C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977 date à laquelle elle comptait 17 000 habitants. Elle fut un centre industriel important. De nos jours, il existe encore Industeel-Charleroi (anciennement la FAFER) ; Carsid (ancien Cockerill-Sambre) a fermé ses portes en 2012.
Toponymie
Le mot Marchienne signifie soit domaine de Marcius (nom gallo-romain), soit terres aux limites (du latin marca, via le germain marka et l'ancien français marche[Note 1]). Le pont est celui sur la Sambre[3].
Géographie
Géographie physique
Le paysage de Marchienne-au-Pont est assez vallonné, se situant dans la vallée de la Sambre et de l'Eau d'Heure. Son relief reste marqué par la révolution industrielle avec la présence de trois terrils. L'altitude se situe entre 100 m au niveau de la Sambre et 203 m au terril du Bayemont. L'est de la commune est bordé par l'Eau d'Heure qui marque la limite avec Mont-sur-Marchienne.
Le point le plus élevé, à 185 m au-dessus du niveau de la mer, se situe dans le quartier de La Docherie. Sur le versant opposé, au lieu-dit Haut-Spiniat, l'altitude atteint 151 m. L'altitude moyenne de Marchienne est de 147 m[4].
Marchienne-au-Pont se situe à la limite est de la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Le sous-sol de de Marchienne-au-Pont est constitué d'une variété de composants géologiques comportant des gisements importants de houille grasse et d'alluvions de la vallée de la Sambre.
Matadi, ce quartier est au sud de la commune ; une église a été construite et une cité porte le même nom.
Marchienne-Docherie, quartier au nord de Marchienne-au-Pont. À l'origine, le quartier était recouvert par un bois appelé Bayemont qui a été défriché en 1840[5]’[6]’[7]. Son développement a été favorisé par l'industrie et les charbonnages.
Marchienne-État, ce quartier se trouve entre la Sambre et la route de Mons où se trouve l'ancienne brasserie des Alliés.
Marchienne-Cartier, c'est le centre-ville de Marchienne, où se trouve l'hôtel de ville et l'église.
Autres quartiers et lieux-dits
Le Spignat.
Rond-Point.
Les Remparts.
La Providence, où se trouvaient les forges du même nom.
Fond Suzanne, nom donné où se trouvait le puits Sainte-Suzanne.
Saint-Charles, nom donné où se trouvait le puits Saint-Charles.
Bayemont, le nom viendrait de « noir mont », « bail » ou « baye » signifie en ancien français, un endroit clôturé d'une barrière[8] et autrefois la colline était clôturée de barrières[9].
Le Pélon.
Le Bougnou.
Fond-Beghin, appelé aussi Pont-Beghin, avant la construction du canal Charleroi, le Pont aux Scouffes[10].
Saint-Martin.
Zone, de Zona c'est-à-dire ceinture[11]’[12], ou lieu planté d'aulnes[12],[13].
Naye-à-Bois, ce nom désignait l’endroit où les bateliers pouvaient trouver le bois et les planches nécessaires aux réparations[14].
Cités
Cité-parc Louis Leriche, nom donné au dernier bourgmestre de Marchienne-au-Pont avant les fusions des communes.
Cité du Nord, tire son nom de fais que la ligne de chemin de fer vers la France toute proche était propriétaire de la Compagnie des chemins de fer du Nord-Belge[15].
Cité Ouvrière, bâtie par les Habitations Marchiennoises en 1925[16],[17].
Cité des Cerisiers, construite en 1954 par les Habitations Marchiennoises[18].
Cité Peetermans, nom donné à Louis Peetermans, échevin des finances et président des Habitations Marchiennoises[19].
Cité des Acacias.
Cité de l'Egalité, appelée en hommage aux révolutionnaires français[20].
Cité de Bayemont, logements pour familles d'ouvriers construits par la Société Bayemont-Docherie[21].
Vue panoramique sur Marchienne-au-Pont, vu du terril de Bayemont.
Marchienne-au-Pont est traversé par la nationale 90 de Charleroi à Mons. Elle a été conçue à l'époque napoléonienne, vers 1810. Sous la domination liégeoise, il existait le grand chemin reliant Fontaine à Charleroi, et sous la domination française, le tronçon restant de la Chaussée de Binche à Charleroi a été terminé[22]. Cette rue est en partie sur Monceau et sur Marchienne[23].
On a retrouvé des outils en silex et des ossements de rhinocéros laineux dans les falaises, au pied de l’ancien charbonnage de Forte-Taille à Montigny-le-Tilleul, dans la grotte de Genly aujourd’hui disparue[26], dans cette même grotte, on a découvert des restes humains du type de l’homme de Spy, ainsi que des ossements d’animaux préhistoriques tels que des cerfs, des hyènes des cavernes et des éléphants[27]’[28]. Les premiers habitants se sont installés aux Blancs Cailloux, au bord de la Sambre, à l’époque néandertalienne[26].
À Mont-sur-Marchienne, tout près de la frontière avec Marchienne-au-Pont et au pied du bois des Marlières, se trouvait jadis une caverne connue sous le nom de Trou Lombeau ou Long Bos. La carrière Dupuis l’a en grande partie effacée, ne laissant aujourd’hui qu’un trou à moitié comblé le long de la voie ferrée, au pied de la carrière. En 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, des fouilles archéologiques y ont révélé des ossements de hyènes, de rennes, de renards et d’autres animaux datant de la dernière ère glaciaire[29],[30].
Antiquité
Le territoire de Marchienne, lors de l'invasion romaine, faisait partie des cinq peuples clients des Nerviens, appelés les « Gordunes ». Leurs frontières suivaient la Sambre, à partir de Marcinelle, alors territoire de Marchienne, jusqu'à Solre-sur-Sambre, puis longeaient les rives de l'Hantes jusqu'à Leval, englobant les limites occidentales de Solre-Saint-Géry, Renlies, Froidchapelle et Rance. À l'est, elles touchaient le territoire des Lévaques[11].
En 27 av. J.-C., sous le règne d'Auguste, les Romains divisent la Gaule en provinces, nommées Belgique Première et Germanie Seconde[11]. Ces provinces étaient organisées en cités, elles-mêmes divisées en pagi ou cantons. Dans la cité des Tongrois se trouvait le pagus de Lomme, qui incluait le territoire de Marchienne. Durant la période franque, le grand pagus de Lomme avait sous son autorité les pagi moyens de Darnau, de la Sambre et de Lomme, situés à l'est de l'Hainœnsis. Le pagus de la Sambre, comprenant Marchienne, s'étendait sur la rive droite de la Sambre jusqu'à l'embouchure de l'Eau d'Heure à Marchienne. À l'époque romaine, Marchienne ne possédait aucun territoire sur la rive gauche de la Sambre[31].
L’écrivain liégeois Saumery rapporta, avant 1740, une tradition locale situant près de Marchienne une forteresse romaine Martianae et un camp nommé Zona, attribués à Jules César lors de la campagne contre les Nerviens. Ces récits sont aujourd’hui considérés comme infondés : la bataille du Sabis (57 av. J.-C.) eut lieu en France, sur la Selle, et le toponyme Zone renvoie simplement à un lieu planté d’aulnes. Aucun document antique ne mentionne Mont‑sur‑Marchienne, Marchienne‑au‑Pont ou Marcinelle. Les premières attestations, au IXe siècle, citent Mons pour Mont‑sur‑Marchienne et des formes latines pluriel (Marcinas, Marcenas, Martianas, Marcianis) pour Marchienne et Marcinelle. Ces graphies renvoient probablement à une villa Martiana, domaine d’un colon romain nommé Martius/Marcius. Le pluriel suggère l’existence de deux domaines voisins appartenant à un même propriétaire, hypothèse renforcée par la découverte de vestiges de villas romaines dans les deux localités[32].
À partir du XIIe siècle, l’évolution phonétique distingue progressivement les deux toponymes : Marchinelle, Marcinelles, Marceneles pour Marcinelle ; Marchines, Marchienes, Marcinnes pour Marchienne. L’usage du diminutif pour Marcinelle reflète son statut secondaire. L’étendue du fundus originel reste incertaine ; il incluait sans doute Marchienne, Marcinelle et Mont‑sur‑Marchienne, sans certitude pour Monceau‑sur‑Sambre, Montigny‑le‑Tilleul ou Couillet. L’occupation romaine est attestée par de nombreuses découvertes : substructions, hypocauste, bassin, peintures murales, tuiles, poteries, monnaies et tombes à Marchienne‑au‑Pont, ainsi qu’un tumulus fouillé à Marcinelle[33].
L’occupation romaine du territoire correspondant aux actuelles communes de Marchienne-au-Pont et de Marcinelle est solidement attestée par de nombreuses découvertes archéologiques, pour la plupart mises au jour fortuitement au XIXe siècle, puis confirmées par des fouilles systématiques au XXe siècle. Ces vestiges témoignent de la présence d’un habitat gallo-romain structuré et durable[29].
Plusieurs interventions urbaines ont révélé des traces matérielles significatives[29]:
Vers 1860, les travaux de terrassement liés à la construction d’un nouvel abattoir communal mirent au jour des substructions gallo-romaines, indiquant l’existence d’un bâtiment antique[34]’[35].
Aux environs des rues de Crayencour et de l’Hôpital, des fouilles réalisées vers 1870 dans un ancien cimetière désaffecté révélèrent des caves maçonnées. En 1891, dans le même secteur, furent découverts des vestiges de maçonnerie, des tuiles romaines et des fragments de céramique en terre noire. Le toponyme local Pachy al cave semble désigner l’ensemble de ce quartier.
En juin 1879, lors de la construction de l’ancien hôtel de ville et du marché couvert sur la rive droite de la Sambre, plusieurs tombes furent mises au jour, contenant diverses poteries ainsi que deux monnaies, l’une d’Hadrien, l’autre de Lucilla[26].
En août 1864, au lieu-dit Paradis (rue de Châtelet, près de l’Eau d’Heure), furent découverts des débris de tuiles, un fond de hanap et un petit bronze de Constantin.
Des fouilles programmées furent entreprises à partir du , à la suite des expropriations nécessaires à la construction des nouveaux bâtiments de l’Athénée Royal de Marchienne (Athénée Yvonne Vieslet). Elles furent menées d’abord par le Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Marcinelle (CHAM) sous la direction de G. Janti, puis, dès octobre, en collaboration avec le Club d’Archéologie de l’Athénée de Marchienne-au-Pont, dirigé par P. Jacqmin[29].
Au , les investigations avaient mis en évidence[29]:
des murs de fondation ;
un hypocauste, attestant l’existence d’un bâtiment chauffé ;
une longue banquette formant le rebord d’un grand bassin partiellement dégagé ;
de très nombreux fragments d’enduits peints, polychromes, dont certains présentent des motifs linéaires, une draperie ou une fleur ;
une abondance de tuiles, de céramiques domestiques, ainsi qu’une petite cuillère en bronze et quelques fragments de sigillée.
Ces éléments confirment l’existence, à cet emplacement, d’un établissement gallo-romain d’une certaine importance[29].
Moyen Âge
Au Ve siècle, la domination romaine prend fin, laissant place à la monarchie franque fondée par Clovis. Marchienne devient alors un fief royal, et Louis le Débonnaire l’offre, le 8 mai, ainsi que Pont-de-Loup (Funderlo), à Eckard. Ce dernier reçoit en pleine propriété les maisons, les édifices, les terres cultivées et incultes, les pâturages, les bois, les moulins, ainsi que les habitants des deux villages[31].
À la fin du VIIIe siècle, la paroisse de Marchienne appartient au doyenné de Fleurus. Environ un siècle plus tard, elle est rattachée au diocèse de Liège et intégrée au décanat de Châtelet, où elle reste jusqu’en 1795. À cette période, elle dépend partiellement du diocèse de Tournai et du doyenné de Fontaine-l’Évêque[36].
À l'époque carolingienne, les bois de La Docherie et de Jumet faisaient partie des territoires de chasse intégrés au domaine royal de Marchienne-au-Pont. Du Haut Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle, la colline de La Docherie appartient à la seigneurie de Marchienne[8].
L’école de la paroisse était d’abord sous la responsabilité du curé, puis de l’évêque qui devint prince-évêque de Liège et enfin du chapitre de la cathédrale Saint-Lambert[36].
La fête patronale de Marchienne, célébrée le en l'honneur de la Nativité de la Sainte Vierge, remonte à l'an 650, lorsque saint Remacle succède à saint Amand comme évêque. La fête de saint Remacle était fixée au 3 septembre. Aucune autre paroisse de l'arrondissement de Charleroi ne semble avoir préservé une tradition aussi ancienne. Cependant, quelques traces subsistent à Marchienne-au-Pont, où la dédicace correspond exactement à cette date[36].
Pour comprendre l'histoire de Marchienne-au-Pont, il faut revenir au IXe siècle, après la mort de Charlemagne. Son empire est divisé en trois parties : la Francie, la Germanie et, entre les deux, un vaste territoire nommé le Royaume de Lothaire, qui englobait une grande partie de la Belgique actuelle et de la Bourgogne[37].
En 868, un polyptyque rédigé par Irmonon indique que l’abbaye de Lobbes possédait des terres à Marchienne et à Marcinelle, situées dans la région de la Sambre. Au Xe siècle, l’évêché de Liège devient la principauté de Liège, et sous l’abbé Éracle, en 860, les terres et le territoire de Marchienne, appartenant à l’abbaye de Lobbes, sont intégrés dans cette principauté[38].
Dans l’un des premiers actes évoqués, le nom de Marchienne apparaît sous la forme « Marciane ». Cette orthographe se retrouve également dans le polyptyque de Lobbes, ainsi que dans le recensement des paroisses redevables de « bancrois » envers l’abbaye. On y lit : « Marciains, item Marciains »[39], ce qui indique clairement que le monastère de Saint-Pierre de Lobbes possédait des terres à Marchienne et à Marcinelle deux localités qui formaient à l’origine un seul et même village. Si la cession de Pont-de-Loup et de Marchienne s’est produite autour de la mort d’Eckard, ces territoires auraient constitué les premières possessions du monastère de Lobbes dans la région de l’Entre-Sambre-et-Meuse[38].
Au xe siècle, l’évêché de Liège devient la « Principauté de Liège ». Sous l’abbatiat d’Eracle, en 860, les biens situés à Marchienne, alors propriété de l’abbaye de Lobbes, sont officiellement intégrés à cette principauté[38].
Le , Arnulf de Carinthie, roi de Germanie, cherchant un soutien politique en Lotharingie, offre l'abbaye de Lobbes et ses 17 villages à Francon, abbé de Lobbes et futur évêque de Liège[37]. La localité et ses environs proches vers le sud et l'ouest sont pour plusieurs centaines d'années possession liégeoise, et constituent une avancée vers les terres du comté de Hainaut à l'ouest. À quelques kilomètres (à l'époque on disait « lieues »), à l'est, Charleroi, qui n'est encore qu'un bourg nommé « Charnoy », est une possession du comté de Namur.
En 980, le prince-évêque Notger obtient les pouvoirs comtaux et fait du domaine une enclave politique liégeoise, avec Thuin et ses remparts comme place forte[37]. Sous la protection des princes-évêques, Marchienne se développe et prospère.
Au cours du XVIe siècle, les territoires de Marchienne et de Pont-de-Loup sont intégrés à une entité administrative ou seigneuriale spécifique. Ces localités sont mentionnées dans une bulle pontificale datée du , par laquelle le pape Innocent II confirme les possessions de l’Église de Liège, notamment celles du chapitre de Saint-Lambert[40].
Aux alentours du XIIIe siècle, Robert de Thourotte, évêque de Liège, initie un accord d’échange avec le chapitre de Saint-Lambert. Il cède la ferme qu’il détenait à Marchienne incluant les droits de justice, les terres, les bois et toutes ses dépendances aux habitants de cette localité. En contrepartie, il reçoit deux moulins situés à Liège. De plus, il concède au chapitre le droit de patronage sur l’église de Marchienne, l’ensemble des dîmes perçues dans cette région, ainsi que deux hectares de bois[41]. Cependant, Robert de Thourotte décède à Fosse le , sans avoir pu accomplir cet acte, qui est finalement réalisé avec la sanction papale en 1250 par l'évêque Henri de Gueldre[42].
Destruction de Marchienne en 1406 et 1408
Entre 1406 et 1408, les habitants de Liège se révoltent contre leur prince-évêque, Jean de Bavière, qu’ils souhaitaient voir embrasser pleinement sa vocation ecclésiastique. Rejetant son autorité, ils proclament sa déchéance et confient la régence au Seigneur de Perwez, nommé Mambour. Son fils, Thierry de Hornes, est élu évêque de Liège[43].
La guerre éclate rapidement. Alors que les Liégeois assiègent Bouillon, Jean de Bavière fait appel au comte de Hainaut, Guillaume IV. Ce dernier s’empare de l’évêché, incendiant l'abbaye de Lobbes. Henri de Perwez, Mambour du pays de Liège, repousse les troupes du comte grâce à des renforts venus d’Angleterre et de la Marck. Il est soutenu par le Seigneur de Marchiennes, avoué de Thuin. En représailles, Henri part en campagne avec le prince Henri, héritier de Barbançon et de La Buissière, ainsi qu’Englebert de la Roche tous deux liés à Jean II. Ce dernier avait déjà livré les Gantois révoltés à Philippe le Hardi en 1383[43].
À la fin de l’année 1407, Henri de Perwez et son fils lancent un nouveau siège contre Maestricht. Cependant, l’hiver rigoureux les contraint à suspendre l’opération. Ils reprennent leur offensive le , poursuivant l’action au mois de mai[43].
À cette époque, Jean de Bavière prit les dispositions nécessaires pour faire face aux nouvelles offensives de ses ennemis. Il se rendit en Hollande afin d’y rassembler des troupes supplémentaires, puis sollicita l’appui du comte de Hainaut, du comte de Namur et du duc de Bourgogne[43].
Le 10 mai, Henri de Perwez relança le siège de Maestricht, soutenu par une armée partiellement constituée de contingents envoyés par les villes alliées[44]. L'armée des Hennuyers, dirigée par Jean II de Jeumont, s'avança dans l'Entre-Sambre-et-Meuse et détruisit entièrement les bourgs de Florennes, Fosses, Couvin, Fontaine-l'Évêque, Marchienne-au-Pont, Jemeppe et bien d'autres. Seule la ville de Thuin échappa à cette destruction grâce à sa position stratégique[45].
Le , le comte de Hainaut, à la tête de ses troupes dirigées par Jean II de Jeumont, fit son entrée dans les terres voisines. Il était accompagné de nombreux nobles et d’une armée forte de 2 000 hommes. Leur objectif : secourir son frère assiégé. Avançant avec détermination, ils prirent la route vers Maastricht, où Jean de Bavière résistait courageusement[45]. Fidèle à sa réputation martiale, le comte ne tarda pas à imposer sa présence. Il soumit plusieurs villes et villages, notamment Fosses, Florennes, Couvin et Marchienne-au-Pont, exigeant d’eux des contributions financières. Le 19 août, la ville de Liège dut livrer les armes prises à Fosses[45].
