François Claude Le Roy de Lozembrune
| Naissance | |
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| Décès |
(à 52 ans) Vienne |
| Pseudonyme |
M. F. C. L. R. D. L. |
| Nationalité | |
| Activités |
Écrivain, enseignant, conseiller royal, précepteur, militaire |
François Claude André Le Roy de Lozembrune[1] (il signe aussi ses œuvres M. F. C. L. R. D. L.) est un écrivain français, pris parfois pour un écrivain allemand dans certaines biographies, né à Montreuil-sur-Mer, paroisse de Saint-Walloy, le , baptisé le lendemain, et mort à Vienne le .
Biographie
François Claude Le Roy de Lozembrune est le fils cadet de Claude François Le Roy, écuyer, seigneur de Lozembrune et Bazinghen, garde du corps du Roi, et de sa première épouse, Marie Magdeleine Denise Siriez de Bergue, mariés en à Montreuil.
Il est un cadet de famille et décide d'entrer dans le corps des gendarmes du roi, compagnie Bourguignonne, le mais n'y reste qu'un an. Il prend son congé en , peu attiré par la carrière des armes dans une période de paix après la guerre de Sept Ans. Il abandonne la France, probablement entre 1770 et 1773.
On connaît peu de choses des années qui suivent son départ de France et sa vie pendant cette période d'errance qu'on ne peut reconstituer qu'à partir des préfaces qu'il a données dans ses publications. Il a écrit dans une préface qu'il a été « conduit ou entraîné par le destin » à passer à l’étranger, sans en expliquer la raison. Il parcourt les pays germaniques, la Pologne, la Bohème, la Moravie et la Hongrie. Il a peut-être participé au conflit qui oppose en Pologne la confédération de Bar soutenue par la France et l'Autriche à la confédération de Radom s'opposant aux réformes du roi Stanislas II manœuvrée par la Russie et ses alliés avant le premier partage de la Pologne, en 1772. En 1777, il a dédicacé un de ses premiers livres, Lettres et contes sentimentaux de George Wanderson au prince Séverin Rzewuski (1743-1811), « Aide de Camp de S. A. S. Monseigneur le Prince Charles Radziwiłł, Palatin de Vilna », dans lequel il le décrit comme un « protecteur de l’humanité », « ami des hommes », comme un « gage de ma reconnaissance ». Cette dédicace peut montrer qu'il a été au service de ce prince en Lithuanie et en Pologne pendant un temps assez court car le prince avait des difficultés financières pendant sa disgrâce. Dans une lettre que François Le Roy écrit en 1783 à Caroline Louise de Bade, margravine de Bade, il écrit que sa vie a été surtout militaire.
Il est ensuite attiré par la littérature. Dans la préface de L’Amour cyclope publiée en Allemagne en 1776, dédicacée à Charles-Claude-Florent Thorel de Campigneulles qu'il présente comme son cousin, il annonce « l’honneur que viennent de lui faire l’académie des sciences de Munich et la société électorale de Bourghausen » où il a été reçu.
D'après Georg Christoph Hamberger, il s'installe à Landshut vers 1776 et où il a ouvert un cours de français. Dans cette ville, il se lie à une date inconnue avec Anna Thekla Bader, fille d'un régisseur, peut-être du comte Lamberg. Celle-ci avait auparavant une relation avec le comte vénitien Francesco Apostoli (1755-1816), ami de Maximilian Joseph von Lamberg (1729-1792) qui a écrit en français Mémorial d'un Mondain, publié au Cap Corse en 1774 et dont il a donné une seconde version à la suite d'un séjour qu'il a écrite dans sa maison de Landshut, publiée à Londres en 1776. Avec son ami Francesco Apostoli, sans grandes ressources, Le Roy de Lozembrune et Apostoli décident de publier quelques nouvelles sentimentales chez le libraire Conrad Heinrich Stage (1728-1796) d'Augsbourg qui paraissent en 1777 sous le titre Lettres et contes sentimentaux de George Wanderson.
De son mariage avec Anna Thekla Bader sont nés plusieurs enfants à Vienne : Franziska Anna Thekla en 1790, Joséphine, Thekla en 1794, Charles (Karl) en 1796. D'autres enfants sont nés auparavant, mais pour certains morts jeunes.
Dans la préface de la comédie L’Amour cyclope Le Roy de Lozembrune prévient qu'il l'a écrite en 24 heures à la suite d'un pari chez le comte Lamberg. Elle est dédicacée à Charles-Claude-Florent Thorel de Campigneulles qu'il présente comme son cousin, il annonce « l’honneur que viennent de lui faire l’académie des sciences de Munich et la Société électorale de l'économie rurale et de mœurs de Bavière à Bourghausen » où il a été reçu. La Münchner Intelligenzblatt le présente comme comme « Membre des académies et sociétés littéraires de Munich, Bourghausen, Hessen Hombourg, agrégé à celle de Suède etc. » dans le compte-rendu du prospectus du Essai sur l’abus du bien moral, le [2].
Il quitte Landshut pour Vienne en 1778-1779 où il doit chercher un protecteur. Il y rencontre les Esterhàzy, amis des Rzewuski, en particulier Ferenc Esterhàzy de Galàntha (1715-1785), et se rend dans leur château de Lànzsér. À son retour à Vienne, il publie Les Matinées de Lanschitz, description des lieux et des propriétaires, rêveries sur les jardins et réflexions philosophiques sur le progrès. Il publie chez Rudolph Graeffer (1734.1817), éditeur viennois (1734.1817) du théâtre, des contes, des nouvelles, fréquente la troupe française de la ville, mais ne rencontrant pas le succès, il retourne à Landhurst.
