Géographie de la Croatie
| Géographie de la Croatie | |
| |
| Continent | Europe |
|---|---|
| Région | Balkans |
| Coordonnées | 45°N, 15°E |
| Superficie |
|
| Côtes | 5 835 km |
| Frontières | 2 197 km (Bosnie-Herzégovine 932 km, Hongrie 329 km, Serbie 241 km, Monténégro 25 km, Slovénie 670 km) |
| Altitude maximale | 1 830 m (Dinara) |
| Altitude minimale | 0 m (Mer Adriatique) |
| Plus long cours d’eau | Save (990 km) |
La Croatie est située dans les Balkans, une région historique et géographique du sud-est de l'Europe.
La Croatie a 932 km de frontières communes avec la Bosnie-Herzégovine, 670 km avec la Slovénie, 329 km avec la Hongrie, 245 km avec la Serbie et 25 km avec le Monténégro. La portion croate de la côte adriatique s'étend sur 1 777 km (5 835 km en comptant les multiples îles).
Le pays a une forme particulière qui ressemble à un croissant ou à un fer à cheval, ce qui explique qu'elle ait des frontières avec de nombreux pays. Son territoire continental est divisé en deux parties non contiguës par le port de Neum en Bosnie-Herzégovine. Ces deux parties sont toutefois directement reliées par le pont de Pelješac, évitant ainsi le passage par la Bosnie-Herzégovine.
Les îles et la côte croate jouissent d'un climat méditerranéen alors que la partie située à l'intérieur des terres a un court et frais été suivi d'un long et rigoureux hiver, caractéristiques typiques du climat continental.
Le relief est assez diversifié et contient :
- des plaines, des lacs et des collines dans la partie nord, nord-est (Croatie centrale et Slavonie, une partie de la plaine pannonienne) ;
- des montagnes très boisées dans le Lika et la Gorski Kotar qui font partie des Alpes dinariques ;
- un littoral rocheux le long de la mer Adriatique (Istrie, littoral nordique et Dalmatie).
Grâce à sa position stratégique, la Croatie contrôle la plupart des routes terrestres entre l'Europe occidentale et la mer Égée ou la Turquie. Les ressources naturelles du pays incluent le pétrole, de la houille, de la bauxite, du fer de basse qualité, du calcium, de l'asphalte naturel, de la silice, du mica, de l'argile, du sel et de l'énergie hydraulique.
La côte croate est très découpée si bien que le pays compte 698 îles, 389 îlots et 78 récifs. 47 îles sont habitées.
Parmi les lacs de Croatie, Omladinsko jezero et les lacs de Plitvice sont remarquables.
Surface et frontières
Le territoire croate couvre 56 594 kilomètres carrés[1], ce qui en fait le 127e plus grand pays du monde[2]. Le pays se trouve en Europe du Sud-Est[3]. Le pays se trouve majoritairement entre le 42e et le 47e parallèle nord et le 13e et le 20e méridien est. Tout au sud du pays, une petite partie de la Croatie est séparée de celle-ci par la région bosniaque de Neum[4]. Le pays est en forme de fer à cheval[5].
Frontières terrestres
La forme de la Croatie lui donne une longue frontière qui jouxte cinq pays différents : la Slovénie (667,8 km) au nord-ouest, la Hongrie (355,5 km) au nord-est, la Bosnie-Herzégovine (1 009,1 km) et le Monténégro (22,6 km) au sud et la Serbie (317,6 km) à l'est[6],[1].
