Gare de Godinne
| Godinne | |
Ancien bâtiment voyageurs (2023). | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | Belgique |
| Commune | Yvoir |
| Section | Godinne |
| Adresse | Rue Grande 5530 Godinne |
| Coordonnées géographiques | 50° 20′ 56″ nord, 4° 52′ 09″ est |
| Gestion et exploitation | |
| Propriétaire | Infrabel |
| Exploitant | SNCB |
| Code UIC | 88635607 |
| Services | InterCity (IC) Omnibus (L) Heure de pointe (P) |
| Caractéristiques | |
| Ligne(s) | 154, Namur à Dinant |
| Voies | 2 |
| Quais | 2 |
| Altitude | 95 m |
| Historique | |
| Mise en service | |
| Architecte | Nord-Belge |
| Protection | |
| Correspondances | |
| Bus | Voir Intermodalité |
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La gare de Godinne est une gare ferroviaire belge de la ligne 154, de Namur à Dinant, située à Godinne sur le territoire de la commune d'Yvoir, dans la province de Namur en région wallonne.
Elle est mise en service en 1862 par la Compagnie du Nord - Belge, son bâtiment voyageurs d'origine est classé comme monument en 1989.
C'est une halte voyageurs de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) desservie par des trains InterCity (IC), Omnibus (L) et d'Heure de pointe (P).
Situation ferroviaire
Établie à 95 mètres d'altitude, la gare de Godinne est située au point kilométrique (PK) 17,00 de la ligne 154, de Namur à Dinant, entre les gares de Lustin et d'Yvoir.
Histoire
La station de Godinne est mise en service le [1] par la Compagnie du Nord - Belge, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section de Namur à Dinant[2]. En 1864 Godinne est la quatrième station de la ligne qui rejoint la frontière et Givet en France. Elle dessert le village de Godinne, qui compte 693 habitants, à 17 kilomètres de Namur et 33 km de Givet. Quotidiennement il y a quatre trains pour Dinant et trois pour Givet, le temps de parcours entre Namur et Givet est d'environ 1 h 20[3].
Le bâtiment des voyageurs s'inscrit dans un lot de cinq bâtiments standards prévus pour la section de Namur à Dinant, aux côtés de ceux de Dave, Lustin, Yvoir et Jambes[4]. Ces bâtiments reprennent un plan type standard de la Compagnie du Nord, conçu par Louis Jules Léon Lejeune (?-1877), chef de service des bâtiments à Paris, et approuvés par l'ingénieur Couche, chef de la troisième division de la Compagnie[4]. Par arrêté ministériel du , le ministère des Travaux publics impose un agrandissement : la largeur des bâtiments est portée de 15,30 m à 16 m et la salle d'attente de troisième classe doit mesurer au moins 3 m[4].
La construction des bâtiments définitifs n'est entamée qu'en juin 1863, sept mois après l'ouverture de la section à l'exploitation, la Compagnie se contentant jusqu'alors de simples baraquements en bois dans les stations intermédiaires[4]. L'adjudication est scindée en trois lots distincts. Le , Adolphe Wanty, établi à Hautmont, est déclaré adjudicataire des travaux de terrassement, maçonnerie, charpente et couverture[4]. Le 30 juin suivant, les travaux de menuiserie et de pose de quincailleries sont attribués à Théliez, déjà actif sur les chantiers français de la Compagnie[4]. Les travaux de pose de fontes et ferrures sont vraisemblablement confiés à Isaac Pâris, de Marchienne-au-Pont[4].
Le , l'ancien bâtiment de la Compagnie du Nord - Belge est classé comme monument et son environnement est classé comme site[5],[6].
En 2010, le conseil de la commune d'Yvoir réagit à un projet de la fermeture du guichet de la gare de Godinne[7].
Depuis le , la gare est devenue un point d'arrêt et le guichet est définitivement fermé. La commune d'Yvoir tente par la suite de la convertir en logements, avec un espace commercial au rez-de-chaussée, mais le projet échoue faute de fonds. Différents projets d'origine locale seront tentés, mais aucun n'aboutit. En , la SNCB met la gare en vente pour des offres débutant à 75 000 €[8].
