Gascogne (baliseur)

Gascogne
illustration de Gascogne (baliseur)
Le Gascogne relevant une bouée lors de ses essais en mer.

Autres noms Aréthuse (1983-2006) Drapeau de la France France
Type Baliseur océanique / navire de ravitaillement offshore
Histoire
Chantier naval Ateliers et Chantiers de la Manche, Dieppe (Seine-Maritime) Drapeau de la France France
Fabrication acier
Quille posée 1983
Lancement 1983
Commission 22 juin 2006
Statut désarmé fin 2023
Équipage
Équipage 12
Caractéristiques techniques
Longueur 52 m
Maître-bau 12,50 m
Tirant d'eau 4,15 m
Déplacement 1047 tonnes
Port en lourd 900 t
Propulsion
Puissance 1814 kW
Vitesse 11,2 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage aucun
Armement aucun
Carrière
Propriétaire
Pavillon Pavillon national français France
Port d'attache Le Verdon-sur-Mer (Gironde) Drapeau de la France France (2006-2023)
Indicatif FIUF
MMSI 227044000
IMO 8201521

Le Gascogne est un navire baliseur océanique français, qui a été en service de 2006 à 2023 au sein de l’Armement des Phares et Balises (APB).

Conception

Le Gascogne a une longueur hors tout de 52 mètres[1],[2],[3],[4],[5],[6] et une longueur entre perpendiculaires de 47,04 mètres[1], une largeur (maître-bau) de 12,50 mètres[1],[5],[6], un tirant d'eau minimal de 3,20 mètres[1],[6] et maximal de 4,15 mètres[1],[5]. Son déplacement est de 1047 tonnes[1],[5],[6], son port en lourd de 900 tonnes, sa jauge brute de 480 tonnes et sa jauge nette de 225 tonnes[1]. Sa coque et ses superstructures sont en acier[1],[6]. Le navire dispose sur l'arrière d’un vaste pont de travail, d’une surface de 320 m2, sur lequel il peut emporter 50 tonnes de matériel[1],[4],[6]. Il peut embarquer deux conteneurs EVP (équivalent vingt pieds)[1].

Le Gascogne est propulsé par un moteur Diesel principal Crépelle 8PSN3L à 4 temps 8 cylindres situé à l'arrière, d’une puissance de 1600 ch (1225 kW), auquel s’ajoute un propulseur d'étrave Crepelle 4PSN3L 4 temps 4 cylindres de 800 ch (589 kW)[1],[4],[6], pouvant être utilisé pour un déplacement lent en cas d’avarie du moteur principal[6]. Sa puissance totale installée est donc de 1814 kW[1] (ou 1946 kW selon d’autres sources[5]). Il dispose aussi d’un groupe électrogène de mouillage de 166 kVA[1]. Sa vitesse maximale est de 11,2 nœuds[1] et sa vitesse de service de 10 nœuds[1],[5]. Le navire consomme environ 1,5 tonne de carburant par journée de travail[6]. Ses soutes ont une capacité de 112 000 litres de carburant et 134 000 litres d’eau douce[1],[6], ce qui lui donne plusieurs semaines d’autonomie[6].

Le navire possède une grue hydraulique[1],[4] équipée de deux crocs. Le croc principal peut soulever 15 tonnes[1],[4] à une hauteur entre 3,2 et 8,8 mètres, 11 tonnes de 8,8 à 11,9 mètres, et 8 tonnes de 11,9 à 15 mètres. Le croc secondaire peut soulever 6 tonnes de 2,5 à 7,6 m[1]. Il dispose aussi de deux treuils enrouleurs hydrauliques d’une puissance de 10 tonnes[1],[4],[6] (10000 dAN) chacun et de bloqueurs de chaînes rétractables, associés à un rouleau de renvoi central[1],[4]. Chacune de ses ancres pèse 1,290 tonne[6].