La frontière entre la Croatie et la Slovénie vient de celle de la Yougoslavie, dont la Croatie a fait partie. L'essentiel de la frontière suit le lit de la Drave et n'a pas bougé depuis le Moyen Âge. Les points de la frontière à Međimurje et Baranya sont fixés lors du Traité de Trianon en 1920[7],[8]. Les frontières avec la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro viennent essentiellement de la guerre avec l'Empire ottoman (en) et de la grande guerre turque, puis de la guerre de Candie et enfin de la guerre vénéto-austro-ottomane[9],[10]. Elles changent légèrement en 1947 avec la démarcation des républiques de la Yougoslavie. Cette démarcation marque aussi l'établissement de la frontière avec la Serbie en Syrmie et le long du Danube, partant de la source de la Drave et allant jusqu'à Ilok vers la frontière hongroise. Cette section de la frontière correspond à la frontière jusqu'à 1918 entre le royaume de Croatie-Slavonie et le comitat de Bács-Bodrog. La frontière avec la Slovénie est elle aussi dessinée en 1917 pour suivre la frontière nord du royaume de Croatie-Slavonie[11]. Au nord de l'Istrie, une zone jusque-là italienne est rattachée à la Croatie pour mieux refléter la composition ethnique de sa population[12].
Après le traité de Paris entre l'Italie et les puissances alliées, les îles de Cres, Lastovo et Palagruža, l'essentiel de l'Istrie, et les villes de Zadar et Rijeka sont redistribuées à la Yougoslavie, tandis que le territoire libre de Trieste devient une cité-État indépendante[13]. Ce territoire est partitionné en 1954 : la ville de Trieste et la zone au nord de la ville sont placées sous contrôle italien, le reste sous contrôle yougoslave. Cette partition devient définitive avec le traité d'Osimo en 1975 et la zone est partagée entre la Croatie et la Slovénie, en majeure partie sur la base de critères ethniques[14].
La Croatie et la Slovénie se disputent plusieurs régions. La Slovénie affirme posséder trois hameaux sur la rive gauche de la Dragonja, le pic de Sveta Gera, une zone autour de la Mur correspondant au nouveau lit de la rivière plutôt qu'a son lit historique, et une zone jouxtant Prekmurje et largement inhabitée[15],[16]. Les deux pays s'engagent dans une procédure d'arbitrage auprès de l'ONU dans les années 2010[17],[18],[19].
La Croatie et la Serbie ont également des conflits territoriaux. Tous les deux contrôlent leur côté du lit contemporain du Danube, mais la Croatie veut suivre les frontières cadastrales des anciennes république socialiste de Croatie et république socialiste de Serbie définies en 1947 le long de son ancien cours. La Croatie se présente aussi comme propriétaire des îles de Vukovar et de Šarengrad qui sont sur le Danube[20].
La Croatie et la Bosnie-Herzégovine se disputent la rive droite de l'Una et les limites du village de Hrvatska Kostajnica[21],[22],[23].
Extrémités
| Extrémités de la Croatie[1] | |||
|---|---|---|---|
| Extrémité | Lieu | Partie de | Note |
| Nord | Žabnik | comitat de Sveti Martin na Muri | 46° 33′ N, 16° 22′ E |
| Sud | Galijula | Archipel de Palagruža | 42° 23′ N, 16° 21′ E |
| Cape Oštra (métropole) | Péninsule de Prevlaka | 42° 24′ N, 18° 32′ E | |
| Est | Rađevac | comitat d'Ilok | 45° 12′ N, 19° 27′ E |
| Ouest | Cape Lako | comitat de Umag | 45° 29′ N, 13° 30′ E |
| Altitude maximale | Dinara | Comitat de Šibenik-Knin | 1 831 m,
44° 03′ N, 16° 23′ E |
| Altitude minimale | Mer Adriatique | Mer Méditerranée | 0 m, 43° N, 15° E |
Espace maritime

L'Italie et la Yougoslavie se départagent la côte de la mer Adriatique en 1968[25], avec un accord supplémentaire autour du golfe de Trieste signé lors du traité d'Osimo en 1975. Cet accord est accepté par tous les pays nés de la dissolution de la Yougoslavie. Avant la scission du pays, l'Albanie, l'Italie et la Yougoslavie ont des eaux territoriales à 15 milles nautiques (28 kilomètres) de leur côte ; ce nombre baisse à 12 milles nautiques (22 kilomètres) alors l'adoption du système standard international. La Croatie a également une zone économique exclusive qui s'étend au-delà de ces eaux territoriales[26].
Les eaux territoriales de la Croatie couvrent 18 981 kilomètres carrés, tandis que ses eaux intérieures lui ajoutent 12 498 kilomètres carrés de mer[26].
