François Ambrosiny
| Nom de naissance | Francesco Ambrosino |
|---|---|
| Naissance |
Procida (Italie) |
| Décès |
(à 76 ans) Bruxelles |
| Activité principale | danseur, librettiste, chorégraphe |
| Activités annexes | maître de ballet des Théâtre de la Monnaie, Covent Garden, Opéra de Paris |
| Lieux d'activité | Tunis, Bruxelles, Londres, Paris |
Œuvres principales
Maïmouna (1906)
Une nuit à Ispahan (1909)
Les Petits Riens (1914)
François Ambrosiny (parfois orthographié Ambrosini mais né Francesco Ambrosino), né le [N 1] à Procida en Italie[1] et mort à Bruxelles le , est un danseur, librettiste et chorégraphe franco-belge.
Biographie
Début de carrière
Fils du cordonnier italien Michele Ambrosino et de son épouse Marianna Mancino[2], François Ambrosiny est engagé au Grand théâtre de Marseille à l'âge de 16 ans, et y reste jusqu'en 1887. Trois ans plus tard, et pour trois années, il est danseur au Grand Théâtre de Buenos Aires[3].
Il monte le Ballet Ambrosini, petite compagnie qui « fait fureur » au Casino d'Hammam Lif situé en bord de mer, « rendez-vous de tout le high life tunisien »[4]. Il quitte Tunis pour rejoindre Montpellier en 1895, l'année où il obtient la naturalisation française[5].
En 1896, il est maitre de ballet et danseur comique (ou « premier danseur en tous genres »[6]) à Rennes avec son épouse, première danseuse de demi-caractère, dansant aussi les travestis[7]. Leurs emplois sont les mêmes au théâtre de Bayonne l'année suivante[8]. Il tourne apparemment avec sa petite compagnie, la presse notant à Rennes en 1896 : « M. Poyard, directeur, s'est assuré le concours d’un corps de ballet »[9], à Rouen en 1898 : « les débuts du grand ballet Ambrosiny »[10], à Bordeaux en 1898 aussi : « avec la troupe chorégraphique de M. Ambrosiny »[11], en s'adjoignant à plusieurs reprises les services d'Alice Frassi « Ire danseuse noble du grand théâtre du Capitole en représentations[N 2] ».
En , il règle à Liège Cyris et Mintha : « Ce ballet fait sur une nouvelle parue ici même et signée Gésa Darsuzy [N 3] fut écrite pour cause et pour but de délassement. J’en confiais la partition à un maître de ballet plus méridional que moi, M. Ambrosiny, sûr qu’il me dispenserait de toute peine comme organisation et comme répétition. Quoi qu’en pense l'Express de Liège, M. Ambrosiny s’est tiré de sa tâche avec honneur et bonheur. Il m'a dispensé de toute peine et de tout travail ; je n'ai eu qu'à me rendre comme un spectateur quelconque au Théâtre royal de Liège pour m'entendre jouer (…) Cyris, c était Ambrosiny lui-même, et il a été assez heureux dans ses compositions originales pour savoir composer et jouer ce personnage. Mintha, c'était Mme Olga Euler[N 4], que je trouverais sans défaut si elle n'intéressait pas si fort les musiciens de l'orchestre. »[12].
À Bruxelles et Londres
En , La Dépêche bretonne indique qu'il règle à Rennes Le Serpent, un ballet-pantomime en 2 actes, d'après le livret qu'il a rédigé lui-même et sur une musique de Victorin Casquil, mais des pourparlers sont en cours avec le Théâtre royal de la Monnaie dont la presse a déjà fait écho en avril de l'année précédente[13].
Il s'installe donc à Laeken (commune du nord de Bruxelles), au 190 de l'avenue Richard Neybergh[14], et travaille comme danseur et régisseur de la danse à la Monnaie, dont la troupe de danse, composée de trois solistes masculins (outre lui), huit solistes féminines, huit coryphées, 32 danseuses et 12 danseurs[15], a pour maitre de ballet Gaetano Saracco. Sa situation bruxelloise reste identique jusqu'à la saison 1904-1905 où il est nommé maitre de ballet selon les archives du Théâtre de la Monnaie.