Tunnel de passage
En , des travaux pour créer un tunnel, et ainsi éliminer le passage à niveau, sont entrepris[9]. Ce tunnel sera doté d'une rampe pour personnes à mobilité réduite[10]. Infrabel a pour objectif de supprimer un maximum de passages à niveau qui génèrent chaque année des accidents mortels pour les usagers[11], un jeune homme de 24 ans ayant trouvé la mort à Godinne en 2014[10]. Un tunnel était déjà existant mais nécessitait un détour de 400 mètres, ce qui entraînait de nombreuses traversées sauvages. Les quais sont rehaussés à 75 cm au-dessus des voies pendant ces travaux afin d'assurer une meilleure accessibilité des usagers aux trains dont les marches sont très hautes. Ces travaux sont estimés à 1,5 million d'euros[10].
Après avoir excavé 600 m3 de terre et démonté 40 mètres de voie ferrée, un couloir sous-voies constitué d'un tube de béton de 500 tonnes a été coulé sur place. La poussée du couloir s'est faite à l'aide d'un vérin, à une vitesse de 4 mètres par heure, lors de la fin de semaine de la Pentecôte (de 7h du matin le , jusqu'à 15h lundi )[12],[10]. Pendant ce temps, les trajets entre Namur et Dinant (trains IC et L) ont été interrompus, étant remplacés par un service d'autobus[13].
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Gare avant les travaux de rehaussement des quais -
Ancien tunnel, toujours en fonction -
Ancien passage à niveau qui permet d'apprécier l'importance du surhaussement des quais -
Travaux pour remplacer passage à niveau 2019 -

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Rampe d'accès -
Travaux pour rehausser les quais -
Base en terre pour rehausser la rampe d'accès quai 2.
Patrimoine ferroviaire
L'ancien bâtiment voyageurs du Nord-Belge est classé par arrêté le . Ce classement englobe les façades et toitures du bâtiment ainsi que son environnement ferroviaire. Le bâtiment à voyageurs de la gare de Godinne appartient à un type standard mis au point par la Compagnie des chemins de fer du Nord et construit à plusieurs dizaines d'exemplaires en France, mais aussi en Belgique, qui a compté plus de vingt gares correspondant à ce schéma[14].
On retrouvait entre-autres de telles gares à Jambes (remplacée par un bâtiment moderne), Hastière, Sclaigneaux ou Thuin en Belgique et en France : Ascq, Wimereux, ou (Wattignies (détruite lors de la Première Guerre mondiale). Plusieurs des gares encore en existence ont été altérées ou agrandies mais celle de Godinne est encore proche de son agencement d'origine[15]. Contrairement à ceux de plus grande importance, le bâtiment de Godinne se contente de deux ailes courtes (une seule travée).
Le bâtiment correspond au plan type no1 de la Compagnie du Nord et se développe selon le schéma traditionnel de la petite station secondaire : un corps central de quatre niveaux, dont une cave et un comble, jouxté de deux ailes basses de deux niveaux[4]. Un auvent côté voies complète le bâtiment sur toute sa longueur. L'architecture, essentiellement en briques, est rythmée par des pilastres corniers à bossages, des bandeaux et un soubassement en pierre calcaire[4]. Aujourd'hui, le bâtiment de Godinne est le seul conservé parmi ceux des stations de la section Namur-Dinant, les autres ayant été démolis au cours des années 1970 et 1980[4].
Le système constructif associe une enveloppe en maçonnerie à une ossature mixte fer-bois supportant les planchers. Les espaces intérieurs sont librement divisés à chaque étage par un système de cloisons légères, rendues possibles par l'emploi de poutres maîtresses métalliques précontraintes traversant la largeur du bâtiment[4]. Les charpentes, de facture économique, recourent à un système de chevrons-formant-fermes rappelant celui de Philibert Delorme[4]. L'auvent en fonte et en bois, qui correspond au premier type d'auvent employé par la Compagnie (comme à Hastière et à Heer-Agimont), évoluera vers une version intégralement métallique à couverture de verre à la fin des années 1860[4].
