Du Xunhe

Du Xunhe
Rencontre de la pluie dans une auberge de voyage, composé par Du Xunhe (copie manuscrite à l’encre sur papier, calligraphie impériale de l’empereur Kōmyō).
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Nom dans la langue maternelle
杜荀鹤 (Du Xunhe)
Nom de naissance
杜荀鶴 (Du Xunhe)
Autres noms
nom de courtoisie : Yanzhi (彥之),
il se donne le surnom de « l’Homme du mont Jiuhua » (九华山人)
Nationalité
Activités
Autres activités
Famille
Dù (en)
Père

Du Xunhe (chinois : 杜荀鹤 ; chinois traditionnel : 杜荀鶴 ; pinyin : Dù Xúnhè ; Wade : Tu Hsün-ho) (846-904), également connu sous le prénom de courtoisie de Yanzhi (彥之)[1] est un fonctionnaire et un célèbre poète chinois actif pendant la fin de la dynastie Tang. Il se donne lui-même le surnom de « l’Homme du mont Jiuhua » (九华山人). Originaire du comté de Shitai à Chizhou (aujourd’hui village Du, comté de Shitai, Anhui), il obtient le titre de jinshi (érudit) en 691 et se fait connaître par sa poésie, développe son propre style, et excelle particulièrement dans les poèmes de palais[2]. Il meurt en 904.

Biographie

Du Xunhe appartient à l’ethnie Han. Il est de naissance modeste, on raconte qu'il serait né d’une concubine répudiée de poète Du Mu (au moment où Du Mu était administrateur de Chizhou), mais cette affirmation n’est pas vérifiable puisque très peu de documents historiques subsistent pour fournir un indice précis sur les parents de Xunhe. Dans son enfance, il aime apprendre. Il possède déjà un talent poétique à sept ans. Il étudie et termine ses études au mont Jiuhua[3]. Dans la vingtaine et la trentaine, il se rend plusieurs fois à Chang'an pour tenter les examens impériaux, mais ne les réussit pas et retourne dans les montagnes. Lorsque les troupes insurgées du rebelle Huang Chao[a 1] balayent le Shandong et le Henan autour de 875, il rentre chez lui depuis Chang'an pour échapper à la guerre et il vit retiré pendant quinze ans[4].

En 891, en la deuxième année de Dashun, après 15 ans de vie d'ermite, grâce à la recommandation de Zhu Wen, commandant militaire de Xuanwu[5], il réussit finalement les examens impériaux et il est reçu huitième au concours de jinshi[3]. Il a quarante-six ans. L’année suivante, à cause des troubles de la guerre, il retourne dans sa ville natale et vit en cultivant la terre et en étudiant[6] vol. 691. Puis, le général et politicien Tian Jun (田頵) du Xuanzhou qui l’estime beaucoup l’emploie comme conseiller[2]. En 903 il l'envoie à Bian pour établir de bonnes relations avec Zhu Quanzhong qui le traite généreusement et après que Tian Jun ait été exécuté, Zhu Wen recommande la nomination de Xunhe comme académicien de Hanlin, assistant-directeur Ministère des Affaires protocolaires / des invités et rédacteur des édits impériaux[6].

S’appuyant sur son pouvoir, Du Xunhe est particulièrement hostile aux aristocrates de la cour impériale qu'il méprise, suscitant la colère générale. Les nobles offensés par son comportement complotent pour l’assassiner, mais leur tentative échoue. Xunhe prévoit alors de tuer chaque noble de la cour mais, atteint d’une grave maladie en 904, il meurt au bout d’une dizaine de jours avant de pouvoir mettre son plan à exécution[7],[8] vol. 24.

* * *

Du Xunhe débordait de talent, sa carrière officielle était semée d’embûches, il ne réalisa jamais pleinement ses ambitions, mais dans le domaine de la poésie, il jouissait d’une grande renommée, développa son propre style et excellait particulièrement dans les poèmes de palais[4]. Du Xunhe avait plusieurs amis contemporains tels que tels que Gu Yun (poète), Luo Yin (poète), Fang Gan et Zhang Qiao.