Depuis 1900, cependant, il assume couramment cet emploi en Angleterre : « M. Ambrosiny dont nous suivons avec plaisir les succès depuis plusieurs années, vient de signer un nouvel engagement pour le théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles. Pour la saison d'été il est ballet master au théâtre royal de Covent garden, à London. Il paraît que c'est une vraie tour de Babel avec ces (sic) trois troupes française, italienne et allemande. Pour chacune il y a un chef d'orchestre et un régisseur parlant la langue de la troupe ; mais il n'y a qu'un ballet master. Savez-vous comment fait Ambrosiny ? Il parle à tous marseillais, et tout le monde comprend, tant il est vrai que la Cannebière (sic) est connue du monde entier. »[16] Maitre de ballet et chorégraphe à Bruxelles pendant la saison théâtrale, et maitre de ballet, l'été, à Londres où il danse devant la reine Victoria et le futur roi Edouard VII, où il règle la partie chorégraphique du gala offert au président de la République française Armand Fallières[17]. et où il emmène chaque année sa troupe belge et ses étoiles, il mène donc une double vie chorégraphique jusqu'à la Première Guerre mondiale où le théâtre bruxellois va fermer. Librettiste, il écrit des scenarii tant pour ses employeurs que pour d'autres — comme en 1906 celui de Marion dansé à Genève sur une musique de Jules Deveux, chef d'orchestre belge ayant fait ses études au Conservatoire royal de Liège et travaillé à Angers, Aix-les-Bains, La Haye, Genève et Anvers[18],[19].

En 1908, François Ambrosiny est nommé officier d'Académie par le gouvernement français[20] ; il recevra (en 1914) la rosette d'« officier de l'Instruction publique » (grade supérieur du même ordre)[21]. et deviendra aussi Commandeur du Nichan Iftikhar, un ordre honorifique tunisien.
Comme tous les chorégraphes de son temps travaillant dans les grands théâtres, outre les leçons de danse qu'il donne, il règle et fait répéter les ballets d'opéras, par exemple de Richard Wagner (Bacchanale), Hector Berlioz (ballets des Sylphes de la Damnation de Faust, de la Prise de Troie et des Troyens à Carthage), d'André Messager (Madame Chrysanthème), de Bedřich Smetana (La Fiancée vendue), de Richard Strauss (Salomé), de Jules Massenet (Ariane), de Xavier Leroux (Le Chemineau), etc.[22]
Il crée évidemment des œuvres chorégraphiques indépendantes aux thèmes variés, s'inspirant de l'Orient (préfigurant l'attrait des Ballets russes qu'il va inviter à la Monnaie dès , pour deux soirées, avec trois chorégraphies de Michel Fokine : Cléopâtre, Les Sylphides et Le Festin, et qu'il fera revenir en 1922, 1927 et 1928) comme pour Maïmouna et Une Nuit d'Ispahan, se tenant au courant de l'évolution de la musique et de la danse à l'étranger — par exemple en Espagne qui produit des artistes intéressants comme Salvador Valverde (es) (La Zingara) —, qu'elles soient théâtrales ou populaires, n'hésitant pas à en introduire certains éléments dans ses chorégraphies — comme dans Hopjes et hopjes où il utilise le cake-walk en association avec l'idée qu'on se fait de la Hollande[N 5]. Le patrimoine dansé français ne lui est pas étranger : il reconstitue, à partir de données de journaux parisiens du XVIIIe siècle, Les Petits Riens, un ballet de Jean-Georges Noverre qui était considéré comme perdu.
Responsable des ballets à Bruxelles, il organise aussi des spectacles en province comme, en , deux représentations au Théâtre royal de Mons à la demande de l'Association des commerçants et industriels de cette ville. La salle est comble avec l'élite montoise, des industriels venus de France, des députés, des membres du barreau, des financiers ; les billets pour la troisième galerie se revendent à six fois leur prix. Hymne national français en début de spectacle et Marseillaise chantée à la fin. Non seulement il l'organise mais il y danse le rôle de Coppelius dans Coppélia et y produit La Fille du tambour-major où il intercale un divertissement chorégraphique[23].