À Fontaine-l’Évêque, la situation fut plus tendue. Baudouin de Fontaine, seigneur du lieu, tenta de s’opposer à l’entrée des troupes. Il fut capturé, son château incendié, et ses privilèges de bourgeoisie révoqués. Les troupes du comte poursuivirent leur avancée, imposant leur autorité sans relâche. Pendant ce temps, le prince-évêque de Liège, inquiet de l’approche des alliés du comte, quitta Maastricht pour se réfugier dans la ville de Liège, espérant y organiser la résistance[45].
Le eut lieu la bataille d’Othée[46], où plus de 28 000 hommes provenant des communes, de Marchiennes et d’autres régions trouvèrent la mort. Cet affrontement, marqué par une violence inouïe, se termina par une défaite écrasante et coûta la vie au Mambour ainsi qu’à son fils Thiéry[45].
Parmi les victimes se trouvait Henri de Salme, sans doute fils du comte Henri de Salme et seigneur de Marchiennes. Porteur de l’étendard de Saint Lambert, il fut tué aux côtés d’Henri de Perwez[45]. C’est au cœur de cette bataille tumultueuse que le duc de Bourgogne gagna le surnom de Jean sans Peur, tandis qu’un autre protagoniste fut appelé Jean sans Pitié, reflétant la brutalité implacable de ce combat[45].
Le moulin banal
L'ancien moulin aujourd'hui démoli.
À Marchiennes, un moulin ordinaire, mentionné dans les archives de Liège dès 1412, rythmait la vie du village en appartenant au seigneur. Plusieurs meuniers s’y succédèrent : Jacqmart en 1498, suivi de Johan Yerna, Jean Pierlot et Jehan del Mozée[47].
En 1574, Gérard de Groesbeck, prince-évêque de Liège, céda le moulin à Jean Jacques de Mont-sur-Marchienne pour neuf ans, en échange de vaisseaux de seigle et de quelques florins. Cependant, les choses évoluèrent, et en 1583, la moitié du moulin était passée aux mains de Cornélia de Lalaing, dame douairière de Monceau[47]. Quatre ans plus tard, Pierre Lyon, gendre de del Mozée, reprit les rênes. Malheureusement, les caprices des rivières Sambre et Eau d’Heure anéantirent ses espoirs. Il demanda des réparations, mais en vain : le receveur du domaine, Robert de Liège, refusa catégoriquement toute indemnisation[48].
Le moulin fut ensuite transmis à Jean Ghyot, représentant de son beau-père Martin Wauthy, puis à Jacques Mareschal, et enfin à Marie Mareschal. À la fin du XVIIe siècle, il était loué conjointement par le prince-échevinage de Liège et le marquis d’Ayssau. Le bail incluait non seulement des florins, mais aussi des dons de blé pour les pauvres de Monceau, Leernes et Jumet, ainsi qu’une messe. En 1701, Pierre Lyon le loua à nouveau pour six ans, avec les réparations à la charge du propriétaire, comme c’était le cas pour Wauthy. En 1712, un certain Jupil possédait le droit dit « à l’œil »[48].
En 1736, le moulin a été reconstruit, comme l’indique une inscription sobre gravée dans la pierre au-dessus de la grande porte : 1736. N. D.. À cette époque, Noël Dehaut, originaire de Marchiennes et fils de Joseph et Marie Vinnier, en était le propriétaire. Il avait épousé Marie Honelot, et leur fils Ludolphe Joseph perpétua le nom. Le moulin passa ensuite à la famille Hanolot, puis à Hayet-Pasquet, qui le revendit à Lefèvre en 1855. Ce dernier, homme visionnaire, y ajouta une machine à vapeur en 1859, marquant ainsi l’entrée du moulin dans une nouvelle ère sous la gestion de Collin et de l’avoué Fayt de Charleroi[49].
Trois paires de meules tournaient à présent, propulsées par une roue hydraulique de quatre mètres de haut. Ce vieux moulin, témoin d’époques révolues, s’adaptait avec élégance à la modernité. Alimenté par un bief de 400 mètres, il menait à un gouffre de deux ares. La chute d’eau, haute de 2,60 mètres, offrait à la roue sa puissance sereine[50]. Le moulin cessa de tourner peut avant la première guerre mondiale[51].
La platinerie
La platinerie était située près du moulin banal, dont la chute d'eau atteignait 2,50 mètres. Son origine reste inconnue, mais il s'agissait initialement d'une grosse forge, transformée en platinerie vers 1652. Elle est mentionnée en 1466 comme propriété du bailli de Marchienne, Gille Robert, et en 1433, elle était exploitée par Jean du Bois, cette même année[52].
Temps Modernes
L'hôpital de Marchienne au XVe siècle
Dès le XVe siècle, un hôpital existait à Marchienne. Godefroid du Pont, qui fut échevin de 1446 à 1450, légua par testament en 1471, devant Jehan Gobinal, curé de Saint-Quirin de Leernes, sa maison de Marchienne pour y établir un hôpital destiné à accueillir les pauvres. Il dota cet établissement d'une grange, de tous ses biens situés à Marchienne, Monceau, Montigny-le-Tilleul, d'une maison à Thuin, de onze journels de terre à Gozée, ainsi que de ses possessions à Châtelet, Pont-de-Loup, et des onze muids de rente qu'il percevait sur le moulin de Marchienne. Il offrit également le bois nécessaire à l'aménagement de l'hôpital[53].
XVIe siècle
En l’an 1596, soit trois cent vingt-six ans après les événements précédents, le prince-évêque se trouvait dans une situation financière délicate. Pour remédier à ce besoin d’argent, il contractait un emprunt de 4000 florins d’or. Afin de garantir le versement annuel de 250 florins d’or correspondant à la rente, il engageait en gage les seigneuries de Stochem et de Marchiennes[54]. Le créancier n’était autre que Jean Hochs, marchand de vin établi à Liège. Quant à Robert de Liége, alors mayeur et désignait par l’évêque, il se voit confier, avec d’autres, la mission de mettre en œuvre les termes de l’accord. Ce même acte officialisait également sa nomination en tant que facteur et receveur au service de l’évêque[54].
En 1595, un texte raconte que le bailli de Marchienne demandait qu’on infligeait une amende à Jean le Chausteur pour avoir empiété sur le chemin menant à la maison « Dopcherie »[5]’[55]. À l’époque, cette maison se trouvait probablement dans les bois. « Dopcherie » viendrait à l’origine d’un nom de famille qui, plus tard, donna son nom au hameau, et dont le « p » disparut à l’oral dès le siècle suivant[56]’[57].
L'ancien château du Wez
Sur la route de Mons, à l’emplacement de l’église italienne[Note 3], se trouvait en 1544 une ferme fortifiée appelée le Château du Wez ou du Gué. Cette ferme était située à mi-chemin entre les châteaux de Monceau et de Marchienne, il fut complètement détruit en 1949 alors qu’il était déjà en ruines[58]. Cette bâtisse comprenait une ferme et une maison forte à gradins de style espagnol, avec des fenêtres à châssis de pierre, flanquée d’une tourelle au style particulier. Cette tourelle abritait un escalier en chêne de 28 degrés, partant de l’une des chambres du bâtiment. Elle était percée d’environ cent meurtrières et de plusieurs ouvertures de guet. C’est depuis cette tourelle que l’on apercevait au loin les armées envahissant Marchiennes, venant soit du côté de Jumet, soit par le Gué Gobeau situé en face[59].
Les murs du château du Wez étaient aussi solides que ceux d’une forteresse ; construits en moellons et en briques, ils semblaient indestructibles. Il fallut 23 jours à un maçon pour percer une fenêtre près de la tourelle, elle aussi bâtie en moellons et briques. La ferme, datait de 1438, était déjà citée sous le nom de « Chambre du Wez » (la brasserie) ; en 1440, on parlait du lieu-dit « Maltotes », en référence aux droits sur la bière. À cette époque, le Wez appartenait à la famille Sécheran, et en 1526, Loren de Maladresse l’acheta à Evrard Sécheran[60]. En 1949, le bâtiment déjà en ruines fut complètement détruit, et seule la petite chapelle demeurait au milieu de la pelouse d’un ancien musée à Charleroi[58].
Destructions
Marchienne-au-Pont dans les années 1770 (extrait de la carte de Ferraris).
Les 20 et , l'armée française menée par le roi Henri II arriva à Marchiennes et détruisit non seulement le château, mais également d'autres bâtiments[61]’[58]. En 1572, Marchiennes a été entièrement ravagée par les soldats. La demeure d'Adriane de Bertrangle, épouse du noble écuyer Jean de la Bricque, fut incendiée par les Français[62]. La localité fut occupée par les espagnols en 1587[58].
Les remparts
En 1589, le moulin banal de Marchienne-au-Pont fut détruit lors des nombreux passages de troupes. Pour éviter d'autres ravages, le Prince-Évêque rappela aux habitants de l'Avouerie de Thuin qu'ils devaient défendre Thuin et « faire garde au pont de Marchienne »[63].
Le 15 juillet 1595, Ernest de Bavière prit de nouvelles mesures pour prévenir les pillages des garnisons voisines. Le 25 octobre 1596, il permit aux habitants de Marchiennes de fortifier leur bourg avec des remparts pour se protéger des « pilleries des gens de guerre ». Ils réalisèrent ces travaux « à leurs propres coûts et dépenses » et, en retour, furent exemptés de toute obligation de logement et d'hébergement des troupes[63].
Le « vieux pont de Marchienne » est un autre élément clé. La localité tire son nom actuel de ce pont. On en trouve la première mention dans les archives locales datant de 1541[64]. Il mesure 81 m de long sur 3,80 m de large. Un pont-levis barre le centre de l'édifice. Grâce à cet ouvrage de génie civil, la localité devient un lieu de passage important. Il favorise l'installation de commerces et de négoces et accroît progressivement le développement urbain. Jusqu'en 1842, et la construction du « pont Neuf », le vieux pont à trois arches est le seul pont entre Charleroi (où il n'y a pas de pont de pierres avant 1668) et l'abbaye d'Aulne, soit sur une distance de 15 km[65]. En 1867, le « vieux pont » est remplacé par une passerelle en fer[65], le développement technologique oblige.
Le perron de Liège restera longtemps l'emblème de la bourgade, puis de la commune. Un perron en pierre se dressait autrefois sur l'actuelle place Albert 1er[37] (actuellement place du Perron). Le vieux pont à trois arches et le perron figurent sur les armoiries de la commune de Marchienne-au-Pont.
XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, Marchiennes abritait un couvent de religieuses carmélites. Le , ces dernières adressèrent une requête au chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, sollicitant une aide financière. Leur couvent, fut ravagé par les flammes, nécessitait d’être reconstruit, et ce subside était essentiel pour redonner vie à leur lieu de prière et de retraite[66].
Enseignement
En 1623, Messire Simon de Mane, maître d’école, reçoit trois florins pour les pauvres. Il reçoit aussi dix patards pour les écoliers de Lobbes à l’occasion de la fête de Saint Marc. En 1630, trois florins sont donnés au maître d’école, et une somme identique est allouée à une cloche. Cette même année, la cloche de l’école est réparée[67].
En 1636, les habitants, avec leur pasteur, adressent une demande au prince-évêque Ferdinand de Bavière : ils souhaitent établir des sépulcrines dans le bourg pour fonder une maison destinée à l’éducation des jeunes filles dans la foi. Leur requête est acceptée le . Cette institution fonctionnera jusqu’en 1796, année où les religieuses en sont expulsées[67].
En 1659, le collège de l’Oratoire a été fondé à Thuin. Jusqu’à la Révolution, il accueillait les enfants des meilleures familles de la région et les formait à l’humanité. Aujourd’hui, ses bâtiments hébergent l'athénée royal[67].
L'image miraculeuse de Notre-Dame de Miséricorde
En 1626, un statuaire originaire de Marchienne, mais exerçant son talent à Anvers, remet au curé Dieudonné de Ronvaulx une petite sculpture de vingt-trois centimètres en pierre polychrome. Elle est d'abord placée dans le creux d'un vieux chêne longeant le chemin de Zone et invoquée sous le nom de Mère de Miséricorde. La statue est ensuite placée dans une niche au coin du mur. Dans le vieux chêne, on a sculpté Notre-Dame de Bouvignes et celle de Marche-en-Famenne, toutes deux également invoquées sous le titre de Mère de la Miséricorde[68].
Une chapelle est construite près du couvent portant le même nom, occupé par les Sépulchrines depuis 1642. Ce dernier est en partie détruit par les soldats en 1794 lors de la Révolution, mais l'image pieuse est sauvée et transférée dans l'ancienne église paroissiale. La chapelle actuelle a été édifiée en 1860[68].
Le , des fêtes mariales célèbrent le tricentenaire du culte de Notre-Dame de Miséricorde. Dès 6 h du matin, la Madone fut amenée à la rue de Zone. Les rues de la paroisse sont décorées, et l'Évêque de Tournai, Rasneur, concélèbre la grand-messe solennelle[69].
Couvent des Sœurs Sépulcrines de Miséricorde
Le , des religieuses de la maison de Huy fondèrent le couvent de Notre-Dame de Miséricorde à Marchienne-au-Pont, près du village de Charnoi. Ce dernier devint peu après une ville fortifiée qui sera appelée Charleroi, avec l'autorisation de Ferdinand de Bavière, évêque et prince de Liège, et de son vicaire général Jean de Chokier, à la demande de maître Jean Sétifaux, pasteur de Marchiennes[70].
Le , maître Jean Sétifaux, accompagné des bourgeois du lieu, adressait une requête à Ferdinand de Bavière pour demander des religieuses sépulcrines dans le but d'instruire les jeunes filles dans la crainte de Dieu. Le 21 septembre, Ferdinand de Bavière accorda à la mère Jeanne de Bardouille la permission de quitter le couvent de Huy afin d'établir une nouvelle maison à Marchienne-au-Pont, en compagnie de la mère Oda Wéry et de la sœur Anne France, converse du même couvent. Elles quittèrent la maison de Huy au début de l'année 1637[71].
À leur arrivée, les sœurs présentèrent au pasteur l’autorisation officielle de l’évêque. Celui-ci leur conseillait de louer une chambre à leurs frais pour préserver leur indépendance, en attendant une solution plus durable. L’accueil fut plutôt froid. Cependant, Madame de Crismée les accueillit chaleureusement, les hébergea temporairement chez elle et leur témoigna une grande amitié. Le comte de Gomignies, quant à lui, leur offrit sa protection. Dès le 2 février, elles réussirent à louer un grenier, malgré son coût élevé. Ce modeste espace devint leur lieu de repos, faute de mieux[71].
La mère Oda Wéry et sœur Anne France se rendirent rapidement à l’église, pendant que la mère Jeanne de Bardouille se consacrait à distribuer les aides qu’elle avait apportées aux plus démunis pour leur permettre de subsister ce jour-là. Le 21 juillet de cette même année, elles adoptèrent le nom de mère Jeanne de Bardouille, en hommage à la supérieure du couvent de Marchiennes, leur guide et formatrice, décédée le jour de Noël. Quelques jours plus tard, le , elles érigèrent une croix devant leur maison, symbole de leur engagement[71].
Le 20 juillet, Ferdinand de Bavière permit la construction d’un bâtiment qui deviendrait la chapelle de la Miséricorde, dédiée aux pauvres et aux malades. L’édifice fut terminé en 1747, leur offrant enfin un lieu digne pour s’installer[71].
Le , le pasteur de Marchienne, Jean Sétifaux, accompagné de son clergé, posa la première pierre du bâtiment des religieuses près de Notre-Dame de Miséricorde. Le , celles-ci se réfugièrent à Namur où, en raison des guerres, elles avaient loué une maison. Une religieuse resta à Marchienne pour surveiller les ouvriers. Elle ne tarda pas à aller chercher les réfugiées à Namur. Elles se retrouvèrent dans une grande pauvreté et durent transporter elles-mêmes les pierres à roc à proximité de Miséricorde, n'ayant pas les moyens de payer les manœuvres[72].
En 1645, elles s’installèrent dans le premier bâtiment principal. Peu après, le vicaire Chokier envoyait de Liège un père capucin pour visiter et interroger chaque religieuse individuellement. Il déclara qu’il n’avait pas seulement trouvé des religieuses à Miséricorde, mais des anges, attirant ainsi dans cette communauté plusieurs jeunes filles impressionnées par cet éloge. En 1650, de nouvelles oppositions surgirent concernant la construction : ce qui était fait durant la journée était démoli la nuit. Une plainte fut déposée auprès du prince Maximilien Henri de Bavière, qui accorda une nouvelle protection[73].
En 1667, le baron de Wost céda une ferme à Marchiennes dans le but d’y établir un couvent, selon une décision à laquelle la mère Marguerite Lambotte ne put se résoudre à renoncer. Effrayée par l’idée de vivre dans un couvent isolé, elle réussit à convaincre ses consœurs de s’installer directement à Marchiennes. Un accord fut toutefois conclu avec les habitants de Mont-sur-Marchienne pour supprimer un chemin reliant les deux villages, qui longeait la clôture de la Miséricorde[73].
Château Bilquin-de Cartier
Vue du château en 1740, gravure de Remacle Le Loup.
Au début du XVIIe siècle, la famille Honorez érige sur un terrain qu'elle reçut en 1593, les autorités liégeoises avaient accordé l'emplacement de l'ancien château. En 1635, une maison avec des jardins et des dépendances qui s'élevait au même endroit lorsque François de Briffoz en fit relief[74]’[75].
Le château, avant d'être acquis en 1693 par Guillaume Bilquin, appartenait aux de Crissegnée et aux Wal[74]’[76].
République et Empire français
La principauté de Liège était organisée en quartiers, chacun étant divisé en plusieurs districts dont le nombre variait selon la taille du quartier ; celui situé entre la Sambre et la Meuse en comptait cinq :
Après les événements militaires de 1794, la principauté de Liège fut annexée à la France par un arrêté de la convention du . Un mois auparavant, le (7 fructidor an III), Marchienne-au-Pont, un bourg de la principauté de Liège, avait déjà été rattaché au département de Jemmapes par un arrêté du comité de salut public[77].
Le pouvoir exécutif, selon la nouvelle constitution, devait gouverner l’État avec le conseil des Cinq-Cents et celui des Anciens. Il fut mis en place le 13 brumaire an IV () et se composait de cinq membres désignés par les deux conseils. C’est sous le Directoire exécutif que Monceau-sur-Sambre fut annexé à Marchienne-au-Pont[77].
Le premier peuplement de la colline de Bayemont s’est installé sur un terrain défriché, situé entre le Piéton et le bois, et qui, comme l’indiquent deux cartes du XVIIIe siècle, portait le nom de « Docherie », à l’emplacement de ce qui deviendra plus tard le « Fond Beghin »[56]. Le bois de Bayemont s’appelait le « Bois du Prince » jusqu’en 1810, puis « Bois Impérial », et en 1814, il devint le « Bois Royal »[78]. Sous le régime hollandais, ce bois s’appelait « bois Royal », et la rue Royale tient son nom en souvenir de cet endroit[79].
Prise du Vieux-Pont le
Vue du vieux pont où se déroulait la prise de 1794.
