Gabriel Amisi Kumba

| Président Association Sportive Vita Club | |
|---|---|
| - | |
| Surnom |
Tango Four |
|---|---|
| Allégeance | |
| Activité |
Militaire |
| Arme | |
|---|---|
| Conflit |
Massacre de Kisangani Opération Militaire au Kindu Exécutions sommaires, torture, exploitation illégale |
Gabriel Amisi Kumba (surnommé Tango Four[note 1]) est un militaire congolais (RDC). Il est chef d'état-major des Forces terrestres de l'armée de la République démocratique du Congo entre 2006 et 2012[4]. En 2020, il est inspecteur général des FARDC.
Biographie
Gabriel Amisi est un ancien officier des Forces armées zaïroises, il rejoint l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1996[5].
Pendant la deuxième guerre du Congo, Amisi est chef d'état-major adjoint chargé de la logistique du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-G). Cette position est à l'origine de son surnom, T-4 étant l'abréviation de sa position[5].
En , Amisi est promu général d'armée et est nommé inspecteur général des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC)[6].
Autres activités
Il est président de la coordination de l’AS V.Club, un club de football de Kinshasa, entre 2002 et 2020[7].
Violations des droits de l'Homme
Exécutions sommaires et torture
Il a été impliqué par Human Rights Watch dans l'exécution sommaire d'un soldat et dans la torture de prisonniers de l'ANC dans un centre de détention des renseignements militaires à Goma en 2001[8]. Auparavant, en août 1998 le général avait personnellement incendié au lance-flammes le quartier Maluku de la ville de Kalemie à la suite d'une désinformation de RFI disant que ce quartier abritait encore des jeunes hostiles à la "rébellion du RCD". Au total plus de 180 hommes, femmes, vieillards et enfants.[réf. nécessaire]
Massacre de Kisangani
Il participe à la répression d'une mutinerie à Kisangani en [5] qui se solde par des pillages, viols et exécutions sommaires de la part des forces armées du RCD-Goma[8], et un total d'au moins 183 morts[9].
Massacre de Kindu
Après le massacre de Kisangani, il a commandé une brigade de l'ANC basée à Mbuji-Mayi. En , il aurait participé aux exécutions de 82 civils et combattants Mayi-Mayi à Kindu dans une opération militaire avec les Forces de défense rwandaises[10],[11]
Nommé en , il est commandant de la 8e région militaire du Nord-Kivu[12].
Exploitation illégale de l'or
En , il semble qu'il ait été transféré du commandement de la 8e région militaire pour devenir chef d'état-major des Forces terrestres des FARDC[13]. Il existe des allégations crédibles, certaines avancées par la BBC, selon lesquelles le général Kumba aurait personnellement profité de sa position, bénéficiant de l'exploitation minière dans l'est du pays, au cours des dernières années[14].
De nombreux rapports relient Amisi aux opérations minières au Nord-Kivu. En particulier, Amisi semble avoir protégé et profité des opérations du colonel Samy Matumo, l'ancien commandant de la 85e brigade qui occupait la mine de Bisie depuis plusieurs années[5],[15].
En 2017, un rapport de l'ONU accuse Amisi d'extraire illégalement de l'or sur la rivière Aruwimi dans la province de Tshopo[16] et que la gestion de La Conquête, une entreprise qui lui appartiendrait, était gardée par l'armée congolaise (FARDC)[17]. Lors de l'enquête de l'ONU, en , deux de ses experts sont enlevés et tués[18].
Trafic d'armes
En 2012, un rapport, rédigé pour l'ONU par le groupe d'experts sur la RDC, indique qu'Amisi a supervisé un réseau fournissant des armes et des munitions aux groupes criminels et aux rebelles qui parcourent les collines et les forêts de l'est du Congo riche en ressources mais troublé[19]. Selon le rapport, des munitions achetées au Congo Brazzaville voisin, sont passées en contrebande dans la capitale congolaise Kinshasa à l'est par un réseau étroit d'associés d'Amisi, y compris des membres de sa famille[20].
Le , Amisi est suspendu de ses fonctions dans les Forces terrestres par le président Joseph Kabila en raison de son rôle présumé dans les ventes d'armes à des groupes rebelles dans l'est du pays, ce qui pourrait avoir impliqué le groupe rebelle M23[20].
Répression violente
Des sanctions sont annoncées par les États-Unis le : il a été interdit aux citoyens américains de conclure des transactions financières avec lui[21]. Des unités placées sous son commandement « se seraient livrées à une répression violente des manifestations politiques », notamment des manifestations de au cours desquelles au moins 42 personnes sont décédées. Ces mesures étaient considérées comme un avertissement au président Joseph Kabila de respecter la constitution du pays[22].