Le 20 et le , la Monnaie fait découvrir Loïe Fuller au public bruxellois ; suivent sept jours de Festival Wagner (chanté en allemand) du au où interviennent encore les danseurs du théâtre. Pour la clôture de la saison bruxelloise, au tout début mai, la Monnaie présente le prologue de Paillasse, trois tableaux du 3e acte de Faust[N 6], le duo de Manon dans la chapelle de Saint-Sulpice, le 1er acte de La traviata, le 2e de Tosca et le ballet Les Petits Riens où se produit, dans le rôle de l’Amour et « avec beaucoup de talent », une « pauvre petite déshéritée du sort », la jeune élève Belserep, 10 ans, du Conservatoire de danse que dirige aussi François Ambrosiny[N 7]. Il y forme lui-même des danseuses de talent comme son étoile (et 1re danseuse étoile du Covent Garden) Félyne Verbist qui déclare, en interview à la presse française après le spectacle, qu'elle n'a pas le temps de se reposer car elle débutera le à Londres où elle doit danser devant le roi du Danemark, car elle répète avec Ambrosiny le répertoire qu'elle va danser jusqu'en août « avec des artistes tels que Caruso, Melba, la Tétrazzini et autres », mais qu'elle rentrera avec plaisir à la Monnaie en septembre[24].
Ce qui ne se fera pas car, suite à l'invasion de la Belgique par l'armée allemande le 4 août 1914, le théâtre de la Monnaie ferme pour quatre ans.
De 1914 à 1918 : Chicago et Paris
François Ambrosiny quitte l'Europe pour les États Unis : repris comme maitre de ballet au Chicago Grand Opera Company — d'une ville qui devient la capitale américaine du ballet alors que New York favorise la danse moderne[25] — pour les saisons 1915-1916, 1916-1917[26], il va y exercer en fait jusqu'à la saison 1919-1920, partageant son temps de travail entre Europe et USA comme il l'avait fait précédemment entre Belgique et Royaume-Uni[27].
Pour l'Europe, c'est à Paris qu'il travaille, très précisément à l'Opéra national de Paris. Ce théâtre, à la veille du conflit mondial, s'est trouvé sans directeur (les deux derniers, André Messager et Leimistin Broussan, ayant fait faillite) ; leur successeur devait être Jacques Rouché mais l'État a fermé les théâtres à la déclaration de guerre. Si la Comédie-Française et l’Opéra-Comique ont rouvert après quatre mois, il en est allé différemment de l'Opéra qui, occupant un millier de personnes, nécessitait pour la reprise d'activités des montants dont la France avait besoin pour la guerre. Ce n'est qu'en qu'une programmation est relancée ; le surnombre des danseuses par rapport aux danseurs (et le fait que des femmes dansent en travesti) permettra la remise en route de la troupe mais il n'y a plus de maitre de ballet, Léo Staats étant mobilisé[28].

Jacques Rouché fait donc appel à François Ambrosiny dont la réputation n'est plus à faire, la presse y compris française se montrant élogieuse à son égard depuis des années, et l'engage comme intérimaire. Celui-ci emmène avec lui Ernest Merle-Forest, le régisseur général de la Monnaie depuis la saison 1909-1910[29] et la presse française note en que « La Monnaie abonde à l'Opéra ! M. Ambrosiny n'a pas le physique avantageux habituel aux maîtres à danser. Il ne cambre pas la taille comme M. Ivan Clustine. Il ne renverse pas la tête comme M. Michel Fokine. Plutôt petit, il va, trottinant, méditatif, modeste. Cependant, M. Ambrosiny eut la gloire de participer aux représentations du théâtre de la Cour d'Angleterre. » Et ce journal de citer des détails rassurants sur le travail d'Ambrosiny pour la reine Victoria, la Cour de Belgique, les souverains danois, signalant au passage que le nouveau maitre de ballet a dû abandonner dans son jardin une danseuse de marbre que les Allemands ne réussirent pas à emporter[30]. Directeur, librettiste, peintre, chef d'orchestre, mime et chorégraphe préparent, dans le décor d'une autre œuvre, la mise en scène du Roman d'Estelle où, dans « la belle place » laissée à la chorégraphie se déroule le « fameux galop que l'on dansait en 1833 dans Gustave ou le Bal masqué, d'Auber »[31]. Les critiques sont positives et le chorégraphe prépare l'importante partie chorégraphique de Carême-Prenant constituant une reconstitution de danses anciennes en vogue à l'époque de Louis XIII d'après l'Orchésographie de Thoinot Arbeau : menuet, gigue, gavotte, canaries ; pour la volte et le branle de la Torche et du Chandelier, il confie, par manque de danseurs, les coryphées aux adolescents des petites classes. « La volte a parfaitement séduit MM. les abonnés. Fait exceptionnel, ils n'ont pas quitté leur fauteuil de toute la représentation ! »[32].