L'organisation intérieure originale articule les services de la station (bureaux et salles d'attente) au rez-de-chaussée et un logement aux étages, accessible par un escalier disposé dans l'aile nord[4]. Une modification de la distribution intérieure est mentionnée en 1894, visant probablement à dégager le vestibule pour offrir un accès direct vers le quai, comme à Ougrée en 1899 et à Seraing en 1901[4]. Une nouvelle transformation, vers le milieu du XXe siècle, déplace le bureau des recettes dans l'aile sud[4].
Service aux voyageurs
Accueil
Halte SNCB, c'est un point d'arrêt non géré (PANG) à accès libre. Elle est équipée d'un automate pour l'achat de titres de transport[16].
Desserte
Godinne est desservie par des trains de la SNCB : InterCity (IC), Omnibus (L) et d'Heure de pointe (P) qui effectuent des missions sur la ligne 154 Namur - Dinant[17].
En semaine, la desserte est constituée de trains IC-17 entre Dinant et Brussels Airport-Zaventem ainsi que de trains L entre Namur et Libramont, circulant toutes les heures et renforcés le matin par un train P de Bertrix à Namur.
Les week-ends et jours fériés, la desserte comprend des trains IC-17 entre Dinant et Bruxelles-Midi, circulant toutes les heures, ainsi que des trains L entre Namur et Libramont, toutes les deux heures.
Intermodalité
Un parc pour les vélos et un parking pour les véhicules y sont aménagés[16].
Elle est desservie par des bus[Lesquels ?][16].
Comptage voyageurs
Ce graphique et tableau montre le nombre de voyageurs embarquant en moyenne durant la semaine, le samedi et le dimanche[18].

| Nombre de passagers qui embarquent à la gare de Godinne | |||
|---|---|---|---|
| Semaine | Samedi | Dimanche | |
| 1977 | 191 | 63 | 59 |
| 1978 | 276 | 97 | 117 |
| 1979 | 287 | 73 | 52 |
| 1980 | 275 | 60 | 93 |
| 1981 | 319 | 70 | 103 |
| 1982 | 254 | 62 | 85 |
| 1983 | 298 | 77 | 68 |
| 1984 | 241 | 64 | 82 |
| 1985 | 288 | 60 | 104 |
| 1986 | 246 | 69 | 90 |
| 1987 | 266 | 85 | 125 |
| 1988 | 250 | 80 | 67 |
| 1989 | 278 | 51 | 115 |
| 1990 | 331 | 63 | 125 |
| 1991 | 313 | 102 | 79 |
| 1992 | 373 | 75 | 88 |
| 1993 | 408 | 120 | 120 |
| 1994 | 377 | 164 | 139 |
| 1995 | 334 | 128 | 108 |
| 1996 | 413 | 92 | 137 |
| 1997 | 471 | 101 | 98 |
| 1998 | 403 | 102 | 102 |
| 1999 | 382 | 123 | 121 |
| 2000 | 362 | 184 | 219 |
| 2001 | 468 | 154 | 148 |
| 2002 | 368 | 136 | 142 |
| 2003 | 249 | 136 | 152 |
| 2004 | 297 | 162 | 160 |
| 2005 | 322 | 144 | 259 |
| 2006 | 326 | 166 | 104 |
| 2007 | 336 | 145 | 158 |
| 2008 | - | - | - |
| 2009 | 476 | 163 | 176 |
| 2010 | - | - | - |
| 2011 | - | - | - |
| 2012 | 417 | 182 | 195 |
| 2013 | 441 | 173 | 183 |
| 2014 | 584 | 151 | 177 |
| 2015 | 443 | 148 | 161 |
| 2016 | 353 | 123 | 137 |
| 2017 | 381 | 132 | 175 |
| 2018 | 373 | 136 | 122 |
| 2019 | 367 | 135 | 136 |
| 2020 | 273 | 136 | 153 |
| 2021 | - | - | - |
| 2022 | 561 | 312 | 334 |
| 2023 | 495 | 201 | 215 |
| 2024 | 540 | 267 | 239 |
Notes et références
- ↑ (nl) Jean-Pierre Schenkel et al., « ST/H/PA Godinne », sur spoorweggeschiedenis.quartam.on-rev.com (consulté le ).
