Forces de défense de l'Ambazonie
| Forces de défense de l'Ambazonie (en) Ambazonia Defence Forces | |
| Idéologie | Séparatisme |
|---|---|
| Objectifs | Indépendance des deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, en une république fédérale d'Ambazonie. |
| Statut | actif |
| Fondation | |
| Date de formation | septembre 2017 |
| Pays d'origine | |
| Fondé par | Conseil de gouvernement de l'Ambazonie |
| Actions | |
| Mode opératoire | Lutte armée, guérilla, raid, terrorisme dont attentats à la bombe et attentat à la voiture piégée |
| Zone d'opération | Région du Nord-Ouest, Région du Sud-Ouest, Cameroun |
| Période d'activité | depuis 2017 |
| Organisation | |
| Chefs principaux | • Julius Nyih (« Commandant en chef ») • Lucas Ayaba Cho (Ex-« Commandant en chef ») • Benedict Nwana Kuah (« Président du Conseil des FDA ») • Capo Daniel (Ex-« Chef adjoint de la défense ») |
| Membres | 1 500 (2018)[1],[2] 200-500 (2019)[3] |
| Financement | Impôt révolutionnaire[4], diaspora camerounaise |
| Groupe relié | |
| Répression | |
| Considéré comme terroriste par | Cameroun |
| Crise anglophone au Cameroun | |
Les Forces de défense de l'Ambazonie (FDA ; en anglais : Ambazonia Defence Forces, ADF) sont un groupe armé séparatiste actif dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les FDA prônent l'indépendance de ces régions et la constitution de la république fédérale d'Ambazonie, État autoproclamé dans ces zones. Ils sont créés par le Conseil de gouvernement de l'Ambazonie (AGovC) en [1].
Histoire
Les FDA mènent une guérilla contre l'armée camerounaise depuis [5]. Le , le gouvernement intérimaire de l'Ambazonie condamne les attaques des FDA qui tuent trois gendarmes[6].
Début 2018, la position non violente du gouvernement intérimaire évolue, ouvrant la possibilité d'une coopération entre lui et les FDA. Les FDA déclinent les offres d'intégration dans le Conseil d'autodéfense de l'Ambazonie (CAA), une organisation faîtière créée par le gouvernement intérimaire pour réunir tous les groupes séparatistes sous une même bannière. En , les FDA affirment avoir 1 500 hommes sous leur commandement, répartis dans 20 bases à travers les régions anglophones[1],[2]. À la suite de la mort du commandant Ivo Mbah en , le président de l'Ambazonie, Samuel Ikome Sako fait l'éloge du séparatiste et exhorte tous les groupes à « ignorer nos petites différences » et à s'unir[7].
En , un dirigeant des FDA annonce qu'il exporterait la lutte armée dans les régions francophones du Cameroun. Une semaine plus tard, des séparatistes, potentiellement des membres des FDA, mènent une attaque à Penda Mboko, dans la région du Littoral, blessant trois gendarmes, au mépris de la politique du gouvernement intérimaire selon laquelle le conflit ne devrait avoir lieu que dans les régions anglophones[8]. Fin , les FDA annoncent un couvre-feu de six mois. Cette décision fait suite à la condamnation à perpétuité de Sisiku Julius Ayuk Tabe, premier président de l'Ambazonie, et de neuf autres leaders séparatistes[9].
En , des villageois en colère attaquent des camps séparatistes à la suite de cinq opérations les visant. Les FDA condamnent ouvertement les exactions commises par les éléments séparatistes. Les membres des FDA reçoivent l'ordre d'arrêter toute personne surprise en train de terroriser des civils, y compris les combattants séparatistes[10]. Plus tard dans le mois, les Forces de restauration de l'Ambazonie (FRA), dirigées par le général Chacha, enlèvent 40 combattants des FDA, dont six sont exécutés[11]. Lorsque les Forces de défense du Cameroun méridional (FDCM) déclarent un cessez-le-feu de quatorze jours à la fin du mois de , en raison de la pandémie de Covid-19, le Conseil de gouvernement de l'Ambazonie (AGovC) déclare que les FDA en déclareront également un à condition que l'armée camerounaise soit confinée dans sa base, pour la durée du cessez-le-feu[12]. En réponse à l'opération Bamenda Clean, les FDA appellent la population locale à se soulever contre l'armée camerounaise[13].
En , le général Efang des FDA présente ses excuses à la population pour les exactions commises par certains éléments séparatistes. Il affirme que les combattants séparatistes qui violent les civils sont souvent sous l'emprise de la drogue et déplore que cela ait conduit à la création de milices pro-gouvernementales[14]. Le , le Conseil de gouvernement de l'Ambazonie conclu officiellement une alliance avec le peuple indigène du Biafra (IPOB). Selon le chef adjoint de la défense des FDA, Capo Daniel, cette alliance implique des opérations militaires ainsi que des bases d'entraînement communes pour s'emparer des frontières de l'autre partie et assurer la libre circulation des armes[15]. L'alliance est dénoncée par le gouvernement intérimaire de l'Ambazonie ainsi que par d'autres groupes séparatistes biafrais[16].
En , Capo Daniel démissionne de l'AGovC et par extension des FDA afin de poursuivre un activisme indépendant. Le chef des FDA Lucas Ayaba Cho prend acte de sa démission et le remercie pour ses années de travail[17]. En , à la suite du massacre de Bamenda, Lucas Ayaba Cho déclare que désormais, chaque fois que l'armée camerounaise tuera des civils anglophones, les FDA tueront des civils francophones. Il ajoute que « lorsque le Cameroun commencera à respecter les Conventions de Genève, nous ferons de même »[18].