D' à la mi-, il est à nouveau aux États-Unis. Dès son retour à Paris (noté par Le Gaulois en date du ), il achève de régler la chorégraphie dans l'opéra Messidor d'Alfred Bruneau. La Lanterne affirme le qu'il enchaine avec les répétitions de Aïda puis il crée au début mars, avec les étoiles Aïda Boni et Albert Aveline, le ballet Adélaïde ou le langage des fleurs sur l'orchestration par Maurice Ravel de ses Valses nobles et sentimentales, jamais encore dansé à l'Opéra. Repartant à Chicago en , il est remplacé à Paris par Nicola Guerra, note Le Cri de Paris le .
De 1918 à 1944
« Le Théâtre de la Monnaie, où pendant la guerre les Allemands avaient donné pour eux seuls des représentations d'opéras et opérettes, a dès le lendemain de l'armistice, été replacé sous la direction de M. Maurice Kufferath. Le 21 décembre, devant une salle comble et enthousiaste, se fit la réouverture de l'Opéra Royal.(…) Le corps de ballet fut remis au point. On y retrouva avec joie Mlle Felyne Verbist, qui pendant la guerre triompha en Italie, en Espagne et dans toute l'Amérique du Sud. Mlle Verbist est une des personnalités les plus hautes qui se soient multipliées pour la propagande des Alliés en Sud-Amérique où elle jouit d'une rare estime auprès du monde argentin et chilien. » François Ambrosiny y est à nouveau maitre de ballet[33]. En fait, lors de la réouverture du théâtre, la troupe n'est pas au complet et les artistes, revenant peu à peu, aucun tableau complet n'est publié. À partir de la saison suivante François Ambrosiny se voit adjoindre un régisseur et une maitresse de la classe de danse, Pétronille Hanssens, danseuse de la troupe depuis 1905 ; outre les étoiles Josette Cerny et Félyne Verbist, et le premier danseur Sacha Sarkoff, le corps de ballet de la Monnaie compte alors 57 danseurs et danseuses. Ils accueillent Anna Pavlova pour un grand gala de danse russe et Loïe Fuller pour cinq matinées[34].

En se donne la 75e représentation de Hopjes et hopjes. Le , Comœdia consacre deux colonnes élogieuses de sa première page à l'étoile bruxelloise Félyne Verbist (qui part à Stockholm et qu'on ne retrouve plus ensuite au tableau des artistes de la Monnaie) ; il y est rappelé qu'elle a été formée par Ambrosiny et indiqué qu'« elle fut la première à reprendre, à la Monnaie, dans le Spectre à la Rose [sic], le rôle écrasant de Nijinski »[35]. Le suivant, deux colonnes et demies de Comœdia sont consacrées au Congrès international de la danse qui se déroule à Bruxelles, dans les salons de la Taverne Royale, pour tenter de créer une Fédération Internationale, d'établir une technique et une méthodologie de la danse et « d'éliminer de la profession les exploiteurs sans scrupules, qui ne recherchent que le seul profit ». François Ambrosiny y assiste, membre du jury devant lequel se produisent, pendant de longues heures, des professeurs de danse[36]. En , la Monnaie donne le ballet Coppélia en l'honneur des 25 années de présence, au théâtre, du maitre[37] dont une fille va commencer à régler des divertissements à Paris[38].
