
3 novembre 1880 |
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| Type | |
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| Siège |
28 rue Pierre-Nicole (Paris) |
| Pays | |
| Coordonnées |
48° 50′ 02″ N, 2° 20′ 02″ E |
| Langue de travail |
| Fondateur |
Société pour la propagation de l'instruction parmi les femmes |
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| Site web |
| SIRET |
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Le collège Sévigné, fondé en , est un établissement privé laïque parisien sous contrat d'association avec l'État. Il est l'un des premiers établissements scolaires secondaires ouvert aux jeunes filles en France. On trouve parmi ses anciennes élèves nombre de personnalités du monde de l'éducation.
Classé onzième en 2023 par Le Figaro[1] parmi les meilleurs lycées privés de France, l'établissement, qui compte près de 1000 élèves, propose depuis 2016 un enseignement bilingue du primaire à la terminale, avec la préparation au baccalauréat français international (BFI). Son projet d'établissement, avec sa devise pascalienne « travaillons à bien penser », insiste sur l'équilibre entre excellence et bienveillance, l'importance du plurilinguisme dans les enseignements, l'innovation pédagogique, une pédagogie fondée sur la confiance. Son pôle d'enseignement supérieur, unique en France, offre un vaste choix de préparations aux concours de l'enseignement, tout en constituant un centre de recherches sur l'histoire de l'éducation et l'innovation pédagogique (IRCS, Institut de recherches du Collège Sévigné).
Histoire
Contexte de la fondation
L'établissement est fondé le [2] par les membres de la Société pour la propagation de l'instruction parmi les femmes (dont Michel Bréal, Marie-Joséphine de Marchef-Girard, Frédéric Passy), déjà à l'initiative de la création de l'École alsacienne l'année précédente. L'historienne Marie-Joséphine de Marchef-Girard en assure la direction de 1880 à 1883[3].
Depuis la Révolution française, les femmes n'ont plus accès à l'enseignement secondaire en France, contrairement par exemple aux États-Unis ou à l'Allemagne. C'est en décembre de la même année que fut promulguée la loi Camille Sée instituant les lycées de jeunes filles, mais ceux-ci ne les préparaient pas encore au baccalauréat.
Mathilde Salomon devient directrice du collège Sévigné en 1883 ; elle en assura la direction jusqu'à son décès en 1909[4]. Thérèse Sance lui succède en tant que directrice[5].
Externat privé et laïque, l'établissement était alors le seul en France à proposer aux filles un enseignement équivalent à celui des lycées de garçons ; il se taille rapidement une réputation d'excellence[6].
Formation de jardinières d'enfants
En 1909, le collège Sévigné ouvre un jardin d'enfants, et forme dès lors chaque année une trentaine d'élèves au métier de jardinière et d'institutrice. Sous l'impulsion de Thérèse Sance, la nouvelle directrice, membre de la Nouvelle éducation, le collège Sévigné devient le premier établissement en France où sont enseignés les principes de Fröbel, Maria Montessori et John Dewey[7].
Le philosophe Alain y donne de à un cours de pédagogie enfantine[8], tout comme l'écrivain et critique littéraire Jean Guéhenno, qui y enseigne[9] et la professeure de philosophie, socialiste, féministe et pacifiste Jeanne Halbwachs[10].
Corps enseignant
Toujours dans les années -, plusieurs autres professeurs sont engagés par la directrice Mathilde Salomon pour rejoindre le corps enseignant du collège Sévigné : le philosophe Frédéric Rauh, le philosophe Raoul Allier, l'historien Arthur Giry, le biologiste et chimiste Émile Duclaux, l'historien et homme politique socialiste Albert Thomas[11] ou encore Marguerite Thibert, docteur ès lettres et historienne[12]. Plus tard, une seconde génération de professeurs vint également rejoindre la précédente : le philosophe Maurice Merleau-Ponty[13], le sociologue franco-russe Georges Gurvitch, le philosophe et musicologue Vladimir Jankélévitch, le linguiste Georges Dumézil, l'historien Fernand Braudel, le philosophe Emmanuel Mounier, l'historien Jérôme Carcopino ainsi que l'helléniste Jacqueline de Romilly. De à 1942, date de son départ pour rejoindre les Forces françaises libres de Londres, le journaliste et résistant Pierre Brossolette enseigna l'histoire au collège Sévigné[14].
