Gamal Abdel Nasser (navire)

Gamal Abdel Nasser
illustration de Gamal Abdel Nasser (navire)
Le futur Gamal Abdel Nasser à Saint-Nazaire en décembre 2014.

Autres noms Vladivostok
Type Bâtiment de projection et de commandement
Classe Classe Mistral
Histoire
A servi dans  Marine égyptienne
Chantier naval Drapeau de la France Chantiers de l'Atlantique, Chantier naval de la Baltique (Saint-Nazaire)
Quille posée
Lancement
Armé
Statut En service
Équipage
Équipage 160 à 177 officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots ; possibilité d'embarquement de 450 marins ou 250 marins plus un état-major de 200 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 199 mètres
Maître-bau 32 mètres
Tirant d'eau 6,2 mètres
Tirant d'air 64,3 mètres
Déplacement 16 500 tonnes (lège)
21 300 t (à pleine charge)
32 300 t (ballasté)
Propulsion 3 moteurs Diesel Wärtsilä 16V32 de 6,4 MW
1 moteur Diesel auxiliaire Wärtsilä 18V200 de 3,3 MW
2 pods Alstom Rolls-Royce Mermaid de 7 MW
Puissance Total 20 400 ch (15 MW)
Vitesse 18,8 nœuds
Caractéristiques commerciales
Pont 6 400 m2
Caractéristiques militaires
Électronique 2 centrales de navigation inertielles SIGMA 40
1 système de commandement SIC 21 et de gestion de combat SENIT 9
Rayon d'action 10 800 miles à 18 nœuds, 19 800 miles à 15 nœuds
Aéronefs 2 hélicoptères téléoperés Schiebel Camcopter S-100

16 hélicoptères stockés en hangar

Pavillon Égypte
Port d'attache Port Safaga
Indicatif L1010
MMSI 622121040
IMO 4613415

Le Gamal Abdel Nasser est un porte-hélicoptères d’assaut amphibie. C'est le quatrième bâtiment de la classe Mistral, et le premier de cette classe exporté par la France.

Prévu au départ pour la Marine russe et pour être basé à Vladivostok, il était destiné à donner, avec son navire-jumeau, le futur-Sebastopol, une réelle capacité amphibie et de commandement sur zone à la Marine russe. Après le début de la guerre russo-ukrainienne en 2014, la France décide de ne pas livrer ce navire de guerre à la Russie, ni le second prévu.

Ce bâtiment et son navire-jumeau sont alors achetés par l'Égypte. Il porte le nom du président Gamal Abdel Nasser.

Commande et construction

Un navire initialement commandé par la Russie

Dès , la Flotte maritime militaire de Russie a exprimé le besoin d'un ou deux bâtiments et de l'éventuelle construction d'autres sous transfert de technologie[1] avec livraison d'un premier bâtiment fin 2014 et d'un second fin 2015[2]. Selon Vladimir Vyssotski, le commandant en chef de la marine russe, la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud a montré l'absence cruelle de bâtiments de type Porte-hélicoptères[3]. L'accord final pour la construction de 2 navires pour un montant de 1,7 milliard de dollars est signé le [4] avec une construction lancée au premier semestre 2012[5].

Le , le Vladivostok est entré en cale sèche aux chantiers navals de Saint-Nazaire[réf. souhaitée]. Les deux parties (française pour la proue et russe pour la poupe), ont été assemblées en à Saint-Nazaire. Le bateau est lancé le [réf. souhaitée].

Le , le président François Hollande annonce sa décision de suspendre la livraison du navire « jusqu'à nouvel ordre » considérant « que la situation actuelle dans l’est de l’Ukraine ne permet toujours pas la livraison du premier BPC » précise-t-il dans un communiqué [6].

En , un accord met un terme à huit mois de négociations[7].

Rachat égyptien

Le Nasser encadré par la frégate multi-missions égyptienne Al-Galala (FFG 1002) et le destroyer américain Delbert D. Black (DDG 119) en 2022.

Le navire et son navire-jumeau sont finalement achetés par l'Égypte, grâce à un financement saoudien. La livraison des deux navires à l'Égypte a lieu pour l'un en , pour l'autre en , après une formation en France de militaires égyptiens qui commence en [8].

Le Gamal Abdel Nasser est équipé de deux centrales de navigation inertielle SIGMA 40 créées par Sagem.