Avec (notamment) Libeau, Poot, Thiriar, Ghedelrode [sic], François Ambrosiny fonde à l'automne 1926 une section belge de la Société du Théâtre universel (S.U.D.T.), créée à l'initiative de Firmin Gémier et dont le Premier congrès international du théâtre et premier festival international d'art dramatique et lyrique va se dérouler en juin de l'année suivante à Paris[39]. Leur objectif réside dans la protection du statut des participants aux arts du spectacle : auteurs et compositeurs, comédiens, chanteurs, danseurs, techniciens et critiques[40].
La saison 1925-1926 l'a vu enchainer les créations de La Nuit de Phœbus (musique de la belge[pas clair] Camille Kufferath), L'Enfant et les Sortilèges, L'oiseau enchanté de Nicolas Tcherepnine et la présentation des Petits riens en déplacement à Montreux. Vont suivre Les Danses wallonnes sur la musique d'André Grétry, et Ma-Tchou-Tchin, musique de Gaston Knosp mais aussi le ballet nuptial de Roméo et Juliette à l'occasion du mariage du prince Léopold et d'Astrid de Suède, et un spectacle au Théâtre en plein air de Namur[41].

En , il accueille les Ballets russes de Serge de Diaghilev, le mois suivant les Ballets espagnols de La Argentina et en décembre les ballets d'Ida Rubinstein[42].
De 1906 à 1933-1934, toujours maitre de ballet, il a créé ou remonté trente-cinq ballets et chorégraphié les parties dansées de tous les opéras donnés à la Monnaie, emmenant aussi, occasionnellement, sa troupe en province[43]. Il a créé ses ballets sur des musiques diverses, dont celles de compositeurs belges comme André Grétry, mais surtout contemporains de sa propre époque — Joseph Jacob (en), Georges Lauweryns, Joseph Jongen, Paul Goossens, Auguste De Boeck, Eugène Saeys (Ixelles 10-09-1887 - Forest 22-08-1969), Camille Kufferath (fils de Maurice Kufferath), Gaston Knosp, Auguste Dupont, Paul Gilson, Erasme Raway (nl), Maurice Schoemaker, Marcel Poot, Victor Vreuls.
Retiré à 56 ans, il meurt dix ans plus tard dans sa maison de Laeken où ses filles Léo et Louise, dites les demoiselles Ambrosiny, enseignent tout à fait traditionnellement à l'aide de la canne de danse « jusqu’à marbrer les cuisses d’hématomes », dans les caves, la tradition de la danse classique aux enfants et adolescentes qu'on appelle les « ambrosinettes » ; ces élèves participent à de nombreux spectacles[44] et vont danser dans les hôpitaux pour les enfants malades — comme en témoigne Annie Cordy, l'une d'entre d'elles[45].
François Ambrosiny est remplacé dans sa fonction de maitre de ballet par Leonid Katchourovsky (également danseur et chorégraphe de 14 ballets à la Monnaie jusqu'en 1939[N 9]) ; la liste des responsables s'agrandit d'un professeur de danse pour les garçons (le soliste Edgard de Ghistelles), tandis que deux niveaux sont créés pour les cours des femmes : l'étoile Bella Darms prenant en charge le supérieur et Pétro Hansens étant chargée du cours élémentaire du conservatoire. Le , Bruxelles est bombardée par l'aviation allemande ; le théâtre ferme et rouvrira le 1er octobre suivant, la toute première création se faisant deux jours après avec un ballet chorégraphié par Marthe Coeck, soliste à la Monnaie depuis la saison 1930-1931, formée par François Ambrosiny et première femme à assurer le poste de maitresse de ballet et chorégraphe dans l'histoire du Théâtre de la Monnaie[46].
Chorégraphies
Outre les ballets d'opéras et opérettes, François Ambrosiny a créé, en tant qu'œuvres à part entière :
- Une aventure de la Guimard (Bruxelles, )
- Maïmouna, musique d'Alexandre Béon, livret de Tiny Béon et Ambrosiny (Bruxelles, )
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- Au Japon, musique de Louis Ganne (1907)
- La légende de la perle, musique de Joseph Jacob ()
- Au pays des cigales, musique de Léo Pouget (Bruxelles, )
- Quand les chats sont partis..., musique de Georges Lauweryns (Bruxelles, )
- Le Maître à danser, musique de François Rasse (Bruxelles, )
- Une nuit à Ispahan, musique de Joseph Szulc, livret de Fijan et Ambrosiny (Bruxelles, )[47].
