François Girot de Langlade

François Girot de Langlade
François Girot de Langlade.
Biographie
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Genolier (Suisse)
Nom de naissance
François Georges Valentin Girot de Langlade
Nationalité
Activités
Famille
Fratrie
Autres informations
Grade militaire
Conflit
Distinctions

François Girot de Langlade, ou François de Langlade, né le dans le 16e arrondissement de Paris et mort le à Genolier (Suisse), est un planteur, officier de la France libre et représentant gaulliste en Extrême-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale[1].

Biographie

Origines familiales

François Girot de Langlade naît le 28 mars 1904 dans le 16e arrondissement de Paris.

Il appartient à la famille Girot de Langlade, famille auvergnate originaire d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme. La famille tire son nom du château de Langlade, situé à Meilhaud, dans l’arrondissement d’Issoire.

Il est le frère du général Paul Girot de Langlade, officier de la 2e division blindée pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il épouse le 26 novembre 1931, à Issoire, Marie-Josèphe Alice Françoise de L'Hermite de La Rivière, issue de la famille de L'hermite.

Carrière

Avant la Seconde Guerre mondiale, François Girot de Langlade, également mentionné sous le nom de François de Langlade, est établi en Malaisie britannique. Depuis 1932, il y travaille comme planteur d’hévéas pour les Plantations des Terres-Rouges[2].

Après l’Appel du 18 Juin, il fait partie d’un groupe de Français de Malaisie, avec notamment le lieutenant-colonel Tutange, Pierre Boulle, Léonard et Iribarne, qui se rallie à la France libre et participe à la création, à Singapour, du Comité de libération de Malaisie[3]. Ce comité mène des actions de propagande et de renseignement militaire, économique et politique en Asie du Sud-Est, notamment en Indochine française, au profit de la France libre et des Britanniques[4].

A Singapour, les français membres du Comité de Libération de Malaisie suivent une formation en pleine jungle, dans un centre d’entraînement du Secret Intelligence Service britannique, appelé Force 136 (qui deviendra la force 316 dans Le Pont de la rivière Kwaï). Ils y apprennent le maniement des explosifs et la manière d’égorger une sentinelle[5].

En juillet 1941, François de Langlade se rend clandestinement à Saïgon, où il rencontre Camille Huchet et William Bazé afin de tenter d’établir une liaison permanente entre Saïgon, Singapour et la France libre[4].

Après la chute de Singapour en février 1942, le Comité français de la Libération de Malaisie se replie en Chine et prend le nom de Mission militaire française en Chine. François de Langlade s’installe alors à Kunming avec Pierre Boulle, à proximité de la frontière de l’Indochine. Les deux hommes cherchent à entrer en contact avec les Français d’Indochine. À Kunming, au printemps 1942, Langlade met sur pied la Mission indochinoise, camouflée en mission du Colonial Office britannique, depuis le poste de douane de Mong Tseu (Mengzi, en Chine). Pierre Boulle y est son adjoint. Tous deux se font passer pour des sujets britanniques, conseillers techniques du gouvernement chinois : Boulle prend l'alias Rule, Langlade celui de Long[6]. Boulle, qui deviendra plus tard l’auteur du Pont de la rivière Kwaï et de La Planète des singes, évoquera cette période et ses liens avec François de Langlade dans Aux Sources de la Rivière Kwaï (1966), son livre de souvenirs[7].

En août 1942, François de Langlade est appelé à Londres par le général de Gaulle[4]. Il exercera des fonctions auprès des instances chargées de l’Indochine au sein du Gouvernement provisoire. Il est notamment secrétaire général du Comité interministériel de l’Indochine et délégué à la Direction générale des études et recherches pour les questions de renseignement et de sécurité militaire[8].

À partir de 1944, il dirige la section action française au sein de la Force 136 britannique, basée à Calcutta. C'est lui qui supervise les parachutages de commandos sur l'Indochine et le Laos. Il est à la fois délégué politique du général de Gaulle et patron du service action en Extrême-Orient[9].

En mars 1944, Langlade est convoqué à Alger par le général de Gaulle, qui décide de l’envoyer en Indochine comme émissaire auprès de l’amiral Jean Decoux. Sa mission porte notamment sur l’unification de la Résistance intérieure indochinoise et sur la préparation d’une intervention française en liaison avec les forces alliées[4].

Le 5 juillet 1944, François de Langlade est parachuté près de Lang Son avec le commandant Milon et un opérateur radio, le sergent-chef Marmont, dans le cadre d’une opération menée avec la Force 136 britannique. Selon Ferdinand Michel, il s’agit du premier parachutage effectué par des avions de la Force 136 à plus de 3 000 kilomètres de leur base de Calcutta[4].

Arrivé à Hanoï, il est reçu par le général Mordant et le général Aymé, mais ne parvient pas à rencontrer l’amiral Decoux. Sa mission devient alors principalement une mission d’information sur l’état de la Résistance en Indochine, qu’il décrit comme divisée entre plusieurs réseaux travaillant avec des interlocuteurs différents, français, chinois, américains ou britanniques[4].