Le Gascogne possède une vaste passerelle offrant une bonne visibilité[4] et deux pupitres de commande (ou consoles de navigation). La principale est à l'avant et la secondaire, à l'arrière, est plus spécifiquement dédiée aux manœuvres d'appareillage ou d’accostage dans les ports, et surtout lors des opérations sur les bouées. Le navire dispose d’un système complet de navigation, incluant une table à cartes, une carte électronique, un système d'identification automatique (AIS), un sondeur bathymétrique[1],[4] et deux radars, parmi lesquels un ARPA de 15 kW[1]. Il possède des équipements pour la lutte anti-pollution marine et la lutte contre l'incendie[1],[6].

L’équipage normal est composé de 12 personnes[1],[4],[5],[6], mais le navire dispose d’aménagements pour accueillir 17 personnes au maximum[1],[4],[6] : cinq cabines simples pour les officiers et sept (dont cinq cabines doubles et deux simples) pour l’équipage[1],[4]. Deux coursives desservent les cabines[4]. Il comporte deux carrés, un pour les officiers et l’autre pour l’équipage, une cuisine[1],[4] et des sanitaires[1]. Les douze membres d'équipage se répartissent ainsi : sept « pont » (le commandant, le second, un assistant-pont ou bosco, quatre matelots), quatre « machines » (le chef mécanicien, le second mécanicien, un assistant ou maître-machines, un ouvrier mécanicien) et le cuisinier[4].

Historique

Le navire a été construit en 1983[1],[2],[3],[6],[7],[8] à Dieppe (Seine-Maritime)[1],[2],[6],[8] par les Ateliers et Chantiers de la Manche[1],[8] sous le nom d'Aréthuse[1],[4],[3] pour servir de navire de ravitaillement offshore (en anglais supply). Propriété de la Surf[3],[7] appartenant au groupe Bourbon, il assurait des missions de ravitaillement et d'assistance aux plates-formes pétrolières offshore des champs pétrolifères du Gabon[1],[4],[3],[6].

En 2005, il a été racheté à la Surf par l'Armement des Phares et Balises (APB)[8] et transformé en baliseur océanique par le chantier naval Socarenam[1],[3],[8] à Boulogne-sur-Mer. Il a été débarrassé d'équipements devenus inutiles pour sa nouvelle fonction : treuils d'ancres, pompes à ciment, ballasts. Il a été doté d'une grue de balisage, de stoppeurs de chaînes et d'un rouleau de renvoi[1],[3], associés à deux treuils existants, redisposés pour pouvoir remonter les chaînes de bouées[3]. Des travaux de réaménagement partiel des locaux ont été faits[1],[3], en particulier la pose de cloisons dans le dortoir pour en faire des cabines individuelles ou doubles[1]. Les principaux organes mécaniques ont bénéficié d’une révision[1],[3] pour garantir leur fiabilité. Enfin, il a reçu une nouvelle peinture aux couleurs de la Direction des Affaires Maritimes pour lui donner l'identité visuelle des Phares et balises[3].

Le navire a effectué ses premiers essais en mer[3],[8] de balisage devant Boulogne le [3] et a été mis en service comme baliseur océanique le [1]. Il a été rebaptisé Gascogne à Bordeaux le [6].

Faisant partie des six baliseurs océaniques de l'Armement des Phares et Balises, avec l'Armorique (basé à Brest), le Charles Babin (basé à Saint-Nazaire), le Chef de Caux (basé au Havre), le Hauts de France (basé à Dunkerque) et le Provence (basé à Marseille)[4], le Gascogne a été affecté à la subdivision des Phares et Balises du Verdon-sur-Mer[1],[4],[5], sur la rive gauche de la Gironde. Son port d'attache était Port Bloc, situé à la pointe de Grave. La subdivision du Verdon gère l’ensemble des établissements de signalisation maritime (ESM) flottants et terrestres du département de la Gironde, en particulier ceux balisant le chenal d’accès au port de Bordeaux, ainsi que des bouées dans les départements de la Charente-Maritime, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, soit au total 257 ESM, dont 245 sur le territoire de la Gironde et 13 hors département[4].

Le Gascogne avait une zone de responsabilité allant de la frontière espagnole jusqu'au plateau de Rochebonne, l'île d'Yeu et La Rochelle. Il maintenait en bon état de fonctionnement un parc de 167 bouées[4],[6] réparties sur quelque 200 milles marins de littoral[4], principalement sur quatre sites : le plateau de Rochebone, au large de La Rochelle, l’estuaire de la Gironde, les passes du bassin d'Arcachon, et l’estuaire de l'Adour à Bayonne[6]. Il assurait la mise en place et une maintenance préventive des bouées, avec des interventions cycliques et programmées[4]. Localement, il était une des pièces maîtresses du plan anti-pollution « Polmar »[4],[6], assurant en priorité la protection des berges[6].

