Gare de Saint-Cannat

Saint-Cannat
Image illustrative de l’article Gare de Saint-Cannat
La gare en 2018.
Localisation
Pays France
Commune Saint-Cannat
Coordonnées géographiques 43° 37′ 25″ nord, 5° 17′ 50″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Services fermée
Caractéristiques
Ligne(s) Salon à La Calade - Éguilles
Voies 1
Historique
Mise en service 1903
Fermeture 1953

La gare de Saint-Cannat est une ancienne gare ferroviaire française de la ligne de Salon à La Calade - Éguilles, située sur le territoire de la commune de Saint-Cannat, dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La gare est fermée au service ferroviaire.

Situation ferroviaire

Établie à 211 mètres d'altitude[1], la gare de Saint-Cannat est située au PK 21,7 de la ligne de Salon à La Calade - Éguilles, entre les gares de Lambesc et de Lignane - Rognes[2]. Lorsque la section entre Saint-Cannat et La Calade est déclassée puis déposée en 1941, la gare de Saint-Cannat devient terminus de la ligne.

Histoire

Dès 1834, Griolet — litographe à Marseille — produit une carte représentant un projet d'établissement d'une ligne de chemin de fer entre Saint-Cannat et Marseille, passant notamment par Éguilles, Fuveau, La Destrousse et Roquevaire et longeant Aix-en-Provence et Aubagne[3]. Ce projet relie la capitale des Bouches-du-Rhône au bassin minier de Provence et aux plaines agricoles du nord d'Aix-en-Provence[4] mais reste sans suite.

En 1879, la construction de la ligne de Salon à la Calade fait partie du Plan Freycinet[5]. Elle est déclarée d'utilité publique en tant que ligne d'intérêt général le rendant ainsi définitive sa concession à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)[6],[7]. La construction de la ligne et de ses gares commence vers 1899[8]. Les travaux dans le secteur de Saint-Cannat sont notamment effectués par des militaires du 5e régiment du génie[9]. La gare de Saint-Cannat, comme les autres gares de la ligne, est ouverte le [10],[11] et officiellement inaugurée un mois plus tard par Léon Mougeot[12].

À la suite du séisme de 1909 en Provence, la gare de Saint-Cannat joue un rôle important dans le secours aux blessés de la commune. Le PLM achemine gratuitement le matériel et le personnel de la Croix-Rouge par le rail jusqu'à Saint-Cannat[13]. Des wagons, des tentes et des baraquements installés à proximité de la gare abritent certaines des familles sinistrées ayant fui leurs habitations endommagées ou détruites par les secousses[14],[15].

Durant la Première Guerre mondiale, la gare est exploitée comme une simple halte[16]. En 1920, le conseil général des Bouches-du-Rhône demande au PLM de l'exploiter à nouveau comme une gare[16]. À cette période, une part importante du trafic marchandises de la gare est prise par l'expédition des productions agricoles de la commune[16].

Un accident grave a lieu en gare de Saint-Cannat le causé par la mauvaise manœuvre d'une aiguille de sortie de la gare. Une des voitures de 3e classe du train d'Aix à Salon déraille et se couche sur le ballast, blessant une dizaine de personnes dont quatre grièvement[17].

La desserte voyageurs vers Salon ou La Calade est supprimée le [7],[18]. La section de la ligne située entre Saint-Cannat et La Calade est déclassée le [19] et la voie est déposée peu après. La section entre Salon et Saint-Cannat ainsi que la gare de Saint-Cannat ferment définitivement au trafic marchandises le , près de cinquante ans après l'ouverture de la ligne[7].

Patrimoine ferroviaire

Seul le bâtiment voyageurs de la gare existe encore[20]. Il est intégré à l'école maternelle de Saint-Cannat, appelée École de l'ancienne gare. La halle à marchandises et les autres installations ferroviaires alentours ont été démolies vers 1973 afin de laisser place à l'esplanade Charles-de-Gaulle et à la salle du 4 Septembre[21].

Notes et références

  1. « Profil de la ligne de Salon à Aix », sur wikiplm.railsdautrefois.fr.
  2. Claudel 2020, p. 267.
  3. [image] Griolet, « Projet de chemin de fer [de St Canat à Marseille] », sur gallica.bnf.fr, (consulté le ).
  4. Ministère de l'intérieur, Situation des travaux au 31 décembre 1833, Imprimeries royales, , 59 p. (lire en ligne), p. 53.
  5. « no 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République française, Paris, Imprimerie nationale, xII, vol. 19, no 456,‎ , p. 6-12 (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Loi du 2 août 1886 », Recueil des lois et conventions relatives aux chemins de fer du Nord, de l'Est, d'Orléans, de Paris-Lyon-Méditerranée et du Midi, Paris, Imprimerie nationale,‎ , p. 507 (lire en ligne, consulté le ).
  7. Claudel 2020, p. 259.
  8. « Les railways des Bouches-du-Rhône », Le Petit Provençal,‎ (lire en ligne).
  9. « La ligne de Salon à La Calade », Le Petit Marseillais,‎ (lire en ligne).
  10. Conseil général des Bouches-du-Rhône, Rapport du Préfet, Marseille, Imprimerie méridionale, (lire en ligne).
  11. « Ouverture de la ligne Salon-La Calade », Le Petit Provençal,‎ (lire en ligne).
  12. « Les fêtes de Salon et d'Aix », La Presse,‎ (lire en ligne).
  13. Croix-Rouge française, « La voiture d'ambulance et les infirmiers brancardiers du Comité de Marseille », dans La mission d'assistance de la Société en Provence à la suite du tremblement de terre du 11 juin 1909, (lire en ligne).
  14. « Toujours les sismographes », Le Petit Provençal,‎ (lire en ligne).
  15. « Dans les pays sinistrés », Le Petit Marseillais,‎ (lire en ligne).
  16. Conseil général des Bouches-du-Rhône, Procès-verbaux des délibérations, Marseille, Imprimeries nouvelles, (lire en ligne), p. 97.
  17. « Un déraillement de train », La Lanterne,‎ (lire en ligne).
  18. « Gare de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône) », sur trains-europe.fr (consulté le ).
  19. « no 5023 - Loi du 30 novembre 1941 prononçant le déclassement de certaines lignes d'intérêt général (zone non-occupée) », Journal officiel de l'État Français, Paris, Imprimerie Nationale, no 326,‎ , p. 5226 - 5227 (lire en ligne).
  20. Marc-Andre Dubout, « L'ancienne ligne Aix-Salon-de-Provence », sur marc-andre-dubout.org (consulté le ).
  21. [image] Institut national de l'information géographique, « Mission 3143-0031, cliché 73 FR 3143/300 033 », sur remonterletemps.ign.fr, (consulté le ).

Bibliographie

  • Ludovic Claudel, Atlas historique des chemins de fer français, t. 1, Les Éditions La Vie du rail, (ISBN 978-2-370620-88-0, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yvonne Lecrocq-Beaune et Paul Granier, En passant par le terroir de Puyricard, Puyricard, A.C.S Foyer Rural de Puyricard,

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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