Après son retour par la Chine et Calcutta, François de Langlade rend compte de sa mission au général de Gaulle le 27 aout 1944 à Paris. Il insiste notamment sur le mauvais état d’équipement des troupes françaises d’Indochine et sur la nécessité de parachuter des armes, des munitions et du personnel technique. Il explique également pourquoi le général Mordant lui paraît être le seul responsable susceptible d’être accepté comme délégué du Gouvernement provisoire pour l’Indochine[4]. Selon Nguyen Cao Duc, alors que François de Langlade rend compte de sa première mission au général de Gaulle, celui-ci lui demande : Avez-vous vu Decoux ? Non, alors retournez-y ! De Gaulle lui ordonne de retourner en Indochine afin d’accomplir cette mission[8].

Le 15 novembre 1944, François de Langlade retourne donc en Indochine, cette fois par avion Lysander, qui se pose à Dien Bien Phu. L’amiral Decoux le reçoit finalement le 19 novembre 1944. Cette rencontre intervient dans un contexte de tension institutionnelle : le mois précédent, le général Aymé avait informé Decoux que le général Mordant était désormais placé à la tête de la Résistance en Indochine et reconnu comme délégué général du Gouvernement provisoire, ce qui modifiait l’équilibre des pouvoirs au sein de l’administration française en Indochine[8]. Ce second déplacement de François de Langlade a pour objet de transmettre à l’amiral Decoux les instructions du général de Gaulle et de poursuivre l’unification de la Résistance indochinoise. Sa mission remplie, Langlade quitte l’Indochine le 12 décembre 1944[4].

Au début de l'année 1945, François de Langlade poursuit ses fonctions de délégué politique du Gouvernement provisoire de la République française pour l'Extrême-Orient. Il opère depuis Calcutta, en coordination avec le South East Asia Command de l'amiral Mountbatten, dont l'état-major est basé à Kandy (Ceylan) et auprès duquel le général Blaizot est délégué militaire[10]. Langlade est alors cité comme cadre supérieur de la Direction générale des études et recherches (D.G.E.R.), service de renseignement extérieur du Gouvernement provisoire. Son nom apparaît notamment dans le contexte de la conférence de Hot Springs, au cours de laquelle la France cherche à faire valoir sa position face aux projets américains de mise sous tutelle internationale de l'Indochine[11].

Le 9 mars 1945, l'armée impériale japonaise lance l'opération Meigo Sakusen et liquide en quelques heures l'administration française d'Indochine. François de Langlade se trouve alors dans la cuvette de Dien Bien Phu, où il s'était déjà posé en Lysander quatre mois plus tôt. Le général Sabattier, qui a entrepris avec le général Alessandri la retraite des troupes françaises du Tonkin vers le pays thaï, l'y rejoint. Au nom du général de Gaulle, François de Langlade lui transmet l'ensemble des pouvoirs civils et militaires en Indochine ; Sabattier choisit à son tour de déléguer le commandement militaire au général Alessandri afin de se consacrer aux affaires politiques. Cette passation marque la fin de la mission de François de Langlade en Indochine[12].

Après la guerre, François Girot de Langlade reprend une activité civile dans le secteur des plantations et du caoutchouc, où il était déjà engagé avant 1940 comme planteur d’hévéas en Malaisie.

Il exerce ensuite plusieurs fonctions d’administrateur dans des sociétés de plantations liées à l’orbite du groupe Rivaud et de la Société financière des caoutchoucs, dite Socfin. L’Annuaire Desfossés de 1956 le mentionne notamment comme administrateur des Caoutchoucs de Padang, des Plantations de Kratié et de la Sennah Rubber[13].

François de Langlade meurt le 31 août 1991 à Genolier (Suisse).

Décorations

Notes et références

  1. ↑ « François Georges Valentin Girot de Langlade », sur Les Français Libres (consulté le )
  2. ↑ Fernand Michel, « Les missions de François de Langlade en Indochine », Recueil d'articles de la Fédération des réseaux de résistance en Indochine,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ Benoît Hopquin, « Pierre Boulle au service de la France libre, le chapitre méconnu de « La Planète des singes » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Fernand Michel, « Les missions de François de Langlade en Indochine », Recueil d'articles de la Fédération des réseaux de résistance en Indochine,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Régine Hausermann, « Pierre Boulle : Le passé indochinois de Pierre Boulle (1912-1994) », sur Préfasse, (consulté le )
  6. ↑ « La répression de la Résistance en Indochine », sur Fondation de la France Libre, (consulté le )
  7. ↑ « Fiche biographique », sur Les Français Libres (consulté le )
  8. Nguyen Cao Duc, « Amiral Jean Decoux (1884-1963) » [PDF], sur Chim Việt Cành Nam (consulté le )
  9. ↑ Lepetitjournal Ho Chi Minh Ville, « 9 mars 1945 : S.O.S Indochine - chapitre 2 », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Nicole Bensacq-Tixier, La France en Chine de Sun Yat-sen à Mao Zedong, 1918-1953, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoires », 2014, 696 p. (ISBN 978-2-7535-2925-0), chapitre VII : « De la mission militaire à l'ambassade du général Pechkoff 1943-1945 », lire en ligne.
  11. ↑ « Histoire postale de l'Indochine sous tutelle japonaise 1944/1945 », sur histoire-et-philatelie.fr (consulté le 17 mai 2026).
  12. ↑ « 9 mars 1945 en Indochine : le coup de force japonais », sur cheminsdememoire.gouv.fr, Ministère des Armées (consulté le )
  13. ↑ Annuaire Desfossés 1956 : administrateurs des sociétés cotées à la Bourse de Paris, Desfossés, (lire en ligne)
  14. ↑ Base Mémoire des hommes - base des médaillés Résistance, « Fiche François Girot de Langlade »

Liens externes

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