- Hopjes et Hopjes, musique de Georges Lauweryns, livret d'Ambrosiny (Bruxelles, )
- La Zingara, musique de Joachín Valverde, livret d'Ambrosiny(Bruxelles, )
- S'Arka, musique de Joseph Jongen (Bruxelles, )
- Le Jardin des délices, musique de Paul Goossens (Bruxelles, )
- Istar, musique de Vincent d'Indy (Bruxelles, )
- La Phalène, musique d'Auguste De Boeck (Bruxelles, )
- Les Petits Riens, musique de Mozart (Bruxelles, )
- Une fête chez la Poulinière, musiques diverses (Paris, )
- Les Deux Sœurs, musique de Berry (Paris, )
- Le Diable galant, musique de Louis Delune, co-chorégraphe Maurice Chassang
- L'Oiseau de paradis, musique de Frédéric Chopin (Bruxelles, )
- Fête ruthène, musique d'Antonín Dvořák (Bruxelles, )
- La Mascarade des princesses captives, musique de Francesco Malipiero (Bruxelles, )
- Le paravent chinois, musique de Guido Sommi, (Bruxelles, )
- Une fête chez la Tallien, musique d'Eugène Saeys (Bruxelles, )
- La Nuit de Phoebus, musique de Camille Kufferath (Bruxelles, )
- L'Oiseau enchanté, musique de Nicolas Tcherepnine (Bruxelles, )
- Les Danses wallonnes, musique d'André Grétry (Bruxelles, )
- Ma-Tchou-Tchin, musique de Gaston Knosp (Bruxelles, )
- Nymphes des bois, musiques diverses (Bruxelles, )
- Le Dieu mendiant, musique d'Erasme Raway (Bruxelles, )
- Suite de danse no 2, musique de Grieg, Saint-Saens, Glazounoff, etc. (Bruxelles, )
- La Nuit ensorcelée, musique de Frédéric Chopin (Bruxelles, )
- Impressions de music-hall, musique de Gabriel Pierné (Bruxelles, )
- Le roi boit, musique de Maurice Schoemaker (Bruxelles, )
- Céphale et Procris, musique d'André Grétry (Bruxelles, )
- Tentation du poète, musique d'Auguste De Boeck (Bruxelles, )
- La Boîte à joujoux, musique de Claude Debussy (Bruxelles, )
- Suite de danse n°III, musique de Grieg, Gluck, Moussorsky, Saint-Saens, (Bruxelles, )
- Ruse d'amour, musique d'Alexandre Glazounov (Bruxelles, )
- Taglioni chez Musette, musique d'Henri Busser (Bruxelles, )
- Myosotis, musique de Philippe Flon (Bruxelles, )
- Pâris et les trois divines, musique de Marcel Poot (Bruxelles, )
- La Vengeance de Diane, musique d'André Grétry (Bruxelles, )
- Les Deux Bossus, musique de Paul Gilson (Bruxelles, )
- Le Loup-garou, musique de Victor Vreuls (Bruxelles, 1937, non représenté)
Notes et références
Notes
- ↑ Et non le comme le signalent la plupart des biographies.
- ↑ En représentation : se dit d'un ou d'une artiste étant engagé pour un spectacle particulier, sans appartenir à la troupe à laquelle il ou elle apporte son concours.
- ↑ « Gésa Darsuzy, poète, littérateur et collaborateur régulier du journal toulousain L'art médidional » dans Déodat de Sévérac, La Musique et les Lettres. Correspondance rassemblée et annotée par Pierre Guillot, Bruxelles, Mardaga, , 442 p., p. 116.
- ↑ Olga Euler, danseuse du Théâtre royal d'Anvers — cf. Arthur Gersdorff, L'historique complet du Théâtre royal d'Anvers, 1834-1913, Anvers, De Vos & van der Groen, , p. 31.
