Unione Italiana del Lavoro
| Fondation |
9 juillet 1918 |
|---|---|
| Dissolution |
1925 |
| Scission de |
| Type | |
|---|---|
| Pays |
| Fondateur | |
|---|---|
| Secrétaire | |
| Idéologie |
L'Unione Italiana del Lavoro (Union Italienne du Travail) (Uil ou UIdL) est un ancien syndicat italien (1918-1925).
Histoire
Fondé le par Alceste de Ambris et Edmondo Rossoni, ce syndicat rassembla l'aile « interventionniste » (favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915) qui fut expulsée de l'Unione Sindacale Italiana (USI) d'inspiration syndicaliste révolutionnaire.
Les revues et journaux attachés ou liés à l'UIL étaient : L'Italia nostra, Il Rinnovamento (1918-19) de de Ambris, Cultura sindacale (1920-21) de Rossoni, Battaglie dell'Unione Italiana del Lavoro (1919), Il Sindacato operaio (1920-22), Pagine libere et La Patria del pololo (1920-1923) de Angelo Oliviero Olivetti.
Syndicat attaché aux valeurs patriotiques et néanmoins syndicat de lutte, il eut une certaine influence parmi les paysans parmesan (fief d'Alceste De Ambris), les ouvriers de la Ligurie, de Milan, et parmi les employés notamment de Rome.
Angelo Oliviero Olivetti en était l'éminence grise. Attaqué à partir de 1920 par les bandes du fascisme agraire auquel il faisait concurrence, ce syndicat, qui perdit beaucoup de militants subjugués par les sirènes du fascisme (dont Rossoni qui devint un chef du syndicalisme fasciste), subit le même destin que les autres syndicats italiens et finit par disparaitre en 1925 avec l'instauration de la dictature fasciste.
Il n'y a pas de lien de continuité avec le syndicat homonyme né après la Seconde Guerre mondiale.
Programme
« NOUS VOULONS :
- Constituante nationale, comprise comme section italienne de la Constituante Internationale des Peuples, pour procéder à la transformation radicale des bases politiques et économiques de la vie sociale, par des méthodes et des moyens qui assurent, sans piétinements ou arrêts, la continuation et le développement de la civilisation.
- Proclamation de la République Italienne. Décentralisation du pouvoir exécutif; autonomie administrative des Régions et des Communes au moyen d'organes législatifs propres. Souveraineté populaire exercée par le suffrage universel égal et direct des citoyens des deux sexes, avec pour le peuple droit d'initiative, de référendum et de veto. Extirpation de la bureaucratie irresponsable et réorganisation ex novo de l'administration des organismes étatiques. Limitation des fonctions de l'Etat à la direction civile et politique de la vie nationale.
- Abolition du Sénat et de toute forme artificieuse et arbitraire de limitation de la souveraineté populaire. Abolition de la police politique; constitution d'une Garde civique communale et nationale. Magistrature élective, indépendante du pouvoir exécutif.
- Abolition de toutes les distinctions et titres de caste des princes, ducs, marquis, comtes, commandeurs, chevaliers, etc. Seuls titres d'honneur et de noblesse : l'intelligence, l'honnêteté, le travail.
- Abolition de la conscription obligatoire. Désarmement général et interdiction dans toutes les nations de fabriquer des armements et des navires de guerre.
- Liberté de pensée, de religion, d'association, de presse, de propagande, d'agitation individuelle et collective.
- Système d'éducation avec des écoles de culture, d'art et de métiers effectivement libres et ouvertes à tous. Bibliothèques gratuites pour la connaissance et l'étude de tout ce qu'on pense et écrit dans chaque domaine de la recherche intellectuelle et scientifique. Enseignement supérieur réservé aux seules capacités manifestes et propres à développer la science et la culture d'autrui. Choix scrupuleux et garanties aux enseignants, en tenant compte de la haute importance sociale de leur tâche.
- Organisation extrême, jusqu'à la perfection, de l'hygiène sociale, par l'assainissement des habitations des villes et des campagnes et la construction de nouvelles maisons modernes. Soutien et assistance inconditionnée aux mutilés, aux orphelins, aux invalides, aux vieillards, aux malades, à la maternité, aux déficients. Elimination de toute manifestation de misère et de mendicité et donc de toute forme de charité dégradante et hypocritement compatissante.
- Dissolution des sociétés anonymes, industrielles et financières; suppression de toute forme de spéculation banquière et boursière; création d'un organisme national avec des sections régionales, qui règle les valeurs, distribue le crédit et soutienne avec les produits du travail établis à cet effet et sans taxes, impôts ou autre les administrations publiques.
- Recensement et réduction des fortunes personnelles. Confiscation des rentes improductives. Et, dans ce but, paiement des dettes du vieil Etat par les possédants qu'il a protégés et qui ont été ses bénéficiaires.
- Interdiction de travailler pour les enfants âgés de moins de 16 ans. Passé 16 ans, obligation pour tous de travailler huit heures par jour. Trêve de parasites qui ne se rendent pas utiles, selon leurs capacités, à la communauté sociale et condamnation de l'oisiveté comme manifestation de criminalité humaine.
- Intensification de la production agricole industrielle, de l'exploitation de la mer et développement de la navigation, non au profit d'un petit nombre, mais pour garantir un haut niveau de vie à ceux qui travaillent, selon l'idée supérieure de la justice distributive de la richesse produite.
- Réorganisation du système de la production sur la base associative et la participation directe de tous les éléments du travail intellectuel, technique et manuel: remise de la terre à cultiver aux paysans associés; la gestion des industries, des transports et des services publics aux Syndicats des techniciens et des travailleurs. Elimination de toute forme de spéculation personnelle sur la production, par l'établissement du principe social que l'on doit produire pour le bien-être commun et pour le parfait fonctionnement des administrations civiles locales, régionales, nationales.
- Abolition de la diplomatie secrète. Politique internationale ouverte, inspirée par l'idée de la solidarité et de la fraternité des peuples, s'engageant au respect réciproque de l'indépendance et des intérêts nationaux de chaque peuple. Contrôle du change pour l'exportation et pour l'importation. Réalisation de la grande idée de la liberté de chaque citoyen dans la Nation et de la Nation dans l'Internationale »[1],[2].
Membres
- Edmondo Rossoni
- Alceste De Ambris
- Amilcare De Ambris
- Michele Bianchi
- Tullio Masotti
- Michele Bianchi
- Angelo Oliviero Olivetti
- Agostino Lanzillo
- Livio Ciardi
- Romualdo Rossi
- Vittorio Picelli
- Ettore Cuzzani (1882-1934)
- Adelmo Pedrini (1888-1947)
- Umberto Pagani (1892-1966)
Notes et références
Bibliographie
- Matteo Pasetti, Tra classe e nazione. Rappresentazioni e organizzazione del movimento nazional-sindacalista (1918-1922), Carocci, 2008.
- Pietro Neglie, Sindacalismo rivoluzionario, sindacalismo nazionale e confederalismo laico-socialista. La Uil dal primo al secondo dopoguerra, Il Pensiero Storico, 2021.
- Portail de l’Italie
- Portail de la politique italienne
- Portail de l’entre-deux-guerres
- Portail des années 1910
- Portail du syndicalisme