Poésie

Xunhe excelle en poésie, avec un style clair et élégant, aérien. Sa poésie est principalement composée de formes régulières, elle utilise une langue simple et un style limpide, que les générations suivantes appellent « le style de Du Xunhe ». Une partie de ses œuvres reflète les contradictions sociales et les souffrances du peuple durant les guerres féodales à la fin des Tang, ce qui le rend particulièrement remarquable[2]. Du lui-même affirmait que le but de la poésie devait être « la délivrance de la souffrance » (救物)[9]. Ayant longtemps vécu dans le cadre du mont Jiuhua, il compose de nombreux poèmes décrivant ses paysages, qui portent des couleurs temporelles très marquées[4]. Ses poèmes de palais sont également très célèbres[2].

Œuvres

  • Collection de poèmes à la manière des Tang (Tangfengji) (唐風集) : Du Xunhe rassemble ses propres écrits dans les dix volumes de cette oeuvre, avec plus de trois cents poèmes.
  • 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) : cette anthologie comprend trois volumes des poèmes et textes de Du Xunhe[6] vol. 691 .

Poème

La veuve dans la montagne (山中寡妇)

Chinois

夫因兵死守蓬茅
麻苎衣衫鬓发焦
桑柘废来犹纳税,
田园荒后尚征苗。

时挑野菜和根煮,
旋斫生柴带叶烧。
任是深山更深处,
也应无计避征徭。

Traduction libre

Son mari est mort à la guerre, elle garde seule la hutte de chaume,
Ses vêtements sont de chanvre et de ramie, ses cheveux brûlés de misère.
Les mûriers et les ormes sont à l’abandon, mais elle paie les impôts,
Les champs en friche, pourtant on exige les impôts.

Elle cueille des herbes sauvages et des racines à cuire,
Elle coupe du bois vert avec ses feuilles pour faire du feu.
Même au cœur des montagnes les plus reculées,
Elle ne peut échapper aux impôts réclamés.

Notes et références

Notes

  1. ↑ La rébellion de Huang Chao dura de 874 à 884.

Références

  1. ↑ (zh) Xiao Difei, 萧涤非杜甫研究全集 (上,下) (Études complètes sur Du Fu par Xiao Difei, Tomes 1 et 2), Harbin,‎ (ISBN 9787531640837)
  2. (zh) « 杜荀鹤 (杜荀鶴) (Du Xunhe) », sur Gushiwen.cn,‎ (consulté le )
  3. (zh) Li You, 唐詩選箋: 中唐-晚唐 (Sélection annotée de poèmes Tang : Moyen Tang – Fin Tang), Showwe Information Co Ltd,‎ (ISBN 9789869499859), p. 257
  4. (zh) « 杜荀鹤 (杜荀鶴) (Du Xunhe) », sur Baike.baidu, Pékin,‎ (consulté le )
  5. ↑ (zh) Ruan Yue (阮閱), 詩話總龜 (Le Grand recueil des propos poétiques), vol. 5,‎ vers 1114-1173
  6. (zh) 杜荀鹤 (杜荀鶴) (Du Xunhe), « 全唐詩 (全唐诗) (Poésies complètes des Tang) »,‎ (consulté le )
  7. ↑ (zh) 钱江学术 (Recherches académiques de Qianjiang), vol. 2, Baihuazhou Literature & Art Publishing,‎ (ISBN 9787806475270), p. 43
  8. ↑ (zh) Xue Juzheng (薛居正), avec la collaboration de plusieurs lettrés de la cour des Song (dynastie Song du Nord, sous le règne de Taizu), Ancienne histoire des Cinq Dynasties (舊五代史),‎
  9. ↑ (zh) Wang, Yunxi, Han Wei Liuchao Tangdai wenxue lun cong (汉魏六朝唐代文学论丛) (Recueil d’études sur la littérature des Han, Wei, Six Dynasties et Tang), Harbin, Shanghai Guji Chubanshe,‎ (ISBN 9787309030242), p. 110

Liens externes

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