Le , il est confirmé que l'armée camerounaise avait capturé le commandant en chef des FDA, le général Efang, qui avait été blessé au combat deux semaines plus tôt. C'est la deuxième fois que les FDA perdent leur principal commandant sur le terrain[19].
Stratégie
Inférieurs numériquement et matériellement à leur adversaire, les FDA s'appuient sur du hit-and-run, des embuscades et des raids, profitant de leur familiarité avec le terrain. Leur objectif est de porter le coût de la présence militaire camerounaise dans les régions anglophones à un niveau supérieur aux bénéfices que le pays en retire[20].
Affaires judiciaires
Arrestations et inculpations de dirigeants en Occident
Le , Lucas Ayaba Cho est arrêté en Norvège sur « des accusations basées sur ses diverses expressions sur les réseaux sociaux »[21]. En , il est désormais accusé de crimes de guerre[22].
Le , deux leaders des FDA, Benedict Nwana Kuah et Pascal Kikishy Wongbi, sont arrêtés dans le Minnesota, aux États-Unis, et inculpés de complot visant à tuer, kidnapper, mutiler et blesser des personnes au Cameroun ; et de complot visant à blanchir de l'argent. Benedict Nwana Kuah est également accusé d'avoir conspiré en vue d'utiliser des armes de destruction massive au Cameroun[23].
Le , quatre personnes sont arrêtées et trois d'entre elles sont incarcérées à la suite de perquisitions simultanées à Anvers et à Londerzeel, en Belgique, dans le cadre d'une enquête lancée à l'été 2025 par le parquet fédéral, en collaboration avec la Norvège et les États-Unis, sur des soupçons de crimes contre l'humanité et crimes de guerre visant les FDA[24].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ambazonia Defence Forces » (voir la liste des auteurs).
- (en) « Cameroon: I spent a week embedded with Anglophone armed separatists », sur RFI, (consulté le ).
- Le nombre avancé n'est qu'une estimation d'un journaliste en se basant sur le nombre de combattants dans un seul camp par rapport au nombre de camps (soit 100 combattants par camp et 20 camps)
- ↑ (en) « Cameroon’s Anglophone Crisis: How to Get to Talks? », .
- ↑ (en) Soulemanu Buba, « Northwest: Batibo population decry extortion by Ambazonia Defence Forces », .
- ↑ (en-US) « Emuparadise 2022 », sur Emuparadise 2022 (consulté le ).
- ↑ (en-US) « ‘Ambazonia’ Interim “President” Condemns Violence Amid Claims By ADF of Masterminding Gendarme Killing », sur Cameroon News Agency (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Opinion: Ambazonia ‘Acting President’ Says General Ivo Died A Hero », sur Cameroon News Agency (consulté le ).
- ↑ (en-US) Mark Bareta, « Interim Government Warns Cameroun Against Propagating Inter-Citizen War Between Both Cameroons », sur BaretaNews, (consulté le ).
- ↑ (en-US) « After Life Imprisonment Sentence: Ambazonians Promise Tough Days Ahead », sur Cameroon News Agency (consulté le ).
- ↑ (en) « Cameroon Anglophone Villagers Attack Separatist Camps Over Abuse », sur VOA (consulté le ).
- ↑ (en) « Cameroon’s Anglophone Separatists Turn to Infighting », sur VOA (consulté le ).
- ↑ (en-US) « COVID19: IG, AGovC Will Declare COVID19 Ceasefire Only When All Parties Agree To Internationally Binding Terms », sur Cameroon News Agency (consulté le ).
- ↑ (en) « Cameroon Military Sweeps Northwest City to Weed Out Separatists », sur VOA (consulté le ).
- ↑ Lebledparle.com, « Un « général » ambazonien présente ses excuses aux populations du Nord-ouest et du Sud-ouest », sur Le Bled Parle : L'actualité africaine de dernière minute du jour (consulté le ).
- ↑ (en-US) Jess Craig, « Separatist Movements in Nigeria and Cameroon Are Joining Forces », sur Foreign Policy (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Internal crisis threatens IPOB, Cameroon separatist union », sur The Sun Nigeria, (consulté le ).
- ↑ (en) « Frontline separatist commander, Capo Daniel, resigns from AGOVC », sur Cameroon News Agency (consulté le )
- ↑ (en-US) « Investigation: How Nacho killings unfolded, ADF alleged involvement », sur Cameroon News Agency (consulté le )
- ↑ (en-US) « Gov’t forces capture ADF supreme commander », sur Cameroon News Agency (consulté le )
- ↑ (en) Peter Zongo, « This is a genocide: villages burn as war rages in blood-soaked Cameroon », sur the Guardian, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) « Lucas Ayaba Cho: Cameroonian Anglophone leader arrested in Norway », sur BBC News (consulté le )
- ↑ « Cameroun : le dirigeant ambazonien Lucas Cho Ayaba désormais accusé de crimes de guerre », sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ (en) « Leaders of African Separatist Movement Indicted in Minnesota », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Plusieurs arrestations en Belgique pour des soupçons de crimes contre l’humanité », sur Le Figaro, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- (en) DeLancey, Mark Dike; DeLancey, Mark W.; Mbuh, Rebecca Neh, Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1538119679)
- Portail du Cameroun
- Portail de l’histoire militaire
- Portail du terrorisme