Démographie de la Roumanie

Démographie de la Roumanie
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Dynamique
Population 21 457 116 hab.
(2018)[1]
Évolution de la population −0,35 % (2018)[2],[3]
Indice de fécondité 1,36 enfant par ♀[4]
(2018)[5]
Taux de natalité 8,7 ‰ (2018)[6],[7]
Taux de mortalité 12 ‰ (2018)[8],[9]
Taux de mortalité infantile 5,6 ‰ (2023)[10],[13]
Âges
Espérance de vie à la naissance 75,6 ans (2018)[14]
Hommes : 72,1 ans
Femmes : 79,2 ans
Âge médian 41,6 ans (2018)[15]
Hommes : 40,2 ans
Femmes : 43 ans
Structure par âge 0-14 ans : 14,31 %
15-64 ans : 68,93 %
65 ans et plus : 16,76 %
Sex-ratio (2018)
Population totale 95 ♂/100 ♀
À la naissance 106 ♂/100 ♀
Par tranche d'âge 0-14 ans : 106 ♂/100 ♀
15-24 ans : 105 ♂/100 ♀
25-54 ans : 103 ♂/100 ♀
55-64 ans : 88 ♂/100 ♀
65 ans et + : 68 ♂/100 ♀
Flux migratoires (2018)
Taux de migration −0,2 ‰
Composition linguistique
Roumain (officiel) 85,0 %
Hongrois 6,2 %
Romani 1,2 %
Autres 7,6 %
Composition ethnique (2011)
Roumains 88,9 %
Hongrois 6,5 %
Roms 3,3 %
Autres 1,3 %
Composition religieuse (2011)
Orthodoxie 81,0 %
Catholicisme 5,2 %
Protestantisme 3,9 %
Autres 9,7 %
Aucune 0,2 %

Selon le recensement de 2011, la Roumanie compte 20 121 641 habitants. Le pays, qui connait un lent déclin démographique, est en majorité habité par des roumanophones (88,9 %) ; les minorités hongroise et rom représentent respectivement 6,5 % et 3,3 % de la population. En 2016, se basant sur des données excluant les citoyens expatriés, Eurostat estime la population de la Roumanie à 19 759 968, alors que la CIA, se basant sur des données différentes qui intègrent les résidents non-citoyens (principalement des citoyens Moldaves) y compte 21 599 736 habitants.

Historique démographique

Sources[16]

En Roumanie l'implantation humaine date du paléolithique, mais, en dehors des piémonts des montagnes et des vallées des principaux cours d'eau (voir géographie de la Roumanie), elle a été sporadique en raison du climat (périodes de sécheresse pluriannuelle) et d'invasions venues des steppes de l'est (peuples de cavaliers nomades). Les deux phénomènes sont d'ailleurs liés. La végétation aussi a évolué selon ces aléas : lors des périodes plus humides à peuplement sédentaire, les forêts (codri), les prés (pășuni) et les cultures (ogoare) progressaient, tandis que lors des périodes sèches à passage de peuples nomades, c'étaient les steppes à chardons, dont le Bărăgan est un exemple actuel. À chaque période sèche, les populations autochtones, à commencer par les Gétodaces et en continuant par les roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates (plus arrosés en raison de leur altitude), puis, les pluies revenues, ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages et des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions.

L’avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays fut celle des Tatars/Mongols au XIIIe siècle, puis le repeuplement roumain s’est effectué au XIVe siècle à partir de la Transylvanie, conclu par l’unification des petits voïvodats en deux principautés danubiennes : la Moldavie et la Valachie, qui s’unirent à leur tour en 1859 pour former la Roumanie.

Après la Seconde guerre mondiale, la Roumanie ne connaît ni « Libération » (dans le sens de « rétablissement de la démocratie ») ni retour de la prospérité, mais une nouvelle occupation durant 17 ans et une nouvelle dictature durant 45 ans, avec des difficultés économiques constantes qui n'empêchent pas une lourde industrialisation, une rapide urbanisation, les études plus longues et l'émancipation des femmes. En raison de ces diverses causes, il n'y a pas de baby-boom après guerre et la natalité décroit abruptement. Dans la population, la peur de l'avenir face au régime, contribue aussi à la diminution de la natalité, en Roumanie comme dans d'autres pays du bloc communiste.

Face à cette diminution, le président Nicolae Ceaușescu fait voter un décret interdisant l'avortement sur demande, en 1967. La natalité double, puis l'adaptation de la population la fait descendre lentement. Les générations nées en raison de ce décret s'appellent les « decretsels ».

À la libération de 1989, le décret est aboli. Malgré la démocratie, la confiance ne revient pas car en l'absence de tout équivalent du Plan Marshall, les responsables du régime précédent profitent de l'isolement et des dures conditions d'intégration posées par l'Union européenne (qui tarde durant 17 ans) pour se maintenir au pouvoir politique et économique. Par conséquent, la natalité en Roumanie (comme dans les autres pays de l'Europe de l'Est) devient inférieure à la mortalité : la population a chuté de 3,5 millions entre 1990 et 2019 à cause de l'émigration économique et de la natalité réduite[18].