Le pont et la place de Marchiennes étaient fortement protégés par une artillerie imposante et une infanterie solidement retranchée. Pourtant, l’avant-garde de l’armée française, dirigée par les généraux Duhesme et Marceau, les conquit avec courage, malgré un feu intense de mitraille et de mousqueterie[80]. Après avoir pris ces positions, les divisions des généraux Fromentin, Vezu et Mayer progressèrent sur les flancs de Charleroi, à droite et à gauche, en préparant son encerclement planifié pour le lendemain[80].
Au moment décisif de l’assaut, le général Duhesme, attentif à préserver ses troupes, ordonna l’avancée des pièces d’artillerie pour soutenir l’attaque. Malgré les tirs ennemis, il réussit à démanteler les fortifications adverses. C’était l’un des instants les plus marquants du combat, une démonstration frappante de bravoure et de tactique[80]. Ce jour-là, le général Jourdan a pris la tête des troupes engagées dans la capture du Vieux-Pont. À ses côtés, les généraux Charbonnier et Hatry dirigeaient les mouvements des divisions, tandis que les forces de Desjardin et Charbonnier se déployaient avec précision entre la Sambre et la Meuse[81].
Avec une armée de 66 000 hommes renforcée par 15 000 soldats supplémentaires, les Français ont pu déployer leurs unités stratégiquement sur les deux rives. Chaque division a été placée pour encercler les points clés, préparant l’attaque de Charleroi avec méthode et détermination. La coordination entre les généraux, la discipline des troupes et l’utilisation intelligente du terrain ont démontré une remarquable maîtrise tactique. Cette journée marqua un tournant dans la campagne, où la logistique et la vision stratégique de Jourdan brillèrent pleinement[81].
Au centre, Merlot tenait Gosselies, tandis que Championnet progressait entre Heppignies et Wangenies. Lefevre occupait Wangenies, Fleurus et Lambusart. Sur la droite, Marceau s'étendait devant le bois du Campinaire, rattachant ainsi la ligne française à la Sambre. Conscient des désavantages de ces positions, Jourdan ne souhaitait pas s'y maintenir. Il envisageait donc de prendre l'initiative de l'attaque dès le matin du 28 prairial. À ce moment-là, Cobourg n'était pas encore arrivé sur place, étant encore occupé par la défaite de Clairfayt et la prise d'Ypres[82].
Après le siège de Charleroi mené par le général Jourdan en 1794, le , l’armée autrichienne repoussa une fois de plus les Français, avec des conséquences pour la population locale. Des combats eurent lieu dans le bois de Bayemont, dans le hameau de La Docherie et dans la région environnante[83]. Le 12 juin de la même année, avec la même détermination, l’armée française repassa la Sambre pour le même objectif. Les mêmes dispositions furent reprises : d’Auvelais à Marchiennes, les localités de la région furent occupés, tandis que Charleroi assiégée subissait un bombardement[83].
La forteresse de Charleroi se rendit le après un bombardement intensif. Mais le , après une brève ascension à Marchienne, Jourdan ordonna que l’aérostat militaire nommé l’Entreprenant soit transporté au cœur de la bataille en préparation. Le ballon traversa le hameau pour se diriger vers Gohyssart, puis vers le moulin de Jumet[83]. Le , à l’aube, le général autrichien Cobourg lança ses troupes à l’assaut sur tout le front, espérant percer à plusieurs endroits. Les bataillons hollandais et belges se regroupèrent devant Marchienne pour protéger le parc d’artillerie et le pont, en cas de retraite. Les hommes du comte de Latour prirent position dans le bois de Monceau, où ils installèrent des batteries pour canonner Marchienne. D’autres troupes hollando-belges s’emparèrent du bois de Bayemont et du hameau de La Docherie[84].
L'église devenue une prison militaire en 1794
L'ancienne église (XVIe siècle)[85]. Elle a servi de prison pendant la révolution française[86].
L’église de Marchienne fut transformée en prison militaire. Cet édifice, sert désormais à Jourdan, pour enfermer suspects, déserteurs et prisonniers de guerre. Parmi les premiers détenus figuraient Pierre Jacques Claeys, greffier de Charleroi, et Navez, échevin de la même ville, qui, après leur arrestation, furent escortés à Marchienne, quartier général, par deux hussards[87].
Éxpulsion des Sépulcrines et destruction du couvent
En 1796, les Sépulcrines furent chassées. Leur chapelle fut détruite, et leur monastère converti en maison de plaisance. L'image miraculeuse de Notre-Dame de Miséricorde fut déplacée dans l'église paroissiale de Marchiennes, où un autel spécial lui fut dédié[88].
Le couvent de Miséricorde a été partiellement incendié en mai et juin 1794 par les soldats de la République française, stationnés à Marchiennes. C'est dans les cendres du cloître qu'un demi-siècle plus tard, on retrouvera le sceau de cette corporation religieuse, dont les propriétés furent vendues le 18 ventôse an IX () par les agents du Gouvernement de la République à Lambert Joseph Fourmeau, ancien conseiller de Préfecture[89].
Monceau réuni à Marchienne
Monceau, à l'époque de la réunion à Marchienne qui remonte à l'an V, était l'une des plus anciennes baronnies du Pays de Liège. Elle appartenait à la famille de Hamal avant de passer à celle de Gavre. Cette terre bénéficiait autrefois des prérogatives les plus étendues[90]. Ce qui est étrange ici, c’est que l’arrêté du 7 fructidor an III, qui désignait les communes de l’ancienne « principauté de Liège », notamment Marchienne, réunies au département de Jemmapes, ne mentionne pas Monceau-sur-Sambre. Cela suggère que Monceau était déjà une dépendance de Marchienne à cette époque. Cependant, dans un cahier de correspondance de Monceau daté de 1822-1823, nous avons trouvé des notes indiquant que les deux communes ont été réunies l’an V, soit entre le et le , durant l’an V de la République. L’intervention en 1796 de M. de Cartier, agent municipal de Marchienne, comme signataire des comptes de Monceau, montre que cette réunion était au moins en cours d’exécution[90].
Une commission consulaire prit la place du directoire exécutif, et une nouvelle constitution fut adoptée le 22 frimaire an VIII (). Le gouvernement de la République fut confié à trois consuls : Bonaparte, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun. Ils assumèrent leurs fonctions le 4 nivôse an VIII ()[90].
La loi organique du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) a introdui de nouveaux changements dans l'administration intérieure du pays. Le département de Jemmapes a été divisé en trois arrondissements : Tournai, Mons et Charleroi. Depuis lors, Marchienne fait partie de l'arrondissement de Charleroi[90].
Le , les cloches de Marchienne annoncent la proclamation de Napoléon comme empereur. Le 2 juin, les fonctionnaires et employés prêtent serment au nouveau souverain, et le 10 juin, le Te Deum est chanté dans les églises de toutes les communes. Le Pape Pie VII se rendit à Paris pour consacrer la nouvelle dynastie[90]. Le 6 mai 1805, Napoléon fut couronné roi d’Italie à Milan[90]. En 1813, le conseil communal de Marchienne allouait 50 francs pour la fête de l’empereur, célébrée en août. L’année suivante, après son retrait à Fontainebleau, l’empereur abdique et est exilé sur l’île d’Elbe. Le 3 avril, le son des cloches annonçait cet événement au peuple[90].
Administration municipale sous le régime français
Sous le régime établi par la Constitution de l’an VIII, un maire, qui été chargé de l’administration locale, dirigeait chaque commune avec l’aide d’un ou plusieurs adjoints. Cette organisation était complétée par un conseil municipal, chargé de discuter des besoins spécifiques de la collectivité[91].
À Marchiennes, Jean-Baptiste Pouillon fut nommé maire provisoire dès le 29 prairial an VIII (). Confirmé dans ses fonctions en 1801, il occupa ce poste jusqu’en 1825. Sa durée au pouvoir est impressionnante : 14 ans sous le régime français et 11 ans sous le régime hollandais.
Événements de 1815
Le , Marchiennes sombre dans une misère profonde. Incapable de répondre aux incessantes réquisitions militaires, la cité épuisée voit arriver deux gendarmes venus de Charleroi. Non contents de vivre aux frais des habitants, ceux-ci exigent une solde de cinq francs par jour, que la ville doit leur verser en attendant que l’autorité prenne le relais[92].
Le , la situation s’aggrave : Marchiennes est contrainte de livrer aux troupes prussiennes 4000 livres de foin, 8000 livres de paille, ainsi que 56 mesures d’avoine et autant de froment. Et pour couronner le tout, elle doit rémunérer un interprète à hauteur de 40 francs, simplement pour pouvoir communiquer avec ses oppresseurs. Mais lorsque les nouvelles des événements de 1815 se répandent, les Prussiens quittent enfin Marchiennes, laissant derrière eux une ville meurtrie, mais soulagée[92].
À trois heures du matin, le , toutes les colonnes françaises devaient être en marche pour atteindre la Sambre entre 9 et 10 heures. Sur la gauche, le général Reille, à la tête du 2e corps, devait quitter Leers-et-Fosteau pour rejoindre Marchiennes. Sa mission est de s’emparer du pont à une demi-lieue en amont de Charleroi, franchir la Sambre, et attendre les ordres du quartier général. Le comte d’Erlon, commandant le 1er corps, devait partir des positions à l’arrière de Solre-sur-Sambre[93].
Deux heures après Reille, il devait arriver à Marchiennes puis se diriger vers le sud. Au centre, le général Van Damme, avec le 3e corps, devait impérativement être devant Charleroi entre 9 et 10 heures, accompagné du général Rogniat et des troupes du génie et des marins de la garde, chargés de prendre le pont et la porte de Charleroi[94].
L'armée française avance, tandis que les troupes prussiennes ont déjà quitté Marchiennes. Les Français traversent la ville et se dirigent vers Thuin pour affronter l'ennemi. Bonaparte progresse vers Jamioulx. Le 2e corps se déploie en direction de Thuin et de Lobbes, où il affronte les Prussiens et les repousse. Le premier corps prussien, formant l'aile droite, s'est retranché sur une partie du front. Fort de 30 000 hommes sous le commandement du général Ziethem, il est positionné près de Charleroi. Les Français les forcent à battre en retraite vers Marchiennes. La cavalerie les poursuit, brise plusieurs carrés et capture des prisonniers[94].
Le principal objectif de l’Empereur, en ce début de campagne, était de prendre le plateau derrière Fleurus lieu choisi pour la concentration des quatre corps prussiens afin d’empêcher leur jonction et de s’intercaler entre eux et l’armée britannique. Les troupes françaises traversèrent la Sambre en trois points, se dirigeant vers les ponts de Marchiennes, Charleroi et Châtelet[95].
Le général Zieten, dont le corps d’armée tenait ces zones, vit sa position fragilisée. Ses avant-postes, placés devant Thuin et Lobbes, furent pris de court par l’avant-garde du 2e corps dirigée par le général Reille. Ces troupes battirent en retraite vers Marchiennes. Quelques bataillons tentèrent de résister en formant des carrés au Spinoit, mais ils furent à nouveau dispersés. Ils durent traverser le Vieux-Pont et se replier vers Charleroi[95].
Le général Reille, dirigeant la division du général Bachela et le 1er corps, prit possession des hauteurs de Marchiennes, repoussa les troupes prussiennes, franchit la Sambre à Marchiennes, puis progressa sur la route menant à Genappes et Gosselies, accompagné des divisions du prince Jérôme et du général Bachela[95].
Soudain, relate Philippe Batriaux, témoin des événements marquants de 1815 avec neuf camarades une musique éclatante résonna à l’avant du bourg de Marchiennes, au Spigniat. C’était la cavalerie française, majestueuse et impassible, qui venait de Montigny-le-Tilleul pour entrer dans Marchiennes[96].
Au même moment, l’infanterie prussienne surgit de toutes parts, surtout du centre du village. Avec un calme impressionnant, elle se regroupa rapidement en carré. Dès que la cavalerie française aperçut les troupes russes, elle chargea avec une telle intensité que, pendant un instant, le sol fut jonché de corps. Pourtant, au milieu de l’assaut, deux soldats prussiens quittèrent leur formation et prirent la fuite. Ils trouvèrent refuge dans le bois de Grand-Sart, échappant de justesse à deux cavaliers français à leurs trousses[96].
Les Prussiens s’étaient en grande partie repliés. À peine le combat terminé, la cavalerie française, accompagnée de sa musique militaire, avançait vers le centre de Marchiennes. Une dizaine de jeunes de Mont-sur-Marchienne, dont Philippe Botiaux, se précipitèrent pour explorer le champ de bataille qu’ils avaient observé sans intervenir. Parmi les curieux, une femme appelée Namur était aussi présente. Sous couvert d’aider les blessés, elle s’occupait plutôt de dépouiller les morts, récupérant tout ce qu’elle trouvait dans leurs poches[97].
Signalée à l’autorité militaire, la femme Namur fut intensément recherchée, sans succès : elle se cachait dans les bois. Alors qu’elle pillait les morts et les blessés, une autre femme, appelée Baudoux et surnommée « la femme du Blanc », faisait preuve d’une générosité admirable en soignant les blessés. Elle fut particulièrement remarquée pour son courage lorsqu’elle porta secours à un homme gravement blessé à la poitrine. Pendant ce temps, les jeunes de Mont-sur-Marchienne, Botriaux, Clément Blondiaux, Étienne et son frère, Charles Paul Déudonné Baudoux, et d’autres eurent l’idée originale de s’habiller en soldats russes avec des uniformes improvisés. Avec des chapeaux en forme de bonnet et des vêtements en toile bleue, ils parcoururent les rues du quartier inférieur de Mont-sur-Marchienne. Mais un agent de police les repéra, les fit arrêter et emmener au poste, avant de les relâcher peu après. Les blessés de Spigniat furent transportés à l’église de Marchiennes[98].
Le combat de Spigniat avait plongé les habitants de Marchiennes dans l’agitation. Terrifiés, beaucoup s’étaient cachés dans les bois de Hameau et de Bayemont. Mais leurs ennuis étaient loin d’être terminés. Brusquement, depuis les hauteurs de Spigniat, une armée postée là ouvrit le feu vers la Sambre, le Chinoy et Bayemont, et les tirs furent rapidement renvoyés. Cela semblait marquer le passage du Pont. Peu après, les troupes prussiennes traversèrent Marchiennes, suivies de près par les Français[98].
Un soldat prussien téméraire escalade un tas de cendres pour provoquer les Français avant de disparaître. Les Français, positionnés près du puits Sainte-Barbe, tirent au canon sur les Prussiens qui défendent Marchiennes. Un boulet rebondit sur un mur, traverse un orme et abat une sentinelle prussienne sur le coup. Les habitants l'enterrent sommairement. L'artillerie française bombarde Marchiennes depuis Sainte-Barbe et Spigniat. Les boulets roulent dans les rues, détruisent des maisons et blessent des civils[99].
Un officier français perd la vie sous les tirs prussiens après avoir échappé de justesse à une explosion dans une cheminée. Une immense armée traverse Marchiennes, semant chaos et blessures. Les habitants, accablés par cette présence militaire, accueillent finalement les troupes de Ney. Une fois le calme revenu, les Marchiennois s’emploient à secourir les blessés dans les rues et les champs. L’église, transformée en hôpital militaire, devient un lieu où les habitants soignent les blessés avec un dévouement exemplaire[100].
Après la bataille de Waterloo, les troupes françaises en retraite arrivèrent depuis Charleroi et Marchienne, où elles s'empressèrent de franchir la Sambre. À Marchienne, les fuyards et les blessés furent accueillis avec le plus grand soin par les habitants, toujours très hospitaliers. Les blessés, transportés sur des chariots jusqu'à l'église, y furent traités avec tous les égards et le dévouement dont les familles marchiennoises étaient capables[101].
Alors qu’ils approchent de la Sambre, les équipages français sont ralentis par les routes encombrées menant aux ponts de Charleroi et Marchiennes. La cavalerie est immobilisée. Paniqués, les voituriers abandonnent chevaux et bagages. L’artillerie restante est capturée par les Prussiens, qui prennent également de nombreux soldats. Une partie de l’armée française, après avoir traversé la Sambre, établit un bivouac sur les hauteurs de Marchienne-au-Pont. Mais dans le chaos général, les troupes se dispersent sans ordre ni coordination, chacun agissant de son côté, sans savoir où se trouve le reste de l’armée[101].
Errant à l'aventure et sortant des bois, des milliers de soldats isolés se rependent dans les campagnes et y portent l'alarme. Le maréchal Ney, l’un des hommes les plus éprouvés de son époque, arriva à Marchiennes à quatre heures du matin. Son corps était couvert de boue et de blessures, ses vêtements en haillons, et son esprit épuisé par la fatigue. Dans cette nuit obscure, il croisa un autre héros tout aussi accablé : le général Pamphile-Lacroix, chef d’état-major du dernier corps, dont le sort n’était pas plus enviable[102].
Royaume uni des Pays-Bas
Après la poursuite des hostilités, la Belgique passa sous contrôle des Alliés le . Le traité de Paris, signé le 30 mai de la même année, officialisa cette situation. Dès lors, le territoire fut administré par les autorités néerlandaises, qui conservèrent la nomenclature française pour les divisions territoriales. Ainsi, Marchiennes fut intégrée à la « Province de Hainaut ». Marchienne appartint à l'arrondissement de Charleroi, au canton de Fontaine-l'Évêque et du district de Gilly[103].
Cette organisation perdura jusqu’à la révolution belge de 1830. Ce soulèvement, qui mit fin à l’union forcée entre les Pays-Bas et la Belgique, fut précédé par la défaite de Napoléon à Waterloo et son retour éphémère au pouvoir. Ces événements marquèrent un tournant décisif dans l’histoire politique et administrative de la région[103]. Marchienne-au-Pont fait alors partie du royaume uni des Pays-Bas jusqu'au traité de Londres du .
Enseignement
Sous la République française, les biens appartenant aux religieuses furent confisqués. Une maison située rue de la Lorraine, autrefois utilisée comme lieu de passage par les religieux entre Floreffe et Lobbes, fut attribuée à la commune et transformée en école. Le plafond de la salle était orné de dessins représentant des autels, accompagnés des lettres « J. M. J. ». Dans la cuisine de l’instituteur, les fenêtres arboraient des vitraux oblongs aux couleurs variées. Sur l’un d’eux, on pouvait lire clairement : « Toussaint-Lebon, capitaine de Marchiennes, sa sœur » ; sur l’autre : « Thiry Huberlant-Marchand, bourgeois de Marchiennes, 1664 »[104].
Par la suite, l’école fut déplacée rue Neuve[Note 4], tout près. Le bâtiment fut alors cédé par la Lorraine à M. Bastin, qui en assura la gestion pendant de nombreuses années. Malheureusement, les vitraux, véritables joyaux de ce travail, ont perdu de leur éclat[104].
Le premier instituteur à s’installer dans le bâtiment communal fut probablement François Ferdinand. En 1819, Debart lui succéda ; il était également menuisier et vitrier. À cette époque, des modifications furent apportées à l’école : Ferdinand Vincent, originaire de Montigny-le-Tilleul, et l’architecte Bonnet entreprirent des travaux pour un montant de 1072 florins, selon les registres P. B. Il existait alors plusieurs écoles privées réparties dans les différents quartiers de Marchiennes[104].