Seconde Guerre mondiale
Plusieurs élèves ont été déportés et sont morts assassinés à Auschwitz : Francine Bloch (1923-1944), Claude Hirtz (1924-1942), Juliette Mowszowicz (1924-1943), Suzanne Sahel (1925-1942), Michel Sikora (1935-1943)[15].
Le , l'établissement rend hommage à ces élèves et à ses anciennes élèves Justes parmi les Nations, Josèphe Massé née Cardin (1923-1992), Madeleine Steinberg née White (1921-2008) et Suzanne Guimbretière née Mathieu (1923-2016)[16].
Influence
Nombre d'anciennes élèves du collège Sévigné furent elles-mêmes des fondatrices d'école.
Madeleine Daniélou s'inspira des méthodes de Sévigné où elle avait étudié puis enseigné. Elle fonda en 1913 le collège Sainte-Marie de Neuilly, permettant aux jeunes filles catholiques de poursuivre leurs études jusqu'au baccalauréat, tout en leur évitant de perdre la foi par une éducation par trop laïque[17].
- Mais c'est surtout le cours de jardinières d'enfants qui devint un vivier pour l'éducation nouvelle en France. Émilie Brandt y enseigna et participa à la création en 1918 d'une annexe au collège à Strasbourg, avant de créer sa propre école, qui prit ensuite son nom, à Levallois-Perret[18].
Germaine Girard, directrice par la suite de l'école du Père Castor y fut également enseignante. Marie Rist y fut formée avant de créer l'École nouvelle d'Antony en 1961[19].
Anciennes et anciens élèves
- Thérèse Bertrand-Fontaine[14] , médecin ;
- Lise Bloch, femme de l'homme d’État Léon Blum ;
- Hélène Boucher, aviatrice ;
- Clotilde Bréal, fille de Michel Bréal et épouse du prix Nobel de littérature Romain Rolland, puis du pianiste Alfred Cortot[20] ;
- Ève Curie, pianiste et diplomate[13] ;
- Thomas Dutronc, fils de Jacques Dutronc et Françoise Hardy[21] ;
- Madeleine Jaurès, fille de l'homme politique socialiste Jean Jaurès[22] ;
- Irène Joliot-Curie, chimiste et physicienne ;
- Elisabeth Maxwell, historienne de la Shoah ;
- Yvonne Sorrel-Dejerine, neurologue ;
- Hélène Viannay[23], résistante durant la Seconde Guerre mondiale ; fondatrice de l'école de voile Les Glénans ;
- Louise Weiss, féministe, journaliste, femme politique française et députée européenne (1979-1983) ;
- Simone Weil, philosophe.
L'établissement actuel

L'établissement est aujourd'hui constitué de trois pôles.
Primaire
Le pôle primaire est situé au 95 boulevard Arago, près de la place Denfert-Rochereau. L'enseignement proposé est bilingue français-anglais à parité horaire, avec des enseignants natifs. Les enfants scolarisés sont issus de familles monolingues, bilingues et souvent plurilingues. Ils étudient les différentes matières dans l'une et l'autre langue. La recherche sur le plurilinguisme nourrit les pratiques pédagogiques, tandis que les classes servent aussi de terrain d'étude.
Collège
L'enseignement secondaire est situé au 28 rue Pierre-Nicole, dans le 5e arrondissement de Paris, de la sixième à la terminale. Le bâtiment, acquis en 1925, a fait l'objet d'une rénovation intégrale en 2021-2022 pour s'adapter aux besoins pédagogiques contemporains. L'enseignement bilingue y occupe une place importante (presque trois classes entières de terminale sur quatre préparent le baccalauréat international, section américaine). Un programme d'anglais renforcé (Anglais +, humanités, sciences) est proposé dès la 6e aux élèves n'ayant pas suivi de parcours bilingue, ce qui permet à un nombre significatif d'entre eux de rejoindre le parcours bilingue à la fin de la 4e. L'établissement est classé 21e parmi les meilleurs collèges privés de France dans le Figaro en 2026.
