Géothermie en Île-de-France
La géothermie en Île-de-France est la première source d'énergie renouvelable de l'Île-de-France. Elle alimente des réseaux de chaleur urbains et des sites individuels.
Nappes mobilisables
La géothermie profonde recourt à des nappes d'eau souterraine situées à plus de 200 m de profondeur. À une profondeur de 1 500 m à 2 000 m, les nappes d'eaux souterraines du Dogger et du Trias, corrosives et impropres à la consommation, ont une température entre 55 et 80 °C permettant en 2019 de chauffer l'équivalent de 250 000 logements via une cinquantaine de réseaux de chaleur locaux, qui en feraient la plus grande concentration de chauffage urbain d'origine géothermique d'Europe selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)[1]. Cinq installations ponctionnent la nappe de l'Albien, un peu moins profondes : Issy-les-Moulineaux, Le Plessis-Robinson, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Paris (ZAC Clichy-Batignolles) et le plateau de Saclay (Essonne)[2].
La géothermie de minime importance peut extraire la chaleur des nappes superficielles à moins de 200 m de profondeur : Lutétien, Yprésien-Cuisien et Craie[3], ou du sol sans prélever d'eau (technologie sur sondes).
Historique
En 1969 furent réalisées dans la région de Melun des installations de pompage dans le Dogger pour une production énergétique de 70 GWh en 2009[4]. Le premier choc pétrolier soutient l'essor de la géothermie dans les années 1970, mais l'élan est enrayé par le contre-choc enregistré à partir de 1992.
La technique est relancée quinze ans plus tard avec le soutien du Fonds Chaleur, une aide à l'investissement la géothermie gérée par l'ADEME. Des projets sont prévus pour 2020 et 2021 notamment à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Bobigny-Drancy, ce dernier projet ciblant les nappes du Trias encore peu exploitées[1].
Entre 2009 et 2021, l’ADEME Ile-de-France a financé 42 opérations de géothermie de surface pour 61 GWh d'énergie renouvelable produits, dont 20 opérations sur le territoire de la métropole du Grand Paris[5].
Réseaux alimentés
En 2015, on compte 16 villes raccordées dans le Val-de-Marne, suivi par la Seine-Saint-Denis (7 sites, dont La Courneuve-Plaine commune[6]), l'Essonne et la Seine-et-Marne (5 chacun), Paris (4) puis les Yvelines, le Val-d'Oise et les Hauts-de-Seine (3 installations)[2]. Le site de Chevilly-Larue, L'Haÿ-les-Roses et Villejuif dans le Val-de-Marne est le plus grand réseau externe du monde avec 37 000 équivalents logements[2].
En 2015, 36 sites produisent environ 1 100 GWh, soit plus des deux tiers de la production géothermique française, pour alimenter en chauffage et eau chaude plus de 200 000 logements dans lesquels vivent près de 500 000 habitants, et éviter le rejet de plus de 240 000 tonnes de CO2[7].
En Seine-Saint-Denis
En 1982, la ville de Clichy-sous-Bois met en service son réseau pour desservir 2 800 logements[8]. La même année est mis en service le puits de La Courneuve Sud, puis dans la même commune le réseau Nord l'année suivante, de même que le réseau du Blanc-Mesnil. Suit Tremblay-en-France en 1984[9]. Certains réseaux comme Sevran (lancé en 1983 et fermé en 1990), Aulnay-sous-Bois Rose des Vents (1982 / 1990), Aulnay-sous-Bois Gros Saule (1984 / 1989) et Bondy (1984 / 1990) ne sont pas pérennes, au moins dans leur première forme[9].
Implanté à La Courneuve depuis les années 1980 avec plusieurs puits géothermaux et ayant recours principalement à la biomasse sur Saint-Denis, le SMIREC renforce son activité géothermale en créant un forage opérationnel en 2025 à Saint-Denis, puis un autre à Villetaneuse (tous deux dans la nappe aquifère du Dogger) pour alimenter 10 000 équivalents logements vers 2026 dans le nord de Plaine commune[10].
En 2025, l'EPT Terres d'envol lance les travaux du réseau de chaleur géothermique devant alimenter les communes du Bourget et Dugny[11].
Notes et références
- Claire Guédon, « Les eaux souterraines d’Ile-de-France valent de l’or », sur leparisien.fr, (consulté le )
- « La région parisienne, championne du monde de la géothermie », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Cartographie de la géothermie de surface dans la métropole du Grand Paris », sur brgm.fr, (consulté le ).
- ↑ Claire Guédon, « Un anniversaire géothermique fêté à Melun », sur 20minutes.fr, (consulté le )
- ↑ « Géothermie de surface : Une énergie performante et durable pour la métropole du Grand Paris », sur librairie.ademe.fr, (consulté le ).
- ↑ Mathieu Quiret, « La géothermie sort à nouveau de terre en Ile-de-France », sur lesechos.fr, (consulté le )
- ↑ « La géothermie en Île-de-France », sur ademe.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ « Clichy-sous-Bois pionnière de la géothermie urbaine », sur calameo.com, (consulté le )
- « État des lieux et perspectives de la géothermie profonde dans le département de la Seine-Saint-Denis », sur ademe.fr (consulté le )
- ↑ « Bruno Le Maire en visite sur un chantier de forage géothermique du Smirec », sur lejournaldugrandparis.fr, (consulté le )
- ↑ « Dugny-Le Bourget : le réseau de chaleur géothermique avance », sur paristerresdenvol.fr, (consulté le )
Voir aussi
Liens internes
- Centrale géothermique de Cachan
- Puits artésiens de Paris
- Réseaux de chaleur en France
- Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU)
Liens externes
- Géothermie du Dogger Sur le site du BRGM
- Liste des forages à but géothermiques en France Sur le site infoterre.brgm.fr
- « Île-de-France », sur geothermies.fr, BRGM et ADEME
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