Dionisia Manzanero Salas

Dionisia Manzanero Salas
La résistante Dionisia Manzanero Salas.
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Dionisia Manzanero Salas, née à Madrid en et assassinée dans cette même ville le , est l'une des Treize Roses, treize femmes espagnoles fusillées le devant les murs extérieurs du cimetière de La Almudena après la fin de la guerre d'Espagne, avec quarante-trois hommes, également républicains espagnols.

Toutes et tous ont été accusés d'appartenir aux Jeunesses socialistes unifiées (JSU) ou au Parti communiste d'Espagne (PCE)[1].

Biographie

Dionisia Manzanero Salas naît dans le quartier madrilène de Cuatro Caminos, dans une famille de six enfants. Son père, León Manzanero, est militant de l'Union générale des travailleurs (UGT).

Pendant la guerre d'Espagne, Dionisia apporte de l'aide à des familles dans le besoin, travaille en tant qu'infirmière à l'hôpital des Brigades internationales et combat au front avec le bataillon Octubre.

En , elle adhère au PCE après que la mort de sa sœur Pepita pendant le conflit, tuée par un obus[2]. Elle travaille au PCE comme secrétaire dans le secteur de Chamartín de la Rosa. Elle se lie d'amitié avec la célèbre Rosario Sánchez Mora, surnommée « Rosario la dynamiteuse » avec qui elle passe trois mois à l'école des cadres du parti. C'est aussi au sein du parti qu'elle rencontre son fiancé Bautista Almarza qui, pendant la guerre, est responsable d'une division de tanks à Valence. La dernière fois qu'elle l'a vu, ce fut au début de l'année 1939, lorsqu'il vient à Madrid pour quelques jours de permission. Lorsque Dionisia Manzanero est arrêtée, elle sait qu'il a été fait prisonnier à Valence et qu'il est incarcéré dans le camp de concentration d'Albatera[1],[3].

Après la fin de la guerre d'Espagne, Federico Bascuñana, à travers sa femme, prend contact avec Dionisia, amie de Pilar Bueno Ibáñez et lui demande de travailler dans la clandestinité comme contact pour porter des messages entre les dirigeants[1].

Dionisia est arrêtée le , à l'aube, au domicile familial. Elle est incarcérée à la prison pour femmes de Ventas le . Elle n'est pas placée au département de mineures, créé à l'initiative de María Sánchez Arbós, détenue de la prison. Dans une lettre adressée à sa famille, elle donne ses coordonnées : elle est dans la première galerie droite, cellule 18[4],[5],[1].

Dans le dossier numéro 30 426, un témoin, sans faire allusion directement à Dionisia, mentionne qu'une tentative de complot contre le général Franco le jour de la parade de la Victoire est en préparation au domicile de Blanca Brisac Vázquez (l'une des Treize Roses) ; mais cette circonstance, considérée aujourd'hui comme incertaine, n'a pas donné lieu à une accusation.

L'assassinat de Dionisia Manzanero est aujourd'hui plutôt considéré par les historiens comme un acte de représailles pour l'attentat perpétré par trois autres militants des JSU contre le commandant de la garde civile, Isaac Gabaldón, sa fille et le conducteur José Luis Díez Madrigal. Pourtant, Dionisia n'a jamais été accusée de cet attentat, puisque, comme les autres Roses, elle est déjà incarcérée lorsque les faits se produisent[6].

Dionisia est condamnée à mort sur le motif d'être « le contact de Bascuñana avec les diverses branches des organisations des JSU et du Parti communiste »[1].

La sentence de l'affaire judiciaire, en date du , est approuvée ce même jour par le Conseil de guerre franquiste. Cependant, il est indiqué dans le texte que l'exécution des peines de mort demeurait en suspens jusqu'à la réception du « reçu » (feu vert) de Franco. Pourtant, la sentence est exécutée le sans attendre ce reçu, signé que le . Les instances de grâce n'ont pas été présentées par la directrice Carmen Castro[7].

Cette célérité dans l'administration franquiste empêche que les proches soient prévenus de l'exécution. Selon ce qu'a raconté María Manzanero, sœur de Dionisia, lorsqu'ils sont arrivés à la prison le pour recueillir des signatures sollicitant le report de la sentence, il leur est dit que Dionisia a déjà été fusillée. Après cette information, elle se rend avec sa famille pour voir le cadavre de sa sœur[5],[8].

Dans une lettre adressée à sa famille, Dionisa écrit : « Comme vous avez pu le voir à travers mon jugement, le procureur me voit comme un être indigne d'exister dans la société de la Révolution nationale syndicaliste. Mais ne vous tourmentez pas, gardez la sérénité et la fermeté jusqu'au dernier moment, ne soyez pas étouffés par les larmes, ma main ne tremble pas en écrivant. Je suis sereine et ferme jusqu'au dernier moment. Mais n'oubliez pas que je ne meurs pas en criminelle ni en voleuse, je meurs pour une idée »[9].

Postérité

Voir aussi

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Dionisia Manzanero Salas » (voir la liste des auteurs).
  1. Carlos Fonseca, Trece rosas rojas : [la conmovedora historia de trece mujeres fusiladas en Madrid, RBA, (ISBN 84-473-4002-3, OCLC 803886782, lire en ligne)
  2. (es) « Quienes eran » (consulté le )
  3. (es) Carlos Fonseca, Rosario Dinamitera: una mujer en el frente, Temas de Hoy, (ISBN 978-84-8460-506-5, lire en ligne)
  4. « Cárcel de ventas » [archive du 27 de febrero de 2021], carceldeventas.madrid.es (consulté le )
  5. (es) Fernando Hernández Holgado, « La prisión militante: las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945) », eprints.ucm.es, (consulté le )
  6. Fernando Hernández Holgado, La prisión militante las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945), Universidad Complutense de Madrid, (ISBN 978-84-695-0327-0, OCLC 929343024, lire en ligne)
  7. (es) Tomasa Cuevas, Presas: mujeres en las cárceles franquistas, Icaria Editorial, (ISBN 978-84-7426-830-0, lire en ligne)
  8. (es) Fernando Hernández Holgado, Mujeres encarceladas: la prisión de Ventas, de la República al franquismo, 1931-1941, Marcial Pons Historia, (ISBN 978-84-95379-64-1, lire en ligne)
  9. (es) « Dionisia Manzanero Salas » (consulté le )
  10. (es) « Reparto de Las 13 rosas (2007) », sur eCartelera (consulté le )

Liens externes

  • Ressource relative à l'audiovisuel :
  • Dernière lettre de Dionisia Manzanero à ses parents.
  • Documentaire Que mon nom ne s'efface pas de l'Histoire (Les Treize Roses Rouges).
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