Indicateurs démographiques

  • Pyramide des âges (estimations de 2014)[19] :
    • 0-14 ans : 14,6 % (homme 1 628 220 ; femmes 1 541 914)
    • 15-24 ans : 11,3 % (homme 1 258 746 ; femmes 1 197 681)
    • 25-54 ans : 45,7 % (homme 5 021 370 ; femmes 4 916 576)
    • 55-64 ans : 13 % (homme 1 320 781 ; femmes 1 508 878)
    • 65 ans et plus : 15,1 % (homme 1 346 864 ; femmes 1 988 841)
  • Répartition entre villes et campagnes[20] :
    • population urbaine (municipalités et villes) - 55,2 %
    • espace rural (communes) - 44,8 %
  • Taux de croissance de la population[19] : -0,29 % (estimation 2014)
  • Espérance de vie[19] : 74,69, dont :
    • hommes : 71,23 ans
    • femmes : 78,36 ans
  • Taux de natalité : 9,27 naissances/1000[19] (estimation 2014)
  • Taux de mortalité : 11,88/1000[19] (estimation 2014) dont mortalité infantile : 10,16/1000[19] (estimation 2014)
  • Taux de fécondité : 1,32 enfants par femme[19] (estimation 2014)
  • Taux de migration : -0,24/1000[19] (estimation 2014)

Ethnie

Le recensement ethnique en Roumanie est déclaratif et certaines communautés ethniques semblent sous-évaluées : c'est particulièrement le cas des Roms, nombreux à se déclarer Roumains pour ne pas être assimilés à des mendiants ou des « voleurs de poules »[21]. Évalués entre 90 000 et 120 000 personnes[22], les Aroumains, pour leur part, sont officiellement comptés parmi les Roumains, même s'ils se déclarent « Aroumains »[23].

  1. ↑ Y compris les Aroumains.
  2. ↑ Y compris les Sicules.
  3. ↑ Y compris les Ruthènes et Houtsoules.
  4. ↑ Y compris les Lipovènes.
  5. ↑ Y compris les Carashovènes.

Religions

Le recensement de 2011 comportait une case « tradition religieuse »[25], mais si les athées et les sans religion déclarés sont peu nombreux, cela ne signifie pas que tous ceux qui ont déclaré une tradition soient pratiquants réguliers ou même croyants ; en fait, la pratique est forte surtout dans les petites confessions et, pour la confession majoritaire, lors des grandes fêtes traditionnelles telles que baptêmes, mariages, enterrements, Pâques et Noël[26] :

Migrations

Emigration

Immigration

Notes et références

  1. ↑ Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  2. ↑ Le taux de variation de la population 2018 correspond à la somme du solde naturel 2018 et du solde migratoire 2018 divisée par la population au 1er janvier 2018.
  3. ↑ Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  4. ↑ L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) pour 2018 est la somme des taux de fécondité par âge observés en 2018. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d'enfants qu'aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés en 2018. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de 2018.
  5. ↑ Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  6. ↑ Le taux de natalité 2018 est le rapport du nombre de naissances vivantes en 2018 à la population totale moyenne de 2018.
  7. ↑ Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  8. ↑ Le taux de mortalité 2018 est le rapport du nombre de décès, au cours de 2018, à la population moyenne de 2018.
  9. ↑ Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
  10. ↑ Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an et l'ensemble des enfants nés vivants.
  11. ↑ « Infant Mortality Rate by Country 2023 », sur worldpopulationreview.com (consulté le ).
  12. ↑ https://www.cia.gov/the-world-factbook/field/infant-mortality-rate/country-comparison
  13. ↑ [11],[12]
  14. ↑ L'espérance de vie à la naissance en 2018 est égale à la durée de vie moyenne d'une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de 2018. C'est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de 2018.
  15. ↑ L'âge médian est l'âge qui divise la population en deux groupes numériquement égaux, la moitié est plus jeune et l'autre moitié est plus âgée.
  16. ↑ Constantin C. et Dinu Giurescu, Istoria Românilor din cele mai vechi timpuri și pînă astăzi, Editura Albatros Bucarest 1971 ("Histoire des Roumains des origines a nos jours").
  17. ↑ (ro) « Rezultate | Recensamant 2011 », (consulté le ).
  18. ↑ Marine Leduc, « En Roumanie, immigrés dans un pays d’émigration », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  19. (en) « World Factbook », CIA (consulté le ).
  20. ↑ National Institute of Statistics, INSSE.ro, July 1, 2007 (ro).
  21. ↑ Article "Mais combien sont les Roms ?" publié dans le journal Jurnalul Naţional, traduit en français sur le site Presseurop.eu, le 20/10/2011 - Mais combien sont les Roms ?
  22. ↑ « Eurominority », sur eurominority.org.
  23. ↑ Certaines associations aroumaines, comme Bana armâneascã (sur [1]) militent activement pour la reconnaissance des Aroumains comme comunitate naţională
  24. ↑ (ro) « Structura Etno-demografică a României », sur edrc.ro (consulté le ).
  25. Rezultatele finale ale Recensământului din 2011: (ro) « Tab8. Populația stabilă după etnie – județe, municipii, orașe, comune »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Institutul Național de Statistică din România, (consulté le ).
  26. ↑ Assistance au culte corrélée à l’appartenance religieuse - enquête nationale SSC, 2001 sur [2]
  27. (en-GB) « Database - Eurostat », sur ec.europa.eu (consulté le ).
  28. ↑ (en) « Database - Eurostat », sur europa.eu (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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