Francisco Olympio Sylvio
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Francisco Olympio Silva |
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Famille Olympio |
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Francisco Olympio Sylvio, aussi connu sous le nom de Francisco Olympio Silva, né le à Salvador, dans l'État de Bahia, au Brésil, et mort le à Agoué, dans l'actuel Bénin, est un commerçant afro-brésilien établi sur la côte du golfe de Guinée.
Considéré comme le fondateur de la famille Olympio en Afrique de l'Ouest, il s'installe dans la région d'Agoué au milieu du XIXe siècle. Ses descendants jouent ensuite un rôle important dans le commerce côtier, l'essor de Lomé et la vie politique du futur Togo. Il est le père d'Octaviano Olympio, de Chico Olympio et d'Epiphanio Elpidio Olympio, ainsi que le grand-père de Sylvanus Olympio, premier président de la République togolaise.
Biographie
Origines
Francisco Olympio Silva naît le à Salvador, dans l'État de Bahia, au Brésil[1]. Selon les traditions familiales rapportées par Alcione M. Amos, son père est d'origine portugaise, tandis que sa mère serait d'ascendance africaine et amérindienne[1].
Sa jeunesse se déroule dans un contexte marqué par les circulations entre le Brésil et la côte ouest-africaine, ainsi que par les répressions consécutives à la révolte des Malês de 1835 à Salvador[1]. À cette époque, plusieurs familles afro-brésiliennes quittent Bahia pour s'établir sur les côtes du Dahomey, du Nigeria ou de la future Côte-de-l'Or, où elles participent à la formation de communautés appelées Agudás, Tabom ou Amaros selon les régions[2].
Installation à Agoué
Francisco Olympio arrive en Afrique vers 1850 et s'établit à Agoué, localité côtière du Dahomey, aujourd'hui située au Bénin[3]. Agoué compte alors une importante communauté afro-brésilienne, composée de familles revenues d'Amérique du Sud ou issues des échanges atlantiques du XIXe siècle[1].
Il s'insère dans les réseaux commerciaux de la côte du golfe de Guinée. Ces réseaux relient les ports et comptoirs de Ouidah, Agoué, Grand-Popo, Aného, Keta et Lagos, ainsi que les maisons de commerce européennes présentes dans la région[1].
Dans ce contexte, Francisco Olympio développe une activité commerciale qui permet à sa famille d'acquérir une position économique importante. Les travaux consacrés à la famille Olympio indiquent qu'il participe d'abord à des activités liées à la traite atlantique avant de s'insérer dans le commerce dit légitime, fondé sur les produits agricoles, les textiles et les échanges régionaux[1].
Famille
Francisco Olympio épouse Constança Talabi Pereira dos Santos, issue elle aussi d'une famille afro-brésilienne installée sur la côte du golfe de Guinée[4]. Le couple donne naissance à plusieurs enfants, dont Octaviano Olympio, Chico Olympio et Epiphanio Elpidio Olympio[1].
Ses fils poursuivent l'implantation commerciale de la famille. Octaviano et Chico travaillent dans les années 1880 pour la firme britannique A. and F. Swanzy et participent à l'ouverture d'une succursale à Bey Beach, future Lomé, en 1882[1]. Cette implantation joue un rôle important dans l'essor de la famille Olympio dans la ville, qui devient ensuite la capitale du Togoland allemand puis du Togo[1].
Epiphanio Elpidio Olympio, autre fils de Francisco Olympio, devient commerçant et planteur. Il est le père de Sylvanus Olympio, figure majeure du nationalisme togolais et premier président du Togo indépendant[1].
Rôle historique
Francisco Olympio Sylvio occupe une place fondatrice dans l'histoire de la famille Olympio. Par son installation à Agoué et par l'activité commerciale de ses descendants, il participe à l'ancrage d'une lignée afro-brésilienne influente dans l'espace côtier compris entre l'actuel Bénin, le Ghana et le Togo[1].
La famille Olympio devient l'une des familles les plus importantes de la bourgeoisie afro-brésilienne du Togo. Elle joue un rôle dans le commerce, l'éducation, les professions libérales, la vie religieuse et la politique coloniale puis nationale[1].
L'ascension de cette famille illustre l'influence des communautés afro-brésiliennes dans les sociétés côtières d'Afrique de l'Ouest à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ces communautés disposent souvent de liens transatlantiques, de compétences linguistiques, d'une familiarité avec les pratiques commerciales européennes et d'un capital social qui leur permet de jouer un rôle d'intermédiaires économiques et politiques[1].
Mort et postérité
Francisco Olympio meurt le à Agoué, à l'âge de 74 ans[5]. Son épitaphe, rédigée en portugais et relevée dans le cimetière d'Agoué, indique qu'il est né le et mort le [5].
La postérité de Francisco Olympio Sylvio est liée à l'influence de la famille Olympio au Togo. Son fils Octaviano Olympio devient l'un des principaux commerçants de Lomé et une personnalité importante de la colonie allemande puis française du Togo[1].
Son petit-fils Sylvanus Olympio, né en 1902, devient une figure centrale du mouvement nationaliste togolais. Il exerce les fonctions de Premier ministre du Togo autonome, puis devient le premier président de la République togolaise après l'indépendance en 1960[1].
Notes et références
- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », Cahiers d'études africaines, vol. 41, no 162, , p. 293-314 (DOI 10.4000/etudesafricaines.88, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Kwame Essien, Brazilian-African Diaspora in Ghana: The Tabom, Slavery, Dissonance of Memory, Identity, and Locating Home, East Lansing, Michigan State University Press,
- ↑ (en) « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », sur AfricaBib (consulté le )
- ↑ « Francisco Olympio », sur Geneanet (consulté le )
- (en) « Afro-Brazilians in Togo », sur Cairn.info (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Famille Olympio
- Octaviano Olympio
- Chico Olympio
- Epiphanio Elpidio Olympio
- Sylvanus Olympio
- Afro-Brésiliens
- Agoué
- Lomé
- Histoire du Togo
- Histoire du Bénin
Bibliographie
- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », Cahiers d'études africaines, vol. 41, no 162, , p. 293-314 (DOI 10.4000/etudesafricaines.88, lire en ligne)
- (en) Kwame Essien, Brazilian-African Diaspora in Ghana: The Tabom, Slavery, Dissonance of Memory, Identity, and Locating Home, East Lansing, Michigan State University Press,
- (en) Robin Law, Ouidah: The Social History of a West African Slaving Port, 1727-1892, Athens, Ohio University Press,
- Pierre Verger, Flux et reflux de la traite des nègres entre le golfe de Bénin et Bahia de Todos os Santos du dix-septième au dix-neuvième siècle, Paris, Mouton,
- (en) Silke Strickrodt, « Afro-Brazilian Returnees to West Africa », AfricAmericas. Itineraries, dialogues, and sounds, , p. 36-68 (lire en ligne)
Liens externes
- (en) Alcione M. Amos, « Afro-Brazilians in Togo: The Case of the Olympio Family, 1882-1945 », sur Cahiers d'études africaines (consulté le )
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