Les zones économiques de la Croatie et la Slovénie se superposent dans la baie de Piran. Quand la Croatie demande à intégrer l'Union européenne, la résolution de ce conflit est une condition obligatoire. La Croatie et la Slovénie entrent dans un processus d'arbitrage auprès de l'ONU, ce qui autorise la Croatie à candidater à l'Union européenne[27],[28],[17],[18],[19]. Le conflit n'a aucune conséquence concrète en dehors de ces formalités administratives[27].
Les frontières maritimes de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine sont confirmées officiellement en 1999, mais certains différends demeurent, notamment deux îlots et la péninsule de Klek qui abrite Neum. La frontière entre la Croatie et le Monténégro est incertaine au niveau des bouches de Kotor, menant à l'installation d'une mission d'observation des Nations unies jusqu'en 2002. La Croatie récupère la zone à condition de permettre la présence monténégrine dans la baie, et le conflit s'éteint de lui-même avec l'indépendance du Monténégro en 2006[27].
Géographie physique
Grandes régions
Le relief du pays se divise entre plaines de Pannonie et Alpes dinariques[29].
Alpes dinariques

Les Alpes dinariques sont formées de chaînes montagneuses orientées globalement selon un axe nord-ouest/sud-est qui se complexifie légèrement dans la partie méridionale du massif. Certaines de ces chaînes montagneuses (Velebit, Biokovo, Prenj, Durmitor, Tara, Zlatibor, Prokletije, Orjen) sont clairement découpées, séparées par des vallées karstiques ou fluviales. Il existe en revanche peu de cols, ce qui rend la traversée du massif difficile[30]. Les Alpes dinariques sont dominées par un relief calcaire caractérisé par l'existence du profond karst dinarique (holokarst) sur la moitié de la superficie du massif et la présence de quelque 130 poljés. Mais les chaînes montagneuses présentent néanmoins une grande variété de formations topographiques en raison de l'activité tectonique et des processus d'érosion dictés par l'eau, le vent, le gel ou les anciens glaciers. La majorité des sommets ont une altitude modeste comprise entre 1 000 et 2 000 mètres[31].
Les hauts plateaux karstiques de Slovénie et de Croatie sont structurés par trois failles importantes qui délimitent chacun des groupes de cette région. Le groupe de Snežnik-Risnjak, au sud-ouest, s'élève entre l'arrière-pays de Rijeka (mont Snijeznik à 1 505 mètres, mont Obruc à 1 376 mètres) et la région montagneuse du Gorski Kotar (mont Risnjak à 1 528 mètres) en Croatie et la Carniole-Intérieure en Slovénie. Le groupe de Velika Kapela, au sud-est, est à cheval sur la moitié méridionale du Gorski Kotar et sur une partie de la Lika. Il est composé de plusieurs chaînons parallèles, orientés du nord-ouest au sud-est, séparés par de profondes dépressions : le chaînon principal qui culmine à 1 534 mètres au mont Kula, le pic principal de la Bjelolasica, le chaînon central (1 375 mètres au Velika Javornica), le chaînon oriental (1 289 mètres au Bijela kosa) et le chaînon occidental (1 428 mètres au Visevica)[31].