Lycée
À partir de la seconde, à côté du parcours Monde qui permet de préparer au brevet des collèges britannique-diplôme Cambridge (IGCSE) et au baccalauréat français international (BFI), un parcours Europe est proposé aux élèves non-bilingues afin de développer leurs compétences linguistiques : 75 % des élèves de ce parcours ont obtenu le niveau C1 lors de leur certification IELTS en 2025. Ce parcours vise aussi à renforcer la connaissance de l'Europe à travers 3 partenariats à Bruxelles, Francfort et Athènes, et grâce aux conférences que chaque année proposent des hommes et des femmes engagés dans la vie politique et culturelle de l'Europe (Clément Beaune et Aurore Lalucq étaient les parrains de la promotion 2024-2025, Le grand continent parraine la promotion 2025-2026).
En 2026, 50 % des élèves de terminale ont obtenu une mention très bien au baccalauréat (41 % en 2024 et 36 en 2023). Les admissions postbac témoignent des profils très variés d'élèves, qui se tournent aussi bien du côté des sciences (classes préparatoires) que du côté des sciences humaines (Sciences Po Paris, PSL, Dauphine).
En , le lycée se classe 15e sur 114 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement selon le quotidien Le Parisien et 36e sur 112 ainsi que 193e sur 2277 au niveau national selon le magazine L'Express[24],[25]. Le classement est établi sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la « valeur ajoutée » (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)[26].
En 2023, grâce à son taux de réussite au bac de 100 % et son taux de mention de 96 %, le lycée du collège Sévigné est classé 11e meilleur lycée privé de France par Le Figaro. Le lycée Sévigné obtient en outre +11, l'une des meilleures « valeur ajoutée » (part des élèves de seconde restant dans l'établissement jusqu'au bac) du classement national.[réf. nécessaire]
Enseignement supérieur
L'établissement comprend aussi une annexe au 39, rue Henri-Barbusse, occupée par le pôle d'enseignement supérieur, centre de formation des enseignants, depuis la fin du XIXe siècle ; son rayonnement est national. Près de 800 étudiants y sont inscrits chaque année, en présentiel ou en distanciel. On y prépare aux concours de l'enseignement (CAPES, agrégations, École du Louvre, grandes écoles de cinéma) mais aussi aux certifications complémentaires qui permettent aux enseignants de faire évoluer leur carrière en développant de nouvelles compétences (cinéma, DNL, latin etc.). Des formations aux concours administratifs ouvrent progressivement, pour d'autres perspectives aux enseignants qui souhaitent faire évoluer leur carrière[27].
Politique de prévention contre les violences sexistes et sexuelles
En juin 2023, le collège Sévigné est au centre d'une polémique, à la suite de révélations du journal Médiapart[28]. Plusieurs anciennes élèves accusent un professeur d'emprise, d'agressions sexuelles et de viols. La direction est accusée d'avoir protégé le professeur, malgré les alertes d'une des victimes présumées. Après la parution de l'article, le professeur, qui dément, est suspendu. Des élèves bloquent le collège pour protester contre la direction, accusée de complicité.
À partir de septembre 2023, à la faveur du changement de direction, le collège Sévigné a mis en place une politique d'ampleur de lutte contre les violences sexistes et sexuelles :
- mise en place d'un audit réalisé par le cabinet EGAE afin de faire un état des lieux
- formation systématique des personnels, dès leur embauche, à la problématique des VSS
- révision du règlement des personnels
- mise en place d'une commission VSS composée de membres formés et qui peut recevoir tout signalement, y compris de manière anonyme. Cette commission se réunit chaque fois qu'un cas est signalé : elle analyse la situation et propose à la direction un plan d'action adapté.
Notes et références
- ↑ « Notre palmarès 2023 des 60 meilleurs lycées publics et privés de France », sur LEFIGARO, (consulté le )
- ↑ « Accueil », sur College Sevigne (consulté le )
- ↑ Le Livre du Centenaire, 1880-1980, Paris, Nathan, (ISBN 2-09-186000-X), p. 155
- ↑ Catherine Nicault, « Mathilde Salomon, pédagogue et pionnière de l'éducation féminine », Archives juives, vol. 37, no 1 (2004), , p. 129-134 (lire en ligne).