- ↑ (nl) « L. 154 : Namur - Heer-Agimont grens (Givet) », sur Belgische spoorlijnen (consulté le ).
- ↑ Auguste Morel, « VI de Namur à Dinant et à Givet », dans De Paris a Cologne, a Bruxelles, a Senlis, a Laon, a Dinant, a Givet, a Luxemburg, a Trèves, a Maestricht: itinéraire descriptif et historique, Libr. de L. Hachette et Cie., 1864, p. 343 intégral (consulté le 1er avril 2012).
- Baptiste Drugmand, « Conception et construction de bâtiments de gare au Nord-Belge : le bâtiment des voyageurs de Godinne (1863) », En Lignes, Mons, Patrimoine ferroviaire et tourisme, no 192, , p. 56-64.
- ↑ Site tourisme.yvoir.be Site classés : liste des sites classés sur la commune d'Yvoir lire (consulté le 1er avril 2012).
- ↑ Ministère de la région wallonne, Le patrimoine ferroviaire, éditions Mardaga, 2002 (ISBN 9782870098226), p. 89 extrait (consulté le 1er avril 2012).
- ↑ Site lavenir.net Freddy Gillain, Yvoir conseil communal : inquiétude pour la gare de Godinne, article du 18 novembre 2010 lire (consulté le 1er avril 2012).
- ↑ Freddy Gillain, « Y a-t-il moyen de sauver la gare de Godinne? », sur l'avenir.net, (consulté le ).
- ↑ Fiorine Guery, « Un passage sous-terrain pour la gare de Godinne », sur Matélé, (consulté le ).
- Samuel Sinte, « Traversées de voies ferrées: incident à Andenne, investissements à Godinne », sur l'avenir.net, (consulté le ).
- ↑ « Suppression de passages à niveau », sur Infrabel (consulté le ).
- ↑ Luc Scharès, « 5,5millions de travaux par Infrabel en Haute-Meuse », Le Soir, (consulté le ).
- ↑ « Travaux sur votre trajet entre Namur et Dinant », sur SNCB, (consulté le ).
- ↑ [PDF]« Modellbau Kai Brennis présente : Gare "Nord - Belge" et "Compagnie du Nord" » (version du sur Internet Archive).
- ↑ http://www.modeltrainservice.com/nurnberg/MKBflyer2009NF.pdf
- « Godinne », sur belgianrail.be (consulté le ).
- ↑ « Brochures des lignes de train au format PDF | SNCB », sur www.belgiantrain.be, (consulté le ).
- ↑ SNCB, « Aantal instappende reizigers per station in $ / Nombre de voyageurs montés par gare en $ (en cherchant "Reizigerstellingen" dans la barre de recherche) », (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- Baptiste Drugmand, « Conception et construction de bâtiments de gare au Nord-Belge : le bâtiment des voyageurs de Godinne (1863) », En Lignes, Mons, Patrimoine ferroviaire et tourisme, no 192, , p. 56-64.
Articles connexes
Lien externe
- Informations sur la Gare de Godinne, sur le site de la SNCB
- Compagnie des chemins de fer du Nord, « Plan du bâtiment voyageurs de la gare d'Ascq, identique à celui construit à Godinne par le Nord-Belge », sur SNCF Open Archives,
| Origine | Arrêt précédent | Train |
Arrêt suivant | Destination | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bruxelles-Aéroport-Zaventem | Lustin | IC(en semaine) | Yvoir | Dinant | ||
| Bruxelles-Midi | Lustin | IC(week-ends et fériés) | Yvoir | Dinant | ||
| Namur | Lustin | L | Yvoir | Libramont | ||
| Bertrix | Yvoir | P(en semaine) | Lustin | Namur | ||
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