Les montagnes de la Lika s'articulent tout autour de ce vaste plateau avec d'une part la longue chaîne du Velebit à l'ouest et d'autre part les massifs de Kapela et de Lička Plješivica à l'est. Le Velebit est la plus longue chaîne des Alpes dinariques. Elle s'étend le long de la mer Adriatique sur 145 kilomètres de long du col de Vratnik près de Senj à la haute-vallée de la Zrmanja. Sur son versant oriental, il borde l'ouest du plateau de la Lika. Ce massif est généralement divisé en quatre parties distinctes : la partie septentrionale entre les cols de Vratnik et Veliki Alan, culminant au Mali Rajinac (1 699 m), la partie centrale entre les cols de Veliki Alan et Baške Oštarije, culminant au Šatorina (1 624 m), la partie méridionale entre Oštarije et Mali Alan, culminant au Vaganski vrh (1 757 m) et la partie sud-est avec le sommet remarquable du Crnopac (1 404 m). La chaîne de Mala Kapela s'inscrit dans le prolongement des chaînons orientaux de Velika Kapela à l'est du col de Kapela (888 mètres d'altitude, sur la route Karlovac-Senj) jusqu'aux limites septentrionales du plateau de la Lika, tandis que la chaîne de Lika centrale (Licko sredogorje) s'étend plus au sud, entre les limites orientales du plateau et le poljé de Corbavie (Krbavsko polje). Elles culminent respectivement à 1 280 mètres d'altitude au Seliski vrh et à 1 268 mètres au Mrsinj. Le massif de Lička Plješivica est séparé de la chaîne de Mala Kapela sur une quarantaine de kilomètres par les lacs de Plitvice, jusqu'à son plus haut sommet, l'Ozeblin à 1 657 mètres d'altitude, puis continue vers le sud sur encore une soixante de kilomètres entre les gorges des rivières Zrmanja et de la haute Una[31].
Les montagnes de la Croatie nord-occidentale sont une zone de transition entre les Alpes dinariques et la chaîne des Alpes[32]. Du côté slovène s'écoule la Krka alors que le versant oriental croate alimente le bassin de la rivière Kupa[31].
Plaine de Pannonie
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La plaine de Pannonie est entourée par le Danube, la Sava, la Drava, et la Kupa, avec quelques montagnes isolées[33] dont les plus hautes sont Ivanščica, qui s'élève à 1 059 mètres d'altitude, et Medvednica, au nord de Zagreb, à 1 035 mètres[1]. Il est possible que ces monts, ainsi que les montagnes autour de Moslavačka Slatina, soient les restes d'un arc volcanique de la même collision de plaques tectoniques que celle à l'origine des Alpes dinariques[34].
Côte adriatique

La côte adriatique de la Croatie s'étend sur 1 777,3 kilomètres ; s'y ajoutent 4 058 kilomètres de bordures de ses 1 246 îles et îlots[35].
Ses plus grandes îles sont Cres et Krk, qui couvrent toutes les deux une surface de 405,78 km2 et la plus élevée est Brač, qui atteint 780 mètres d'altitude. 47 îles sont inhabitées[36].
La côté adriatique de la Croatie est la côte la plus déchirée de la mer Méditerranée[37]. Elle est majoritairement karstique[38] avec beaucoup de flysch dans le golfe de Trieste, dans la baie de Kvarner et en Dalmatie au nord de Split[39]. Le pays inclut peu de zones d'alluvion : la principale est le delta de la Neretva[40]. L'Istrie occidentale est lentement engloutie et a perdu 1,5 mètres d'altitude dans les 2000 dernières années[41].
Dans la région de Komiža, on voit des preuves d'activité volcanique ; les îles de Jabuka et Brusnik sont volcaniques[42]. Les séismes sont fréquents près de la côte, souvent à très faible magnitude, et toutes les quelques décennies, un tremblement de terre plus fort se fait sentir, avec des séismes majeurs espacés de plusieurs siècles[43].
Géologie

La Croatie inclut des pierres du Précambrien, couverte par de la roche sédimentaire et déformé par l'activité des plaques tectoniques[44].
Environ la moitié du territoire du pays est karstique, surtout dans les Alpes dinariques[45]. Le pays inclut de nombreuses grottes profondes, dont 49 de plus de 250 mètres de profondeur, 14 de plus de 500 mètres et trois de plus de 1 000 mètres de profondeur. Le pays contient également de nombreux lacs, dont les lacs de Plitvice, seize lacs liés par des cascades dans des lits de dolomite et de calcaire[46]. Le karst permet la formation de bauxite, de gypse, d'argile et de spilite[47].
Topographie
À la fin du dix-neuvième siècle, l'Autriche-Hongrie établit que l'altitude est mesurée à partir du niveau de la mer au quai Sartorio de Trieste. Ce niveau est adopté par la Yougoslavie puis par les pays qui la composent, dont la Croatie[48],[49].