- ↑ Fabienne Serina-Karsky, « Adèle Fanta (1856-1940) et Anna Amieux (1871-1961), deux militantes de la formation des jardinières d’enfants », Recherches & éducations, no HS, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Blandine Dominique Berger, Madeleine Daniélou, 1880-1956, Cerf, p. 35-36.
- ↑ Annick Ohayon, Dominique Ottavi et Antoine Savoye, L'Éducation nouvelle, histoire, présence et devenir, Peter Lang, , 330 p. (ISBN 978-3-03911-483-2, lire en ligne), p. 237.
- ↑ Baptiste Jacomino, Alain et Freinet, L'Harmattan, , p. 34-36.
- ↑ Jeanyves Guérin, Jean-Kely Paulhan et Jean-Pierre Rioux, Jean Guéhenno. Guerres et paix, Presses Univ. Septentrion, (lire en ligne), p. 133.
- ↑ Nicole Racine, « Cédric Weis, Jeanne Alexandre (1890-1980). Une pacifiste intégrale », sur Le Maitron, (consulté le ).
- ↑ Vincent Duclert, Réinventer la République. Une constitution morale, Armand Colin, (lire en ligne).
- ↑ Thébaud, Une traversée du Siècle. Marguerite Thibert. Femme engagée et fonctionnaire internationale, Paris, Belin, (ISBN 978-2-410-00549-3)
- Bernadette Moussy, Les Pédagogues dans l’Histoire, Chronique sociale (lire en ligne), « Collège Sévigné ».
- « Histoire/Valeurs », sur Collège Sévigné.
- ↑ « Le Collège Sévigné (Paris 5e) honore la mémoire de ses anciennes élèves - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah] », sur www.cercleshoah.org (consulté le )
- ↑ « AJPN.org » (consulté le )
- ↑ Blandine Dominique Berger, Madeleine Daniélou, 1880-1956, Cerf, p. 39-40.
- ↑ Fabienne Serina-Karsky, « L'accueil de l'enfant à l'école maternelle : recherche sur la collaboration entre une enseignante et une éducatrice de jeunes enfants ».
- ↑ Marie et Noël Rist, Une pédagogie de la confiance, Syros, .
- ↑ Dominique Missika, Thérèse, le grand amour caché de Léon Blum, Alma Éditeur, , 262 p. (ISBN 978-2-36279-181-9).
- ↑ Françoise Hardy, Le Désespoir des singes... et autre bagatelles, Groupe Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-11943-3, lire en ligne)
- ↑ Vincent Duclert et Gilles Candar, Jean Jaurès, Fayard, (lire en ligne), « Les cercles de l'amitié ».
- ↑ Clarisse Feletin, Hélène Viannay : l'instinct de résistance de l'occupation à l'école des Glénans, Paris, Pascal, , 250 p. (ISBN 2-35019-000-5)
- ↑ Classement départemental et national du lycée sur lexpress.fr.
- ↑ Palmarès du lycée sur parisetudiant.com.
- ↑ Méthodologie du classement national des lycées français sur lexpress.fr.
- ↑ « Formations | Agregation », sur www.collegesevigne.fr (consulté le )
- ↑ Mathilde Goanec, « Dans un lycée huppé, trois anciennes élèves dénoncent « l’emprise » de leur prof », sur Mediapart, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Blandine Dominique Berger, Madeleine Daniélou, 1880-1956, Le Cerf,

- Collectif, Le Livre du centenaire 1880-1980, Nathan,
- Jean-Pierre de Giorgio (dir.), L’École des jeunes filles. Mathilde Salomon, Presses universitaires de Rennes, 2017, 190 p. (ISBN 978-2-7535-5471-9)
- Antoine Prost (dir.), Réformer l'école : l'apport de l'éducation nouvelle (1930-1970), Presses universitaires de Grenoble,

Articles connexes
Liens externes
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