Concile de Milan

Concile de Milan (355)
Informations générales
Convoqué par Constance II
Sujets Condamnation d'Athanase d'Alexandrie par les évêques occidentaux; adoption de la formule de foi arienne par les évêques occidentaux.
Début été 355
Fin été 355
Lieu Milan
Refusé par Libère, Eusèbe de Verceuil, Lucifer de Cagliari
Organisation et participation
Présidé par Constance II, Valens de Mursa

Le concile de Milan est un synode de tendance arienne convoqué par l'empereur Constance II en 355.

Contexte

Depuis 351, Constance II réside en Occident à Milan. Présent pour combattre l'usurpateur Magnence qu'il bat définitivement à la bataille de Mons Seleucus en 353, il en profite aussi pour mener une politique religieuse en faveur de la foi arienne, dans la pars occidentalis alors fortement dominée par l'orthodoxie nicéenne. L'empire est alors en pleine crise religieuse, scindé entre les partisans de l'orthodoxie nicéenne en Occident (représenté par Athanase d'Alexandrie, la papauté de Jules puis Libère, Lucifer de Cagliari, Paulin de Trèves, etc.), et les différents courants ariens et homéens en Orient (représentés par Constance II, Valens de Mursa, Ursace de Singidunum, etc.)

Ainsi, après avoir célébré ses tricennales en Novembre 353 à Arles, Constance convoque dans cette même ville un concile visant à faire condamner Athanase par les Occidentaux, et à imposer la foi décidée au concile de Sirmium de 347-348. Le concile refuse de condamner Athanase, mais approuve la formule de foi à l'exception de Paulin de Trèves qui est exilé en Phrygie[1].

Déroulement

Après le concile d'Arles, Libère écrit à l'empereur pour demander la convocation d'un nouveau concile à Milan qui reviendrait sur la question d'Athanase et sur celle de la foi nicéenne[2]. Constance accepte, et réunit les évêques occidentaux d'abord dans la basilique majeure construite par Denys de Milan, puis finalement dans son propre palais impérial.

Selon Sozomène (H.E, IV, 9)[2] et Socrate de Constantinople (H.E, II, XXXVI)[3], plus de 300 évêques se rassemblent, mais ce nombre est sans doute largement exagéré. Le pape Libère n'est pas présent, mais il a envoyé son légat l'évêque Lucifer de Cagliari.

Les débats ont donc lieu sous la houlette de l'empereur et de son dignitaire Valens de Mursa. Les Occidentaux souhaitent d'abord accepter de souscrire à la condamnation d'Athanase, seulement si tous souscrivent à accepter la formule de foi nicéenne. Mais l'empereur refuse, et la plupart des évêques finissent par lui céder, et acceptent de signer ses conditions. Seuls Eusèbe de Verceil, Denys de Milan et Lucifer de Cagliari s'y opposent. Ils sont donc exilé par l'empereur qui impose aux clercs une véritable démonstration de loyauté politique, dans ce que certains historiens ont qualifié de césaropapisme[4].

Quelques semaines après le concile, durant l'automne 355, Libère est amené de force au palais impérial et s'entretient avec Constance qui veut le convaincre d'adopter sa foi. Libère finit lui aussi envoyé en exil le 13 Juin 356. Constance impose pour lui succéder, l'antipape Félix, qui lui est dévoué[1].

Autres

D'autres conciles se serait également tenus à Milan en : 344, 347, 390, 451, 679 et 860, ainsi que des synodes provinciaux : 842, 860, 880 et 1009[5].

Notes et références

  1. Pierre Maraval, Les fils de Constantin: Constantin II (337-340), Constance II (337-361), Constant (337-350), CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-07506-2), p. 264-269
  2. Hermias Sozomène, Joseph Bidez, Günther Christian Hansen et André-Jean Festugière, Histoire ecclésiastique, les Éd. du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », (ISBN 978-2-204-08581-6), p. 218-219
  3. Socrate de Constantinople, Pierre Maraval, « II, XXXVI », dans Histoire ecclésiastique. 2/3, Éd. du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », (ISBN 978-2-204-07866-5), p. 160-161
  4. Charles Pietri, « La politique de Constance II : un premier 'césaropapisme' ou l'imitatio constantini ? », Publications de l'École Française de Rome, vol. 234, no 1,‎ , p. 281–346 (lire en ligne, consulté le )
  5. Conciles et synodes de Milan, The Cyclopedia of biblical, theological, and ecclesiastical literature.
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