Du Monceau, ancien domestique, ouvre une école de filles rue du Vieux-Pont. Il offre un navire sculpté à Guillaume d’Orange en 1822. Jean Leroy, vannier, enseigne tout en fabriquant des paniers. L’école communale dirigée par Debart compte entre 40 et 60 élèves, atteint 100 en 1843[104].
Administration communale sous le régime hollandais
Sous le régime hollandais, Marchiennes regagna ses anciennes libertés communales. Jean-Baptiste Pouillon devint le premier magistrat de cette période, occupant le poste de maire de 1814 à 1818, puis celui de mayeur jusqu’en 1825[105].
Le 23 juillet 1825, un arrêté royal valida un nouveau règlement pour le plat pays, remplaçant les titres de mayeur et d’échevin par ceux de bourgmestre et d’assesseur. Désormais, les bourgmestres étaient désignés par le roi, tandis que les assesseurs dépendaient du gouverneur provincial[106].
Le 30 août 1825, Dominique Monnom prit la relève de Jean-Baptiste Pouillon en tant que bourgmestre. Il exerça cette fonction jusqu’au 21 octobre 1831, moment où Sylvain Pirmez, une figure notable de la cité marchiennoise, lui succéda[106].
Monceau séparé de Marchienne-au-Pont
Marchiennes a été séparé de Monceau le par un arrêté royal du roi Guillaume des Pays-Bas qui nomme le Marquis F. A. de Gavres maire de la commune de Monceau-sur-Sambre[107]. Suite à la construction de l'église de Monceau-sur-Sambre, cette commune y resta rattachée à Marchienne jusqu'en 1838 sur le plan spirituel, date à laquelle l'église Saint-Louis de Gonzague de Monceau fut érigée[108].
Canal Charleroi-Bruxelles
Sous le régime hollandais, la décision fut prise en 1823, et en 1832, un canal pour des bateaux de 70 tonnes fut creusé. Les baquets de Charleroi approvisionnaient Bruxelles en charbon, en suivant d'abord le cours du Piéton depuis Dampremy, puis celui de la Senne aux abords de Bruxelles[109].
On se rendit rapidement compte de l'erreur : le tonnage était beaucoup trop faible, on avait visé trop petit. Ainsi, en 1879, il fut décidé de passer à une grande section. En 1893, le canal partant de Marchienne et un vaste bassin au milieu des usines ne pouvaient accueillir que des bateaux de 220 tonnes avec leur cabine centrale[109].
En 1837, il fut décidé de créer un canal d'embranchement à la Sambre ainsi qu'un bassin destiné à servir de gare aux bateaux, afin de faciliter l'embarquement des produits industriels de Charleroi, Marcinelle, Marchienne-au-Pont et de fournir de nombreux rivages au commerce[110]. Le lundi , une adjudication a eu lieu, mais il est probable qu'elle n'ait pas eu d'effet, car un arrêté royal du 28 mars de l'année suivante stipule « qu'il sera construit, par voie de concession de péages, un canal d'embranchement à la Sambre avec un bassin sur le territoire de Marchienne, province de Hainaut »[110].
En 1914, le versant de Seneffe à Bruxelles était encore en construction, et ce n'est qu'en 1934 que les spits purent atteindre la capitale et Anvers. L'ancien canal no 1 servait alors de port, du moins sur une partie de sa longueur, le long des usines de la Providence[109].
De 1830 à 1977
La Belgique devient indépendante le .
Pouvoirs communaux
Sous l'Ancien Régime, le pouvoir communal était partagé entre trois personnes, sous la surveillance du prince-évêque et du bailli de l'Entre-Sambre-et-Meuse, résidant à Fosses-la-Ville. Le mayeur présidait la cour de justice composée de sept échevins, le bourgmestre dirigeait le conseil communal, et le curé gérait la paroisse. Sous le régime français, la municipalité était administrée par des agents municipaux et un maire. À cette époque, Monceau était relié à Marchienne[111].
En suivant un ordre du gouvernement provisoire du , transmis aux autorités de Marchienne le 12 du même mois par le gouverneur du Hainaut, les notables de Marchienne, c’est-à-dire ceux qui payaient au moins 10 florins par an en contributions directes, y compris les patentes, ainsi que les avocats, avoués, notaires, médecins, chirurgiens, officiers de santé, professeurs de sciences, arts ou lettres, instituteurs, etc., se sont réunis chez François Jacques, rue du Perron. Après avoir été informés par le conseil communal encore en fonction que toutes les formalités prévues par les arrêtés mentionnés avaient été respectées, l’assemblée, sous la présidence de M. Jean-Baptiste Eliears, doyen d’âge des notables, assisté de Jean-Baptiste Pouillon, Englebert de Cartier, Joseph de Cartier et Alphonse Cossée, les plus imposés de la commune en tant que scrutateurs, a procédé à l’élection du président de l’assemblée[106].
Les 49 membres présents ont participé au vote, et M. Jean-Baptiste Pouillon a été élu président avec 40 voix. Joseph de Cartier, Dominique Monnom, Sylvain Pirmez et Benoît Baudy ont respectivement obtenu 5, 2, 1 et 1 voix[106].
Jusqu'en 1977, Marchienne-au-Pont était une commune autonome, et le dernier bourgmestre à avoir dirigé cette commune était Louis Leriche.
Révolution industrielle
Vue du canal Charleroi-Bruxelles et des anciennes usines de la Providence.Vue de l'ancienne cokerie de Cokerill Sambre, témoin du passé industriel de la commune.
Marchienne connaît, dans la seconde moitié du XIXe siècle, un développement industriel marqué par l’implantation d’ateliers mécaniques et d’entreprises métallurgiques qui contribuent à la transformation économique et sociale de la commune. Ces établissements, souvent concentrés le long d’axes de communication locaux, fournissent des machines et des équipements destinés tant à l’industrie locale qu’au marché régional[112].
Le , le duc de Brabant, futur Léopold II, effectue une tournée des principales usines et ateliers de Marchiennes. Cette visite officielle vise à prendre connaissance des capacités industrielles de la région et à souligner l’importance de l’industrialisation pour le développement économique national. Les haltes effectuées lors de cette journée reflètent la diversité des savoir-faire présents sur place[112].
De là, le duc marcha jusqu’à la verrerie Andries-Lambert & Cie, qui s'était située près de l'ancien atelier Julien Marie. En sortant de la verrerie, il se rendit aux laminoirs de Thomas Bonehill où il déclara, avant de prendre congé de la famille de l’éminent industriel : « La mort de Thomas Bonehill est une perte pour notre pays ; il laisse des souvenirs impérissables et, par son œuvre, s’est élevé si haut dans le monde industriel. » Le duc poursuivit ensuite son itinéraire avec des visites aux laminoirs et hauts fourneaux de la Providence, aux ateliers Joseph Paris, aux forges et laminoirs de Zone, aux moulins à vapeur, au charbonnage de Saint-Martin, aux ateliers du Nord et aux hauts fourneaux Mineur et Wilmot[112].
Enseignement
Au début du XIXe siècle, plusieurs écoles privées ouvrent leurs portes rue du Vieux Pont, à l'emplacement du marché couvert. Vers 1820, les élèves fréquentent autant la classe de Monsieur Francart que celle de Madame Chobert. Les enseignants n'avaient probablement pas tous les diplômes requis, comme le maître Du Monceau, qui avait commencé sa carrière comme domestique chez l'institutrice. Cependant, la bonne volonté ne manquait pas. Au milieu du siècle, en 1858, seuls les garçons sont admis dans la nouvelle école de la rue Neuve[113]’[Note 4].
Une bibliothèque publique y est ouverte à cette époque. Ce sont les sœurs de la Providence qui se chargent de l'instruction des filles dans la rue du Moulin (actuellement rue de l'Hôpital). Par les soins des Charbonnages de Saint-Martin, une petite école est créée au Grand Coron, et les sœurs en prennent aussi la charge, ainsi que celle de Bayemont. À cette période, la commune, souvent dirigée par des catholiques conservateurs, adopte toujours les institutions religieuses[113].
En 1861, les religieuses de la Providence quittent les lieux, laissant leur place aux Sœurs de Notre-Dame de Namur, qui emménagent dans la maison de Branteghem, rue de Châtelet, un bâtiment construit en 1741[113]. La croissance constante de la population, malgré l'absence d'école obligatoire, rend nécessaire la construction de nouvelles écoles, comme celle de la rue du Pige en 1872, qui a ensuite ajouté un quatrième niveau et un atelier. Elle sera surnommée « rive gauche », car un autre établissement est construit sur la rive droite. De nombreux sous-instituteurs sont mobilisés pour soutenir les instituteurs principaux[114].
Dès 1879, la guerre scolaire éclate. Les libérauxanticléricaux et les partisans de gauche soutiennent la laïcité et s'opposent à ce que l'Église ait le monopole de l'éducation des enfants[114].
Aux alentours de 1900, une nouvelle école communale ouvre ses portes aux filles à la place Verte[Note 5], avec un 4e degré proposant un enseignement ménager et un cours de couture. Depuis 1888, une école ménagère a aussi été instaurée rue Neuve[Note 4]. À la veille de la guerre, le , l'instruction devient obligatoire et gratuite pour tous les enfants jusqu'à 12 ans[114].
La population scolaire ne va pas pour autant croître, car depuis 1889, une loi interdit d’employer des enfants de moins de 12 ans dans les entreprises. De nombreux garçons et fillettes fréquentaient déjà l’école à cette époque[114]. Pour les jeunes enfants, de petites écoles « frœbel » sont réparties dans toute la commune avec l'apparition de nouveaux quartiers. Avant la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux établissements sont également construits, comme celui de la rue Victor Hachez pour La Docherie ou celui de la rue Brédat pour Matadi[115].
Développement du quartier de La Docherie
En 1750, une société fut créée sous le nom de Bois de Bayemont. Une deuxième concession, s'étendant sous le hameau proprement dit, fut intégrée à la société du Bois de Bayemont[116]. En 1840, Pierre Parent, devenu bourgmestre, acheta le bois de Bayemont qu'il fit défricher par la suite. Il traça les premières rues et vendit des parcelles de terrain pour y construire des maisons[79]. Il fit construire une église de grande taille pour accueillir les nouveaux habitants. La première pierre fut posée en 1868 et l'édifice achevé en 1871[79].
En 1853, la population compte 721 habitants (3167 pour l'ensemble de Marchiennes). Cette année marque également la première élection de deux conseillers communaux parmi les Dochards éligibles[117]. En 1893, soit seulement quarante ans plus tard, la population dépasse les 6 000 habitants[7].
Accidents successifs dans les charbonnages de la localité
Le , une explosion de grisou se produisit au puits de Saint-Henri, causant la mort de 13 personnes[118]’[119]. Le , vers 8 h du soir, un câble s’est rompu au puits Saint-Auguste, précipitant la cage au fond et causant la mort de cinq personnes[120].
Le , un incendie surprit neuf ouvriers dans un puits de l'ancienne société de Chauw-à-Roc, causant la mort de six personnes, dont une femme. Le , un coup de grisou éclata dans la même galerie, renversant un wagonnet, arrachant les portes d’aérage et provoquant un éboulement qui fit trois ouvriers brûlés vifs et neuf blessés[121]’[122]. En 1845, un ouvrier tomba dans l'ancien puits de Saint-Auguste qui était située rue de Jumet, et un autre mineur fut écrasé par une pierre tombée du toit d’une galerie de Sainte-Suzanne[121] puits qui était située au bas de la rue de Finlande.
Le , vers 3 h du matin, un coup de grisou survient au puits Saint-Auguste, qui était situé au milieu de la rue de Jumet, et blesse dix personnes par brûlures[123].
Au puits Sainte-Suzanne, le grisou a causé 10 morts en 1846, 3 en 1849, et un coup d'eau en 1854. Le , une autre explosion de grisou empêche 25 mineurs de remonter du puits. Au puits Saint-Henri en 1858, 3 ouvriers perdent la vie suite à la rupture d'un câble[124].
Au puits Sainte-Suzanne, le grisou est tristement célèbre pour avoir causé 10 morts en 1846 et 3 en 1849. En 1854, un coup d'eau, suivi le d'un nouveau coup de grisou, empêche 25 mineurs de remonter à la surface. Au puits Saint-Henri, en 1858, 3 ouvriers perdent également la vie à cause de la rupture d'un câble[125].
Le , Le puits no 18 - Parent, propriété de la SA Monceau-Fontaine, est le théâtre d'un coup de grisou qui tue 26 mineurs[126].
Canal de Chimay
Avant de lancer la construction d’un chemin de fer au cœur de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les milieux économiques de l’époque avaient envisagé la création d’un canal pour désenclaver la région.
À la fin de l’union avec la Hollande, la Chambre de Commerce de Charleroi, souhaitant soutenir la forge de l’Entre-Sambre-et-Meuse, a proposé la construction du canal de Chimay. Ce canal relierait Thuin, sur la Sambre, à Chimay, avec une rigole vers Couvin, alimentée par le trop-plein du lac de Virelles. L’objectif principal était de permettre aux bateaux venant de Chimay et Couvin de transporter le fer, la fonte, les ardoises, et d’autres produits jusqu’à l’Escaut[Note 6].
Assez rapidement, ce tracé est délaissé au profit d’un canal reliant l’embouchure de l’Eau d’Heure à Marchienne-au-Pont jusqu’à sa source dans les bois de Cerfontaine ; de là, la voie d’eau devait traverser le coteau de partage, en partie à ciel ouvert et en partie en souterrain, pour rejoindre la Brouffe et l’Eau Blanche. Finalement, c’est le chemin de fer qui gagne[127].
Le chemin de fer est arrivé à Marchienne-au-Pont en 1843, avec l'ouverture par les Chemins de fer de l'État belge de la ligne reliant Braine-le-Comte, Manage, Luttre et Charleroi (correspondant aux actuelles lignes 117 et 124).
Quais de la gare de Marchienne-au-Pont.
Le , la Société du chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse, financée par des capitaux anglais, inaugure la section Marchienne-Walcourt-Morialmé (aujourd'hui les lignes 132 et 135), avec une antenne vers Laneffe (alors à traction chevaline). Ces travaux sont dirigés par Eugène Gremez, de Cerfontaine, contrôleur du Service des Transports, sous les ordres directs de George Sheward, administrateur anglais de la ligne, résidant à Jardinet-lez-Walcourt, dans l’ancienne abbaye. Gremez effectue de nombreuses visites aux différentes stations de la ligne, s’intéresse aux divers développements commerciaux possibles, analyse les coûts, commande tous les équipements nécessaires et nomme des responsables à chaque niveau[127]. Quatre ans plus tard, cette ligne est prolongée vers le sud (Silenrieux, Cerfontaine, Mariembourg, Vireux-Molhain).
En 1852, la Compagnie du chemin de fer de Charleroi à la frontière de France (qui devint, par mise à bail, la Compagnie du Nord-Belge en 1854) inaugura la ligne de Charleroi à Erquelinnes (aujourd’hui la ligne 130A). Le principal dépôt de locomotives du Nord-Belge fut établi au lieu-dit Saint-Martin, près de la gare de Marchienne-Zone. À côté du dépôt se trouvaient des ateliers de réparation où le Nord-Belge construisait des wagons et quelques locomotives. Une cité ouvrière, désormais appelée la Cité du Nord, fut bâtie à proximité immédiate. Les charbonnages de Saint-Martin, Sainte-Barbe et Sainte-Sophie, ainsi que les moulins à vapeur, ont été raccordés[128]. Toutes les compagnies sont nationalisées et, en 1941, le Nord Belge est repris par la SNCB sous la contrainte des Allemands[128].
Installation de l'éclairage à Marchienne
Ce n'est qu'en 1860 que les premières lanternes installées dans les rues éclairèrent Marchiennes. Le , l'entreprise de l'éclairage au gaz portatif, venue de Gilly, fut confiée à Oudenne Henri. Le , six réverbères furent installés. Le de la même année, deux lanternes supplémentaires furent ajoutées. Le , le conseil communal adopta officiellement l'éclairage au gaz, et cette décision fut approuvée le [129].
En 1864, Marchiennes fut l'une des premières communes de l'arrondissement à être équipée de l'éclairage au gaz. Chaque rue était dotée d'un certain nombre de lanternes, placées tous les 50 mètres. Les rues de plus de 10 mètres de longueur avaient un double nombre de lanternes, disposées face à face. Le , le conseil décida d'éclairer les ponts et les passages dangereux. Le hameau de La Docherie ne pouvait pas rester dans l'obscurité, car lui aussi méritait l'éclairage. Ainsi, le , cela fut décrété par le conseil communal[129].
De nombreux établissements utilisent l'éclairage électrique. Les usines de la Providence, qui l'avaient installé en 1881, comptaient 42 lampes Siemens. Cet éclairage fut détruit par les grévistes en 1886, mais il fut rapidement rétabli. En 1855, les usines Gilliaux et les établissements du Nord ont également adopté ce système, suivi par les usines de l'Alliance en 1886. Les moulins à vapeur l'ont intégré en 1889, tout comme le charbonnage de Marchiennes en 1890[130].
Troubles de 1867
Le vendredi , la grève fut décidée[131], les machines sont à l'arrêt, les grilles des fours à puddler retirées. La gendarmerie à cheval patrouille dans les rues de la localité. Le lendemain, les houilleurs du siège du Mambourg et de la Blanchisserie de Dampremy abandonnent leur fosse et menacent leurs camarades de couper leurs cordes s'ils descendent. Ils entraînent avec eux les métallurgistes et les verriers des usines voisines sur la route de Mons. Femmes et enfants rejoignent les hommes. Sur la petite place de l'église, une foule agitée de près de deux mille personnes se rassemble. On réclame une baisse du prix de la farine. La foule avance, pille les entrepôts, et met le feu aux bâtiments, mais des ouvriers plus calmes parviennent à l'éteindre rapidement[132].
Lors des séances des et le , le conseil communal désigne les membres du conseil administratif de l’Hôpital civil, que le collège installe le . La donation de 50 000 francs réalisée le par M. Joseph de Cartier est approuvée par arrêté royal le 2 août de la même année, et un arrêté royal du autorise la construction d’un hôpital à Marchienne-au-Pont. Par testament du , Mlle Henriette de Paul de Barchifontaine lègue 25 000 francs pour la construction de l’Hôpital, donation approuvée par arrêté royal le [53]. L'hôpital prendra le nom de Sacré-Cœur[134].
Les plans furent confiés à l’architecte Riez, et Noël André remporte l’adjudication des travaux, le , pour un montant de 66 950 francs. Le , la députation permanente valide cette adjudication. Le , la commission administrative décide que les noms des donateurs ayant offert au moins 5 000 francs seront gravés sur du marbre blanc placé sur la façade de l’hôpital[135].
Les Sœurs hospitalières (Sœurs noires), venues de Binche à Marchienne en pour offrir des soins à domicile, sont désignées le pour gérer l’Hôpital. Logées sur place, elles perçoivent un salaire de 500 francs et sont au nombre de cinq. La chapelle a été construite en 1891[135]. En 1963, les anciens bâtiments ont été détruits, et en 1975, un nouvel hôpital a vu le jour. L'Institut Van Gogh, de son côté, a été construit en 1981[136].