Notes et références
Notes
- ↑ Le surnom « Tango Four » est la forme officielle et documentée, liée à la fonction de Gabriel Amisi Kumba en tant qu’adjoint au chef d’état-major chargé de la logistique (T-4) au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma)[1],[2],[3]. Certaines sources médiatiques utilisent également l’orthographe « Tango Fort ».
Références
- ↑ « RD Congo : Gabriel Amisi Kumba, un général dans le collimateur des États-Unis »
, sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ « Who’s who : Le Général Amisi « Tango Four », le boucher de l’Est du Congo – JJ Wondo »
, sur afridesk.org, (consulté le )
- ↑ « RDC : le général Gabriel Amisi nommé inspecteur général des FARDC »
, sur zoom-eco.net, (consulté le )
- ↑ (en) Jason Stearns (en), The War That Doesn't Say Its Name : The Unending Conflict in the Congo, Princeton University Press, , 34 pages (57-90) (ISBN 978-0-691-22452-7, lire en ligne
), « The Role of the Congolese and Rwandan », p. 61
- Congo Siasa, Congo Army Chief Caught in Gold Deal, November 2010
- ↑ Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala, « RDC : sous pression des États-Unis, Félix Tshisekedi procède à un prudent remaniement dans l’armée », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Leopardsactu Team, « As V.club : Le Général Amisi déterminé et exhorte ses joueurs à la quête d’une prochaine coupe Africaine », sur Leopards Actualite, (consulté le )
- « Il faut engager des poursuites contre le général Amisi en RD Congo », sur Human Rights Watch, (consulté le )
- ↑ « Les rebelles coupables d’atrocités à Kisangani »
, sur The New Humanitarian, (consulté le )
- ↑ Stanis Nkundiye, 'War in the East: The RDC massacres 82 civilians in Kindu', L'Avenir, English Translation, 20 September 2002, via Barouski, 'Laurent Nkunda Batware, His Rwandan Allies, and the ex-ANC Mutiny', 13 February 2007, 29 of 457, privately distributed.
- ↑ Jeremy Rich, « Nkunda, Laurent », dans African American Studies Center, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-530173-1, lire en ligne)
- ↑ Jean Omasombo Tshonda, Reṕublique démocratique du Congo : biographies des acteurs de la Troisième République, Royal Museum for Central Africa, Brussels, CEP, , 24-25 p. (ISBN 978-90-74752-59-6 et 90-74752-59-4, OCLC 505875999, lire en ligne)
- ↑ « Soldier of the FARDC, North-Kivu, Congo. », Cultural Anthropology, vol. 26, no 1, , p. 58–58 (ISSN 0886-7356, DOI 10.1111/j.1548-1360.2010.01088.x, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) Thomas Fessy, « Congo general 'profits from gold' », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Le blog du soldat du peuple: Antoine Roger Lokongo, « Gabriel Amisi alias Tango Fort, un général des FARDC "très Tango Fort" sur le champ de bataille des massacres, des mines d'or et du commercialisme militaire », sur web.archive.org, (consulté le )
- ↑ (en) « Democratic Republic of Congo army general profits from illegally mining conflict gold: As gold continues to fuel the conflict in the Democratic Republic of Congo, a UN report says », Deutsche Welle: Major General Gabriel Amisi Kumba with a history of serious human rights abuses is illegally running a gold mining operation., (lire en ligne)
- ↑ « UN Experts Accuse Congo Army General of Mining Gold Illegally - Bloomberg », sur web.archive.org, (consulté le )
- ↑ (en) « Bodies of missing UN officials in DR Congo reported found », sur Deutsche Welle, (consulté le )
- ↑ (en) Jonny Hogg, « DR Congo General sold arms to rebel groups: U.N. report », sur Chicago Tribune,
- Mathieu Olivier, « RDC : le général Amisi, numéro deux des FARDC, accusé par l'ONU de vendre des armes aux rebelles dans l'Est », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Boisselet, « RD Congo : Gabriel Amisi Kumba, un général dans le collimateur des États-Unis », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ Jason Burke, « US imposes sanctions on top DRC officials after election delay », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
Articles connexes
Bibliographie
- Deo Namujimbo, "Je reviens de l'enfer, reportage de guerre à l'est du Congo 'democratique '", éditions l'Harmattan,
- Nicholas Garrett, Sylvia Sergiou et Koen Vlassenroot, « Negotiated peace for extortion: the case of Walikale territory in eastern DR Congo », Journal of Eastern African Studies, vol. 3, no 1, , p. 1–21 (ISSN 1753-1055 et 1753-1063, DOI 10.1080/17531050802682671, lire en ligne, consulté le )
Liens externes
- Portail de l’histoire militaire
- République démocratique du Congo