Dino Roberto
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(à 80 ans) |
| Nom de naissance |
Bernardino Dino Roberto |
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| Parti politique |
Bernardino Roberto, dit Dino Roberto, né le 14 juillet 1886 à Milan et mort le 2 septembre 1966, est un journaliste et militant politique italien.
Biographie
Jeunesse et interventionnisme durant la Grande guerre
Orphelin de père, Dino Roberto, né Bernardino, grandit aux Martinit, un institut caritatif pour les orphelins milanais. À sa sortie, il s'engage dans le mouvement socialiste milanais et rencontre Filippo Corridoni dont il devient un ami et un collaborateur[1]. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il est un militant actif de la branche maximaliste du Parti socialiste italien (PSI) aux côtés de Benito Mussolini. En rupture avec la ligne neutraliste, il est expulsé du parti avant de participer à la fondation du Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste et de manifester pour l'entrée en guerre de l'Italie[1].
En mars 1915, Roberto se rend à Paris avec Alceste de Ambris[2] pour obtenir financement devant permettre le lancement de Il Popolo d'Italia auprès des socialistes français. Accompagnés de Luigi Campolonghi, ils rencontrent le ministre d’État Jules Guesde et son secrétaire Marius Moutet. Après la Seconde Guerre mondiale, Gaetano Salvemini racontera les évènements :
« Ils (les trois) souhaitaient que Guesde envoie des émissaires afin de rallier les socialistes italiens à la cause interventionniste. Au cours de leur entretien, Marius Moutet, député socialiste français et secrétaire général de Guesde, entra dans la pièce. Il portait une enveloppe gonflée de billets de banque, que Guesde plaça sans commentaire dans un tiroir de son bureau. Quelques instants plus tard, alors que ses visiteurs s’apprêtaient à partir, Guesde reprit l’enveloppe et tenta de la remettre à Roberto, expliquant qu’elle contenait la « contribution mensuelle » de Mussolini de la part de ses « camarades français ». Les visiteurs de Guesde hésitèrent à accepter l’enveloppe. Celui-ci ajouta alors que les fonds ne provenaient pas du gouvernement français, mais résultaient d’une souscription volontaire organisée parmi les socialistes français. De Ambris accepta finalement la somme, que Mussolini reçut en bonne et due forme. L’implication était que ce versement constituait l’un des premiers d’une série de paiements destinés à Mussolini »[2].
De retour en Italie, il s'engage comme volontaire, le 24 mars 1915, au sein du 67e régiment d'infanterie de l'armée italienne. et est gravement blessé le 23 octobre (ou mai selon les sources) dans la tranchée des Frasche, lors de l’assaut au cours duquel mourut Corridoni[3].
Du Popolo d'Italia au Parti républicain et à l'antifascisme
Devenu invalide de guerre, il participe à Milan à la fondation de l'Associazione Nazionale fra Mutilati ed Invalidi di Guerra sous la direction de Cipriano Facchinetti, et collabore au journal L'Italia nostra des syndicalistes nationaux de l'Unione Italiana del Lavoro (UIL). En 1917, il est engagé comme rédacteur à Il Popolo d’Italia et participe, après l'armistice, au lancement de la Famiglia Italiana per la Società delle Nazioni, un mouvement basé sur les 14 points de Wilson[1]. En janvier 1919, lors d'une conférence au théâtre de la Scala de Milan où Leonida Bissolati défend un compromis sur les frontières italiennes, nationalistes et fascistes perturbent violemment la séance[1]. En rupture avec cette action, Dino Roberto quitte son poste au Popolo d’Italia, un choix qu'il expliquera plus tard : « des divergences de vues politiques avec l’actuel chef du gouvernement – écrivit-il en 1933 depuis la maison pénale de Volterra au ministère de la Justice – me contraignirent à démissionner »[3].
Devenu militant du Parti républicain italien (PRI), il est envoyé en 1921 à Trévise pour soutenir la campagne de Guido Bergamo. Il reste sur place pour organiser syndicats et coopératives républicaines et collabore au journal antifasciste La Riscossa[1]. Le 14 juillet de la même année, lors d'un assaut d'envergure mené de nombreux squadristes contre les locaux républicains, Roberto prend la tête d'une vingtaine de jeunes pour défendre le bâtiment. Il est blessé au cours de l'affrontement[4].
Clandestinité, condamnation et détention
Après l'instauration du régime fasciste, il organise clandestinement l'exfiltration et la fuite à l'étranger de plusieurs personnalités recherchées, dont Eugenio Chiesa et Alvise Pavan, et s'engage activement au sein de Giustizia e Libertà aux côtés de Riccardo Bauer et Ernesto Rossi[1]. Arrêté par la police politique, il est condamné à 10 ans de prison par le Tribunal spécial[5] et purge finalement 13 ans de détention (cumulant prison et une période de confino sur l'île de Ponza). Depuis la maison d'arrêt de Volterra, il écrit une lettre au ministère de la Justice dans laquelle il écrit :
« Tout en étant en désaccord avec le fascisme quant aux moyens, le soussigné s’accorde avec lui quant à la fin de vouloir une Italie grande et respectée. Voilà pourquoi il ne peut pas vivre tranquillement avec ceux qui l’ont trahie par avidité d’argent »[3].
Il refuse de cohabiter en cellule avec des prisonniers condamnés pour espionnage militaire.
Libération, exil en Suisse et fin de vie (1943-1966)
Le 25 juillet 1943, il est libéré à la suite de la chute du gouvernement de Mussolini mais doit s'exiler en Suisse pour protéger sa santé. Le 25 avril 1945, il rentre à Milan le jour de la Libération et reprend l'action politique aux côtés de Cipriano Facchinetti pour soutenir la proclamation de la République italienne. (qui sera votée par référendum en 1946)[1]. Retiré de l'action politique, il meurt dans sa ville natale en septembre 1966.
Notes et références
- « Dino Roberto », Il Pensiero Mazziniano, (lire en ligne)
- William A. Renzi, « Mussolini's sources of financial support, 1914-1915 », History, vol. 56, no 187, , p. 189-206 (lire en ligne)
- Paolo Palma, Una bomba per il duce la centrale antifascista di Pacciardi a Lugano : 1927-1933, Rubbettino, (lire en ligne), p. 155-156
- ↑ Ernesto Rossi et Gaetano Salvemini, Dall’ esilio alla Repubblica Lettere 1944-1957, Bollati Boringhieri, (lire en ligne)
- ↑ Luigi Einaudi et Ernesto Rossi, Carteggio (1925-1961 ), Torino, Fondazione Luigi Einaudi, 126 p. (lire en ligne)
Bibliographie
- Paolo Palma, Una bomba per il duce la centrale antifascista di Pacciardi a Lugano : 1927-1933, Rubbettino, 2003, p.155-156.
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