Les tramways
Dès 1874, l’idée de doter Marchiennes de deux lignes de tramway vicinales avait déjà germé. Lors de la séance du conseil communal du de cette même année, deux projets furent officiellement autorisés. Le premier concernait Devergnies, ingénieur, qui reçut l’aval pour tracer une ligne de tramway longeant la route de Mons, sur la rive gauche de la Sambre. Ce tracé devait relier les usines de Monceau à Dampremy. Le second projet fut porté par la société Philipps & Cie, qui obtint la permission d’établir une voie jusqu’à Marcinelle[137].
Le , les ouvriers de la société anonyme des Railways économiques commencèrent la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire. En seulement trois mois, tout fut terminé, et le , la voie fut inaugurée en grande pompe[137]. Cette ligne traversait Marchiennes en passant par Dampremy, longeait les rues de la Providence et de Mons, empruntait la rue Neuve (rue des Bateliers actuel), traversait la place du Perron et la rue de Beaumont, avant de terminer son trajet à Montigny-le-Tilleul. Les arrêts, nombreux et bien répartis, s’étendaient de la rue de Marchiennes à la route de Gosselies, incluant Providence, la rue de Mons, la rue Neuve, l’Écluse, Marchiennes-État, la rue du Pige, la place, le Puits du Marché, Sainte-Barbe, Zone, le Pont du Nord et Saint Martin. Le centre névralgique de cette ligne était au Puits du Marché, où se situait la station principale. C'est là que les machines étaient approvisionnées en eau grâce à un système intégré au réseau de distribution[137].
Des trams de la ligne T du boulevard Janson à Bomerée à Montigny-le-Tilleul ont souvent été mobilisés lors de nombreuses cérémonies patriotiques dans l'entre-deux-guerres. En 1895, le vicinal à vapeur est mis en service jusqu'en 1932. Ensuite, un autorail diesel blanc, suivi d'un tram électrique à pantographe, relieront Thuillies[138]. Fontaine-l'Évêque est raccordé au réseau ferroviaire en 1929, avec les trams blancs circulant alors sur la route de Mons[139].
Grèves de 1886 à 1891
Le après-midi, un groupe d'émeutiers venu de Gohyssart fait fermer le puits Saint-Théodore qui était située rue de Jumet, puis la fosse de la Providence ainsi que les usines associées. Aux anciennes verreries de l'Étoile, qui s'étaient située route de Mons, ils détruisent des canons et des plaques de verre. Informés par le bourgmestre Joseph Lefèvre qu'un bataillon de chasseurs est envoyé à Charleroi, les grévistes quittent les verreries et, passant par Monceau, se rendent à Roux, aux glaceries Bougard et Monseu, où tout est saccagé et incendié dans la soirée[140].
Au printemps 1887, une courte période de calme s'installe à Bayemont. Les ouvriers arrêtent le travail sans incident, et en quatre jours, tout revient à la normale. À l’Espérance, les puddleurs participent également à ce mouvement pendant deux jours, dans le même esprit de revendication paisible[141]. Deux ans plus tard, en avril 1889, les mineurs du puits Providence protestent contre une injustice : on les fait remonter sans leur assurer le paiement d’une journée à peine commencée. La grève ne dure qu’une journée, mais leur persévérance leur vaut une demi-journée payée[141]. L’automne de cette année marque une montée des tensions. Le , 460 mineurs de Marchiennes demandent une augmentation de salaire d’un franc par jour. Les salaires sont faibles : 5,50 francs pour les ouvriers de surface, 3,25 pour les mineurs. Le mouvement reste calme et s’éteint rapidement. Le , les travailleurs du puits Saint-Henri revendiquent des journées de travail plus raisonnables huit ou neuf heures. Deux jours plus tard, ils reprennent le travail, sans avoir obtenu satisfaction[142].
C’est en décembre 1889, que la grève s’intensifie. À Bayemont, après un meeting, les ouvriers arrêtent le travail. Le charbonnage de Marchiennes est paralysé, les dépôts sont vides, et il faut attendre du charbon venant de l’étranger. La reprise ne se fait que le [142].
L'année suivante, le , les ouvriers se rassemblent pour célébrer la fête démocratique du travail. À Charleroi, des cortèges venant de Mont-sur-Marchienne, Jumet et du Coron défilent sous les drapeaux et au son des musiques. Mais derrière cette ambiance festive, la colère monte. Contrairement aux métallurgistes, les houilleurs refusent de reprendre le travail. Ils sont 1 620 à se mettre en grève : 270 à Saint-Henri, 300 à Saint-Auguste, 350 à Saint-Charles et 700 à la Providence[142].
Leurs revendications sont simples : augmentation des salaires, journée de huit heures, suffrage universel ce dernier étant encore en discussion à la Chambre. À Bayemont, les salaires varient entre 3,80 et 6,25 francs, avec une moyenne de 4,80. À la Providence, les chiffres sont inférieurs : 3,20 pour les hiercheurs et 5,70 pour les ouvriers[143].
Le gouvernement, malgré le calme de la grève, agit avec fermeté. Dès le 5 mai, les lanciers et chasseurs à pied patrouillent à Marchiennes. Des brigades sont déployées à Bayemont et à Providence. Le 7, les classes de 1887 et 1888 sont rappelées. Le 8, le bourgmestre exige que les gendarmes restent consignés. Les tambours résonnent jour et nuit à l’hôtel de ville. Une délégation proteste auprès du ministre : Hesse Théodore, Calixte Maufoid et Léon Dubois portent la voix des grévistes. Ce jour-là, ils sont plus de 4500 à Marchiennes[144].
La tension continue de grimper. Le , les mineurs cessent le travail. Des jeunes près de la gare maritime lancent des insultes à ceux qui refusent de se joindre à eux. Le , une cartouche de dynamite explose devant la maison de Joseph Lemoine-Mosselmans, un non-gréviste. Les volets volent en éclats, laissant la peur s’emparer des lieux[145].
Construction d'une nouvelle église
Carte postale illustrant la nouvelle église.
À la fin du XIXe siècle, la vieille église, devenue trop petite et vétuste, était considérée par les autorités communales comme un obstacle à l’aménagement d’une grande place et d’un marché important. Le conflit entre ceux qui souhaitaient préserver l’édifice et ceux qui voulaient le remplacer dura plusieurs années. Ces derniers l’emportèrent finalement le , lorsque Léopold II autorisa l’acquisition d’une demeure du XIIe siècle, la Ferme de Bruntegem, et la construction d’une nouvelle église inspirée de l’abbatiale d’Aulne[146].
Dès 1898, les plans de la nouvelle église, conçue par les architectes Sonneville et Simon, pouvaient être consultés à l’hôtel de ville. Les travaux étaient prévus sur deux ans[147]. Le 19 octobre 1899, un incendie détruisit la maison de Branteghem, menaçant aussi les bâtiments voisins qui fallut protéger[148]. Le , la pose de la première pierre de la nouvelle église coïncidera avec l’inauguration du nouvel hôtel de ville[149]. Les deux églises cohabitent pendant quelques mois, puis, au cours du second semestre 1905, l’ancienne disparaît sous les coups de pioche des démolisseurs[146]. Le nouveau sanctuaire, lui, est consacré depuis un an[68].
Au début de la Première Guerre mondiale, pendant l'invasion allemande, la commune de Marchienne-au-Pont est relativement préservée par rapport à ses voisines, ne subissant que quelques otages civils tués et un faible nombre de maisons incendiées[150].
Le lendemain du , des Uhlans en provenance de Roux se préparent à traverser la Sambre par le pont de Marchienne. Dès que l'avant-garde s'engage dans la rue Neuve[Note 4], elle est accueillie par un tir nourri provenant d'une mitrailleuse française postée sur le parvis de l'église Notre-Dame. L'ennemi, replié dans Monceau, met alors cette commune à feu et à sang, convaincu que des francs-tireurs sont embusqués partout. Cet événement fait 62 victimes et provoque l'incendie de 251 maisons[151]’[152].
Pour passer la Sambre, les Allemands empruntent le pont des usines Saint-Fiacre, leur permettant ainsi de positionner leurs premiers soldats sur la rive droite, à hauteur de Bas-Longs-Prés. De là, ils atteignent la route de Beaumont en passant par les dépendances de la gare Saint-Martin, surprenant les Français stationnés à la briqueterie Letroye (anciennes carrières de Monceau désaffectées), qui ignoraient l’existence de ce pont absent de toutes les cartes. Sept soldats français sont tués à cet endroit le [150].
Au centre de Marchiennes, c'est par le pont du chemin de fer que les Allemands parvinrent à surprendre les Français. Ceux-ci se replient en suivant l'Eau d'Heure et la rue des Carrières pour reconstituer leurs troupes dans le bois des Marlaires à Mont-sur-Marchienne[150].
Monument aux fusillés du situé route de Beaumont.
Après la rue de Trazegnies, Marchienne-État est ravagée par les flammes, dans une violence à peine moindre que celle de Dinant, Andenne et Tamines. Sept otages sont exécutés au-dessus de la rue de Beaumont, sous les yeux impuissants du Baron Arnould de Cartier. Ils avaient été utilisés comme boucliers humains par les envahisseurs durant leur progression vers Gozée, où une terrible bataille les oppose aux Français en retraite[151].
Le , les soldats allemands arrivèrent et engagèrent un combat contre les soldats français en contrebas de l'orphelinat. Les Français battirent en retraite et furent poursuivis au-delà du canal, en direction de Monceau[153].
Depuis le , les Alliés repoussent les Allemands à partir de Villers-Cotterêts en France. En octobre, des prisonniers français, évacués vers l'arrière, sont parqués sans nourriture derrière le château Pirmez, rue de Châtelet. Une sentinelle allemande tente d'empêcher les habitants de jeter du pain aux prisonniers, mais une miche est tout de même lancée par-dessus le grillage. L'Allemand, après avoir repoussé un soldat qui s'en approchait, est vivement critiqué par les passants outrés. La situation dégénère : la foule est mise en joue, un coup de feu retentit, et une fillette de 11 ans, Yvonne Vieslet, originaire de Monceau, est touchée. Elle succombe à ses blessures quelques heures plus tard à l'hôpital de Marchienne[154].
Le , à La Docherie des avions allemands survolèrent la zone et larguèrent des bombes autour de la rue du Cimetière[155] (actuellement rue du Curé-Robert). De nombreux bâtiments ont subi des dégâts, mais les sœurs et les riverains sont restés indemnes. Le quartier de Marchienne-État est ravagé par les flammes[155].
Le , le président Wilson des États-Unis visite les sites d'usines détruites. Il est accompagné du roi Albert, du ministre Jaspar des Affaires économiques et du baron Émile de Cartier, ambassadeur de Belgique à Washington[156]’[157].
Inauguration du monument Yvonne Vieslet et la visite de la princesse Marie-José en 1928
Marie-José de Belgique dans les rues de Marchienne-au-Pont lors de l'inauguration du monument commémoratif d'Yvonne Vieslet le .
Le dimanche , le monument dédié à Yvonne Vieslet, jeune martyre de la Première Guerre mondiale fut inauguré. Cette initiative, portée par une souscription publique ayant rencontré un large succès, aboutit à la réalisation du monument selon les plans de l’architecte René Antoine[158].
Monument à Yvonne Vieslet.
La journée débute par une messe de requiem célébrée en l’église paroissiale, au cours de laquelle Monseigneur Picard prononce un sermon patriotique. À l’issue de l’office, les autorités locales et les participants se rendent à la gare pour accueillir le 1er régiment de Grenadiers ainsi que la fanfare du 43e régiment de ligne français, invités pour l’occasion. Dans la matinée, plusieurs hommages sont rendus : le mémorial du cimetière est inauguré, une plaque est dévoilée en souvenir de la fusillade du près du château Bailleux[Note 7], et des gerbes de fleurs sont déposées au monument à la France[158].
Vers 15 heures, la Princesse Marie-José, arrive sur la place de la gare. L’accueil est assuré par le bourgmestre Robert Fesler et par le baron Émile de Cartier, ambassadeur de Belgique aux États-Unis[158].
La princesse signe le livre d’or, dépose des fleurs au monument aux morts au nom du Roi et de la Reine, puis visite l’hôpital local. Elle y inaugure la chambre Yvonne Vieslet, destinée à accueillir un patient indigent, en présence de la sœur supérieure[158].
La cérémonie d’inauguration du monument Yvonne Vieslet se déroule peu après. La princesse dévoile le monument et y dépose des fleurs, tandis que la musique militaire interprète l’appel « Aux Champs », suivi de l’hymne national, la Brabançonne. Une poésie de circonstance est récitée par Arthur Corbier, suivie d’un discours de Monsieur Adrien[159]. Le général Lacapelle lit ensuite la citation à l’ordre du jour de l’armée française honorant Yvonne Vieslet. Il remet la croix de guerre avec palme à la sœur de la jeune fille, tandis que la croix de l’ordre de Léopold II lui est également attribuée. La journée se clôt par un Te Deum chanté à l’église, en présence des autorités et des invités[159].
Seconde Guerre mondiale
Le , dans leur avancée fulgurante, des soldats allemands, arrivant de Jumet, traquèrent, dans La Docherie, des Spahis français, au milieu de l'horreur des combats de rue[160]. Un obus allemand a explosé une maison de la rue Destrée, d'où furent retirés un mort et plusieurs blessés[160].
Le , les Sénégalais de l'arrière-garde française font exploser les ponts de la Sambre et du canal. Les dégâts sont immenses : des dizaines de maisons détruites ou gravement endommagées attendent les habitants à leur retour d'exode. Ces destructions sont dues à des charges mal calculées par des soldats ivres[161]. En face de la rue Focquet, une passerelle est installée au-dessus des bateaux coulés. Plus tard, un pont en bois est construit par l'occupant[162]. Sous l'occupation allemande, Marchienne-au-Pont a été intégrée dans le Grand Charleroi, elle fessait partie alors du District VI de 1942 à 1944
En 1944, la gare de Zone est attaquée par des Mosquitos, mais les bombes ratent leurs cibles, et le quartier de Matadi subit les conséquences. Le lendemain, c’est la gare de Couillet qui est visée, puis ce sera au tour de Monceau. Le lundi suivant, un deuxième raid frappe la gare de Zone. Les voies et les ateliers sont détruits, mais Matadi et la rue de Beaumont sont encore plus durement touchés[163].
Lors du lundi de Pentecôte en , le moulin à vapeur est frappé par cinq grosses torpilles, tandis qu'une sixième s'enfonce au pied de l'hôtel de ville sans exploser. La rue de la Gendarmerie[Note 8], ainsi que celles de Cartier et de Beaumont, sont jonchées de ruines, et le clocher de la maison communale a disparu. Les moulins sont en flammes, et l'incendie est visible à des kilomètres à la ronde[163].
Le , à 16 heures, les chars Sherman, les halftracks, les GMC et les jeeps du général Hodges de la première armée américaine défilent à Marchienne-État. Le 11 septembre, le bourgmestre Jacquin préside le conseil communal[163].
Après guerre
Place du Perron et station De Cartier en 2009 avant sa rénovation en 2019.
Après la guerre en 1949, le nouveau pont est inauguré en présence du ministre Oscar Bohogne. Sous la direction du bourgmestre Jacquin et de son successeur Louis Leriche, la commune lance une politique de construction d'habitations sociales. Le canal est adapté pour supporter 1 350 t, avec un gabarit équivalent à celui de la Sambre jusqu'à la Jambe de Bois[164].
L'émergence de nouvelles sources d'énergie et les défis liés à l'extraction de la houille ont marqué le déclin, puis la fermeture des charbonnages à La Docherie : Saint-Charles dans les années 1950, Naye-à-Bois en 1959, Belle-Vue en 1960 et Saint-Théodore en 1972[165]. Les puits no 18 et no 19 faisant partie des charbonnages de Monceau-Fontaine ferment leur portes en 1980 et en 1979[166].
En 1969, la commune a célébré son 1100e anniversaire[39]. Pendant l'été en 1975, les mariniers déclenchent une grève, entraînant la fermeture du canal pendant plusieurs semaines en raison des nombreuses charges, du protectionnisme de certains pays, de la concurrence de la route et du rail, ainsi que du passage au grand gabarit[167]’[168].
À la suite du vote de la loi sur la fusion des communes en 1976, Marchienne-au-Pont rejoint 14 autres communes pour former l'entité de Charleroi.
L'église Notre-Dame de Miséricorde ou de la Sainte-Vierge. L’ancienne église de Marchienne-au-Pont, bénie en 1591, succédait à un édifice déjà mentionné en 1398. Située au centre du bourg, sa tour faisait office de tour de guet et jouxtait une demeure seigneuriale remplacée au XVIIe siècle par le château Bilquin de Cartier. Le cimetière attenant fut désaffecté en 1861 et supprimé en 1879. L’édifice subit de nombreux dommages : attaque des Gueux en 1579, dégradations répétées au XVIIe siècle, puis utilisation comme prison militaire par les Républicains en 1794, ce qui entraîna d’importantes détériorations. En 1815, un boulet prussien frappa la tour lors de la retraite française après Waterloo. L’église servit alors d’hôpital militaire. Plusieurs sépultures de notables y étaient conservées, dont celles de Jean de Hamal, Jehan de la Bricque ou Marie-Agnès de Baillencourt. Des réparations furent menées entre 1715 et 1718, puis au XIXe siècle, notamment l’installation d’une horloge en 1857. Jugée trop petite, vétuste et inesthétique, l’église fut considérée comme un obstacle à l’aménagement d’une vaste place centrale. Les autorités communales privilégièrent la construction d’un nouvel édifice plutôt que la restauration. La Commission royale des Monuments ne s’opposa pas à la démolition. Un incendie en 1897 accéléra encore le projet. La nouvelle église, inspirée de l’abbatiale d’Aulne et conçue par les architectes Sonneville et Simon, fut autorisée en 1899. La première pierre fut posée le , et l’édifice fut consacré le . L’ancienne église fut démolie en 1905. Le nouveau bâtiment adopte un style néogothique en pierre de taille, avec tour avancée, nef à cinq travées, transept saillant et chœur à pans coupés[146]’[175]’[68]’[85]. Elle possède dans le porche quelques pierres tombales de l'ancienne église.
Dans le porche de l'église se trouve la pierre tombale du chevalier Jehan de Labricque (mort en 1556) écuyer et greffier à la Cour de Marchienne entouré de ses deux épouses (Françoise du Fary et Isabeau de Davre)[176].
L'église paroissiale Sainte-Bernadette. Édifiée en 1936 dans le quartier de Matadi, la chapelle Sainte‑Bernadette devient église paroissiale le . Endommagée lors des bombardements alliés, elle est restaurée en 1949. L’édifice, construit en brique rouge, se distingue par une tour‑clocher légèrement décalée de la façade, rappelant les campaniles italiens. Une stèle commémorative de la Seconde Guerre mondiale y est adossée. L’église adopte un plan en croix latine, composé d’une mononef à trois travées et d’une voûte en berceau brisé. Le tiers‑point, utilisé pour les arcs et baies, constitue son motif décoratif récurrent. L’ensemble s’inscrit dans le vocabulaire architectural des années 1930, proche de celui de la chapelle Notre‑Dame des Sept Douleurs, contemporaine et située dans le même territoire[177]’[178].