Caractéristiques

Le navire est très proche des 3 navires français qui l'ont précédés. Cependant, des adaptations ont été apportées pour le rendre compatible avec l'emploi que devaient en faire les russes[9],[10] et qu'en feront finalement les égyptiens :

  • l'îlot ne dispose pas de passerelle de défense à vue.
  • aménagement des ascenseurs et des hangars pour l'accueil des hélicoptères Kamov : Ka-27 Helix, Ka-29TB Helix-B et Ka-52K Katran (version navalisée du Ka-52 Alligator), plus encombrants à cause de leur double rotor.
  • adaptations et renforcement pour la navigation en mers polaires :
    • augmentation de la puissance électrique pour assurer le dégivrage partiel du pont d’envol.
    • renforcement de l'isolation sous le pont d'envol[11].
    • fermeture complète de la porte arrière du radier immergeable.
  • un système électrique conforme aux normes russes.
  • 2 propulseurs d'étrave, à l'instar du Dixmude, le propulseur unique sur les deux premiers bâtiments, s'étant avéré insuffisant par grand vent.
  • à noter que toutes les interfaces homme machine ainsi que la signalétique à bord avaient été traduites en russe!

Au niveau équipement en embarcations de débarquement :

  • contrairement aux 3 BPC français qui sont équipés en CTM (Chaland de Transport de Matériels), et en EDA-R (Engin de débarquement amphibie – Rapide), les 2 BPC russes aurait dû être équipés avec des CTM-NG (Chaland de Transport de Matériels - Nouvelle génération). Le CTM-NG présente une évolution majeure par rapport au CTM : il s’agit d'un chaland de type Ro-ro (roll-on roll-off) avec une porte à l’avant, mais aussi une rampe repliable à l’arrière, ce qui facilite et accélère les opérations d’embarquement et de débarquement dans les deux sens[12].

Au niveau armement, les Mistral ont été livrés à l'Égypte sans les systèmes d'armes russes initialement prévu qui étaient deux tourelles 3M-47 Gibka armés de missiles sol-air 9K38 Igla et deux systèmes d'armes rapprochés AK-630. En , l'Égypte cherchait quelles armes installer définitivement et utilise, en attendant, des véhicules Avenger équipés de missiles Stinger attachés sur le pont d'envol[13].

Carrière opérationnelle

Fin , le Gamal Abdel Nasser, accompagné de la frégate Tahya Misr, fait escale à la base navale de Toulon avant de participer, durant une semaine à l'exercice naval régulier Cleopatra avec un groupe de la marine française constitué du PHA Mistral et de la FREMM Auvergne[14],[15].

Notes et références

  1. Guillaume Belan, « La Russie s'intéresse au BPC Mistral », sur ttu.fr, Ttu, (consulté le ).
  2. Philippe Chapleau, « Ce sera bien quatre « Mistral » pour la Russie », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  3. (fr)Pierre Avril, « Moscou va acheter des Mistral à Paris », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  4. (en) « Russia signs $1.7 bln deal for 2 French warships », RIA Novosti, (consulté le )
  5. « DCNS lance la construction des 2 Mistral commandés par la Russie », sur Les Échos, Les Échos, (consulté le )
  6. Nicolas Gros-Verheyde, « Le Vladivostok (alias le Mistral russe) ne rejoindra pas son client. Varsovie satisfait? », Bruxelles2Club,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Mistral: Moscou annonce un accord avec Paris pour un dédommagement.
  8. Le Figaro.
  9. [PDF]DCNS - BPC pour la Russie, sur le site fr.dcnsgroup.com, consulté le 1er juillet 2014.
  10. « Premières vues des futurs BPC russes », Mer et marine, .
  11. Isolation des BPC russes Vladivostok et Sébastopol, sur le site prezioso.fr, consulté le 16 juillet 2014.
  12. « STX Lorient : Le premier CTM NG russe en achèvement à flot », Mer et Marine, .
  13. (en) Jeremy Binnie, « < Egyptian Mistrals using Avengers for air defence », sur Jane's Information Group, (consulté le ).
  14. Vincent Groizeleau, « Un groupe amphibie égyptien à Toulon », Mer et Marine, 2 avril 2019.
  15. Vincent Groizeleau, « Cleopatra : les Egyptiens ont quitté Toulon », Mer et Marine, 5 avril 2019.

Voir aussi

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