53,42 % de la surface du pays est à moins de 200 mètres d'altitude. Ces régions à basse altitude sont surtout au nord du pays, notamment en Slavonie, dans la plaine de Pannonie. 0,15 % du territoire croate est à plus de 1 500 mètres d'altitude[1] : ces zones sont distribuées dans tout le pays, mais surtout dans les Alpes dinariques vers Lika et Gorski Kotar[26].
Hydrographie

62 % du territoire croate appartient au bassin versant de la Mer Noire : on y trouve le Danube, la Save, la Drave, la Mur et la Kupa. Le reste appartient au bassin versant de la mer Adriatique ; son fleuve au plus fort débit est de loin la Neretva[50],[51].
Les cours d'eau les plus longs du pays sont la Save (562 km), la Drave (505 km), la Kupa (296 km) puis une section de 188 km du Danube ; côté Adriatique, les cours d'eau les plus long sont la Cetina qui fait 101 km et une section de 20 kilomètres de la Neretva[1].

Le plus grand lac de Croatie est le lac de Vrana (30,7 km2)[1]. Il est suivi du lac de Dubrava (17,1 km2) situé près de Varaždin, du lac de retenue de Peruća (13 km2), du lac de Prokljan (11,1 km2, près de Skradin) et de Varazdinsko jezero (10,1 km2)[1]. Le parc national des lacs de Plitvice compte seize lacs liés par des cascades et célèbres pour leurs couleurs vives[52].
La liste des zones humides d'importance internationale de la convention de Ramsar inclut quatre zones humides croates : Lonjsko Polje (près de Sisak le long de la Save), Kopački Rit, le delta de la Neretva et Crna Mlaka (près de Jastrebarsko)[50].
Les précipitations et l'évaporation annuelle sont respectivement de 1 162 mm et 700 mm. Les resources en eau de la Croatie s'élèvent à 25 163 m3 par année et par personne, dont 5877 proviennent de sources situées dans le pays[53].
Climat

La Croatie a généralement un climat océanique. La côte nord adriatique, ses îles et l'arrière-pays de la côte dalmate ont un climat subtropical humide, tandis que la côte adriatique et ses îles au centre et au sud ont un climat méditerranéen. Dans quelques zones en altitude, on voit un climat continental humide[54].
Les températures moyennes mensuelles vont de -3˚C à 18˚ Celsius en janvier, le mois le plus froid. Elles sont plus basses à plus de 1 200 mètres d'altitude ainsi que dans les régions de Lika et Gorski Kotar. La température la plus basse enregistrée est de -35,5 degrés Celsius le à Čakovec et la plus élevée est de 42,4 degrés le à Karlovac[55].
Selon les régions, les précipitations moyennes annuelles vont de 600 à 3 600 millimètres. Les zones les plus sèches sont à l'est de la Slavonie et dans les îles les plus éloignées des côtés. Les vents à l'intérieur des terres sont faibles à modérés, direction nord-est ou sud-ouest. Des vents plus forts sont enregistrés dans les mois les plus froids et le long des côtes, souvent sous la forme de bora et de sirocco. Les zones les plus ensoleillées du pays sont les îles extérieures de Hvar et Korčula, à plus de 2 700 heures d'ensoleillement par an, suivies par le bassin adriatique sud, la côte adriatique nord et la Slavonie, toutes au-delà de 2 000 heures d'ensoleillement par an[55].
Biodiversité
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La Croatie inclut de nombreuses écorégions et est l'un des pays d'Europe à la biodiversité la plus riche. On y compte quatre grandes régions biogéographiques : méditerranéenne le long de la côte, alpine dans les régions de Lika et Gorski Kotar, pannonienne le long de la Drave et du Danube, et continentale dans le reste du pays[56].
Le karst y est essentiel. Il est parfois immergé, comme dans les canyons de Zrmanja et de Krka, ou souterrain : on trouve environ 7000 gorges et grottes dans le pays, dont beaucoup sont habitées par des animaux troglodytes dont le protée anguillard, le seul chordé troglobie européen[57].
Le pays compte également de nombreuses forêts qui couvrent 26 487,6 km2 soit 46,8 % du territoire[26].