- ↑ « Hopjes et hopjes, désignant à la fois des bonbons très populaires en Hollande et des sauteries qui ne le sont pas moins. Le sujet est d'une fantaisie fort amusante, prêtant à des danses originales du plus piquant effet : la mise en scène, absolument délicieuse, évoque les plus jolis tableaux de quelques peintres modernes qui ont vulgarisé la Zélande en de pimpantes aquarelles ; et la musique est charmante, alerte, spirituelle, pleine de verve et de bonne humeur. Il y a notamment un pas d'enfants, une valse et un cake-walk (car le pittoresque américain se mêle très plaisamment au pittoresque hollandais), tout à fait réussis. » — cf. « Nouvelles diverses. Étranger », Le Ménestrel, Paris, no 47, , p. 373 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Probablement le Faust de Gounod, mais Jules Salès ne le précise pas et Louis Spohr a écrit un opéra du même nom.
- ↑ Depuis Jean-Antoine Petipa, les maitres de ballet de la Monnaie en sont responsables.
- ↑ Cette photo, comme celle des demoiselles Ambrosiny, plus bas dans la page, proviennent du livre d'Émile Bodeux (préf. François Ambrosiny), La Danse à travers les Âges et les Pays, Bruxelles, Devaivre, .
- ↑ Claude-Pascal Perna indique que Léonid Katchourowsky a quitté la Monnaie pour avoir agacé la direction du théâtre par ses claires affinités pour l'Allemagne et ses difficiles relations avec les responsables de l'époque — cf. Claude-Pascal Perna, « Hommage à Corneil de Thoran », sur Musica et Memoria (consulté le ).
Références
- ↑ « Cote 19800035/1249/44162 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ Acte de naissance de la municipalité de Procida, contresigné par le traducteur juré de Marseille J. B. Gazano le 27 août 1894.
- ↑ « Image 10/27 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ « Casino d'Hammnm-Lif », Le Monde artiste, Paris, Éditions Henry Lemoine, , p. 455.
- ↑ « Image 23/27 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ « Ballet », Le Monde artiste, Paris, Éditions Henry Lemoine, , p. 689.
- ↑ « Ballet », La Dépêche bretonne, Rennes, 22 août et 5 septembre 1896.
- ↑ « Théâtre de Bayonne : composition de la troupe pour la saison 1897-98 », L'Art méridional, Toulouse, , p. 154.
- ↑ La Dépêche bretonne, .
- ↑ Revue comique normande, .
- ↑ L'Art méridional, .
- ↑ Alphonse Moulinier (1855-1905), « Impressions de voyage. Paris-Liège », L'Art méridional, Toulouse, no 119, , p. 56 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Échos et nouvelles », L'Art méridional, Toulouse, no 120, , p. 67 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Image 9/27 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ Salès 1964, p. 127.
- ↑ « Échos et nouvelles », L'Art méridional, Toulouse, no 218, , p. 89 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Départements et étranger. Bruxelles », Comœdia, Paris, Henri Desgrange, no 193, , p. 5 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Nouvelles diverses. Étranger », Le Ménestrel, Paris, no 47, , p. 131 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Erik Baeck, « André Cluytens à l'aube d'une carrière internationale : sa formation et ses débuts à Anvers », Revue belge de Musicologie / Belgisch Tijdschrift voor Muziekwetenschap, Bruxelles, Société belge de musicologie, vol. 59, , p. 219-242 (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Salès 1964, p. 181-185.
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- ↑ Salès 1964, p. 195.
- ↑ « Étranger. Bruxelles », Comœdia, Paris, Henri Desgrange, no 4840, , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Exemple : « Pantins et potins », Pourquoi pas ?, Bruxelles, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Exemple : « Pantins et potins », Pourquoi pas ?, Bruxelles, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Annie Cordy. : Que la vie est belle !, Paris, La Boite à Pandore, , 552 p. (ISBN 978 2 87557 037 6), p. 46-50.
- ↑ Salès 1964, p. 234-264.
- ↑ Henri Charriaut, « Comœdia à Bruxelles », Comœdia, Paris, Henri Desgrange, no 753, , p. 5 (Argument du ballet, lire en ligne, consulté le ).
Bibliographie
- Jules Salès, Théâtre royal de la Monnaie. 1856-1970. Précédé d'un résumé historique de 1700 à 1855, Nivelles, Havaux, , 468 p..
Liens externes
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