L'église Saint-Pierre.La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Actuellement paroisse des Saints Jean le Valaque et Piat le Romain de l'église Orthodoxe de Belgique.L'église Saint-Pierre, située dans le quartier de La Docherie. Elle fut édifiée à l’initiative de Pierre‑Joseph Parent, qui souhaitait valoriser les terrains qu’il avait acquis au hameau après leur déboisement. Pour attirer une population rurale et pratiquante, il fit construire un édifice religieux de grandes dimensions (longueur 48 m, transept 22,2 m, hauteur de nef 19,8 m). La première pierre fut posée le par l’abbé Decrolière, futur évêque de Namur. Le gros œuvre fut réalisé entre 1868 et 1871. Rapidement, des fissures apparurent en raison de l’instabilité d’un sous‑sol minier. L’architecte interrompit alors l’élévation de la tour, laissant l’église sans clocher durant plusieurs décennies. Le portail roman, accessible par un talus abrupt, porte trois pierres sculptées : une dédicace à Saint Pierre, un chronogramme « 1868 » et une croix latine. Parent fit don de l’édifice à l’évêché de Tournai, qui le remit à la Fabrique d’église de Marchienne‑Centre. En 1881, la Fabrique engagea une action judiciaire contre les sociétés houillères d’Amercoeur et de Monceau‑Bayemont pour obtenir la réparation des dégâts miniers. Le procès s’acheva en 1892 en sa faveur, permettant la consolidation du bâtiment par des barres métalliques et le rebouchage des fissures. En 1893, les enfants de Parent obtinrent l’autorisation de compléter la tour, financée à leurs frais. Les travaux furent menés rapidement et achevés en novembre. La tour atteint 38,5 m de hauteur et comporte une rosace, des abat‑sons et un étage destiné à recevoir une horloge qui ne fut jamais installée[179],[180],[181].
L'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, deuxième église du quartier de La Docherie. La chapelle du Fond Beghuin, fut projetée dès 1930 pour répondre à l’éloignement du quartier par rapport à l’église Saint‑Pierre. Le vicaire Marc Leclercq prit en charge l’initiative, acquérant en mai 1935 un terrain vendu par le charbonnage de Sacré Madame, sous réserve de non‑responsabilité en cas de dégâts miniers. Nommé chapelain en novembre 1935, Leclercq célébra la première messe dans la chapelle des Sœurs de Charité, avant la pose de la première pierre le . Il supervisa activement le chantier. La chapelle, de style typique de l’entre‑deux‑guerres et des corons miniers, fut bénie le . Une cloche fut installée le 16 novembre et la statue de Notre‑Dame‑des‑Sept‑Douleurs bénie le 12 décembre. Le chemin de croix en cuivre fut ajouté en 1937‑1939. Durant la Seconde Guerre mondiale, les offices furent parfois déplacés en raison du rationnement du charbon. En 1951, un accord confia la chapelle aux Rédemptoristes, qui en firent leur église conventuelle jusqu’en 1955. À partir de 1955, l’édifice devint un lieu de culte important pour la communauté belgo‑italienne, avec des messes en italien. En 1956, un groupe d’entraide, Les Dévoués, fut fondé dans les caves de la chapelle. Une messe annuelle pour les malades fut instaurée en 1959 et se poursuivait chaque mois de septembre[182]’[183]’[184], elle est aujourd'hui une église orthodoxe.
Le temple protestant, bâti en 1897 dans un style éclectique[177].
Chapelles
Vue du sanctuaire Sainte-Rita.
Le bateau-chapelle Spes Nostra, amarré sur la Sambre quai du Sud, près du pont depuis le [185]’[186].
La chapelle Saint-Roch, bâtie en 1891[177], rue des Chantiers.
La chapelle Notre-Dame de Miséricorde, édifiée à la fin du XIXe siècle ou début du XXe siècle[177].
Le sanctuaire Sainte-Rita, sainte née au XIVe siècle qui est fêtée chaque année les 22 mai, route de Mons. Installé en 1920, il abritait un couvent et une école de séminaristes augustins. L'église a subi des transformations et aujourd'hui, il est devenu un lieu de pèlerinage[187].
Autres
Le presbytère, Restauré en 1933, était une ancienne miroiterie qui remontait à la 2e moitié du XVIIIe siècle[188].
L'école et couvent Notre-Dame, bâtiment qui remonte à la seconde moitié du XVIIIe siècle[177].
Le château Bilquin-de Cartier. Au début du XVIIe siècle, la famille Honorez construit une demeure sur le site de l’ancien château, reçu en 1593. L’édifice est attesté en 1635 lors du relief par François de Briffoz. Avant son acquisition en 1693 par Guillaume Bilquin, le domaine appartient successivement aux de Crissegnée et aux Wal. Les armoiries Bilquin trois clous forgés figurent encore sur plusieurs éléments architecturaux. En 1703, les droits seigneuriaux de Marchienne et Mont‑sur‑Marchienne sont rachetés par la famille Bilquin, puis transmis en 1725 aux de Cartier par mariage. Le château est décrit et illustré en 1740 par le moine Saumery et le graveur Remacle le Loup dans Les Délices du Pays de Liège. Le dernier seigneur, Pierre‑Alexandre‑Louis de Cartier, traverse les périodes révolutionnaires liégeoise et française. Au XIXe siècle, Joseph de Cartier fonde les premiers moulins à vapeur du pays (1838), tandis que le château est progressivement abandonné au profit du « château blanc », futur hôtel de ville. Un incendie frappe les combles en 1932 ; la commune acquiert le bâtiment en 1938 après la ruine des de Cartier. Marguerite Yourcenar, apparentée à la famille, constate en 1956 son état de délabrement. Le château accueille des services communaux jusqu’en 1973, est classé en 1980, puis restauré dans les années 1990 après de graves atteintes de mérule[189]’[190]’[85].
L'hôtel de ville. La seconde Maison communale de Marchienne, installée en 1861 dans l’ancienne demeure Bastin (1778), se situait à la rue de Châtelet. Les travaux du métro mirent au jour un niveau de cave voûtée plus ancien, en briques bourguignonnes. L’édifice présentait une façade Renaissance à encadrement de pierre, une Salle du Conseil ornée de motifs mythologiques et un escalier monumental gardé par un lion armorié. Une cour arrière donnait accès au local de la Garde civique et au Salon communal (1879), dont les caves servirent successivement de marché couvert puis d’ateliers pour l’École industrielle. L’ensemble fut détruit en mai 1940 lors de la démolition des ponts de la Sambre par l’armée française. À la fin du XIXe siècle, la maison Bastin devint insuffisante pour des services communaux en expansion. En 1893, le bourgmestre Joseph Lefèvre proposa l’acquisition du Château Blanc, propriété de la famille de Cartier, construit en 1833 sur l’emplacement du premier château de Marchienne. Malgré l’opposition des commerçants, la vente fut conclue. Les aménagements furent confiés à Alexandre Simon, à l’entrepreneur Loriat et au jardinier Chalmagne. L’inauguration eut lieu le , accompagnée de cérémonies officielles et d’un défilé des sociétés locales. Le nouvel Hôtel de Ville, de style éclectique, transformait profondément le Château Blanc : un beffroi polygonal de 40 m dominait la façade, flanqué de deux ailes abritant la Police et la Salle du Conseil. Une fontaine de Léon Vandenhouten fut installée dans le parc. Endommagé en 1944 et devenu inadapté, l’édifice fut remplacé par un nouvel Hôtel de Ville conçu par André Londot. Le chantier débuta en 1970 et l’inauguration eut lieu le . Le bâtiment en L regroupe les services administratifs, la Police, une salle multifonctionnelle et la Salle des Mariages, décorée d’une fresque d’Edmond Dubrunfaut et d’un bas‑relief d’André Hupet. L’ancien Hôtel de Ville fut démoli en 1974[191]. Depuis la fusion des communes en 1977 l'ancien hôtel de ville est devenu une annexe de l'hôtel de ville de Charleroi.
La maison Art nouveau de la rue Lieutenant-Général Gillain.
Monuments et statues
Monument aux morts de 1914-1918.Le buste de Robert Fesler, bourgmestre de 1921-1931, il se situe dans le parc de l'hôtel de ville.
Monument aux morts 1914-1918, il se situe dans le parc communal. Face à l'hôtel de ville, l'œuvre monumentale due à Monsieur Van den Houten représentera la Belgique libérée sous les traits d'une femme. Les quatre rivières Sambre, Meuse, Escaut et l'Yser représentées par quatre personnages versant de l'eau dans un bassin circulaire évoquent les quatre grandes batailles du conflit[193].
Monument aux morts de la guerre de 1940-1945 dans le parc communal.
Monument Marchiennes à ses glorieux morts, œuvre de Joseph Roger originaire de Marchienne[194]. Il se situe dans le cimetière de Marchienne-centre.
Monument aux fusillés du situé route de Beaumont. Il commémore les hommes et se dresse à proximité du lieu de leur exécution[195].
Monument à l'endroit ou Yvonne Vieslet, âgée de 10 ans, fut atteinte le par une balle tirée par un soldat allemand. Inauguré le , réalisé par Hector Brognon avec l’aide de Joseph Roger et de l’architecte René Anthoine[196].
Monument à la France, il se situe route de Beaumont. Inauguré le , le monument est érigé à l'emplacement des quatre civils fusillés par les allemands le [198].
Monument des Déportés, inauguré en [199], en mémoire des déportés[200], il se situe dans un square à La Docherie.
Monument aux Mamans, il se situe devant l'école du Spignat à Matadi et deuxième qui se situe près des écoles à La Docherie.
Monument « À nos Martyrs », il se situe au pied du campanile de l'église Sainte-Bernadette.
L'arbre de la Liberté, planté le .
L'arbre de la Liberté, place du Perron.
Le monument aux morts 1940-1945.
Monument Marchiennes à ses glorieux morts.
Monument des prisonniers politiques.
Culture
Salle de concert du Rockerill et bâtiments des anciennes forges de la Providence.
Folklore
Le 2e dimanche de mai a lieu un mini cortège carnavalesque regroupent des sociétés de gilles et d'autres sociétés folkloriques. Ces festivités ont été recréées en 1860 après une interdiction par les autorités, en conflit avec les organisateurs, en 1840[201].
Le Pardon de la Batellerie, se déroule au mois de septembre et la Fêtes de la Cité Jardin de Matadi au mois d'août.
Le Rockerill[205], salle de concert dans les anciens bâtiments des Forges de la Providence.
Evénement
Tous les ans au mois de mai depuis 2008, se tient le festival Mai’tallurgie, un événement culturel qui met en valeur la commune et son histoire à travers des réalisations de ses habitants[206].
Enseignement
Écoles primaires
Réseau communal
École des Chrysalides, rue Edmond Jacquin, école du Spignat, rue Arthur Brédat, école Victor Hachez, rue Victor Hachez et école de La Docherie, rue des Dochards.
Écoles libres
École Libre de la Docherie : école Saint-Pierre, place Astrid et école Saint-Louis, rue Léon Dubois, école des Étoiles, rue des Chantiers.
Écoles secondaires
Athénée Royal Yvonne Vieslet, rue des Remparts et Institut Médico Pédagogique René Thône, rue de Beaumont.
Académie
Académie de Marchienne-au-Pont André Souris[207], rue de Châtelet.
Traditionnellement, deux secteurs constituaient l'essentiel de l'activité économique à Marchienne-au-Pont : le charbon et la sidérurgie. Si le charbon a définitivement disparu, l'industrie sidérurgique s'est restructurée et modernisée et occupe toujours une place importante. Ainsi, Industeel[208], filiale d'Arcelor est un leader mondial dans les aciers spéciaux et inoxydables. En 2024, Industeel fournira ainsi des tours en acier bas carbone à Vestas Wind Systems, no 1 mondial dans le secteur des éoliennes.
La localité possède encore des entreprises dans le secteur de l'énergie qui se situent notamment sur le site des anciennes Forges de la Providence : la centrale électrique Total Énergie à cycle combiné gaz (430 MW) et la centrale d'Air Liquide, fournisseur de gaz.
En 2020, une centrale électrique photovoltaïque a été installée sur le site des anciennes usines Allard, le long de l’Eau d’Heure. S’étendant sur 27 hectares, elle comprend 4 444 panneaux solaires délivrant une production de 2 MWc, suffisante pour alimenter 600 ménages[209],[210].
Industries historiques
Forges de la Providence
Symbole de la société qui représente l'Œil de la Providence placé au-dessus de la salle de spectacle et culturel du Rockerill dans les bâtiments industriel des anciennes forges.
La « Société anonyme des laminoir, forge, fonderie et usines de la Providence » est fondée en 1838 par des membres de la famille Puissant et l'ingénieur anglais Thomas Bonehill. Thomas Bonehill convainc Ferdinand Puissant, industriel wallon, d’abandonner son petit site sidérurgique de Gougnies, au bord d’une forêt et alimenté par une faible rivière, pour construire un laminoir moderne à Marchienne, le long d'une grande voie d’eau, et surtout d’un site charbonnier. C’est ainsi qu'il fonde en 1832 le premier laminoir de la Providence sous le nom de Forges de la Providence[211] au lieu-dit « La Providence », idéalement situé entre la Sambre et le canal de Charleroi-Bruxelles.
Thomas Bonehill lui apporte l'expertise technique nécessaire pour la constitution de cette nouvelle usine qui contenait une fonderie, une forge et un laminoir à l'anglaise. Ensemble, l’entrepreneur wallon et l’ingénieur anglais construisent de nouveaux fours à puddlage et mettent en service le laminoir dès 1832. Il s'agissait d’une des installations les plus perfectionnées et rentables du moment, capable de produire annuellement 6 500 tonnes de produits finis[212]. Les forges de la Providence, reconnues internationalement, fonctionneront pendant 150 ans[213].
Usines métallurgiques dans le complexe de la Providence et en dehors
Parmi les usines métallurgiques sur le site de la Providence et en dehors au XIXe siècle et XXe siècle il avait :
Les laminoirs Bonehill ou de l'Espérance, furent créés en 1855 pour son propre compte[214],[215]. Ces usines qui touchent la Sambre, au canal Marchienne-Bruxelles et à la rue de la Providence, furent dirigé pendant 3 ans par Thomas Bonehill, auquel succéda son beau-fils Emile Constant qui en 1863, fit construire les Laminoirs du Ruau à Monceau-sur-Sambre[216]. Les Usines Bonehill furent absorbées par la Providence après le premier conflit mondial[214];
Hauts fourneaux Mineur[214], c’est par un arrêté royal du 18 décembre 1855 que Mineur fut autorisé à construire deux hauts fourneaux, 15 fours à puddler, 8 fours à réchauffer, dont 2 pour tôles, un train à gros fer marchand et à rails, un train à petits fers marchands et à fers fendus, 3 cisailles, des fours à coke et 5 machines à vapeur motrice. Ces installations étaient inactives depuis le et furent démolies en 1893 par Amour Sottiaux et Émile Bonehill, qui avaient acquis l’ensemble avec toutes ses dépendances : terres, cours, bureaux, cantine, les 18 maisons situées à l’est, la maison directoriale et le château situé au sommet d’une petite colline très agréable[217];
Châtelet-Marchienne. Vers 1858, Thomas Bonehill acheta à la famille Misonne les terrains où se trouvaient, jusqu'en 1893, les laminoirs de Châtelet-Marchienne, avec l'intention d'y construire des hauts fourneaux. Cependant, sa mort l'empêcha de réaliser ce projet. Un arrêté du autorisa alors son fils Édouard à y établir une forge pour fabriquer des pièces mécaniques. Cette forge comprenait deux fours à puddler, deux fours à réchauffer, trois foyers découverts et quatre marteaux. En 1867, la forge fut transformée en un laminoir à fers marchands. En 1871, la société anonyme des forges et laminoirs de Marchienne-au-Pont fut créée. En 1878, la firme reprit le nom d'Édouard Bonehill[218];
Laminoirs et Tréfileries Fernand Thibaut et Cie, furent fondée en 1884 et 1885[220];
Tréfileries de Belle-Vue. Entre 1864 et 1893, Julien Balieu fondait plusieurs sites métallurgiques, dont le laminoir Saint-Fiacre à Monceau-sur-Sambre et les Tréfileries de Belle-Vue à Marchienne. Malgré des obstacles logistiques, il poursuit son œuvre industrielle. En 1891, Belle-Vue est rachetée par la Providence, qui fonde en 1893 l’Aciérie de Marchiennes pour généraliser l’usage de l’acier dans ses constructions[221];
Laminoirs à tôles du Piéton. Construites en 1877, cette usine se situait au Chênois entre le Piéton et le canal de Marchienne à Bruxelles[222];
L'Aciérie de Marchiennes, fut fondée en 1893, a été créée pour remplacer le fer par l'acier dans toutes les constructions, une transformation décidée par la Providence pour ses usines[223];
L'Alliance, la société des forges et laminoirs de l'Alliance, qui était située à Marchienne-au-Pont, fut fondée le par Ferdinand Joseph Niffle et Odile Joseph Wilmart. Ce dernier en était le directeur-gérant sous la raison sociale Wilmart et Cie. L'usine a été construite sur des terrains ayant appartenu à M. le baron de Cartier et à M. De Paul. La production a débuté en décembre 1866[224];
Laminoirs Saint-Victor, le laminoir Saint-Victor, fut construit en 1871 par Célestin Goffin-Leroy, son propriétaire, était situé le long de la Sambre, rue de la Providence, à proximité des usines Thomas Bonehill et des verreries de l'Étoile. Il comprenait 23 fours à puddler, deux fours à réchauffer, un four à gaz appelé four Siemens, une machine pour activer le train ébaucheur, une machine pour activer le train marchand, deux marteaux-pilons, trois pompes d'alimentation et trois cisailles[221].
Aciéries Léonard-Giot
Aile de bureaux datant du premier quart du XXe siècle, appartenant aux aciéries Léonard-Giot-Allard[182].
En 1871, entre Marchiennes-Est et la voie d’embranchement du Grand Central, se dressaient les ateliers de Hippolyte Léonard. Situés entre le sentier du Clocher et la rue de Châtelet, ils symbolisaient le dynamisme industriel de la région. Spécialisés dans la fabrication de boîtes à graisse pour essieux de wagons des chemins de fer de l’État, ils produisent aussi diverses pièces en fonte et en cuivre. Avec 120 ouvriers, l’établissement illustre son importance et son rôle clé dans l’économie locale[225].
Le cœur de l’usine battait au rythme d’une puissante machine de 50 chevaux, qui alimente un parc impressionnant : 12 tours, 8 machines à raboter, 5 à forer, 2 à étamer, 2 meules à émeri, ainsi qu’une fonderie pour le cuivre et une autre pour le fer. Une véritable symphonie mécanique au service du progrès[225].