La Croatie fait partie du bassin méditerranéen et de la région circumboréale en termes de phytogéographie. La WWF divise le pays en trois éco-régions, qui correspondent au biome des forêts, terres boisées et broussailles méditerranéennes de l'écozone paléarctique[58].
On recense en Croatie 38 226 taxons connus dont 2,8 % sont endémiques. Leur nombre total est estimé entre 50 000 et 100 000. 400 nouveaux taxons d'invertébrés sont découverts entre 2000 et 2005 dans le pays[59]. 1 131 espèces sont protégées par la loi ; on compte un peu plus d'un millier d'espèces endémiques dans les rivières karstiques, les îles de l'Adriatique et les montagnes de Velebit et Biokovo[59]. La Croatie compte cinq races indigènes de chevaux, cinq de bovins, huit d'ovins, deux de cochons et une de volaille ; parmi elles, neuf races sont considérés comme en danger[59].
En 2007, les aires protégées de Croatie couvrent au total 5 320,6 km2, soit 6,07 % du territoire national. Le pays comptait 8 parcs nationaux, 11 parcs naturels, et, en tout, 447 sites naturels protégés[60]. De plus quatre sites ont été inscrits sur la liste Ramsar pour la conservation des zones humides[61] et 20 Zones importantes pour la conservation des oiseaux (en abrégé ZICO ; en anglais : IBA, pour Important Bird Area)[62].
Les dangers rencontrés par la biodiversité en Croatie relèvent souvent de la destruction des habitats avec l'expansion des zones agricoles et urbaines ainsi que leur fragmentation par les routes. Des espèces envahissantes existent, dont les deux plus dangereuses sont les algues Caulerpa racemosa et Caulerpa taxifolia[63]. Elles sont régulièrement enlevées pour protéger l'habitat de la zone benthique[59]. Les monocultures sont également un danger pour la biodiversité[64],[65].
Géographie humaine
Démographie

- < 30
- 30-49
- 50-69
- 70-89
- 90-119
- 120-200
- >1200
La Croatie mène un recensement décennal depuis les années 1850. Le département croate de statistiques (en) fait ce travail à partir des années 1990. Lors du recensement de 2011, la population du pays atteint 4,29 millions de personnes avec une densité de population de 75,8 habitants par km² et une espérance de vie à la naissance de 75,7 ans. La population augmente à chaque recensement sauf ceux tenus après les deux guerres mondiales, jusqu'à atteindre son pic en 1991 à 4,7 millions. À partir de 1991, le taux de mortalité de la Croatie dépasse systématiquement son taux de natalité[67].
La Croatie est à la quatrième ou cinquième étape de la transition démographique[68]. L'âge moyen de sa population est 41,4 ans et on compte 0,93 hommes pour une femme ; le segment des 15 à 64 ans y est le plus important[69],[70].
La Croatie abrite surtout des Croates (89,6 %). On y trouve une minorité serbe (4,5 % de la population) et 21 autres groupes ethniques reconnus par la constitution croate, formant chacun moins de 1 % de la population du pays[69],[71]. L'histoire démographique de la Croatie est marquée par de forts mouvement de migration, dont l'arrivée des Croates dans la région[72], la croissance des populations germanophones et magyarophones dans la période de la Croatie unie à la Hongrie[73] et de la monarchie de Habsbourg[74], puis les conquêtes de l'Empire ottoman[75],[76],[77] et enfin la croissance de la population italophone en Istrie et Dalmatie sous la république de Venise[10]. Après la chute de l'Autriche-Hongrie, la population hongroise tend à quitter la région[78] ; la population germanophone est expulsée ou fuit pendant et après les dernières années de la seconde guerre mondiale[79], tout comme les Italiens au cours de l'exode istrien[80]. Dès la fin du dix-neuvième siècle et pour tout le vingtième siècle, la Croatie souffre d'une forte émigration économique[81],[82],[83]. Dans les années 1940 et 1950, l'urbanisation et de forts mouvements de population internes changent la démographie de la Yougoslavie. Pendant et après la guerre de Croatie dans les années 1990, des centaines de milliers de croates subissent une migration forcée[84],[85],[86].