Entre fin 1779 et 1781, il songe à s'installer dans les provinces orientales autrichiennes ou la Pologne. Pour intéresser des personnages importants, il leur dédicace ses livres entre 1777 et 1786, sans succès. Sans argent, il doit se résoudre à enseigner. Il devient professeur dans un collège de Hongrie et à Bude. Dans les Nouvelles ecclésiastiques il écrit qu'il a été « gouverneur au lycée de Bude » et aussi en Transylvanie, entre 1779 et 1781. Il se rend en France en 1780, peut-être pour régler des problèmes de succession. Dans Essai sur l’abus du bien moral publié à Bude il critique le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau auquel il reproche son pessimiste.
À la fin de 1781, grâce à l'appui du comte Lamberg, Caroline louise de Bade le charge de lui procurer de grandes quantités de garance pour ses projets manufacturiers, ce qui l'oblige à beaucoup se déplacer. Il obtient en le titre de Conseiller titulaire de Son Altesse Sérénissime le Margrave. Le , il discute avec le margrave de Bade de porpalers avec un négociant de garance. Au début , le rencontre Giacomo Casanova chez le comte de Lamberg. Ce dernier lui demande de suivre l'impression d'un livre, ce qu'il refuse.
En 1784 il est à Vienne. Le , les Wiener Blättchen annoncent que Le Roy de Lozembrune va donner des conférences sur la littérature française. À Vienne, il renoue avec ses relations, le libraire Graeffer et Aloys Blumauer, directeur des Wiener Blättchen. Dans les années qui suivent, il est professeur au Theresianum où il séjourne. Il est ensuite nommé professeur principalement des plus jeunes enfants de Léopold II, Anton et Johann.
Publications
- L’Amour cyclope, Francfort, Eichenberg,
- avec Francesco Apostoli, Lettres et contes sentimentaux de George Wanderson,
- Essai sur l’abus du bien moral, Bude, Imprimerie royale de l'université, , t. 2 (lire en ligne)
- Les Matinées de Lanschitz,
- Œuvres mélées en vers et en prose, t. 1, Mannheim, Mathias Fontaine, (lire en ligne)
- Nouvelles ecclésiastiques,
- Anecdotes et remarques sur l’éducation publique, Mannheim, Mathias Fontaine, (lire en ligne)
- Prospectus. Tableau des mœurs d'un siècle philosophe, Vienne, (lire en ligne)
- Emire et Agathée, Mirson et Zelide, Cleophis et Syrka, (lire en ligne)
- Détail exact de l'institut érigé, pour le soulagement des pauvres, en 1779 sur les terres de M. le comte de Buquoy en Bohême, traduit de l'allemand, Vienne, Joseph de Baumeister, (lire en ligne)
- Tableau des mœurs d'un siècle philosophe. Histoire de Justine de Saint-Val, t. 2, Manheim/Paris, C. Fontaine libraire/Veuve Duchesne libraire, (lire en ligne)
- Histoire de la guerre de Hongrie pendant les campagnes De 1716. 1717. et 1718, ornée du plan de Belgrade assiégée en 1717. Avec un précis historique et politique de ce qui a donné lieu à la rupture du Traité de Passarowitz & à la guerre de 1737, Vienne, (lire en ligne)
Notes et références
- ↑ Il est aussi appelé François Candide Le Roy de Lozembrune sans aucune raison.
- ↑ (de) « Münchner Intelligenzblatt no 30 , p. 324, Artic. VIII, c) »
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (de) Georg Christoph Hamberger, « le Roy de LOZEMBRUNE (Franz) », dans Das gelehrte Teutschland, oder, Lexikon der jetzt lebenden teutschen Schriftsteller, vol. 10, Lemgo, Meyersche buchhandlung, (lire en ligne), p. 519
- Antoine Jay, Antoine-Vincent Arnault et Étienne de Jouy, « Leroy de Lozembrune (François) », dans Biographie nouvelle des contemporains, t. 11, Paris, Librairie historique, (lire en ligne), p. 399
- Louis Eugène de La Gorgue-Rosny, « Lozembrune », dans Recherches généalogiques sur les comtés de Ponthieu, de Boulogne, de Guines et pays circonvoisins, t. 2, Boulogne-sur-Mer, Imprimerie Camille Le Roy, (lire en ligne), p. 898
- Louis Eugène de La Gorgue-Rosny, « Leroy, barons du Val en Surques, seigneurs de Lozembrune », dans Recherches généalogiques sur les comtés de Ponthieu, de Boulogne, de Guines et pays circonvoisins, t. 3, Boulogne-sur-Mer, Imprimerie Camille Le Roy, (lire en ligne), p. 1298-1300
- François Labbé, « François Claude André Le Roy (Roi) de Lozembrune (1749-1801), littérateur français en pays allemands », sur HAL open science (consulté le )

- François Labbé, « Le Roy de Lozembrune (1749-1801) », dans Écrivains francophones dans l’Allemagne des Lumières, t. II K-Z, Paris [ éditeur=Éditions Complicités, (lire en ligne)
- François Labbé, « Je suis un article de foire » : François Claude André Le Roy de Lozembrune (1749-1801) - Aventures et mésaventures d'un littérateur français en pays allemands, Paris, L'Harmattan, coll. « Biographies / XVIIIe siècle », (ISBN 978-2-336-50269-4)
Liens externes
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