Autres industries
Agglomérés et fours à cokes
En 1873, Alphonse Bouillet, marchand de charbon de Fontaine-l’Évêque, s’installa à Marchienne, où il lançait la fabrication artisanale de boulets de terre-houille. Il poursuivit cette activité jusqu’en 1881, année où Charles Clautria lui succéda. Clautria agrandit les lieux et installa une machine à vapeur pour mécaniser la production. En 1888, la production des agglomérés du Bassin s’arrêta. De son côté, Bouillet, devenu propriétaire d’une partie de la maison à Marchienne, s’y retira en 1884 pour continuer son commerce de boulets. En 1886, il équipa sa fabrique d’une machine à vapeur pour produire de petites briquettes. Deux ans plus tard, en 1888, Alphonse Bouillet quitta la région pour s’installer à Porto-Félix, au Brésil[226].
Les Fours à Coke de Cabouy (1853–1859). Par arrêté royal en date du , Cabouy et Fabry furent autorisés à ériger vingt-quatre fours à coke sur les rives de la Sambre, à Marchienne, à proximité du site industriel de la Providence. Ces installations, actives durant quelques années, furent mises hors service en 1859[227].
Industries diverses
Parmi les industries qui existaient au XIXe siècle à Marchienne, il y avait : Ateliers Julien Marie, fondés en 1833 ; les Ateliers Dugottiers, fondés en 1838 ; Construction de bascules fondé en 1838 par Victor Thibaut et disparut en 1890 ; Ateliers Joseph Pâris, fondés en 1852, spécialisé dans la construction de ponts et de charpentes en fer ; les Ateliers Mendiaux, fondés en 1858 et fermés en 1892 ; les Forge de Vulcain, qui s'étaient exploitées en 1863 ; Atelier Brison, fondé en 1866 ; les Ateliers Durieux, fondés en 1869 et fermés en 1882 ; la Forge Joseph Daniel, fondée en 1871 ; Établissement Armand Permeke, spécialisé dans la tuyauterie ; Atelier de l'Est, fondé en 1872 ; Atelier Dubreucq, fondé en 1874 ; Fabrique de limes, fondé en 1875 ; Atelier de l'Eau d'Heure, fondé en 1877 ; Fonderie de cuivre du centre, fondé en 1888 ; Atelier du Clocher, fondé en 1889 et la Boulonnerie du Nord, fondée en 1891[228].
Industries verrières
L’emplacement de la société anonyme des Verreries de l’Étoile, situé rue de la Providence, était autrefois connu sous le nom de « rue Pachi del Crapaud ». Ce terrain, dépendant du lieu-dit Lige au champ, appartenait à la famille De Paul Barchifontaine. En 1838, une partie fut vendue à la société Du Gottier & Cie, qui y construisit des ateliers et une fonderie en cuivre. Après la dissolution de cette société, l’usine fut mise en vente le . Toutefois, en raison de procès et de nombreuses formalités judiciaires, l’adjudication définitive ne fut conclue que le [229].
C’est Casimir Lambert, fabricant à Gilly, qui fut le premier à demander l’autorisation d’établir à Marchienne-au-Pont deux verreries comprenant deux fours de fusion et quatre fours d’étendage. Cette autorisation, accordée par arrêté royal le , lui permit de fonder, sous la firme Andris Lambert & Cie, une société spécialisée dans la fabrication et la vente de verre à vitre. Le terrain initialement occupé par cette verrerie couvrait 1 hectare 50 ares 20 centiares. Par la suite, il fut agrandi par plusieurs achats : d’abord à De Paul, le , une parcelle de 34 ares 87 centiares ; puis à Constant Gallez, le , une parcelle avec maison de 9 ares 12 centiares ; enfin à Victor Goffin, le , une parcelle de 8 ares 50 centiares. Ainsi, la superficie totale du terrain anciennement occupé par la société anonyme des Verreries de l’Étoile atteignit 2 hectares 2 ares 69 centiares[230].
Les miroiteries de Charleroi-Mirox
Constant Knoops installe en 1893 le long de l'Eau d'Heure, les ateliers d'une miroiterie qui prendra plus tard le nom de Mirox. En 1973, après 80 ans d'activités aux abords de l'Eau d'Heure, l'usine a déménagé sur le site industriel de Gosselies[231].
SA du charbonnage de Marchienne résulte de la fusion de plusieurs sociétés :
les charbonnages de la Réunion ;
les charbonnages des Propriétaires Réunis ;
les charbonnages de Saint-Martin.
Elle est ensuite absorbée par la SA des Charbonnages de Monceau-Fontaine dont l'activité s'étendra jusqu'en 1980[232].
Parmi les puits il y avait :
Saint-Martin, créé en 1824 par le baron de Cartier, il atteignait 967 mètres[233] ;
Sainte-Barbe, creusé en 1839, il atteignait 321 mètres, une impasse porte son nom[233] ;
Sainte-Sophie, il atteignait 517 mètres et avait été creusé au bas de la rue Ali Autome[233] ;
Bas-longs-Prés (puits no 19 des Charbonnages de Monceau-Fontaine), il est le dernier en 1980 à fermer ses portes[166]. Ce charbonnage aimantait la centrale électrique voisine aujourd'hui démolie ;
Charbonnage de la Providence devenu Siège no 18 - Parent. Le , il est l'un des deniers charbonnages du bassin houiller de Charleroi à fermer.
Charbonnages de Saint-Martin
Les exploitations charbonnières de Saint-Martin, qui s'établissait dans les secteurs de Bas-longs-prés et du haut Spigniat, furent fondées au cours du premier quart du XIXe siècle par la famille de Cartier[234]. Le cayat du bas-Spigniat provoqua l’inondation des charbonnages en captant les eaux environnantes et en les dirigeant directement vers les galeries de Saint-Martin. Charles de Cartier, succédant à sa mère, exploita les sites de Saint-Martin et de Zone pendant dix ans. Le charbonnage, notamment celui du haut-Spigniat, fut exploité par sept cayats successifs, chacun chargé de travailler les têtes de veines sous cette région. En 1837, des actionnaires d’Anzin achetèrent une concession de 20 hectares à Charles de Cartier, située entre la Sambre et l’Eau d’Heure, sur le territoire de Marchiennes. Une société française, nommée « Compagnie des mines de Saint-Martin », fut alors fondée avec un capital de 2 500 000 francs[235].
Les travaux furent confiés à Pierre Mathieu, natif d’Anzin. Le premier puits fut creusé au centre de Bas-longs-près, mais un éboulement à 40 mètres de profondeur obligea à abandonner le chantier. Un nouveau forage, situé 30 mètres plus à l’ouest, donna naissance au puits Sainte-Sophie, qui atteignit une profondeur de 517 mètres avant d’être comblé en 1884[235].
Peu après, un deuxième puits, le puits Saint-Martin, fut ouvert à 80 mètres à l’est du pont du chemin de fer du Nord. Il fut creusé à l’emplacement d’un ancien cayat réalisé par Madame de Cartier. Le puits Saint-Martin atteignit une profondeur de 567 mètres, avec un bureau de reconnaissance jusqu’à 300 mètres. La grande faille, située à 300 mètres du puits Sainte-Sophie, traversait le puits Saint-Martin à une profondeur de 791 mètres[235].
En 1839, après la confirmation de l’existence du gisement houiller, le conseil d’administration décida d’ouvrir un troisième puits, appelé Sainte-Barbe. Il fut situé à environ 70 mètres à l’ouest de la rue de Beaumont, en face du couvent des Sépulcrines. Pendant ces travaux, Stanislas Mathieu remplaça son parent Pierre Mathieu en tant que régisseur du charbonnage. Son employé, Jean François Wilmot, fit construire une maison dont la façade principale donnait sur la rue de Beaumont, avec une cour accessible par l’impasse Sainte-Barbe[236].
Stanislas Mathieu ne resta en poste que quelques mois avant d’être remplacé par Émile Delvalle, puis, à la fin de 1839, par Melez, un ancien officier de l’armée française. Ce dernier devint conducteur, un poste équivalent à celui de directeur-gérant, dès 1840. Le fonçage du puits Sainte-Barbe commençait cette même année et fut achevé deux ans plus tard, en 1841. Ce troisième puits, d’une profondeur de 321 mètres, fut alors mis en exploitation. Le site comprenait désormais trois puits : le puits Cobbran, d’origine anglaise, servait au charbonnage initial ; le puits François Plichon, qui était utilisé pour le retour d’air ; et le puits Sainte-Barbe, qui était destiné à l’extraction. Par la suite, Wéry, un employé, prit la direction des travaux à Sainte-Barbe avant d’être affecté successivement aux autres puits. En 1851, Paul Jogneaux, auxiliaire des ingénieurs français, lui succéda[236].
Peu après l'arrivée de Melez, il fit construire le Petit-Coron, composé de 37 maisons, puis le Grand-Coron, également de 37 maisons, et plus tard la cité du chemin de fer, comprenant 9 maisons. Il acheta également les cités Demanet et Wauthier, formant ainsi 7 cités regroupant un total de 100 maisons, qu'il loua à ses ouvriers. Aux alentours de 1858, la direction établit une école ménagère, une salle d'asile, une école dirigée par les Sœurs de Notre-Dame, des cours de musique, une fanfare, un tir à l'arc à la perche et un autre au berceau[236].
Melez prit sa retraite en , après avoir dirigé le charbonnage pendant 30 ans. Il décéda à Douai en 1881. La même année, le charbonnage adopta le nom de « Société Anonyme des charbonnages de St Martin ». Le capital était constitué de 3360 actions, sans mention de leur valeur. L'exploitation du puits Sainte-Barbe fut alors abandonnée[237].
À partir de 1873, de grandes infiltrations d’eau ont considérablement ralenti les travaux d’exploitation. En 1876, Guary a démissionné et a été remplacé par Pierre Joseph Dubar. Le , le charbonnage a été vendu à la Société Générale pour soutenir l’industrie nationale. Quelques mois plus tard, le 28 mai, il a fusionné avec celui de La Réunion[237].
L’exploitation de Saint-Martin a continué jusqu’au , moment où le charbonnage de La Réunion a dû également cesser ses activités. Le charbonnage de Saint-Martin disparaît alors. Début 1884, les puits d’extraction, y compris le puits numéro 2 situé à l’emplacement actuel de l’Avenue du Grand-Coron, ont été comblés. L’exploitation, qui a duré 60 ans, n’a permis d’exploiter qu’un tiers des 264 hectares concédés[237].
Le puits Sainte-Barbe était devenu une boulangerie à vapeur, exploitée par la famille Gillain. Le puits d'air, qui avait été comblé, était resté un terrain abandonné. Tous les terrils avaient été plantés : celui de Sainte-Barbe, par Hubert Degosserie, et celui de Sainte-Sophie, par Alfred Soupart, Émile Orval avait fait l'acquisition de Saint-Martin et de toutes ses dépendances ; deux belles maisons, une serre, une tourelle et des gloriettes y avaient été construites[238].
Société anonyme du Charbonnage de Marchiennes
La concession de la société anonyme des charbonnages de Marchiennes s'étend sous les communes de Marchiennes, Mont-sur-Marchienne, Marcinelle et Montigny-le-Tilleul. Elle couvrait une superficie de 550 hectares, attribuée par actes les , , , , , et [238].
La zone nord a d'abord été exploitée par la société des Propriétaires Réunis[Note 11], créée grâce à une concession accordée le . Cette concession couvrait 87 hectares situés dans la commune de Marchienne-au-Pont. Deux puits[Note 12] ont été creusés pour évaluer les ressources minérales, dont l'un, nommé Saint Pierre, atteignait une profondeur de 147 mètres[238].
Un des puits, appelé la Providence, est toujours en activité, tandis que l’autre a été abandonné depuis longtemps. Le , la Société Générale pour favoriser l’industrie nationale a acquis cette concession et l’a fusionnée avec celle de la Société charbonnière de la Réunion à Mont-sur-Marchienne, suivant l’arrêté royal du [239].
Le , une nouvelle acquisition fut réalisée : la concession de Saint Martin, qui fut intégrée à la Société de la Réunion le de la même année. Cette concession s’étendait sur 264 hectares, englobant les communes de Marchienne-au-Pont et Montigny-le-Tilleul. Trois puits y étaient exploités : Saint Martin, Sainte Barbe et Sainte Sophie. Les sociétés des Propriétés Réunies et de Saint Martin, toutes deux fusionnées avec la Réunion, furent liquidées le . À cette date, leur concession regroupée atteignait une superficie totale de 1 472 hectares[240].
Pour simplifier l’exploitation et les recherches, cette grande concession a été scindée en deux parties : la première, couvrant 922 hectares, a été attribuée au charbonnage de Marcinelle-Nord (arrêté royal du ) ; la seconde, d’une superficie de 550 hectares, constitue le charbonnage de Marchienne, situé à Marchienne-au-Pont ()[240].
L’entreprise exploitante possède un unique site d’extraction appelé Providence, hérité de l’ancienne société des Propriétaires Réunis. Ce site comprend deux puits : le puits numéro 1, destiné à l’extraction, atteint une profondeur de 858 mètres, tandis que le puits numéro 2, utilisé pour le retour d’air, descend à 943 mètres[240].
Ils participent tous deux à l’extraction des matériaux. Le premier dispose de deux machines rondes et de cages à dix étages simples, guidées par deux câbles soutenus par quatre ressorts, selon le système Soupart. Le gaz est mesuré grâce à un guidon en fer, système Briart, complété par deux dispositifs automatiques similaires, répondant aux normes de sécurité. Ce système est très répandu en Belgique et probablement dans toute l’Europe[240].
Les puits s'étaient dotés de machines puissantes, notamment celle du puits numéro 2, capable de développer une force de 2 000 chevaux. Deux ventilateurs assurent la ventilation des galeries : un modèle Rateau de 2,80 mètres de diamètre et un modèle Lambert atteignant 10 mètres. Le charbonnage de Marchiennes produit des charbons demi-gras et quart-gras, très appréciés pour le chauffage domestique, surtout en France. Ces charbons sont triés et concassés par des procédés mécaniques. Le charbonnage est connecté à la gare de Marchienne-au-Pont et disposait d’un quai d’embarquement sur le canal de Charleroi à Bruxelles, où les bateaux sont chargés grâce à une grue à vapeur[241].
Charbonnages de Monceau-Bayemont
La Société Bois de Bayemont à La Docherie et « Chauw à Roc », furent fondées en 1750, étaient mentionnées au XIXe siècle parmi les 63 sociétés charbonnières du bassin de Charleroi[242]. En 1851, la société des Hauts Fourneaux de Monceau et Bayemont Docherie fusionnera pour ne former qu'une seule entité[242]. Le charbonnage de Monceau-Bayemont regroupait trois concessions : celle du bois de Marchiennes, appelée « Bayemont », celle était située au sud-est de la première, dans le hameau de La Docherie jusqu'au Piéton, et enfin celle du Bois de Monceau ou de Chauw-à-Roc, qui s'étaient située au nord-est de la précédente[243].
Cette société, appelée « Du Bois de Bayemont », après avoir solidement établi ses titres de propriété par des actes successifs en date du et du , fit une demande de maintien de concession, qui fut accordée le par le roi Guillaume des Pays-Bas[244]. Par arrêté royal de la même date, la société du Bois de Bayemont, constituée, obtenait une extension de concession pour la partie appelée le hameau de La Docherie, couvrant une superficie de 49 hectares et 29 ares, délimitée au nord par le « Bois de Bayemont » et à l'ouest et au sud par la rivière du Piéton[244].
La troisième partie, appelée concession du bois de Monceau ou de Chauw-à-Roc, semble avoir été le site d'anciennes exploitations, comme en témoigne le congé accordé le par l'abbé de Lobbes aux sieurs Albert et Alexandre Daubresse, propriétaires à Roux. Ce congé leur permettait d'extraire la veine dite Chauw-à-Roc ainsi que deux autres veines surplombant ladite Chauw, situées sous le territoire de Jumet[244]. En 1838, ils cédèrent leurs droits à Henri Houtart, maître verrier à Jumet, qui agissait en son nom propre ainsi qu'au nom de la société charbonnière de Chauw-à-Roc[245].
Autrefois et pendant une longue période, ces concessions étaient exploitées dans les veines supérieures par des cayats ou puits peu profonds, établis sur des parties remises à divers forfaiteurs, parmi lesquels on comptait principalement Baudoux, Gobbe, Foulette, Daubresse, Wautelet et les Gantois. Ces derniers détenaient des droits de remise sur la partie nord de la concession du Bois de Bayemont, qu'ils cédèrent à Wautelet et Wilmart, droits qui furent ensuite rachetés par la société de Monceau[245].
Ces puits et cayats étaient souvent situés près de la route reliant Marchiennes à Jumet, ainsi que des chemins de vidange du Bois de Bayemont[246]. Une fosse appelée numéro 1, équipée d'une machine à chevaux et connue sous le nom de puits Saint-Auguste, avait été creusée le long de la route de Jumet, atteignant une profondeur de 168 mètres selon un plan établi en 1813 par Jacques Joseph Motte, arpenteur à Dampremy. Parallèlement, la machine numéro 2 avait été installée au puits Saint-Charles, à l'extrémité sud du Bois de Bayemont, près du chemin de Bayemont. Dans la concession de Chauw-à-Roc, plusieurs cayats et puits se trouvaient à des profondeurs allant de 14 à 27 mètres, voire 40 mètres pour celui appelé « Daubresse »[247].
Au cours de l'année 1836, des circonstances particulières poussèrent M. Goffart à créer, en collaboration avec la Banque de Belgique, une société anonyme appelée les Hauts-fourneaux de Monceau. À cette société, ils apportèrent les hauts-fourneaux et fonderies déjà construits ainsi que les terrains qu'ils occupaient, le charbonnage de Bayemont-Docherie, et les concessions de minerai de fer et de castine[248].
La nouvelle société, cherchait à développer et optimiser les activités liées au charbon. Lors de la toute première réunion du conseil d’administration, une décision majeure fut adoptée : aucune extraction ne serait désormais confiée à des cayats à forfait sans consultation préalable ni approbation formelle du conseil. La machine installée sur le puits de Saint-Henri fut approuvée, et les droits détenus par les sieurs Wautele et Wilmarth sur le gisement Gantois, situé au nord de la concession, furent rachetés[249].
En 1837, la société entreprit de bâtir à la Houillère des logements pour les ouvriers, des commerces, ainsi que la résidence du directeur des travaux. De plus, il fut décidé d’abandonner complètement le puits de Sainte-Suzanne. Aux alentours de 1839–1840, le charbonnage de Bayemont-Docherie exploitait quatre fosses : Saint-Henri, Saint-Auguste, Saint-Charles et Sainte-Suzanne[249].
En 1844, la société de Monceau entreprit la construction d’une ligne de chemin de fer reliant les fosses à la station d’embarquement du quai, ainsi qu’au réseau ferroviaire de l’État via la station de Marchiennes, permettant aussi des connexions pratiques avec les établissements voisins[249].
Ce raccordement a été cédé en 1864 à la compagnie du Centre, avant de passer sous le contrôle de la société des Bassins-Houillers et de la société de Construction. Il fut ensuite repris par l'État belge, qui l'a exploité. Plusieurs puits ont été creusés dans la concession de Bayemont-Docherie, mais à faible profondeur, dans le but d'exploiter certaines parties des veines supérieures[249].