La langue croate est la langue nationale de la Croatie. Certaines langues minoritaires sont officielles au niveau régional ou local[71],[87]. Le croate est la langue maternelle déclarée de 96 % de la population[88]. En 2009, 78 % des Croates affirment parler au moins une autre langue, le plus souvent l'anglais[89].
Le catholicisme est la principale religion en Croatie (86,3 %), suivi du christianisme orthodoxe (4,4 %) et de l'islam (1,5 %)[90].
Le taux d'alphabétisation de la Croatie est de 98,1 %[91]. Le taux d'adultes diplômés de l'enseignement supérieur double entre 2001 et 2008 pour atteindre 16,7 % des plus de 15 ans[92],[93]. Environ 4,5 % du PIB du pays est dépensé dans l'éducation[91] et l'enseignement primaire et secondaire existent en croate et dans les langues des minorités ethniques reconnues.
La Croatie a une couverture sanitaire universelle et ses frais de santé s'élèvent en 2010 à 6,9 % de son PIB[94].
Le salaire moyen net en est de 5398 kuna (environ 729 €)[95]. Les principaux domaines d'emploi sont le commerce de gros et de détail, l'industrie et la construction. En , le taux de chômage est de 17,4 %[96]. Le pouvoir d'achat de la Croatie est le plus élevé de celui des dix pays ayant intégré l'Union européenne en 2004 mais reste derrière la moyenne de l'Union européenne[97].
En 2011, le recensement compte 1,5 million de logements privés, dont la plupart sont occupés par leur propriétaire[69],[70].
Géographie politique
La Croatie est divisée en comitats dès le Moyen Âge[98]. Les divisions changent avec le temps pour refléter les conflits avec l'empire ottoman ainsi que des changements de statuts de la Dalmatie, de Dubrovnik et de l'Istrie. La division en comitats est abolie dans les années 1920, remplacée par les oblast puis par des banovines en Yougoslavie[99].
La Croatie yougoslave abolit les anciennes unités gouvernementales du pays et passe à un système d'environ 100 municipalités. Les comitats sont rétablis en 1992 sous une forme très différente de celle du début du siècle : par exemple, en 1918, le Pays de la Couronne de saint Étienne contient huit comitats croates, tandis que la même région en compte 14 en 1992[100],[101]. La création des comitats vient de la Constitution de la Croatie rédigée en 1990[102], est mise en œuvre en 1992[103], et le parlement inclut des représentants de ces circonscriptions à partir de 1993[104].
À partir de 1992, la Croatie est divisée en 20 comitats auxquels s'ajoute la capitale de Zagreb, qui compte à la fois comme une ville et un comitat. Le comitat de Zagreb entoure la ville sans l'inclure à partir de 1997[105],[106]. Certains comitats sont redessinés, souvent en raison de demandes de municipalités motivées par des raisons historiques. Les comitats incluent 127 villes et 429 municipalités[107].
La Nomenclature des unités territoriales statistiques de l'Union européenne compte trois NUTS régionaux en Croatie. Il s'agit de la Croatie du centre et de l'est (ou pannonienne), de la Croatie du nord-ouest et de la Croatie adriatique[108]. Les comitats et la ville de Zagreb correspondent aux NUTS de niveau 3 en Croatie. Les unités d'administration locale sont en deux parties : la première division inclut les comitats et Zagreb et est donc identique à la liste des NUTS 3, la seconde division correspond aux villes et municipalités[109].
Écologie
L'empreinte écologique de la Croatie varie fortement selon les régions : 50 % de la population réside sur 26,8 % du territoire et la région de Zagreb, qui fait 6,6 % de la surface du pays, en concentre 25 % de la population[110]. De 1998 à 2008, des zones sont artificialisées, mais leur surface est négligeable par rapport au mouvement d'artificialisation dans les pays de l'Union européenne[63].
L'Agence pour la protection de l'environnement croate est une institution publique[112]. Elle identifie plusieurs problèmes écologiques : des décharges légales inadéquates ou illégales notamment. Entre 2005 et 2008, 62 décharges légales et 423 décharges illégales sont réhabilitées. En parallèle, deux fois plus de permis de gestion des déchets sont émis et les déchets solides des municipalités augmentent de 23 %, arrivant à 403 kg par personne et par an[63].