Le , deux marins du bord ont été blessés lors de la rupture d'un câble. Le Gascogne se trouve alors à 12 milles marins (environ 22 km) de la Rochelle. Il en a informé le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d'Étel. Une conférence téléphonique entre le Gascogne, le CROSS d'Etel et le Centre de consultation médicale maritime (CCMM) de Toulouse a abouti à la décision d'évacuer par hélicoptère le blessé le plus grave. Un hélicoptère Sud-Aviation SA365 Dauphin de la Marine nationale, basé à La Rochelle, est intervenu pour hélitreuiller le blessé et le déposer au centre hospitalier de La Rochelle, où il a été pris en charge par une équipe médicale de l'hôpital. Le Gascogne a ensuite mis le cap sur le Verdon-sur-Mer avec le second marin plus légèrement blessé. Celui-ci a été pris en charge par les pompiers dès l’arrivée à quai et transféré vers l'hôpital de Lesparre-Médoc[9].

Le Gascogne a été désarmé fin 2023[2],[10],[11], puis vendu aux enchères[2],[8]. Il était alors le vétéran de la flotte des baliseurs océaniques de l’Armement des phares et balises[8]. Il a été remplacé à la subdivision du Verdon-sur-Mer par le nouveau baliseur océanique Augustin Fresnel[12], construit au chantier naval Socarenam de Boulogne-sur-Mer[8],[10] et mis en service en 2025[12],[10]. De dimensions assez similaires au Gascogne, l'Augustin Fresnel a été spécifiquement conçu pour des missions de balisage[8]. Il sera partagé entre la subdivision du Verdon-sur-Mer et celle de Saint-Nazaire[8],[12],[10] et remplacera aussi l'Atlantique[8],[10], qui a été retiré du service à la fin de l’année 2024[10].

Le Gascogne a été racheté par le groupe de lamanage et de services maritimes « Lamanage Huchet Desmars » (LHD), basé à Donges (Loire-Atlantique) qui l’a renommé JLD Gascogne. LHD l’a fait repeindre sous ses couleurs et prévoyait de le positionner sur le marché français et européen des navires de soutien des parcs éoliens en mer[2],[11], mais le groupe l’a finalement revendu[11].

Capitaines

  • François Jouison[7]

Notes et références

  1. Françoise Massard, « Baliseur océanique GASCOGNE », sur http://www.cargos-paquebots.net/, (consulté le ).
  2. Véronique Couzinou, « L’ancien baliseur « Gascogne » a intégré la flotte du groupe LHD », sur Le marin, (consulté le ).
  3. « Le baliseur GASCOGNE, premiers essais », sur Marine-marchande.net (consulté le ).
  4. Françoise Massard, « Missions "ordinaires" à bord du baliseur océanique GASCOGNE (mai 2010) », sur www.cargos-paquebots.net (consulté le ).
  5. Capitaine Patrick, « GASCOGNE (2006/....) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).
  6. Claude Businelli, « Avec ceux du baliseur Gascogne », sur Conservatoire de l’estuaire de la Gironde (consulté le ).
  7. « François Jouison, Capitaine du baliseur Gascogne - Expo « Les pilotes de la Gironde » », sur C-Royan : la mémoire vive encyclopédique (consulté le ).
  8. Rédaction, « Clap de fin pour le Gascogne, baliseur du Verdon », sur Mer et Marine, (consulté le ).
  9. « Intervention sur le baliseur GASCOGNE », (consulté le ).
  10. Vincent Groizeleau, « Gros plan sur le nouveau baliseur océanique de l’Armement des Phares et Balises », sur Mer et Marine, (consulté le ).
  11. Vincent Groizeleau, « LHD se sépare de l’ancien baliseur Gascogne », sur Mer et Marine, (consulté le ).
  12. « LA SIGNALISATION MARITIME » (consulté le ).
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