Dès 1847, la société de Monceau cherchait à acquérir des parts dans la société du charbonnage de Chauw-à-Roc. Une fois ces parts obtenues en mai 1850, elle demanda la fusion des deux charbonnages en une seule concession, ce qui fut accordé par un arrêté royal en mai 1851. En 1861, après des accords avec les sociétés voisines de Monceau-Fontaine, des Propriétés Réunies et de Sacré-Madame pour ajuster ses limites, un arrêté royal du fixa définitivement les frontières du charbonnage de Monceau Bayemont[250].
En 1873, la société de Monceau céda ses établissements métallurgiques à une nouvelle société. Elle se concentra uniquement sur son activité charbonnière, modifia ses statuts et adopta le nom de Société Anonyme des Charbonnages de Monceau-Bayemont et Chauw-à-Roc[250].
Parmi les puits il y avait :
Saint-Auguste a été utilisé pour descendre les bois destinés à la Blanchisserie à Dampremy[166] ;
Sainte-Suzanne fut également abandonnée en 1867, en raison des difficultés d'exploitation et d'aérage, ainsi que pour privilégier une centralisation plus efficace des activités par le puits Saint-Charles[250]’[242];
Saint-Louis, servait à certaines périodes, lorsque les eaux venaient à s'épuiser dans la partie Est de la concession[250];
En 1438, il existait une brasserie à Marchienne, située sur la chaussée de Mons, au Wez. À la même époque, une autre brasserie fonctionnait au château de Marchienne (château De Cartier). Au XIXe siècle, les brasseries gagnent en importance, accompagnant la croissance continue de la population avec l'essor industriel[251],[252].
Brasserie Saint-Pierre : en 1860, Pierre Parent construit une malterie et une brasserie le long du bassin, au cœur des usines métallurgiques. En 1894, elles s'étendent sur l'emplacement des anciens laminoirs Bonehill. La malterie subira de graves dommages, et toute activité cessera à la brasserie en 1962[254],[252].
Moulins à vapeur et brasserie de Marchienne
Le premier moulin est mentionné en 1412 tournait sur l'Eau d'Heure, c'était le moulin banal de Marchienne. En 1736, le moulin est reconstruit et en 1859 une machine à vapeur allie sa force à celle de la roue hydraulique haute de 4 mètres. Ce moulin cessera de tourner peu avant la Première Guerre mondiale, mais on y broie alors du noir de fonderie et il est exploité par Georges Pivon[51].
En 1836, un autre moulin à vapeur est construit non loin du château de la Sambre. Joseph De Cartier abandonne le vieux manoir, construit le château blanc en 1833 dans un parc et fait édifier à côté de sa demeure un immense bâtiment flanqué de tours haut perchées près des toitures par l'architecte Auguste Cador. Un raccordement au chemin de fer de Zône rejoint la rue de Beaumont après avoir traversé le parc du château[51].
L'ancienne ferme seigneuriale est transformée en atelier, magasins et forges. Un élévateur à grain, se dresse sur le bord de la Sambre. Une autre brasserie jouxte le tout, ainsi qu'une malterie le long de la rue des Rocs[255](actuellement rue Georges Tourneur). En 1867, ils seront mis à sac lors des premières grandes grèves par les émeutiers et, en 1944, le lundi de Pentecôte, les bombes alliées mettent le feu à tout l'édifice. La société ne se relève jamais de ce sort. La station de Cartier est construite à l'emplacement des silos à blé[255].
Brasserie des Alliés
Vue de l'ancien bâtiment de la brasserie des Alliés.
La brasserie des Alliés à Marchienne-au-Pont, reconnaissable par sa tour cubique sur la route de Mons, a produit de la bière sur ce territoire de 1921 aux années 1980. De nouveaux bâtiments d'exploitation ont été construits le long de la route de Mons durant l'entre-deux-guerres. Les structures les plus anciennes, destinées à la production, ont depuis été détruites. Cependant, la façade, la toiture, le muret, le garde-fou, le portail métallique et son mécanisme de l'édifice conçu par René Dubois ont été classés au patrimoine wallon en 1995[256].
Centrale électrique
En 1953, Intercom met en service une centrale électrique pour le compte des Charbonnages de Monceau-Fontaine par les architectes F. et L. Vandenbrouck[179]. Très similaire à la Centrale de Monceau située juste en amont[179], les deux sites étaient exploités par Intercom (plus tard fusionné avec Electrabel). En 1959, la capacité de la centrale est augmentée à 115 MW. Dans les années 1970, elle est adaptée pour fonctionner également au fioul et au grisou. La centrale a été fermée en 1997.
Ateliers de Constructions Électriques de Charleroi (ACEC)
En 1866, la « Société d'électricité et d'hydraulique » a été fondée. Les débuts sont compliqués, car ces moteurs d'un genre nouveau ne sont pas immédiatement acceptés par la majorité des industriels[257]. En 1896, un tramodrome est construit sur le terrain voisin de l'usine pour tester les moteurs et les contrôleurs des futurs engins. En 1903, l'Italie décerne le prix Ferrari à un système de traction développé à Marcinelle, l'usine a connu une expansion[258].
En 1904, les Ateliers de Construction Électrique de Charleroi ont succédé à la première société, et en 1913, ils ont été intégrés au groupe Empain[258]. En 1975, les câbleries de Charleroi ont vu le jour[258]. Si les ACEC ont bien les roues sur terre, on les retrouve également dans l'espace[259]. Les ACEC ont été intégrés aux 1er et 2e étages de la fusée Ariane, tandis qu'un second banc de contrôle a été utilisé pour le lancement d'Ariane III le 29 mars 1986, depuis le nouveau pas de tir spécialement inauguré pour l'occasion[259].
Établissements de la Compagnies du Nord à Saint-Martin
En 1855, lorsque la compagnie du Nord exploitait la ligne de Charleroi à Erquelinnes, la gare de Saint-Martin n’était qu’un simple hangar en bois. Il servait à la fois de bureaux pour les services du chemin de fer, de dépôt pour les matériaux d’approvisionnement, ainsi que de remise et d’atelier pour l’entretien léger de quelques locomotives affectées au service local entre Charleroi et la frontière[260].
À la même époque où elle louait la ligne de chemin de fer de Namur à Liège, la Compagnie du Nord décida de créer un grand atelier central pour réparer locomotives et wagons, avec des magasins bien fournis pour les lignes qui allaient former le réseau Nord-Belge. Le site choisi fut la plaine de Saint-Martin, alors simple terre cultivée, offrant tout l’espace nécessaire pour de futurs projets. Fin 1855, les fondations d’une rotonde pour les machines étaient déjà en place. Les travaux reprirent vigoureusement en 1856, continuèrent en 1857 et, en décembre, les bâtiments étaient terminés[261].
On y trouvait un atelier de réparation de wagons, un magasin à plusieurs étages avec de vastes caves et réservoirs, où avait été installée une épicerie vendant à prix coûtant des denrées alimentaires pour le personnel, ainsi qu’une rotonde pouvant accueillir 20 machines, équipée d’une grande plaque tournante et de quais à combustibles. Il y avait aussi des bureaux et un logement pour le chef de dépôt, un atelier de forges et de machines-outils, et un atelier de montage. À cela s’ajoutait un bâtiment pour la sortie du personnel, avec logement pour le concierge. L’ensemble, construit sur un terrain en déblai situé à gauche des voies principales du chemin de fer, occupait avec ses dégagements environ 2,5 hectares[262].
La compagnie du Nord fais construire 40 habitations pour loger les ouvriers en 1861 à proximité des ateliers suite à la difficulté du recrutement des ouvriers dans la commune. En 1859, la compagnie du Nord renforce son réseau belge en louant la ligne stratégique Mons–Quévy, facilitant les connexions vers la France. Face à l’intensification du trafic, les ateliers de St Martin sont agrandis : doublement de l’atelier de montage, construction de magasins spécialisés pour pièces et traction, aménagement d’une épicerie pour le personnel, sécurisation du stockage des liquides inflammables, et installation d’une plaque tournante pour 20 locomotives, accompagnée d’un bâtiment destiné à la lampisterie. Ces infrastructures traduisent une montée en puissance industrielle et une organisation logistique de plus en plus complexe[262].
La compagnie du Nord établit à Saint-Martin un chantier pour fabriquer et stocker les appareils de voies du réseau Nord-Belge. On y installe bureaux, ateliers, un vaste terre-plein, un hangar de 650 m2, un treuil de 10 tonnes, et une habitation pour l’inspecteur. L’ensemble occupe plus d’un hectare. Les ateliers disposaient d’une machine motrice (30 ch), d’un générateur tubulaire, d’un marteau-pilon de 500 kg, de 8 tours, 10 machines-outils, 1 presse hydraulique, 1 grue de 30 tonnes, 11 treuils et de l’outillage ouvrier. En 1857, la machine motrice reste inutilisée, mais le générateur est renforcé. Deux marteaux-pilon (dont un de 4 tonnes), 3 grues hydrauliques, 32 treuils, 2 locomotives et divers ventilateurs complètent l’équipement[263].
Résidence Jules Hustin, (faisant partie du CPAS de Charleroi)[264], rue de l'Hôpital.
Promenades et tourisme vert
Tourisme à vélo
Le RAVeL (Réseau Autonome des Voies Lentes) traverse le territoire de Marchienne. Il permet la pratique du vélo à des fins sportives et de tourisme sur des itinéraires protégés. Les itinéraires empruntent les chemins de halage le long de la Sambre et du canal Charleroi-Bruxelles et des voies de chemin de fer désaffectées. Passant notamment par le site des anciennes usines de la Providence, il permet de constater la transformation de Marchienne entre usines en activité et anciens terrains industriels en cours de réaffectation.
RAVeL W6 « Au fil de l’eau » : ce chemin longeant la Sambre permet de relier Charleroi à Thuin (côté ouest). De même, Marchienne se situe sur la route EuroVelo3, également nommée « Véloroute des pèlerins ». Il s'agit d'une route longue de 5 122 km qui relie Trondheim en Norvège à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. L’itinéraire traverse ainsi sept pays, la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique, la France et l’Espagne[265].
Les terrils
Terril Saint-Charles.
Le paysage carolorégien post-industriel est ponctué par de nombreux terrils qui sont désormais colonisés par une flore parfois abondante et deviennent des refuges de biodiversité. L'on trouve ainsi des pelouses pionnières, friches fleuries, mares temporaires, roselières, zones boisées, etc. Un réseau de sentiers entretenus relie un certain nombre de terrils et constitue un corridor écologique. Ces terrils sont traversés par le Réseau RAVeL qui permet des promenades à pied, à cheval ou équipé d'un vélo. La Maison du Tourisme du Pays de Charleroi organise régulièrement des promenades guidées (dont une promenade photo le long du chemin de halage)[266].
Parmi les terrils les plus représentatifs, l'on trouve la chaîne des terrils de la porte ouest (Saint-Théodore ouest et Bayemont). À leur sommet, l'on découvre différents panoramas de la métropole carolorégienne, des anciennes industries et charbonnages qui soit ont été préservés soit sont en cours de réaffectation[267].
Un grand itinéraire de randonnée balisé GR 412, la Boucle noire, a été tracé dans les années 2000. Il chemine sur 22 km en passant par les terrils, où la nature a repris ses droits[268],[269] et par le chemin de halage en bord de Sambre le long des anciens sites industriels de Marchienne-au-Pont. Le long du chemin de halage, l'on chemine ainsi à côté de l'ancienne aciérie de Carsid[270] et du haut fourneau numéro 4 qui a été préservé ainsi que trois cheminées, symboles de la sidérurgie à Charleroi[271],[272],[273].
Le terril Bayemont Saint-Charles.
Terril de Bayemont Saint-Charles.
Parc communal
Marchienne-au-Pont a en son centre le parc communal de Marchienne-au-Pont[274]. L'élégance du château Bilquin-de Cartier, construit au XVIIe siècle, accentue le charme paysager de ce parc. En 1893, le bourgmestre Joseph Lefèvre propose que la commune achète trois hectares du parc du Château Blanc pour en faire une maison communale et offrir à la localité un espace vert[275].
Transports en commun
Gare de Marchienne.Quais de la station De Cartier.
La gare de Marchienne-au-Pont est la principale gare ferroviaire de la commune. Elle est desservie par tous les trains de voyageurs circulant, au départ de Charleroi, sur les lignes 112 et 124 : InterCity, trains P, Réseau Suburbain de Charleroi (anciens trains omnibus renommés en 2017).
Il existe ou existait d'autres gares à Marchienne-au-Pont :
Marchienne-Zone, sur la ligne 130A (uniquement desservie par les trains S63).
Marchienne-Est, sur la ligne 124. Cette gare, fermée et démolie, se situait approximativement au niveau de l'arrêt de bus TEC du même nom.
La Sambre, à Mont-sur-Marchienne sur les lignes 130A et 132. Construite par la compagnie qui exploitait la ligne 132, cette gare établie rue de la Sambre au nord de l'ancienne commune de Mont-sur-Marchienne, était principalement une gare de marchandises. Désormais fermée, son bâtiment trouva d'autres usages avant d'être démoli vers 2012.
Football : Royale Association Marchiennoise des Sports (club de football 1922-2000), Jeunesse Olympic Charleroi Marchienne asbl, Racing Club de Marchienne-Docherie (disparu)[155], AS Docherie fondé en 2008 et disparu en 2009[276].
Basketball : L'Union Sportive Docherie créé sous le nom « Les Vautours » en 1928[199].
Infrastructures
Stade de football (Marchienne-Centre) date de 1966[136], centre sportif et la piscine en 1975[136] (en cours de rénovation pour 2026[277]), salle des sports de La Docherie en 1972[136]’[165]’[278], stade de La Docherie.
Paulin Marchand (1873-1927) : compositeur de musique né à Marchienne-au-Pont.
Robert Fesler (1936-2023) : compositeur de musique né à Marchienne-au-Pont.
André Souris (1899-1970) : musicien, compositeur et chef d'orchestre né à Marchienne-au-Pont.
Notes et références
Notes
↑Ce mot marche signifie [endroit situé sur une] limite, frontière. Ces limites furent fixées par l'administration impériale romaine et ont été conservées par les Francs, qui y ont créé des zones tampons, démilitarisées, qu'ils ont nommés markan, terrains neutres et lieux de rencontre entre regiones (du latin regio, territoires soumis à l'autorité royale) (Jespers 2011, p. 424).
↑On retrouve ces armoiries officieuses sur le vitrail présent dans la salle des mariages de l'hôtel de ville de Charleroi (Institut royal du Patrimoine artistique), mais également sur la grille protégeant le monument « À la France » situé sur la route de Beaumont. (50° 23′ 34″ N, 4° 23′ 16″ E). Toutefois dans cette dernière représentation le blason est peint en « bleu-blanc-rouge »
↑Cette société a été formée en 1836, entre Pierre Parent, ancien bourgmestre, Troye, ancien gouverneur du Hainaut, Alexandre de Paul, ancien représentant, Léopold de Paul, industriel, et autres. (Masset 1893, p. 404)
↑Le puits Providence a été mis en service en 1839. Le puits Saint-Pierre, situé au Chênois à l'emplacement des laminoirs Bonehill, a été creusé en 1844, puis submergé vers 1859. Il servait de puits d'alimentation pour les usines du Chênois. La société « Les Propriétaires Réunis » a été dissoute le 15 avril 1872. (Masset 1893, p. 404)
Ces puits serviront à l'exhaure des eaux des autres puits.
Références
↑Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
↑(de) Karl Marx, Das Kapital, Hamburg, Otto Meissner, , 784 p. (lire en ligne), page 586, note 50. Ensuite en français : Karl Marx, Le Capital, Paris, Maurice Lachâtre, , 352 p., p. 263, note 2, colonne de gauche..
↑Collectif, Les tramways vicinaux de Charleroi et du Centre, Bruxelles, Édition PFT asbl, , 229 p., p. 227
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 218.
↑Á gauche dans le cimetière de La Docherie, il y a un monument funéraire. Sur sa façade est gravée l’inscription suivante : « Tombeau de P. J. Parent-Legrand et de sa famille » (Masset 1893, p. 263).
↑Dernier bourgmestre avant la fusion des communes.
↑Jean-Louis Delaet, Rina Margos et Chantal Lemal-Mengeot Lemal-Mengeot, Hôtels de Ville et Maisons communales de Charleroi, Ministère de la Région wallonne et Ville de Charleroi, coll. « Carnets du patrimoine » (no 11), , 64 p., p. 56-57.
Gérard Amand, La Docherie au passé recomposé : 125e anniversaire de la paroisse Saint-Pierre, 88 p.
Joseph Boudart et Jo Bertrand, Souvenir de Marchienne-au-Pont : Première partie, , 72 p. — Édité en 1987 au profit de la restauration du Château de Cartier.
Joseph Boudart et Jo Bertrand, Souvenir de Marchienne-au-Pont : Deuxième partie, , 77 p. — Édité en 1988 au profit de la restauration du Château de Cartier. Pages numérotées de 73 à 150.
Emmanuel Brutsaert (Rédacteur en chef), Gilbert Menne (Secrétaire d'édition) et Johan De Meester (Mission photographique), Histoire et patrimoine des communes de Belgique : Province du Hainaut, Bruxelles, Éditions Racine, , 608 p. (ISBN978-2-87386-599-3), p. 155-157
Claude Daubanton, La Royale feuille d'étain de Marchienne-au-Pont, , 179 p.
André Lépine, Les charbonnages du Pays noir en cartes postales anciennes, Cahier du Musée de Cerfontaine no 503, 100 vues, 1996.
André Lépine, Le canal de Chimay (1831) et le chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse (1844) : deux projets de désenclavement ambitieux, avec une carte de l'ESM (1844) ; voir le chapitre : L’ouverture de la ligne de chemin de fer de l’Entre-Sambre-et-Meuse — section de Marchienne-au-Pont à Walcourt (1848), Cahier du Musée de Cerfontaine, , 468e éd., 18 p.
Pierre-Antoine Masset, Histoire de Marchienne-au-Pont, Malines, Paul Ryckmans, , 686 p. (BNF30902908, lire en ligne) — Reproduction anastaltique par les éditions Cultures et civilisation en 1975 à Bruxelles.
Iwan Strauven (dir.), Judith Le Maire (dir.) et Marie-Noëlle Dailly (dir. et photogr.), 1881-2017 Charleroi métropole, Bruxelles, Mardaga et Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, coll. « Guide d'architecture moderne et contemporaine » (no 4), , 367 p. (ISBN9782804703677)
Émile Van Aelst, Les fantômes de la Docherie, , 152 p.
Émile Van Aelst, Gens de la Docherie, , 207 p.
Gwanaëlle Vernans, La vie quotidienne à La Docherie : Un quartier populaire de Wallonie de années 20' à 60', Charleroi/Bruxelles, Couleur livres, , 165 p. (ISBN2-87003-430-X)
Guy Weyn, « Les avoués de Thuin : Contribution à l'histoire de l'abbaye de Lobbes et des seigneurs de Marchienne, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul », Documents et rapports de la Société royale d'archéologie et de paléontologie de Charleroi, t. LVIII, 1979-1981, p. 73-168