La Croatie souffre d'acidification des sols, de leur salinisation dans la vallée de la Neretva, et de terres trop alcalines en Slavonie[63].
La pollution de l'air dans le pays reflète la chute de sa production industrielle avec une forte chute en 1991 au début de la guerre de Croatie, avec un retour à son niveau initial en 1997. Entre 1997 et 2004, le pays utilise l'hydrodésulfuration sur ses carburants, baissant ses émissions de dioxyde de soufre de 25 % sur la période et de 7,2 % supplémentaires entre 2004 et 2007. Les émissions d'oxyde d'azote diminuent à partir de 2008[63]. Entre 1997 et 2004, les émissions de plomb dans l'atmosphère baissent de 91,5 % grâce à l'utilisation d'essence sans plomb. L'air est généralement propre dans les régions rurales et respecte les seuils légaux dans les régions urbaines[110].
Les principales sources de gaz à effet de serre sont la production énergétique (72 %), l'industrie (13 %) et l'agriculture (11 %). L'augmentation annuelle des émissions est d'environ 3 %, ce qui respecte les seuils du protocole de Kyoto[63].
Le pays dispose d'eau en quantité suffisante, mais les réserves ne sont pas distribuées uniformément entre les régions et les réseaux d'eau publics subissent de lourdes pertes, estimées à 44 %. Entre 2004 et 2008, on note une augmentation de 20 % des eaux de surface polluées, tandis que les niveaux de pollution organique baissent légèrement au cours de la période, ce qui est attribué à la mise en place de stations d'épuration des eaux, dont le nombre augmente de 20 % et atteint 101 en 2008. Les eaux souterraines aquifères du pays sont presque toutes très pures. En 2008, 80 % de la population croate a accès à une eau courante propre, mais seulement 44 % a accès au système d'égout, les fosses septiques étant très répandues. La mer Adriatique est d'excellente qualité le long de la côte à l'exception d'une eutrophisation subie à Bakar, Kaštela, Šibenik et Ploče, ainsi que de pollution plus élevée près des grandes villes côtières[63],[110].
Occupation des sols et urbanisation

En 2006, la Croatie est recouverte à 46,8 % de bois et forêts, à 40,4 % de zones agricoles dont 7,8 % du total (4 389,1 km2) sont cultivées en permanence. Les zones herbeuses couvrent 8,4 % du territoire, l'eau de surface 1 % et les marais 0,4 % du territoire du pays[26].
Les zones artificialisées correspondent à 3,1 % du territoire (1 774,5 km2). Leur principale source d'augmentation est l'expansion urbaine et la construction de routes[26].
De nombreuses mines antipersonnel sont encore dans la terre du pays depuis la guerre de Croatie, le plus souvent le long d'anciennes lignes de front. En 2006, les zones potentiellement dangereuses couvrent 954,4 km2[26]. En 2012, 62 % des zones minées sont dans des forêts, 26 % dans des zones agricoles, et 12 % sur d'autres types de terrains. Le déminage du pays, censé se terminer en 2019[113], prend du retard et encore 51,3 km2 de terrain reste potentiellement miné en 2025[114].
Le taux d'urbanisation moyen de la Croatie est de 56 %, avec un exode rural continu. La plus grande ville du pays est sa capitale, Zagreb, avec 686 568 habitants intramuros et 978 161 personnes si on compte les 341 zones urbaines de son aire métropolinaine. Environ 60 % des habitants du comitat de Zagreb et 41 % de la population urbaine du pays entier vivent dans la métropole de Zagreb[115].
Les plus grandes villes sur la côte sont Split et Rijeka, toutes deux de plus de 100 000 habitants. Cinq autres villes dépassent les 50 000 habitants : Osijek, Zadar, Pula, Velika Gorica et Slavonski Brod. Onze villes dépassent les 20 000 habitants[70].
Références
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Voir aussi
Articles connexes
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Liens externes
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